Syrie

Russie, Turquie, Iran : Première rencontre tripartite

 

À Sotchi le 22 novembre

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Le président russe Vladimir Poutine recevra le président turc Recep Erdogan et le président iranien Hassan Rouhani. Les échanges porteront sur la Syrie et le Moyen-Orient. Les trois chefs d'état parleront des pourparlers tenus à Astana plutôt cette année et du processus de transition politique en Syrie. Les trois pays ont l'impression qu'un changement de stratégie commune s'impose face aux nouvelles stratégies moyen-orientales de Washington, Ryad et Tel-Avive. 

En effet James Mattis, le secrétaire d'état à la Défense des États-Unis, vient tout juste d'affirmer que la présence militaire américaine en Syrie se poursuivra même après la défaite de l'EI. Tout comme le gouvernement syrien, la Russie, la Turquie et l’Iran s'opposent fermement à la présence militaire américaine en Syrie. Présence militaire illégale, puisque non autorisée par le gouvernement syrien. Cette présence devra donc partir un jour. 

La Turquie impliquée militairement en Syrie contre les Kurdes, s'inquiète d’une alliance à long terme entre les États-Unis et la milice kurde syrienne. Le gouvernement syrien voulant unir le pays, voudrait récupérer la partie contrôlée par les Kurdes. Téhéran veut une liaison terrestre continue entre l'Iran, l'Irak, la Syrie et le Liban. La Russie appuie la Syrie et l'Iran, sachant fort bien qu'une Syrie unie, sera beaucoup plus prospère et que la Russie en bénéficiera. 

La meilleure façon selon moi, d'arriver au retrait des forces américaines de Syrie, serait que le gouvernement syrien s'entende avec les Kurdes sur une politique fédérale syrienne commune. Les Kurdes l'ont déjà mentionné à maintes reprises. Ils veulent un gouvernement fédéral. Le premier ministre syrien s'est déjà dit ouvert à une négociation avec les Kurdes, au sujet d'une certaine autonomie. Attendons-nous donc à ce que les négociations entre les deux débutent d'ici la fin de l'année.

Si les Kurdes adhèrent à une Syrie fédérale et obtiennent par le fait même la protection russe, les Américains devront partir. 

Ryad de son côté, essaye de déstabiliser le Liban en faisant démissionner le premier ministre libanais. Les Libanais savent très bien ce qu'est une guerre civile et ils savent que la dernière a été emportée par le Hezbollah. Ils ne sont pas intéressés à en commencer une autre. Le Liban devenant de plus en plus sous la protection iranienne et syrienne, Ryad ne devrait rien obtenir de ce côté là. 

Washington voudrait que la milice iranienne et le Hezbollah quittent la Syrie. A cela s’ajoute la demande israélienne de créer une zone tampon sur les hauteurs du Golan, d’où seraient exclus la milice iranienne et le Hezbollah. Par contre, Assad vient d'annoncer à Israël que si Israël déclare la guerre au Hezbollah, elle fera face à un front commun Hezbollah-Syrie.   

La seule façon pour que tout ce beau monde s'entende, serait d'assurer la paix. La seule façon d'assurer la paix, serait qu'Israël remette le Golan syrien à la Syrie et les fermes de Chebaa au Liban, en échange justement de la paix et dès lors, tout mouvement iranien ou du Hezbollah ne serait plus nécessaire ou ne serait plus perçu par Israël comme dangereux. 

Les politiques souterraines américaine, saoudienne et israélienne compliquent certes les choses pour Moscou, Téhéran et Ankara. Les derniers développements au Liban présagent peut-être d'une guerre régionale possible. Comme toute action entraîne une réaction de la part de l'ennemi. La Russie, la Turquie et l’Iran coordonnent leurs politiques pour faire pression sur Washington, Ryad et Tel-Avive. Ils soupçonnent qu’Israël, les États-Unis et l'Arabie saoudite leur préparent d'autres bourbiers.

Dans ce conflit régional, ce sont surtout les États-Unis qui se sont impliqués militairement du côté occidental. Et encore, ils s'y sont impliqués qu'à certains endroits et certains moments. Ce qui a ouvert le chemin à la Russie, qui elle, s'est impliquée à fond militairement, en faisant pencher la victoire du côté d'Assad.

Dans ce conflit, l'Arabie saoudite a perdu la Turquie et le Qatar. M. Erdogan vient de réaffirmer le soutien militaire de la Turquie à l’émirat qatari. Le Canada et l'Europe se désengagent. Les États-Unis aussi semblent se désengager tranquillement. L'Arabie perd des alliés. Tout ceci me laisse présager une victoire du triumvirat Russie, Turquie, Iran.

Mais l'Arabie et Israël seront-t-ils capables de vivre avec ? L'Occident : Oui, tout en protestant. De sorte qu'Israël et l'Arabie n'auront pas le choix de vivre avec. Surtout, qu'on peut s'attendre à ce que la finale soit un conflit interne en Arabie. En Israël, éventuellement, nous devrions voir arriver au pouvoir un gouvernement moins guerrier.  

 

Afrin, Syrie : Menace de guerre entre Turcs et Kurdes

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Armée turque

Durant les dernières semaines, l'armée turque a massé des troupes importantes bien équipées le long de la région kurde d'Afrin en Syrie. La semaine dernière, trois convois kurdes partant de Raqqa et comprenant des centaines de véhicules ont atteint Afrin. Il s'agirait d'environ 2 000 combattants kurdes venus en renfort pour soutenir la défense kurde d'Afrin.

Les Turcs et leurs alliés bombardent quelques villages kurdes avec l'artillerie lourde et espionnent la défense kurde avec des drones. 

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Armée kurde

Congrès des peuples de Syrie

 

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Jaune : Alaouites. Orange saumon : Druzes. Rose : Chiites. Blleu pâle : Golan occupé par Israël.  Rouge orangé : Chrétiens.  Vert pâle : Arabes. Vert foncé : Kurdes. Blanc : Déserts.

Un porte parole de la Turquie, M. Ibrahim Kalin a déclaré sur la chaîne de télévision turque NTV, qu'à la demande d'Ankara, la Russie a reporté à une date ultérieure le « Congrès des peuples de Syrie » initialement prévu pour le 18 novembre à Sotchi en Russie. En effet, le gouvernement turc demande à Moscou plus d'informations pour procéder à une évaluation du congrès. 

La partie russe accepte de fournir plus d'informations tel que les objectifs, et les personnalités appelées à participer au congrès. 

Ce congrès doit contribuer entre autre à la transition politique en Syrie et on devrait y parler de constitution. Les différents peuples de Syrie sont : Les Sunnites, les Alaouites, les Druzes, les Chrétiens orthodoxes et les Kurdes.

Les autorités kurdes du nord de la Syrie ont été invitées par les Russes à participer au congrès. Il serait donc possible que ce soit le sujet de discorde entre les Turcs et les Russes puisque les autorités turques considèrent les Kurdes comme étant des terroristes et la Turquie continue toujours de masser des troupes contre le Kurdistan syrien.   

 

Les négociations entre Assad et les Kurdes ont déjà débuté

 

Syriakurd1219Ilham Ahmed, coprésidente du Conseil Démocratique Syrien déclare dans Buyerpress : "Les zones libérées par les Forces démocratiques syriennes resteront sous leur contrôle et leur protection." Elle soutient que  "non seulement la Syrie du nord, mais la Syrie en général, doit devenir un « système fédéral décentralisé »Et dans la mesure où le gouvernement Assad refuse cette condition préalable, Raqqa restera sous contrôle kurde.

Comprendre que si le gouvernement syrien accepte un système fédéral décentralisé, les Kurdes remettraient Raqqa et les territoires arabes libérés par eux, y compris le plus grand champ pétrolier du pays, à l'état syrien.

576a7a69c36188a12b8b45cfImad Khamis, le premier ministre syrien se dit prêt à négocier une certaine autonomie Kurde sous l'égide du gouvernement syrien. Pour preuve que les négociations à ce sujet ont débuté, le gouvernement syrien et les Kurdes acceptent tous les deux de participer au Congrès du dialogue national syrien, qui se tiendra à Sotchi en Russie le 18 novembre prochain. Et selon les Russes, la réforme constitutionnelle y sera abordée.

Peut-être que les deux entités politiques devraient se renseigner auprès de la Suisse, du Canada, de la Russie et de d'autres pays, pour savoir quel système fédéral fonctionnerait le mieux pour leur pays.  

Le général américain James Jarrard, commandant de l'Opération Inherent Resolve de la Coalition Internationale en Syrie, déclare que les États-Unis continueront à soutenir les Forces démocratiques syriennes après la défaite militaire de l'État islamique, mais qu'il ne sait pas pour combien de temps.

Nicholas Heras, du Centre pour une nouvelle sécurité américaine estime pour sa part, être certain que les États-Unis continueront de soutenir les FDS. La question est de savoir combien de temps les États-Unis ont l'intention de rester en Syrie pour s'assurer que la stabilité intérimaire soit atteinte.

L'équipe de Trump est encore en train de régler la question. Mais pour l'instant, il n'y a pas d'effort américain en Syrie sans les FDS.

 

Les résultats de la 7e conférence d'Astana

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La Russie, l'Iran et la Turquie étaient les parrains de la 7e conférence de paix d'Astana, qui vient de se terminer. Les noms de plusieurs pays dont l'Egypte, les Emirats Arabes Unis, l'Irak et la Chine ont été suggérés pour y participer. Mais la Turquie s'y est opposée. 

La Russie et l'Iran soutiennent le gouvernement syrien. La Turquie soutient les rebelles dits modérés autres que l'EI et al Qaïda. Les États-Unis qui soutiennent les Kurdes y sont présents comme observateur, alors que les Kurdes n'y sont pas représentés. Le problème politique entre les Kurdes et les Syriens sera négocié ailleurs. D'un commun accord, il n'était pas question que l'EI et al Qaïda y soient présents de quelque façon que ce soit.

L'opposition des forces rebelles modérées a presque complètement disparu, à l'exception de quelques régions de la banlieue de Damas et du sud. Seule la région d'Idlib reste encore entre les mains d'Al-Qaïda. À l'Est, l'EI défait, laissera bientôt les Forces Démocratiques Syriennes dominées par les Kurdes et soutenues par les États-Unis et la France, face aux troupes syriennes soutenues par la Russie, l'Iran, l'Irak et le Hezbollah. 

La négociation précédente, soit la 6e conférence d'Astana avait réalisé ce que l'ONU n'a pas pu faire, soit imposer la paix du point de vue technique et militaire. En effet, ces pourparlers ont mis en place quatre zones de désescalade. Ce qui n'est quand même pas si mal. D'ailleurs l'envoyé spécial de l'ONU, M. de Mistura a déclaré : "L'EI a été mis en déroute (...) Les accords de désescalade sont parfois sérieusement remis en question, mais ils ont donné des résultats. " En effet ces quatre zones ont entraîné une réduction significative des combats.

Le plan est de minimiser les combats entre les forces gouvernementales et les factions rebelles modérées tout en améliorant l'accès des civils à l'aide humanitaire. La dernière zone à s'établir était la plus risquée, soit celle de la province septentrionale d'Idlib, où non seulement l'Iran et la Turquie y ont des intérêts opposés, mais la présence d'al Qaïda à cet endroit n'y adoucit rien du tout.

À Astana, le négociateur du gouvernement syrien Bashar al-Jaafari a d'ailleurs dénoncé la présence turque dans cette province et a accusé formellement Ankara de coopérer avec al Qaïda. En plus : "Nous soulignons que nous considérons la présence des forces armées turques à Idlib comme un acte d'occupation", déclare-t-il. 

Mais les organisations humanitaires internationales ne parviennent pas toujours à freiner une récente augmentation de la violence, qui aggrave la situation humanitaire. Une crise de malnutrition sévit en ce moment à la Ghouta orientale près de Damas. Cette zone est tenue par les rebelles modérés et est couverte par le plan de désescalade. Les attaques aériennes, ainsi que l'impact des combats entre différents groupes opposés, ont rendu plus difficile l'accès à la nourriture et aux médicaments. Lundi, la Russie avait qualifié la situation dans la Ghouta orientale de satisfaisante en réponse aux critiques de l'opposition syrienne. "L'aide humanitaire est en mesure d'arriver", avaient déclaré Moscou.

La Russie, soutenue par la Turquie et l'Iran, s'est engagée lors de la 7e conférence, à réunir le gouvernement syrien et ses opposants. Alors 33 organisations syriennes sont invitées à un "Congrès du dialogue national syrien" dans la ville russe de Sotchi, le 18 novembre prochain. Selon les Russes, cette réunion touchera  à la réforme constitutionnelle. Mais les représentants de l'opposition syrienne à Astana ont émis des doutes. Il n'y a cependant pas eu d'entente à propos des détenus que chaque groupe détient, donc pas d'échange de prisonniers.

Les États-Unis vont-ils se retirer et laisser tomber les Kurdes ou maintenir une présence militaire? Les deux scénarios sont possibles. Mais les Kurdes étant maintenant complètement encerclés par l'armée syrienne, l'armée irakienne et l'armée turque, Washington serait obligé d'utiliser la voie aérienne pour les approvisionner.

S 400 1728x800 cPendant ce temps, les Turcs se sont munis de missiles antiaérien russes S-400 possiblement pour contrer cette hypothèse. N'oublions pas que les S-200 de l'armée syrienne terrorisent l'aviation militaire israélienne. Alors imaginons ce que les S-400 russes peuvent faire à l'armée américaine. D'ailleurs, le général de l’OTAN Peter Pavel vient de déclarer que la Turquie risquait d’être punie par l’alliance, pour ne pas acheter américain.

Les Turcs massent des troupes au sol contre les Kurdes syriens et plusieurs observateurs pensent que la confrontation militaire entre les deux camps est inévitable, tôt ou tard. D'ailleurs parfois il y a des escarmouches comme récemment à Afrin. Les Kurdes ne seront pas de taille contre une armée turque super équipée. Ce qui empêche les Turcs d'intervenir présentement est la présence militaire américaine chez les Kurdes. Mais ils pourraient toujours attaquer les Kurdes là où les Américains n'y sont pas. 

Ces même Kurdes syriens semblent maintenir certains liens privilégiés avec le gouvernement syrien. Ce qui explique que leurs deux armées ne se sont jamais confrontées jusqu'à maintenant. Les Kurdes pourraient trouver une forme d'autonomie à l'intérieur de l'état Syrien. En échange les Kurdes remettraient aux Syriens les parties arabes que leur armée a conquise à l'État islamique, y compris le plus grand champ pétrolier du pays et ils bénéficieraient ainsi de la protection syrienne, iranienne et russe face aux Turcs.

D'ailleurs, le premier ministre syrien se dit prêt à négocier l'autonomie des Kurdes à l'intérieur de la Syrie. Les Kurdes syriens ne lui ont pas répondu mais ils ne menacent pas de quitter la Syrie. Ils parlent plutôt de fédéralisme ce que rejetait la Syrie auparavant.

Mis devant les faits établis, les Américains seraient alors forcés de quitter les lieux. Surtout qu'ils ne sont pas en Syrie à la demande du gouvernement syrien comme le sont les Russes, les Iraniens et le Hezbollah libanais. Ces derniers sont en Syrie légalement. Ce qui n'est pas le cas de l'armée américaine.

Le président russe Vladimir Poutine se rendra mercredi à Téhéran pour des entretiens avec le président iranien Hassan Rouhani.

L'aide humanitaire en Syrie

 

2918169253 cropÀ la 7e conférence d'Astana, l'opposition syrienne affirme que lors de sa rencontre avec les autorités russes, mardi matin : « On a refusé l'aide humanitaire et on la retarde pour faire pression sur le peuple. »

La délégation russe pour sa part, affirme avoir demandé à l'ONU de faciliter l'entrée d'un deuxième convoi de secours dans les zones assiégées dans les prochains jours, soulignant que : « Nous faisons tous nos efforts pour accomplir ce que nous avons convenu, y compris l'aide humanitaire. Plusieurs convois transportent de l'aide dans la campagne de Homs, Douma et le sud de Damas. »

Négociations d'Astana 7

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Astana, Kasahkstan 

Les pourparlers d’Astana 7 débutent à l’hôtel Ritz-Carlton. Elles commencent avec des réunions bilatérales et trilatérales entre les délégations des états garants, à savoir la Turquie, la Russie et l'Iran. 

Les délégations des états garants ont tenu, hier dimanche, des réunions techniques préliminaires bilatérales et trilatérales à l’hôtel Marriott à Astana, pour discuter de sujets liés à l'ordre du jour de la conférence.

Il y a quelques jours, le Kazakhstan avait annoncé que toutes les parties participant à la conférence ont confirmé leur présence. Il s’agit en l’occurrence des délégations du régime syrien et de l’opposition, de celle des Nations Unies, ainsi que celles de la Jordanie et des États-Unis en leur qualité d'observateurs.

L'ordre du jour se penchera sur le redéploiement des forces de surveillance dans les zones de désescalade dans la province d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie.

Seront également traités les dossiers des détenus, ainsi que la question de l’invitation de l’Irak et de la Chine, pour surveiller les zones de désescalade. La réunion abordera également les moyens de fournir de l'aide humanitaire aux zones assiégées, en particulier celle de la Ghouta orientale, près de Damas.

De son côté, la délégation de l'opposition syrienne se réunira à son lieu de résidence, avec l'équipe des Nations Unies, en l’absence de l’envoyé de l'ONU Staffan de Mistura. La délégation tiendra également d'autres réunions avec les ambassadeurs de pays européens.

Les réunions se déroulent à huis clos. 

À partir du 28 novembre, un nouveau cycle de pourparlers est prévu sous l'égide de l'ONU. Cette fois-ci à Genève. Le processus de paix d'Astana se concentre sur les questions militaires et techniques et se déroule en parallèle à celui, politique, de Genève.

 

Un S-200 syrien a-t-il abîmé un F-35 israélien ?

 

1024px zrk s 200v 2007 g1Le lundi 16 octobre, un avion militaire israélien qui survolait le Liban, a subi pour la première fois une attaque de la part d'un missile S-200 syrien (aussi connu sous le vocable de SA-5). En étudiant les analyses de Strategika 51dedefensa.orgDebka files et SouthFront.org, voici ce que j'en déduis. 

Selon SouthFront.org, les Syriens ont tiré sans en aviser les Russes, mais en pleine collaboration avec les Iraniens, essentiellement pour démontrer aux Israéliens qu’ils ne dépendent pas entièrement du contrôle russe. Certains analystes et blogueurs israéliens affirment qu'il s’agissait de la part d'Israël, d’une démonstration de force à l’égard de l’alliance russo-irano-syrienne. Quoi qu’il en soit, quelque chose n’a pas fonctionné dans l'initiative israélienne.

Article f35 2Ce serait selon toute vraisemblance, la première mésaventure survenue à un des premiers F-35 opérationnels en zone de combat.  En effet, l'avion visé aurait été un F-35 et il a dû rebroussé  chemin  face  à  un S-200,  qui  soit  dit  en  passant,  n'est  pas  un S-300  ou  un S-400. Armes que la Syrie possède également mais dont elle ne se servira qu'en cas de guerre totale avec Israël. N'oublions pas que ces armes coûtent chères et qu'un bon gouvernement doit les économiser. 

Voici en gros ce qui c'est passé : Une batterie de défense syrienne a tiré un missile S-200 sur des avions de reconnaissance israéliennes, qui semble-t-il, épiaient les forces militaires syriennes à la frontière  du  Liban.  Il y avait quatre F-16 et possiblement un F-35. L'avion visé était le F-35. Israël en possède 5. Tous les appareils sur les lieux ont pris la fuite. Selon la Syrie un a été abîmé. Selon les organismes que j'ai mentionné plus haut, ce serait le F-35. Israël affirme pour sa part qu'aucun appareil n'a été abîmé. Chose certaine, ils ont tous fuient. 

Quelques heures après l'incident, les médias israéliens ont rapporté qu'un de leurs chasseurs furtifs F-35 était devenu inutilisable suite à une collision d'oiseaux pendant un vol d'entraînement. Hors le F-35 est certifié comme pouvant résister à une collision avec des vols d'oiseaux. 

Voici ce que les faits nous disent. Auparavant, Israël ne respectait pas le ciel syrien et bombardait à l'occasion  la  Syrie.  Cette dernière a fini par lancer un S-200 sur les avions israéliens et depuis ce temps, les avions militaires israéliens n'entrent plus dans le ciel syrien. Cependant, les Israéliens ont fait un autre bombardement en Syrie mais cette fois, à partir du ciel libanais. Lundi dernier, Damas a démontré qu'elle ne tolérera plus les avions israéliens même dans le ciel libanais. 

Notons qu'en réponse à l'attaque syrienne sur les avions israéliens, une deuxième sortie de l’aviation israélienne, que des F-16 cette fois-ci, a attaqué une batterie anti-aérienne syrienne, à une cinquantaine de kilomètres à l’Est de Damas.  Selon Israël,  c'est de cette batterie que serait parti le tire du  S-200. Selon Damas, c'est une tour de radio qui a subi des dommages par le tir israélien. Toujours selon les Syriens, le tir du S-200 serait parti du Golan syrien. Rien ne nous indique, tant du côté israélien que du côté syrien d'où on tiré les avions israéliens. Chose certaine, elles n'ont pas franchi la frontière syrienne. Elles ont tiré soit du ciel libanais ou du ciel israélien. 

De toute façon pour la première fois, des officiels israéliens se sont succédés pour affirmer qu'Israël ne cherchait à aucun prix la tension et qu'il préfère tout compte fait le calme. Une première, car habituellement Israël emploie un vocabulaire belliqueux.

L'avenir nous dira si Israël respectera dorénavant le ciel libanais en plus du ciel syrien. Ce qui est certain, c'est qu'un jour ou l'autre Israël devra arrêter ses bombardements en Syrie, surtout qu'ils n'ont aucune influence réelle sur l'issue de la guerre syrienne. Tous les analystes s'accordent aujourd'hui pour affirmer qu'Assad est irrémédiablement en voie de gagner la guerre. 

Notons que suite à une nouvelle entente avec les États-Unis, soit de 2019 jusqu'à 2028, Israël recevra 3,8 milliards de dollars par an de Washington pour financer son armée.

La guerre s'intensifie en Syrie

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Rose : Forces syriennes. Orange : Liban. Vert pâle : al Qaïda. Vert foncé : Armée turque. Gris : État islamique. Rose foncé : armée irakienne. Jaune : Forces kurdes en Syrie et en Irak.

Selon la Croix-Rouge, la guerre Syrienne aurait atteint un degré d'intensité jamais vu depuis janvier. En effet, plus d'un millier d'hommes, de femmes et d'enfants fuient à chaque jour les violences militaires de Raqqa et de Deir Ezzor, pour rejoindre les camps de réfugiés. D'autres zones sont également touchées par les combats, comme Idleb, Hama, la Ghouta orientale et les hauteurs du Golan. Des parties de ces zones sont sous contrôle d'al Qaïda.

Après avoir larguer des pamphlets sur Idleb pour enjoindre les civiles de quitter les lieux, la Russie a commencé ses bombardements. Dans la campagne d'Hama et la Ghouta orientale, l'armée syrienne reconquiert lentement mais sûrement son territoire.

Selon Al-Masdar Al-'Arabi (AMN), les forces armées syriennes ont repris leur offensive à Beit Jinn dans les hauteurs du Golan, soutenue par Fouj Al-Joulan et Liwaa Suqour Al-Sahra, la 90e Brigade de l'Armée Arabe Syrienne a repris la grande colline de Tal Dhib'at, où ils ont été confrontés à une  force mélangée de l'Armée Syrienne Libre et Hay'at Tahrir Al-Sham (al Qaïda). Les rebelles ont refusé tout accord de réconciliation dans cette partie des hauteurs du Golan.

Selon l'AFP et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, l'armée syrienne avec le soutien de l'aviation militaire russe, est entrée dans la ville de Mayadine, sur la rive Ouest du fleuve Euphrate, à une quarantaine de kilomètres au sud de Deir Ezzor. 

Malgré tout, l'État islamique contrôle toujours la moitié de la province. Toutefois, deux offensives distinctes sont en cours pour l'y déloger. Il s'agit d'un côté, des forces gouvernementales appuyées par l'aviation russe. Celles-ci progressent rapidement à l'Ouest de l'Euphrate. De l'autre côté, les Forces Démocratiques Syriennes à majorité kurdes soutenues par l'aviation américaine. Ces dernières progressent du côté Est du fleuve.

Les autorités syriennes ont cependant clairement averti les FDS de ne plus progresser vers le sud, pour laisser la voie libre à l'armée syrienne. Il semblerait que les FDS ont compris le message. Surtout après que le premier ministre syrien s'est dit prêt à discuter d'autonomie avec les Kurdes. Lui, qui ne voulait même pas discuter de fédéralisme auparavant. Mais le tout reste à être confirmer par les faits.

On apprend selon des sources diplomatiques américaines, que les États-Unis seraient prêts à quitter la base militaire d'al-Tanf au sud de la Syrie à la frontière jordanienne, seulement lorsque l'EI ne contrôlera plus de territoire en Syrie. Ceci aussi reste à être confirmé par les faits. Notons cependant que l'État islamique utilise le territoire à l'entour de la base américaine, comme point de départ pour lancer des attaques sporadiques sur l'armée syrienne. 

 

L'armée syrienne et les Forces Démocratiques Syriennes se chatouillent

 

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Jaune : Forces Démocratiques Syriennes, à majorité kurde

Rouge : Armée Arabe Syrienne

Orange : Triangle où il y aurait sporadiquement accrochage entre les deux forces.

Brun : État islamique

Ligne bleue : Le fleuve Euphrate

L'armée syrienne et ses alliés, soit le Hezbollah libanais, les Brigades iraniennes Al Quds et les Unités de Mobilisation Populaire irakienne (qui auraient franchi la frontière), sans oublier l'aviation militaire russe, donc tout ce beau monde, fait tout son possible et même plus, pour empêcher les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) à majorité kurde, aidées d'arabes syriens et de l'aviation militaire américaine, pour les empêcher dis-je, de prendre possession des champs pétroliers de la région de Deir Ezzor. L'armée syrienne veut également les empêcher d'atteindre la frontière irakienne. 

Sur la carte, dans le triangle orange, il y aurait sporadiquement accrochage entre l'AAS et les FDS. Même que l'aviation russe bombarderait à occasionnellement les FDS. 

Le ministre des affaires extérieures russe, M. Lavrov, reconnaît que la coopération russo-américaine en Syrie n'est pas exempte de problèmes, après une semaine riche en incidents entre les deux grandes puissances. La Russie dénonce la politique hypocrite des États-Unis vis-à-vis de l'EI, qui explique selon lui la mort du général russe Valeri Assapov, tué par des bombardements du groupe djihadiste près de Deïr ezZor.

Les Forces démocratiques syriennes ont, quant à elles, accusé à plusieurs reprises l'aviation russe d'avoir bombardé leurs positions dans la province de Deir Ezzor.

L'EI a lancé une contre-offensive sur la principale route reliant Deïr ezzor à Palmyre. Cette contre-offensive a été repoussée et l'axe routier est à nouveau sous le contrôle des forces gouvernementales. L'EI tient encore la moitié de la ville de Deir Ezzor ainsi qu'une partie de la province du même nom.

On peut facilement imaginer qu'encore une fois, les Russes réussiront à s'imposer. En effet, ils ont construits un pont sur l'Euphrate pour l'armée syrienne et le premier ministre syrien vient d'annoncer que le gouvernement syrien est prêt à discuter d'autonomie avec les Kurdes syriens. Auparavant, le gouvernement central ne voulait même pas entendre parler de fédéralisme.  

Portrait de la situation en Syrie

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Rouge et rose : Gouvernement syrien. Jaune : Kurdes. Vert : Dans la région d'Idlib : al Qaïda, ailleurs mouvements proches d'al Qaïda.  Vert au Nord de la Syrie : Partie envahie par la Turquie. Gris : État islamique. 

La  Syrie et la Russie avertissent les Américains et leurs alliés qu'ils rétorqueraient si ces derniers attaquaient leurs troupes. Au Nord du pays, il semble que les Turcs soient en train de masser des troupes.

Les Unités de Mobilisation Populaire irakiennes de Téhéran (UMP), essentiellement composées du Harakat Hezbollah al-Nujaba, ont commencé à franchir la frontière et à prendre position dans le Sud-Est de la Syrie. Les UMP, bien que formellement intégrées à l’armée nationale irakienne, prennent leurs ordres directement du commandant suprême de l’Iran au Moyen-Orient, soit le très populaire général en chef des Brigades Al Quds, Qassem Soleimani. 

L’objectif stratégique central de Téhéran consiste à ouvrir un couloir terrestre à travers l’Irak et la Syrie vers la Méditerranée, ou si vous préférez vers le Hezbollah libanais. Les Américains essayent de les ralentir du mieux qu'ils peuvent, sans rentrer en conflit armé avec la Russie. Cette dernière aide l'armée syrienne et ses alliés sans vouloir rentrer en conflit armé avec les États-Unis, tout en les poussant tranquilement vers la sortie.  

Deir Ezzor

À l'Est de l'Euphrate, les Forces Démocratiques Syriennes (à majorité kurdes), appuyées par l'aviation américaine, ne se dirigeraient plus vers Deir Ezzor, où les troupes syriennes à l'Ouest de l'Euphrate ont franchi le fleuve à l'Est pour encercler l'Ei et ce avec l'aide de l'aviation russe. Les FDS se dirigeraient maintenant vers la frontière irakienne à l'Est de l'Euphrate, pour y affronter l'EI. 

Abu Kamal

Damas a diffusé une autre mise en garde aux États-Unis et aux forces kurdes, les intimant de ne pas continuer vers Abu Kamal, le bastion de Daesh dans le Sud-Est. Les troupes syriennes et le Hezbollah se mettent en marche vers la garnison d’Al-Tanf, pour par la suite reconquérir Abu Kamal, achevant ainsi la reconquête de la totalité du triangle Syrie-Irak-Jordanie-Euphrate. 

Al-Tanf

Les forces spéciales américaines seraient en train d'évacuer le poste d’Al-Tanf qu’elles détiennent dans le triangle frontalier Syrie-Irak-Jordanie-Euphrate et en remettraient le contrôle à l’armée syrienne. Quitter Al Tanf équivaut à un retrait américain du Sud-Est de la Syrie à l'Ouest de l'Euphrate. 

Deraa

Les unités rebelles syriennes soutenues par les États-Unis sont aussi sur le point de quitter leurs positions dans le Sud de la ville de Deraa, dans le Sud-Ouest de la Syrie.

Conclusion

Je dirais que les principaux belligérants s'entendent pour que le gouvernement syrien reprennent la totalité de son territoire, sauf celui des Kurdes pour le moment. En Irak, les Américains sont contre l'indépendance des Kurdes. On peut donc supposer qu'ils seraient également contre l'indépendance des Kurdes en Syrie. 

Probablement que les Kurdes se mettent en position de force en conquérant des territoires arabes. Ceci en prévision de négociations ultérieures avec le gouvernement syrien, dans le but d'obtenir le maximum de pouvoir du gouvernement central, qui lui, semble être contre toute forme de fédéralisme.  

Israël vient de bombarder un dépôt d'armes du Hezbolah près de l'aéroport de Damas, probablement des missiles tirés par leurs avions à partir du Liban. Le gouvernment syrien affirme avoir abattu deux de leurs missiles. Les bombardements israéliens sont sporadiques et n'ont aucune influence sur l'issue de la guerre. Les Russes le savent. Ces derniers veulent gagner la guerre et par la suite l'organisation de la paix en Syrie et non pas seulement une bataille, d'où leur patience face à Israël...

À suivre...

 

Assad est en train de gagner la guerre

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Washington se retrouve dans la position inconfortable du pays qui veut « balkaniser » la Syrie alors que l’axe Damas  - Bagdad - Téhéran - Moscou (et maintenant Ankara) souhaite une Syrie unie en un seul bloc. 
 

Astana

À Astana capitale du Kazakhstan, se tient le sixième round de discussion pour le règlement de la guerre syrienne. Actuellement, il existe quatre zones de désescalade en Syrie, dont trois fonctionnent normalement. Elles sont réparties comme suit : dans la province de Deraa (sud), dans la banlieue de Damas (Ghouta orientale) et au nord de la province de Homs. La Russie et la Turquie, pays garants qui représentent respectivement Damas et l'opposition, n'ont pas de différends au sujet de la zone de désescalade d'Idlib.

 

Idlib 

Entièrement sous la domination rebelle, cette zone est contrôlée de fait par l'ancien al Qaïda,  Hayat Tahrir al-Sham. À la frontière turque, l’organisation est aux commandes de Bab el-Hawa, le seul point de passage qui relie Idlib à la Turquie. Ils y ont laissé flotter le drapeau de la révolution syrienne et renoncer à le remplacer par celui d’Al-Qaida. Depuis déjà plusieurs semaines, HTS n’a plus d’adversaires militaires dans la province d’Idlib, la dernière province syrienne aux mains de la rébellion. Il y a un mois, ils mettaient au pas Ahrar el-Sham, jusqu’alors l’un des groupes les plus puissants de la rébellion armée. Depuis HTS semblent recruter, convainquant de gré ou de force des groupements plus petits à rejoindre leur bannière.​

 

État islamique

L'État islamique n'occupe plus que 35 000 km2 en Syrie. Ce qui représente 19% de la superficie du pays et seulement 6% de la population. Il est en constant déclin et disparaîtra incessamment de la carte. L'expérience nous dicte qu'il faudra s'attendre à quelques actes terroristes d'envergure venant de sa part. 

 

Israël

Depuis 2011, soit le début de la guerre en Syrie, Israël tout en tenant à ne pas être aspirée par la guerre, n'hésite pas pour autant à frapper sporadiquement des convois à destination du Hezbollah, ou des positions des forces régulières syriennes. Se sentant menacée par eux, Tel Avive veut limiter au maximum la présence iranienne et du Hezbollah libanais en Syrie, son voisin. À noter qu'elle ne bombarde pas les forces Al-Qods iraniennes. Sachant éperdument que les représailles iraniennes l'entraîneraient dans cette guerre qu'elle ne pourrait gagner. Les bombardements israéliens n'auront aucune influence sur l'issue de la guerre.

 

Turquie

Contre l'autonomie des Kurdes syriens, Ankara est intervenue militairement pour séparer en deux les zones que contrôlent les Kurdes à sa frontière. Elle ne peut néanmoins intervenir d'avantage sans déclencher une confrontation avec les États-Unis, qui eux, arment et soutiennent le Front Démocratique Syrien essentiellement formé de kurdes, afin qu’il lutte contre l'EI.

L’indispensable protection américaine ne revient pas à une garantie à vie pour le FDS. Les Kurdes savent qu’une fois qu'ils ne pourront plus faire de gains territoriaux, ils seront moins utiles aux États-Unis. Un lâchage de Washington les fragiliserait face à Ankara. La Turquie n’attend que cela pour couper en morceaux le territoire kurde. La Turquie soutient maintenant l'alliance russo-syrienne et une entente turco-iranienne est en train de se dessiner. 14 millions de Kurdes vivent en Turquie et 7 millions en Iran. Ces derniers ont  toujours entretenu des espérances d’autonomie. La Turquie, membre de l’OTAN, est en train d'acquérir des systèmes anti-aériens russes S-400. Ce qui met mal à l’aise Washington. 


 

Kurdes

Il y a douze bases US au Kurdistan syrien (dont deux pouvant accueillir de gros avions porteurs). Ces bases sont faites pour durer. Les Kurdes ont libéré tout leur territoire avec l'aide de l'aviation militaire américaine. Ils ont même progressé en territoire arabe avec la prise de Raqqa et l'envahissement progressif de l'Est de l'Euphrate. À Hassaké, ville peuplée pour moitié d’Arabes et pour moitié de Kurdes, une politique de “kurdification”est commencée. 

De l’autre côté de la frontière, en Irak, la lutte contre Daech a réveillé les aspirations kurdes. Mais alors que leur projet en Syrie n’est pas explicitement défini, il porte un nom côté irakien : Indépendance. Le président de la région kurde irakienne annonce la tenue d’un référendum d’indépendance, prévu le 25 septembre. Dans le scénario très probable d’un « oui » à l’indépendance, celle-ci ne serait pas immédiate. Les voisins turc, iranien et syrien craignent que le scrutin n’inspire les minorités kurdes de leur propre territoire. 

 

Gouvernement syrien

Le président Assad affirme que l'avenir stratégique est dorénavant à l'Est et qu'il n'y aurait pas de coopération avec les pays qu'il considère "liés" au terrorisme. C'est à dire les États-Unis et l'Europe. Bachar el-Assad se sent en position de force depuis que son armée a repris l’initiative après l’intervention russe, qui a débuté en septembre 2015. Il est persuadé qu’il est en mesure de reconquérir l’ensemble du pays et qu’il convient désormais de penser à l’après-guerre. 

Damas n’envisage pas l’émergence kurde comme une menace, au moins dans l’immédiat. Il y a une collaboration entre les Kurdes et le gouvernement syrien. Le PYD (parti politique kurde) a fait disparaître des groupes de mobilisation kurdes hostiles à Bachar Al Assad. Damas n’a pas besoin de reprendre dans l’immédiat les zones sous contrôle kurde. Ce qui lui permet de mettre ses forces ailleurs.

 

Russie

La Russie soutient le gouvernement syrien. Pour elle, on ne doit pas détruire la structure d'un état. C'est aux Syriens de décider qui doit gouverner le pays et non pas aux autres pays de la planète. Sa force militaire constitue l'atout majeur dans cette guerre. Elle a obtenu de meilleurs résultats à moindre coût que l'armée américaine. Sa force diplomatique toujours en contact avec les différents belligérants locaux, nationaux, régionaux et internationaux constituent également une fer de lance incomparable. La qualité et l'expérience de son ministre des affaires extérieures y est pour quelque chose. L’aviation militaire russe a desserré l’étau qui pesait sur l’armée syrienne. Elle a affaibli l’ensemble des groupes rebelles et accompagne les offensives de Damas par ses appuis aériens. La Russie dirige les négociations internationales sur le conflit.


 

États-Unis

Leurs protégés, les rebelles dits « modérés » voulaient établir une capitale provisoire à Alep et libérer le Sud depuis la Jordanie. Selon certaines estimations, l'administration d'Obama aurait dépensé près de 500 millions de dollars sur l'entraînement des rebelles et l'opération Timber Sycamore, qui s'est avéré être un échec total. Les rebelles rejoignaient en fait al Qaïda. Le soutien inconditionnel octroyé par les États-Unis aux Forces démocratiques syriennes constituées majoritairement de Kurdes du YPG, les  « cousins » syriens du PKK kurde de Turquie, pousse Ankara de plus en plus vers le clan russe.

Washington sait probablement depuis longtemps que l'issue de la guerre s'annonce en faveur de Damas. Mais à cause du pacte du Quincy, les États-Unis doivent faire un effort pour défendre le clan de l'Arabie. Sachant qu'ils ne gagneront pas cette guerre, les Américains font tout pour détruire le plus possible le pays et faire en sorte que la réunification totale soit impossible ou le plus difficile possible.  

 

Iran

L'Iran est un allié indéfectible du gouvernement syrien. L'axe Iran-Syrie-Hezbollah est incontournable et a toujours été une question de survie pour lui. L'Iran des ayatollah est devenu la puissance Chiite et ne veut plus que les Chiites arabes vivent sous l'influence de l'Arabie saoudite sunnite. Grâce à son armée conventionnelle et surtout grâce à la qualité et au nombre de ses missiles, Téhéran a su empêché toute intervention militaire américaine ou israélienne sur son territoire. C'est la raison pour laquelle Téhéran a pu s'entendre avec l'Occident sur l'abandon de sa recherche sur l'arme nucléaire. L'Iran possèdent des forces militaires en Syrie et aura de plus en plus d'inflence sur la Syrie.

 

Arabie saoudite

L'Arabie saoudite prône la religion musulmane sunnite. Elle est la première puissance musulmane sur la planète. Cela est dû essentiellement à son extrême richesse monétaire due aux hydrocarbures. Elle n'accepte pas la montée de l'Iran. Les États-Unis et l'Europe constitue ses principaux alliés à travers le monde. Le pacte du Quincy, peu connu, unit l'Arabie saoudite et les États-Unis depuis 1945. Il a été renouvelé en 2005 pour un autre 60 ans. Avec ce pacte, les Américains doivent défendre l'Arabie. En contrepartie, le Royaume garantit l’essentiel de l’approvisionnement énergétique américain. l'Arabie voulait le départ de Bachar et semble aujourd'hui devenir plus modérée à ce sujet. Elle travaille en ce moment à l'unification de l'opposition syrienne. 

 

Qatar

Le Qatar arme et finance al Qaïda en Syrie. C'est sous l'influence du Qatar que le mouvement terroriste a changé de nom pour essayer de devenir acceptable face à la communauté internationale. Ce qui n'a pas fonctionné. Le Qatar et l'Arabie saoudite sont maintenant en lutte politique.

 

Jordanie

Les Américains avaient ouvert un camp d'entraînement pour les rebelles syriens en Jordanie. Ce qui a alimenté la rébellion dans le sud de la Syrie. La Jordanie veut maintenant sécuriser sa frontière. Le 9 juillet dernier, Amman, Moscou et Washington ont conclu un accord de cessez-le-feu dans le sud-ouest de la Syrie, une région qui jouxte la Jordanie. Le royaume hachémite a désormais besoin du soutien russe pour stabiliser une autre partie de sa frontière avec la Syrie, plus à l’est, dans une région secouée ces derniers jours par des combats. La Jordanie et les États-Unis ont même demandé à deux groupes d'opposition syriens qui contrôlent des portions de territoire dans le sud de la Syrie, de cesser les combats contre les forces gouvernementales et de se replier sur le territoire jordanien. Amman joue donc maintenant la carte du pragmatisme pour défendre ses intérêts économiques avec Damas.

 

Liban

L'armée libanaise avec l'aide du Hezbollah et de l'armée syrienne a réussi à sécuriser sa frontière face à l'EI. L'État islamique est désormais complètement absent de la frontière syro-libanaise. 

 

Europe

L'Europe n'a presque pas d'influence sur le résultat de la guerre en Syrie. Elle a misé sur le retrait d'Assad sans se préoccuper de présenter une alternative valable. Elle a pris ses rêves pour la réalité. 

 

 

 

Les Kurdes face à l'armée syrienne

 

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En jaune, les Forces Démocratiques Syriennes à très grande majorité kurde. En rouge l'Armée Arabe Syrienne, soit l'armée gouvernemntale, en rouge foncé : Deir Ezzor. En brun, l'EI. En bleu, l'Euphrate et son lit.

Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) à majorité kurde, sont en train de percer l'État islamique et se dirigent vers Deir Ezzor, face à l'armée syrienne. L'Armée Arabe Syrienne du président Assad franchira-t-elle l'Euphrate pour minimiser au maximum les gains des FDS? Ces deux forces militaires ne se sont jamais affrontées sur le terrain jusqu'à maintenant. À l'occasion, elles ont même collaboré quelque peu. Les Kurdes, avec la prise de Raqa s'avancaient nettement en territoire arabe. Depuis hier, ils s'y enfoncent. 

Le but de leur offensive est d'enlever la rive Est de l'Euphrate à l'EI. Les FDS contrôlent d'ailleurs une colline à moins de 7 km de la rive Est de l'Euphrate, face à la ville de Deir Ezzor. Un de leurs chefs affirme qu'il n'y a aucune coordination entre ses troupes et les forces gouvernementales.

Les forces syriennes quand à elles, délogent l'EI, sur la rive Ouest de l'Euphrate. Elles ont brisé le siège imposé par Daech. Elles combattent maintenant les djihadistes au Sud-Ouest de Deir Ezzor. Les Russes continuent à bombarder l'EI. L'armée syrienne et ses alliés contrôlent maintenant toute l'autoroute entre Deir Ezzor et Damas. Celle-ci passe par les villes d'Al-Soukhna et Palmyre.

Il existe toutefois une entente secrète de "dé-confliction" entre les Syriens, les Russes d'un côté et les FDS et les Américains de l'autre. Le but est d'éviter tout incident entre les multiples acteurs engagés sur le terrain. On peut donc prévoir que les deux armées ne s'affronteront pas. Elles s'arrêteront chacune à l'endroit où l'autre se sera rendue. 

Est-ce que les gains des Kurdes en territoire arabe, leur serviront de monnaie d'échange dans le but d'obtenir plus d'autonomie du gouvernement central? Jusqu'à quand les Américains continueront-ils d'aider les Kurdes? Quant aux Russes et aux Iraniens, ils sont là pour rester, d'ailleurs au grand "dam" d'Israël. 

Des renforts militaires importants de l'armée syrienne sont arrivés à Deir Ezzor.

Hezbollah version 2017

Hezbollah missiles

Selon Debkafile, site de renseignement militaire israélien, l'appui de l'aviation militaire russe n'explique pas à lui seul la victoire de l'armée syrienne. À vrai dire, la victoire de l'Armée d'Assad à Deir EzZor a été effectuée aussi avec l'aide du Hezbollah et les trois ont refoulé l'EI vers Abou Kamal, ville se trouvant à la frontière syro-irakienne.

Abou Kamal est cette localité où devaient être évacués les terroristes de Daech que le Hezbollah, avec l'aide de l'armée libanaise, a vaincu dans l'Est libanais et dans le Qalamoun en Syrie avec l'aide de l'armée syrienne. Ces deux combats ont eu lieu sur la frontière syro-libanaise. Cette évacuation a néanmoins été bloquée par les Américains qui ont frappé un premier convoi de terroristes la semaine dernière. 

Israël assiste présentement à l'émergence d'un nouveau Hezbollah, une armée née de combats menés jours et nuits aux côtés de l'armée syrienne. Cette nouvelle armée a pour nom "Hezbollah version 2017". C'est une force aguerrie de six ans de guerre et dont la montée est favorisée par la coopération russo-iranienne. Debkafile conseille vivement à l'armée israélienne de revoir ses exercices militaires qu'elle mène présentement au Nord d'Israël. 

L'aviation israélienne a mené une dizaine de raids aériens en Syrie sur des lieux de stockage d'armes et sur des convois d'armes qu'Israël pense destinées au Hezbollah.

Cette fois-ci, c'est un lieu de production d'armes qui a été visé, un centre qui développe « entre autres choses des missiles de précision », affirme l'ancien chef du renseignement militaire Amos Yadlin. Ce site serait semble-t-il, aux yeux des Israéliens, un centre de production d'armes chimiques. 

En frappant cette infrastructure, l'armée israélienne pense envoyer un message clair : un renforcement de l'armement du Hezbollah est pour elle une ligne rouge... Une ligne rouge qu'elle entendrait bien, contrairement aux Occidentaux, faire respecter. Sauf qu'Israël pousse ainsi de plus en plus la Russie vers le Hezbollah et son allié iranien.

Est-ce qu'on s'entend sur le fait qu'Israël n'est pas de taille face à la Russie, même par rapport au monde arabe. Géographiquement, Israël est toute petite par rapport à ses voisins musulmans. Voisins, avec lesquels elle s'évertue à être agressive. Elle n'a jamais compensé les Palestiniens pour la perte de leur terre, qu'elle s'est empressée de leur voler. Certes, elle a la bombe nucléaire mais elle ne pourra jamais sans servir. 

Le triangle alTanf, AbuKamal, arRusafah, nouvel enjeu de la guerre

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L'état-major de l'Armée Arabe Syrienne (Syrie) est à Bagdad (Irak) pour discuter de la suite de la guerre. Il semble que ce soit une offensive majeure des deux protagonistes sur Abu Kamal. 

En effet, le "Hezbollah" libanais et "l'armée syrienne" s'établissent sur le terrain pour empêcher les rebelles protégés par les États-Unis de progresser vers la province de Deir Ezzor, tout en se préparant à une offensive sur Abu-Kamal.

En même temps, un imposant renfort du "Harakat Al-Nujaba" (paramilitaire irakien) vient d'arriver à la frontière entre l'Irak et la Syrie justement près d'Abu-Kamal.

Donc l'armée syrienne, le Hezbollah libanais et le "Harakat Al-Nuja" irakien prépareraient une offensive majeure sur cette ville, au sud-est de la province de Deir Ezzor en Syrie, tout près de la frontière irakienne.

Après Alep, la reprise de Palmyre, la percée aux frontières jordanienne et irakienne, le triangle que composent les trois villes syriennes al-Tanf, Abu-Kamal et ar-Rusafah devient dorénavant l'enjeu principal de la guerre syrienne. La Syrie, le Hezbollah libanais et l'Iran mettent tout en leur pouvoir pour reconquérir ce triangle dans le but de rouvrir un couloir terrestre, Iran, Irak, Syrie, Liban et Méditerranée. 

Vainqueur de ce triangle et bénéficiant de cette voie de communication terrestre avec son fournisseur iranien, le clan Assad progressera alors beaucoup plus rapidement ailleurs au pays et le ravitaillement du Hezbollah libanais en sera énormément augmenté au grand dam d'Israël. Les États-Unis et leurs protégés en sont réduits à la ville d'al-Tanf, incapables d'en sortir. 

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D'ailleurs, avant hier, la présence de Qasem Soleimani (major général des Forces Al-Qods, groupe d'intervention extra-territoriale iranien), considéré comme grand stratège militaire même par les Occidentaux, sa présence à la frontière syro-irakienne, prend alors tout son sens et démontre l'importance qu'accorde l'Iran à cet épisode de la guerre. La présence constante de cet homme sur les lieux des combats représente assurément un atout à sa compétence. D'ailleurs, le fait qu'il aie été légèrement blessé lors de la reconquête d'Alep, prouve que sa présence près des combats n'est pas de la frime.

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Qasem Soleimani à la frontière syro-irakienne

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Soleimani, modeste héros, major général iranien, à la tête des Forces Al-Qods, (groupe d'intervention extra-territoriale iranien), élu homme de l'année par le site iranien d'informations Khabaronline.ir à la suite d'un sondage en 2015. Ce héros iranien vient tout juste de visiter la frontière Syrie-Irak. Reconnu comme un brillant tacticien y compris par les Occidentaux, il œuvre en faveur des Chiites au Moyen-Orient, notamment en ayant bâti la branche armée du Hezbollah libanais et celle du Hezbollah irakien. À partir de 2012, il engage les forces armées Al-Qods dans la guerre syrienne.

Depuis 2014, il est également engagé en Irak, y intervient régulièrement notamment lors du siège d'Amerli, les batailles d'Al-Anbar, de Baïji et de Tikrit.

Actif en Irak comme en Syrie, il est légèrement blessé le 22 novembre 2015 à al-Eiss, au sud-ouest d'Alep en Syrie, lors de féroces combats contre les alliés d'al Qaïda.

Il bénéficie d'une popularité importante en Iran, popularité qu'il encourage par l'envoi de photos prises sur les différents théâtres d'opération où il se trouve. L'image de Soleimani en Iran est celle d'un irréprochable héros de guerre. Vétéran décoré de la guerre Iran-Irak (1980-1988), il se décrit lui-même comme « le plus petit soldat »

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Syrie, Assad reste ou pars

 

Basharal assad1ap 696x391Dans une guerre, lorsque les tensions montent, les belligérants en sueurs grimpent péniblement, jusqu'au sommet du pic final. Plus souvent qu'autrement un sommet en cache un autre et encore un autre, toujours plus haut. Il y en a trois ou quatre comme ça. Lorsque le sommet du pic final est atteint, un des deux clans s'écroule subitement, totalement et brutalement jusqu'au ras des pâquerettes et ne pourra jamais plus remonter la pente. Au sommet du pic final, il n'y a de place que pour le vainqueur. Le perdant s'efface avec le temps à tout jamais.

Dans cette guerre, après quelques sommets qui en cachaient quelques autres, il semble que ce soit le pic final que nous soyons en train d'atteindre. Dorénavant, un des deux clans fléchira avant de s'écrouler.

Premier sommet, le 5 juin 2013 : la reprise de Qousseir par l'Armée Arabe Syrienne et le Hezbollah. Avant l'armée perdait. Depuis, sans être un ras-de-marée, elle gagne.

Deuxième sommet, août 2013 : Massacre de la Ghouta : Le rapport d'enquête de l'ONU confirme l'utilisation d'armes chimiques, "roquettes surface-surface contenant du sarin, produit neurotoxique" mais n'avance aucune responsabilité d'une partie ou de l'autre. Cependant, les Américains condamnent ouvertement le gouvernement Assad et sont à quelques minutes de le bombarder, lorsqu'un accord sort subtilement de la manche des Russes. Les Syriens se débarrassent de leur stock d'arme chimique et les Américains ne bombarderont pas. Ici, le gouvernement a chancelé, titubé mais n'est pas tombé. Mais après, il perd, gagne et reperd.

Troisième sommet : Septembre 2015, l'arrivée de l'armée russe. Assad ne cesse de gagner du terrain. Il avance constamment lentement mais sûrement.

Quatrième sommet : La libération d'Alep, le Stalingrad syrien. Depuis les forces syriennes avancent de façon constante et définitive. Ça semble irréversible.  

Avant d'atteindre le dernier sommet, il y a eu quelques montées et descentes sur le terrain. Comme le bombardement par l'aviation israélienne. La Syrie rétorque avec ses S-200, conservant ses S-300 pour un conflit majeur. S'il y a reprise, la Syrie rétorquera avec des missiles Scuds sur Israël, et Tel-Aviv détruira le système de défense syrien. Donc la Syrie se servira de ses S-300. On sent qu'on se rapproche du pic final. 

Presque simultanément, l'armée turque est bloquée au nord du pays. Le dernier pic n'est pas loin.

Puis, al Qaïda en tête, l'Armée Syrienne Libre sous ses ordres avec quelques groupes salafistes attaquent Damas, Deraa et Hamah, échec total. Donc, ces groupes ne devraient plus être capable de remonter la pente. Ils sont bloqués et dans le gouvernorat d'Idlib l'armée syrienne les attaque en bombardant leurs dépôts d'armes avant l'assaut final. Ça sent le sommet. 

Les Turcs qui ne voulaient plus d'Assad sont maintenant capables de vivre avec. Le secrétaire d'état américain déclare : « le sort du président Assad, à long terme, sera décidé par le peuple syrien ». Même la France emploie un langage similaire. Le clan Assad semble vainqueur. Le pic final et la victoire ne sont pas loin, on semble les voir à travers une faible brume. Puis, le clan Assad s'étant endormi, coup de théâtre!

Pic final ou du moins on arrive dessus : Avril 2017, bombardement syrien d'un dépôt d'armes d'al Qaïda. Selon Washington, il y a eu utilisation du gaz sarin par le gouvernement Assad. Selon ce dernier c'est dans le dépôt bombardé qu'était cachée l'arme chimique. Les deux versions se valent. 86 morts, dont 27 enfants, et plus de 160 blessés. À noter que le président Assad est un analyste hors du commun sur le Moyen Orient. Autrement dit, ce n'est pas un deux de pic. Ce serait étonnant qu'en pleine victoire, il utilise le gaz sarin.

Les Américains bombardent la base militaire aérienne d'où est parti le bombardement. 59 missiles Tomahawks sont tirés. 23 atteignent la cible. La base est abîmée mais est de nouveau opérationnelle 24 heures plus tard. Il semble qu'il y aie une possibilité que les Russes aient peut-être utilisé leur système « Krasuha-5 » capable d’agir sur les GPS des missiles ennemis. 60% des Tomahawks sont tombés en Méditerranée. L'Amérique affirme avoir détruit 20% de la flotte aérienne syrienne.

La frégate russe « Admiral Grigorovich RFS-494 » (navire furtif) rejoint le USS Ross et le USS Porter, les deux navires américains qui ont tiré les Tomahawks. Le plus gros sous-marin du monde est envoyé par Moscou près de la Norvège et du Danemark dans ce que les Russes appellent la piscine de l'OTAN. Moscou abandonne la « Hot Line » avec Washington. 

De sorte que le pentagone diminue énormément le vol de ses avions au dessus de la Syrie de peur qu'ils se fassent descendre par les Russes. D'ailleurs un avion de reconnaissance américain a dû rebrousser chemin lorsqu'il a été mis en joue par l'armée syrienne. La Belgique abandonne ses vols en Syrie.

Les États-Unis affirment fermement qu'ils rebombarderont si l'arme chimique est de nouveau utilisée. Le président Poutine prévient que des agents à la solde de l'ennemi peuvent réutiliser l'arme chimique dans le seul et unique but de faire passer la chose sur le dos du gouvernement Assad, pour qu'il subisse d'autres bombardenements. La Russie, l'Iran et le Hezbollah s'unissent pour augmenter la défense de Damas. Même que la Russie et l'Iran répondront par la force pour défendre la Syrie. Les Russes augmentent le système « Krasuha-5 » dans le but d'augmenter le pourcentage de leur succès contre les missiles américains. Il n'est pas question pour eux de couler un navire américain. 

Les Russes et les Syriens continuent toujours de bombarder les dépôts d'armes d'al Qaïda dans la région d'Idlib. 

Le G7 (États-Unis, Allemagne, Japon, Royaume-Uni, Canada, France, Italie) n’est pas parvenu à une décision visant à renforcer les sanctions contre la Russie et la Syrie. Les ministres des Affaires étrangères du G7 ont discuté du dossier syrien avec ceux de la Turquie, des Émirats arabes unis, de l'Arabie saoudite, de la Jordanie et du Qatar. Ils sont tous d'accord sur leur vielle marotte « il faut qu'Assad s'en aille ». Ils ne voient aucune place dans le futur de la Syrie pour Assad. Ils ne se préoccupent pas du fait que la Syrie deviendrait alors totalement instable comme l'Irak et la Libye. Tout ce qui compte pour eux c'est qu'Assad s'en aille. Ils ne font pas la même guerre que leurs ennemis. Ils ne vivent pas dans la même dimension. 

Rex Tillerson, secrétaire d'état américain rencontrera M. Lavrov à Moscou. M. Poutine ayant refusé de le rencontrer. Rex Tillerson : "La Russie doit choisir entre deux options. Soit avoir de bonnes relations avec les États-Unis et ses alliés. Soit continuer à soutenir l'Iran, le Hezbollah et Bachar al-Assad. En même temps, le président Trump affirme qu'il n'envahira pas la Syrie. Donc la Russie choisira Bachar, l'Iran et le Hezbollah. Vous ne trouvez pas qu'on se rapproche de la finale. 

Pendant ce temps, l'armée arabe syrienne élargit sa tête de pont à Palmyre et repart vers le Sud-Ouest, l'objectif est de reprendre les monts Suwanet Al Amra avec les mines de phosphates, rappelons qu'il y a une pénurie d'engrais en Syrie en ce moment.

Le président Pouitne est structuré et au point de vue tactique et stratégique, est souvent un cran en avance sur les autres. Exemple : le règlement de la crise de la Ghouta. Il a des forces militaires sur le terrain, c'est ce qu'il lui donne l'avantage. Les forces américaines ne peuvent absolument pas attaquer l'armée russe et les pays occidentaux ne semblent pas intéressés à s'impliquer d'avantage militairement. Aux États-Unis, l'unanimité n'est pas là. Les Américains ont besoin d'une très bonne raison pour attaquer l'armée d'Assad, genre l'arme chimique ou une perte significative de leur armée causée par l'armée syrienne. Mais compter sur eux pour trouver une raison s'il le faut.

S'il faut croire le clan occidental, il suffit que le président russe dise, «Assad s'en va» et ils n'ont plus d'argument. Il ne le dira pas. Il dira c'est au peuple syrien à décider ou comme on lui connaît, il sortira un règlement surprise de sa manche. Trump aussi peut être surprenant, son bombardement l'était. Maintenant, on sait que l'élément surprise fait parti de la guerre.

Ne pas oublier que la Russie ne peut reculer. Car ce serait son déclin qui commencerait. Les Occidentaux considèrent qu'ils n'ont jamais perdu et ils n'aiment pas perdre la face. Eux aussi s'ils perdent, c'est le déclin du monde unipolaire qui commence. 

N'oublions surtout pas que ces deux pays possèdent la première armée et la deuxième armée au monde. C'est risqué. On leur fait confiance mais avons-nous raison de leur faire confiance ? C'est bizard, mais j'ai plus confiance aux Russes. Je les perçoie beaucoup plus terre à terre. 

Alors à propos d'Assad, pourquoi ce ne serait pas le peuple syrien qui déciderait ? 

 

 

Syrie : Les lignes rouges des Titans

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Une guerre de lignes rouges, de plus en plus de lignes rouges, la dernière en vue, celle tracée par la Russie.

En effet, en réponse à l'attaque contre une base aérienne syrienne, Moscou suspend le mémorandum russo-américain sur la prévention des incidents et la garantie de la sécurité des vols en cours d'opération en Syrie. Cette communication entre les armées russe et américaine permettaient d'éviter les erreurs tragiques.

Les missiles sol-air russes n'ont pas été utilisés contre les frappes américaines; parce que la Russie agissait dans le cadre de ce mémorandum. Elle devait respecter sa signature. La sortie du mémorandum lui permettra de réagir opportunément à d'éventuelles menaces américaines. 

Si le gaz sarin n'est pas réutilisé, il ne devrait pas y avoir d'autres opérations. La ligne rouge est maintenant tracée par Washington et on peut croire que les Américains respecteront leur parole. Cependant, nous ne sommes pas certains si le gaz sarin a été bombardé par les Syriens ou s'il était dans l'entrepôt d'armes d'al Quaïda. Les deux propositions se valent.

Une ligne rouge est également tracée aujourd'hui par Moscou. En quittant le mémorandum, les Russes envoient un message clair aux Américains, advenant une nouvelle opération du genre, il est possible que la Russie rétorque.  

C'est quand même la première et la deuxième armée du monde qui se dressent des lignes rouges à ne pas franchir.

De plus en plus de lignes rouges sont tracées. Les Syriens ont tracé une ligne rouge à Israël. La prochaine fois que Tel-Aviv envoie des chasseurs en Syrie, pour chaque chasseur Damas enverra un Scud sur Israël, sur une base militaire si Israël a tué des soldats, sur le port d'Haïfa, si les Israéliens ont tué des civiles syriens. Les missiles Arrow israéliens devrait intercepter la majorité des Scuds mais un ou deux qui passent, c'est suffisant comme effet dissuasif ou pour rentrer en guerre totale ou partielle. 

La Turquie s'est fait sortir de la guerre puisqu'il lui était impossible de progresser, faisant face aux armées syrienne, russe, kurde et américaine. C'était la deuxième armée de l'OTAN qui faisait face à la première et la deuxième armée du monde.

Il est possible qu'un jour, une armée franchisse la ligne rouge. Soit, ça s'arrête là, soit elle rentre en guerre partielle ou totale.

 

 

 

Avertissement américain

 

La frappe américaine ne change rien aux forces en présence impliquées sur le terrain. C'est une intervention qui a abîmé une vingtaine d'avions tout au plus. Les Américains avaient prévenu à l'avance les Russes. 4 morts du côté de l'armée syrienne. Cette frappe visait beaucoup plus à impressionner la galerie occidentale qu'à changer les forces en présence sur le terrain. C'est un avertissement point à la ligne. Les Russes répondent en bombardant Idlib et en convoquant le Conseil de sécurité de l'ONU. Il renforce la défense syrienne.

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Les États-Unis frappent

 

Ko62qdkw59 missiles Tomahawk (569.000$ l'unité) contre la base aérienne de Shayrat en réponse à une attaque chimique présumée que Donald Trump a qualifiée de honte pour l'humanité. La base aérienne de Shayrat serait directement liée aux événements horribles de mardi, selon les Américains. 

La Russie convoquera une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, selon un sénateur russe.

L'ancienne secrétaire d'État démocrate Hillary Clinton, qui avait milité pour une approche plus musclée de l'administration de Barack Obama contre le gouvernement de Damas, s'est dite favorable à des frappes pour détruire les bases aériennes syriennes.

Via la ligne de communication spéciale établie entre militaires américains et russes, les Américains ont informé la Russie avant la frappeIl y a eu plusieurs conversations aujourd'hui sur cette ligne spéciale.

Le 4 avril, un raid chimique imputé, selon l'Occident, à l'armée syrienne contre la localité de Khan Cheikhoun a fait au moins 86 morts, dont 27 enfants. Les États-Unis ont accusé le gouvernement syrien d'avoir utilisé le gaz sarin. La chancelière allemande Angela Merkel a, elle aussi, montré du doigt le gouvernement d'Assad.

À l'issue d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU qui débattait depuis deux jours d'une résolution de condamnation de l'attaque, l'ambassadeur russe avait mis en garde contre des «conséquences négatives» en cas d'intervention militaire américaine. 

En Turquie, où de nombreux blessés ont été évacués, les premières analyses effectuées à partir des éléments prélevés sur les patients laissent penser qu'ils ont été exposés à un agent chimique. Médecins Sans Frontières a évoqué l'utilisation du gaz sarin.

Mais le chef de la diplomatie syrienne a réaffirmé que l'armée de son pays n'a pas utilisé et n'utilisera jamais d'armes chimiques contre son peuple, pas même contre des terroristes. D'après lui, l'aviation a frappé un entrepôt de munitions appartenant à des djihadistes et contenant des substances chimiques. Une explication déjà avancée par l'armée russe mais jugée fantaisiste par les experts militaires américains.

Les États-Unis disposent dans la région des navires de la VIe flotte basée à Naples. Les destroyers USS Porter et USS Ross sont tous deux équipés de missiles Tomohawk. Le navire de transport amphibie USS Mesa Verde se trouve également en Méditerranée. Les navires de la Ve flotte sont basés à Bahreïn dans le Golfe. Le porte-avions George H. W. Bush se trouve actuellement dans le Golfe, en mission d'appui aux opérations contre l'EI.

Les États-Unis utilisent plusieurs bases aériennes au Moyen-Orient, dont la plus proche de la Syrie est celle d'Incirlik, dans le sud de la Turquie. Ils utilisent également une base en Jordanie, et disposent de bases aériennes importantes au Koweït, au Qatar et dans les Émirats arabes unis.

Les États-Unis ont déployé dans la région des avions de combat F-15, F-16, F-22, avions ravitailleurs KC-135, avions radars Awacs et bombardiers  B-52. L'avion furtif F-22 Raptor a connu son baptême du feu en Syrie en septembre 2014. Extrêmement difficile à détecter, cet avion au prix unitaire astronomique de 360 millions de dollars est capable de voler à une vitesse dépassant Mach 2 et de larguer ses bombes guidées par laser à 25 kilomètres de sa cible.

Les drones Reaper et Predator sillonnent le ciel d'Irak et de Syrie, surveillant la situation au sol, ou menant des attaques avec des missiles Hellfire. Sur le terrain en Syrie, les États-Unis ont déployé dans le nord-est du pays près de 900 hommes des forces spéciales. Des canons des Marines aident l'alliance arabo-kurde à mener l'offensive sur Raqqa, la capitale de l'EI en Syrie. Ils ont aménagé une piste d'atterrissage à Kobane, près de la frontière turque, pour pouvoir accueillir des avions-cargo militaires C-17, capables d'emmener sur place des véhicules blindés.

En Irak, les Américains ont déployé plus de 5.000 militaires. Des canons américains et des hélicoptères d'attaque Apache sont aussi employés pour soutenir les troupes irakiennes. En tout, Washington peut compter sur au moins 35.000 militaires dans la région.

La télévision syrienne qualifie l'attaque d'agression. Assad aurait affirmé que si les Américains font un autre bombardement qu'il viserait Israël avec des missiles Scud. La Bolivie demande la réunion du Conseil de Sécurité de l'ONU sur les frappes américaines en Syrie.

La Russie convoquera une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, selon un sénateur russe.

Sources :

La Presse : Les États-Unis frappent une base aérienne en Syrie, 07/04/17

TVA Nouvelles : Les militaires américains disposent de puissants moyens autour de la Syrie, 07/04/17

RT : Les Etats-Unis frappent une base aérienne en Syrie, 07/04/17

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