Analyse politique sur différents pays
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Syrie : La Paix, marge de manœuvre limitée
- Par rousseau-philippe
- Le 11/09/2015
- Dans Syrie

L’accord sur le nucléaire iranien accélère le processus de négociations autour du dossier syrien : Rencontre tripartite entre Saoudiens, Américains et Russes, entretien énigmatique entre chef de l'appareil sécuritaire syrien et prince héritier saoudien, réunions entre Russes et oppositions syriennes fréquentables etc…etc...
Tout ce beau monde s'entend sur le fait qu'il faut faire des efforts ensemble, pour lutter contre l’EI, tout en promouvant le processus politique en Syrie.
Le président syrien serait d'accord avec l'organisation d'élections législatives anticipées, de parler avec l'opposition tolérée et de l’amener vers le processus électoral.
Ainsi, Moscou tente de diriger toutes les oppositions fréquentables à la table de négociation et d’unifier leurs positions pour qu’ils parlent d'une seule et unique voix au gouvernement syrien.
M. Khoja, chef de la Coalition Nationale Syrienne (opposition fréquentable), affirme que les Russes se rendent compte que Bachar el-Assad ne veut pas nécessairement négocier. Selon lui, la préservation de l'état syrien et son intégrité territoriale préoccupent davantage les Russes que la personne du président. M. Khoja exige le départ du président, qui selon lui, n'a plus aucun rôle à jouer à l'avenir.
Les autorités russes de répondre : qu’ils soutiendraient n’importe quelle décision du peuple syrien en ce qui concerne le destin d'Assad. Cependant, Moscou ne veut pas pour autant arrêter de soutenir le régime. Ils ne veulent pas qu’Assad subisse le même sort que Kadhafi ou Saddam Hussein. Ce serait désastreux pour la région comme ce fut le cas pour l’Irak et la Lybie. Ils veulent des garanties que tout sera entrepris pour que l'EI soit éliminé.
M. Manna chef du Comité de la conférence du Caire, un autre rassemblement d'opposants fréquentables, affirme : "Les Russes estiment que le plus urgent est la lutte contre l’État islamique mais nous estimons que pour gagner le combat contre Daech, il y a une condition préalable : un changement politique".
Les Kurdes, autre opposition fréquentable, ont établi une zone autonome dans le nord de la Syrie, au grand dam de la Turquie. Ils respectent un pacte de non-agression avec le régime syrien et tiennent mordicus à leur autonomie.
La diplomatie russe intègre parfaitement la locution latine : Qui veut la paix prépare la guerre. En effet, Moscou augmente ses livraisons d’armes et son aide en conseillers militaires à Damas et prône une coalition élargie comprenant notamment la Turquie, l'Irak l'Arabie saoudite, l’Iran, la Russie et les États-Unis de même que l'armée régulière syrienne, le but étant de lutter plus efficacement contre l‘EI en Syrie. Naturellement, Riyad refuse totalement d’y participer.Malgré tout, Russes, Américains et Saoudiens semblent s'entendre sur l’urgence d'endiguer la menace de l'État islamique, à défaut de pouvoir l'annihiler dans l'immédiat et la nécessité de préserver les institutions syriennes dans un éventuel processus de transition du pouvoir.
Pour Riyad, le départ du président syrien n’est pas négociable. Du côté Américain, si le départ de Bachar el-Assad n'apparaît plus comme une priorité, il n'est pas pour autant question de coopérer officiellement avec Damas pour lutter contre Daech. Les Turcs exigent, le poing sur la table, le départ du président.
Après avoir soutenu l’YPG kurde dans son combat contre l'EI, Washington conclue maintenant une alliance avec la Turquie. Les Kurdes ont atteint la limite de ce qu'ils pouvaient faire en s'emparant de la quasi-totalité des territoires kurdes. Les Américains l’ont compris et ont décidé d’appuyer désormais la Turquie.
Washington s’appuie aussi sur l’Armée Syrienne Libre qui est surtout en formation en Turquie et en Jordanie. Elle n’arrive pas à être convaincante dans le nord et au sud elle n’arrive pas à sortir de la ville de Déraa.
Les Turcs tout en bombardant aujourd’hui l’EI, entre en guerre contre les Kurdes et aident ouvertement les rebelles sunnites comme le groupe Ahrar el-Cham qui combat Assad.
Ce groupe, proche des Frères musulmans, collabore militairement avec le Front al-Nosra et est présent principalement dans les provinces d’Alep et d’Idleb. Le Front Al Nosra a essayé d’infiltré le Liban mais le Hezb et l’armée syrienne l’en ont empêché, soutenu par l’armée libanaise.
Notons toutefois que Damas dépend davantage de Téhéran que de Moscou. Aucune négociation sérieuse ne peut se faire sans l'Iran. M. Assad entretient l'espoir plutôt irréaliste, de normaliser ses relations avec les puissances occidentales, et surtout l'espoir, plus réaliste, de voir son allié iranien accroître son soutien à son égard, fort de la manne financière qu'il va récupérer après la levée des sanctions.
Téhéran accentuera probablement son aide. Son principal intérêt étant de protéger le Hezbollah. Toute solution qui entraînerait une participation au pouvoir de l'opposition, mettrait en péril la relation que la Syrie entretient avec le Hezbollah, ce que l'Iran ne peut accepter. N’oublions pas que les armes du Hezb passent par la Syrie. Tout autre chemin est risqué, Israël étant sur le qui-vive.
M. Assad pour la première fois, a reconnu que son armée manquait de ressources humaines. Une façon d'adresser un SOS à son mentor iranien. Damas a besoin de combattants et il semble que Téhéran ait épuisé le réservoir de milices qui lui sont obligées et ne soit pas disposé à envoyer ses propres troupes aux combats.
De sorte que l’Iran voudra peut-être faire entériner de facto la partition du pays, avec un cessez-le-feu entre les différents belligérants. Téhéran se satisferait d'une division de la Syrie mais Assad continue de s'y opposer. Il croit qu'il finira par récupérer tout le territoire syrien.
Les Iraniens essayent de convaincre les Américains que le président syrien est un atout de taille pour combattre l'EI et qu'en cas de victoires rebelles, ce qui reste de l'état syrien s'effondrera. Beaucoup d'officiels américains sont d’ailleurs d'accord avec cette thèse, sans parler d'Israël et même de l'Arabie saoudite qui, bien que contribuant à la lutte contre le régime, redoutent les conséquences de l'après-Assad.
Ils ont pour l'instant intérêt à voir Assad largement affaibli mais pas complètement détruit. Quoiqu’Israël aimerait bien se débarrasser d’Assad, ce qui lui permettrait de souffler par rapport au Hezbollah. Ce que Tel-Aviv craint tout comme la Russie et bons nombres de pays, c’est la déstabilisation violente qui suivrait le départ du Lion (Assad). Cette violence serait encore plus grande que celle qu’on connaît aujourd’hui.
L’Iran se positionne comme intermédiaire entre la Syrie et les États-Unis, rôle occupé jusqu’à maintenant par la Russie. Téhéran essaye vivement de faire comprendre aux Américains qu'aucune solution politique n'est envisageable.
Malgré le fait que la coalition ne bombarde pas les positions du régime et malgré une probable coordination militaire entre Damas et Washington, nécessaire pour éviter tout accident entre les avions du régime et ceux de la coalition, les Américains ne semblent pas prêts à normaliser leurs relations avec Damas. Au moment de la prise de Palmyre, ils auraient pu intervenir mais ils ont préféré laisser les djihadistes s'emparer de la ville, plutôt que de donner l'impression d'aider le régime.
Les Saoudiens, en realpolitik, cherchent un moyen de rapprochement avec l'Iran. Il paraît que la Tunisie ouvrirait d’ici quelques temps ses canaux diplomatiques avec la Syrie et que l'Égypte suivrait. Même l'Arabie saoudite pourrait être tentée d'avoir un pied-à-terre en Syrie tout en continuant de financer les rebelles contre Assad.
À défaut de trouver un règlement de crise, c'est la question d'une future partition de la Syrie qui pourrait être le principal objet de discussion entre les négociateurs. Mais là encore, malgré le fait que la partition existe de facto, il sera difficile de s'entendre sur un compromis général.
Les belligérants sur le terrain n'en gardent pas moins leur propre agenda. Accepteront-ils un processus de paix venu de l'extérieur ?
La marge de manœuvre des nombreux acteurs est extrêmement limitée. À suivre…
Sources:
Syria in Crisis : site Interne : With Friends Like These: Russia's Limited Leverage in Syria.
I24news : Opposition syrienne: la Russie n'est pas attachée à la personne d'Assad, 14/08/15
L’Orient le Jour : Des soldats russes participeraient aux combats en Syrie, 09/09/15
L’Orient le Jour : Pour le maître du Kremlin, Assad est prêt pour des législatives anticipées, 09/09/2015
L’Orient le Jour : La Russie affirme n'avoir jamais caché son soutien militaire à la Syrie, 09/09/2015
L’Orient le Jour : En Syrie, Poutine n’a pas le choix, 09/09/2015
L’Orient le Jour : Syrie : négocier quoi et avec qui ?, 09/09/2015
L’Orient le Jour : Et les nouveaux alliés des Américains en Syrie sont...09/09/15
L’Orient le Jour : Après l’accord sur le nucléaire, l’Iran en – relative – position de force en Syrie 09/09/15
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Syrie : Solution : Certes militaire mais aussi politique
- Par rousseau-philippe
- Le 07/09/2015
- Dans Syrie

Carte de Thomas van Linge que vous pouvez trouver sur twitter.
Pendant que les réfugiés syriens affluent en Autriche et en Allemagne, John Kerry a téléphoné à son homologue russe Sergueï Lavrov pour lui signifier, l'inquiétude des États-Unis face à une possible intervention de l’aviation militaire russe en Syrie.
Les chefs de la diplomatie russe et américaine ont également parlé de la coopération entre Moscou et Washington pour soutenir les efforts de l'ONU visant à lancer un processus politique en Syrie.
Le président russe Vladimir Poutine pour sa part, affirme qu'il est encore tôt pour parler d'un engagement militaire de la Russie en Syrie, dans le but de combattre l'EI. Il rappelle toutefois que Moscou vend depuis longtemps des armes au régime syrien.
Moscou prône une coalition élargie comprenant les pays de la région mais aussi l'armée régulière syrienne pour lutter contre l’EI, le tout accompagné d’une solution politique.
Le président Barack Obama quant à lui, a reçu à la Maison Blanche, le roi Salmane d'Arabie saoudite. Les deux hommes prônent eux aussi, une solution politique à la crise. (1)
Le roi Salman soutient l'accord iranien sur le nucléaire. Les Saoudiens sont conscients qu'Obama est en train de réussir à faire approuver l’accord par le Congrès. L’Arabie saoudite ne veut donc pas passer pour le pays qui refuse le dialogue avec les Iraniens qui eux, essayent de le rétablir.État islamique, engagement de plusieurs pays en Syrie et en Irak, débordement au Liban et en Turquie, Israël qui a le doigt sur la gachette et qui parfois tire, conflit au Yémen... Les tensions au Moyen-Orient ont atteint un paroxysme inégalé. Finalement, un ton modéré entre l'Iran et l'Arabie saoudite, les deux puissances de la région, aiderait fortement à débloquer la situation.
Tous les intervenants semblent s’entendre sur une solution, certes militaire mais aussi politique. Le tout est donc en bonne voie, espérons que ça continue! (2)
Sources:
(1) Washington s'inquiète auprès de Moscou de son éventuel engagement militaire en Syrie
©AFP / 05 septembre 2015 Romandie.com
(2) La déclaration qui pourrait tout changer au Moyen-Orient : le roi Salman d’Arabie Saoudite déclare soutenir l’accord sur le nucléaire iranien
Thierry Coville, Atlantico 06/09/15
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Syrie : La guerre continue et la Russie s'implique d'avantage
- Par rousseau-philippe
- Le 03/09/2015
- Dans Syrie

À Palmyre, l’État islamique a détruit le temple de Baalshamin, un trésor archéologique mondial. (1)
Près de la frontière syrienne en Turquie, un des chefs militaires de l’Armée Syrienne Libre a été tué par l’explosion d’une bombe placée sous son véhicule. (2)
Près de la frontière turque, en Syrie, dans la province d'Alep, l’EI s’est emparé de cinq localités près de Marea et est entré dans les faubourgs de la ville. (3) Ces villages contrôlés auparavant par al-Nosra et étant situés dans la zone que la Turquie veut sécuriser, ont été littéralement donnés sur un plateau d’argent à l’EI. (4)
Médecins Sans Frontières a soigné quatre civils d'une même famille, qui ont été exposés à des agents chimiques à Marea. Selon les patients, un mortier a touché leur maison et après l'explosion, un gaz jaune s’est répandu dans leur salon.
La Syrian American Medical Society a indiqué qu’elle avait identifié l'agent comme du gaz moutarde. Plus de 50 civils présentant des symptômes d'exposition à des agents chimiques ont été traités dans cette région. (5)
Depuis début juillet, l’armée syrienne et le Hezbollah, combattent Al Nosra pour s’emparer de Zabadani, dont la prise permettrait au pouvoir de parachever le contrôle de sa frontière avec le Liban. En représailles Al Nosra attaque l’autoroute reliant Damas à la frontière libanaise et assiège les deux derniers villages aux mains du régime dans la province d’Idleb. (6)
Deux obus tirés par les rebelles sont tombés sur Damas. (6)
Les USA annoncent la mort du cerveau électronique de l’État Islamique dans un raid mené par un drone américain sur la ville de Raqqa. Il s’agit du Britannique, Jounayed Houceïn. Il dirigeait entre autre un groupe de hackers qui attaquait le compte Twitter du Pentagone.
C’est la deuxième annonce de la mort d’une personnalité de haut rang de l’État islamique en 8 jours. La semaine dernière la Maison-Blanche avait annoncé la mort du numéro deux de Daech, suite à un raid mené par l'US Air Force en Irak. (7)
De plus en plus de médias confirment l'implication de haut niveau de la Russie dans cette guerre. Il semble que dans les semaines à venir, ses avions, ses hélicoptères et ses pilotes s'impliqueront dans le conflit contre Daech. Le but étant d'empêcher l'EI d'attaquer les républiques musulmanes alliées de la Russie comme le Kazakhstan, le Kirghizistan, et le Tadjikistan.
Le nouvel émissaire américain pour la Syrie a été reçu à Moscou, dans le cadre de l'intense activité diplomatique menée par la Russie, pour trouver une solution politique au conflit.
Rencontres tous azimuts
Ces dernières semaines, des consultations diplomatiques se sont succédées pour trouver une sortie de crise, comme une rencontre inédite début août à Doha, entre les chefs de la diplomatie américaine, russe et saoudienne.
Les ministres saoudien et iranien des Affaires étrangères ont été reçus à Moscou, de même que la très hétéroclite opposition syrienne (opposants en exil, opposants de l'intérieur et opposants tolérés par Damas). (8)
Voici une carte du conflit considérée comme étant le plus près de la réalité. Elle a été effectuée par Thomas van Linge, un lycéen hollandais que vous pouvez trouver sur twitter.

Sources:
(1) L'État islamique dynamite un temple à Palmyre en Syrie
AFP, Le Figaro 25/08/15
(2) Un des chefs de l’Armée syrienne libre tué dans un attentat en Turquie
Le Monde.fr avec AFP, AP et Reuters | 26.08.2015
(3) Syrie: l'EI avance face aux rebelles dans la province d'Alep
AFP, Le Journal de Montréal, 27/08/15
(4) La zone préconisée par la Turquie commence-t-elle à prendre forme ?
L’Orient Le Jour 31/08/15
(5) Une « attaque chimique » documentée dans le Nord syrien
L’Orient Le Jour 25/08/15
(6) Les combats ont repris en Syrie après une brève trêve
45e Nord, AFP 29/08/15
(7) Un drone américain abat le cerveau électronique de l'État Islamique à Raqqa
www.shemsfm.net 27/08/15
(8) Le nouvel émissaire américain pour la Syrie reçu à Moscou
RTBF 28/08/15
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La paix ou la guerre
- Par rousseau-philippe
- Le 01/09/2015
- Dans Syrie
L'Iran, principal allié régional du régime Assad, accueille favorablement le nouveau plan des Nations unies, adopté pour la première fois en deux ans, par les 15 membres du Conseil de sécurité. L'initiative doit démarrer en septembre.
Tous les plans de paix, proposés par l'ONU ou les grandes puissances, ont jusqu'à présent échoué. Les derniers pourparlers en 2014, avaient buté notamment sur le sort du président syrien, un point clé qui n'est pas mentionné dans la dernière initiative. (1)
La Russie quant à elle, commencerait à s’engager d’avantage en Syrie. En effet, elle vient de constituer une Commission russo-syrienne, pour livrer d’avantage d’armes et de renseignements au gouvernement Assad.
Tout ceci serait plus ou moins coordonné avec la Maison-Blanche. En définitive, Moscou et Washington auraient coordonné le retrait des missiles Patriot américains stationnés en Turquie et la création de la Commission militaire russo-syrienne.
Les missiles Patriot avaient été installés à partir de janvier 2013 par l’Otan en Turquie, afin d’empêcher l’armée de l’air syrienne de se déployer à la frontière turque.
Six MiG-31 auraient été livrés au régime. Ils pourraient être utilisés face aux incursions d’Israël et de la Turquie. Sous différents prétextes, ces deux états sont intervenus à de multiples reprises pendant la guerre. L’armée russe vient de fournir, pour la première fois, des images satellites à la Syrie.
En quelques semaines, de nombreux conseillers militaires du pays du froid sont arrivés à Damas. Ces conseillers rassemblent de nombreuses informations pour étudier la possibilité d’un déploiement international sous l’égide des Nations Unies. Ils étudieront autant la possibilité d’une opération russe, que celle d’une opération conjointe de l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC). Celle-ci se réunira au Tadjikistan, le 15 septembre. Cette alliance militaire comprend trois états musulmans, le Kazakhstan, le Kirghizistan, et le Tadjikistan en plus de la Russie, la Biélorussie et l'Arménie.
À noter que l’ours russe avance lentement avec prudence et sûrement. (2)
Sources:
(1) L'Iran accueille positivement le nouveau plan de l'ONU
AFP, Le Devoir, 20/08/15
(2) L'armée russe commence à s'engager en Syrie
Voltairenet.org , réseau Voltaire 24/08/15
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Syrie : La guerre... la guerre... la guerre...
- Par rousseau-philippe
- Le 19/08/2015
- Dans Syrie

En ce moment, un dicton circule en Syrie, à savoir : « La démocratie est née en France, elle est morte en Égypte et sera enterrée en Syrie. » Les Syriens sont de plus en plus conscients qu’à la fin de la guerre leur pays sera sûrement morcelé.
Dans les régions syriennes partagées entre Kurdes et régime, comme à Hassaké (Nord-Est), les habitants subissent la guerre, mais aussi une double administration : Deux services militaires, deux permis de conduire, deux systèmes d'impôts…l’un syrien et l’autre kurde.
Pendant ce temps, l’État islamique avance vers le centre du pays dans la province de Homs, qui fait partie de la zone sécurisée par le régime. L’EI s’est emparé de la ville d'Al-Qaryataïn, située sur la route reliant Palmyre à Homs. (1)
En Turquie, les États-Unis ont commencé depuis le mois de mai, à former des rebelles modérés pour combattre Daech. Washington compte en former 5400, chaque année pendant trois ans.
Plusieurs hommes d'un premier bataillon de 54 rebelles formés et armés par Washington, issus de la 30e Division de l’Armée syrienne libre (FSA), ont été mis en déroute, tués ou kidnappés par le Front al-Nosra dans le nord de la province d'Alep. (2)
Le Front al-Nosra a cependant libéré sept rebelles de cette "30e Division", mais a gardé leur chef en détention. (3)
La Turquie veut établir un « no mens land » de 40 km de profondeur et 100km de longueur au nord de la Syrie, à sa frontière. Elle veut ainsi empêcher toutes forces ennemies de s’établir dans cette région y compris Assad, l’EI, al Nosra et les Kurdes. (4)
L’EI contre-attaque donc et encercle totalement Marea et contrôle par le feu la route à l'ouest de la ville qui mène vers la frontière turque. Tlaline est également désormais aux mains de l'EI, exactement dans le « no mens land » turc. (5)Le Front Al-Nosra pour sa part, annonce qu’il abandonne les combats contre l’État islamique le long des frontières turques et syrienne, afin d’éviter toute coopération avec les forces turques et américaines (6)
Et la guerre continue…continue…continue…
Sources :
(1) France 24, l'EI avance dans la région de Homs et kidnappe plus de 200 civils. 07/08/15
(2) Le Journal de Montréal : Les États-Unis poursuivent l'entraînement de rebelles modérés. 12/08/15
(3) www.xinhanet.com Al-Qaïda en Syrie libère des rebelles syriens formés par les États-Unis 16/08/15
(4) Libération Syrie : l'EI attaque la zone de sécurité... avant même sa mise en place, 11/08/15
(5) L’Orient le Jour, Syrie: l'EI encercle un bastion rebelle dans le nord. 16/08/15
(6) i24news, Syrie: le Front Al-Nosra se retire des combats dans la région d'Alep. 11/08/15
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Lattaquié : Ouf !
- Par rousseau-philippe
- Le 17/08/2015
- Dans Syrie

Jusqu'à maintenant, les forces gouvernementales ont appliqué une stratégie défensive dans la région de Lattaquié. Aujourd’hui, elles ne peuvent plus se le permettre. En effet, après avoir pris Idleb et Jisr al-Choughour au printemps dernier, l'Armée de la Conquête (coalition entre le Front al-Nosra, branche syrienne d'el-Qaëda et le groupe salafiste Ahrar el-Cham) essaye de s'emparer du fief alaouite. La bataille pour le contrôle de la province fait rage et les offensives se multiplient de part et d’autre.
La plaine du Ghab est depuis quelques jours le théâtre d'une offensive de l'armée syrienne et de son allié le Hezbollah. L’Armée de la Conquête rétorque par plusieurs attaques sur Jourine. Un village extrêmement stratégique, puisque c'est là que l'armée du régime a établi son quartier général pour la bataille. Dernier verrou avant la province de Lattaquié, le régime ne peut se permettre de perdre cette zone où se situe notamment le village d'origine de la famille Assad : Kardaha.À noter que L'Armée de la Conquête s'appuie sur des combattants d'Asie centrale, des Tchétchènes et Al Nosra. Pour sa part, l'armée syrienne s’appuie sur le Hezbollah ainsi que sur des miliciens chiites afghans et iraniens.
Une défaite loyaliste à Jourine ne signifierait pas pour autant que les rebelles déferleraient sur la côte, qui est encore loin, mais serait un coup dur pour les troupes pro-régime. Si l'armée loyaliste tente de défendre Lattaquié coûte que coûte, elle fait face à un problème de taille : le manque d'effectif. Elle doit faire des appels aux jeunes Alaouites pour prendre les armes et défendre les environs de Jourine, une bataille existentielle pour la communauté alaouite. (1)
Quelques tirs de roquettes sur le centre-ville de Lattaquié!J’apprends que les 1.500 combattants syriens, libanais, irakiens et afghans engagés aux côtés de l'armée gouvernementale seraient quand même parvenus à reprendre la quasi-totalité de Sahl el-Ghab et se trouveraient à présent à 7 km de Jisr el-Choughour.
Cette avancée, confirmée par l'AFP, serait essentiellement due à la réactivité des troupes loyalistes sous le commandement de nul autre que le colonel Souheil al-Hassan, surnommé le Tigre, vainqueur de plusieurs batailles de la guerre civile. Il est à la tête de la division d'élite la plus redoutable et a fait le choix tactique de retirer rapidement des troupes engagées sur un autre front pour garnir celui de Sahl el-Ghab avant que l’ennemi puisse établir une zone défensive viable.
L'armée syrienne tient donc à distance l'Armée de la conquête de Lattaquié, fief alaouite où le régime dispose d'une base sociale importante qui fournit les rangs de son armée.
Le port de Lattaquié est le principal débouché maritime extérieur. L'alliance tripartite (Hezbollah-Iran-Syrie) est déterminée à sécuriser l'axe reliant cette région à Damas, principale voie de ravitaillement en armements et d'acheminement de l'aide de Moscou, dont la base navale militaire se trouve non loin de là, à Tartous. (2)Sources :
(1) L’Orient le Jour, Pourquoi Jourine est-elle la clé de la côte de Lattaquié ? 16/08/15
(2) L’Orient le Jour, Sahl el-Ghab, point névralgique de la défense du régime syrien. 16/08/15
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Assad, les Kurdes et l'EI font quelques gains
- Par rousseau-philippe
- Le 08/08/2015
- Dans Syrie

La division 30 de «la Nouvelle Force syrienne», entièrement créée, armée et entraînée par les Américains a franchi la frontière turque pour rejoindre le territoire syrien. Sa mission : affronter l'EI. Elle se coordonnera avec les autres groupes rebelles modérés et comptera sur l'appui de l'aviation militaire américaine qui, avec ses alliés, a intensifié ses raids contre Daech, au rythme d'une quinzaine par jours pour la seule Syrie – La NFS comprendra à long terme pus de 15.000 combattants. (1)
Aussitôt, Al-Nosra s’en est pris au quartier général de la dite division 30, près de la ville d'Azaz dans le nord de la province d'Alep. Le Front annonce avoir arrêté bon nombre d'entre eux dont leur chef. (2)
La Turquie a bombardé des positions de l’État islamique en Syrie en riposte à la mort d'un de ses soldats, après un attentat suicide meurtrier attribué par Ankara aux djihadistes.
Elle veut instaurer une zone protégée, exempte de l’État islamique. Cette zone sera installée entre les cantons kurdes d’Afrin à l’ouest et de Kobane à l’est, soit sur une centaine de kilomètres, et d’une profondeur d’une quarantaine de kilomètres, à l’intérieur de la Syrie jusqu’à la ville d’Alep.
Malgré un manque de ressources humaines flagrant en son sein, l'armée arabe syrienne inflige aux djihadistes de lourdes pertes dans les banlieues de Quneitra et d’Idleb.
À Hassakié dans le nord-est du pays, soldats syriens et kurdes font front commun contre l’EI et portent un coup décisif à Daech en le chassant de cette ville après plus d'un mois de combats intensifs. (3)
En prenant le contrôle des montagnes occidentales de la ville de Palmyre, l’armée syrienne s’est permis d’avancer face à l’État islamique. (4) Ces troupes ont d’ailleurs pris une partie de la ville, y provoquant l’effondrement de l’EI. (5)
Les Kurdes se sont emparées de la ville de Sarrine. Cette localité leur permet de contrôler une route située entre les villes de Raqqa et d'Alep. (6)
La Brigade des martyrs de Yarmouk, groupe djihadiste opérant en Syrie, à la frontière d’Israël, membre de l’Armée Syrienne Libre jusqu’à maintenant, avaient en mars 2013, enlevé 21 casques bleus philippins, le long de la frontière du Golan. Cette Brigade fait maintenant allégeance à l’État Islamique et arbore désormais ses drapeaux. (7)
Sources :
(1) Libération, Syrie : les premiers combattants formés par les États-Unis pour combattre l'EI entrent en action, Jean-Pierre Perrin 17/07/15.
(2) La Presse, Al-Qaïda attaque des rebelles syriens entraînés par Washington, AFP, 31/07/15.
(3) L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH)
(4) agence Xinhua.
(5) Sama TV
(6) L’Orient-le jour
(7) Médias Presse Info.
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La Syrie et son avenir
- Par rousseau-philippe
- Le 22/07/2015
- Dans Syrie
Le 15 mars 2011 débute les manifestations pacifiques pour obtenir un changement démocratique dans une Syrie dictatoriale. Des manifestations pacifiques pro-régime y répondent. Des civiles (les moukhabarats : service secret) à la solde du régime tirent à bout portant sur les manifestants pro-démocratiques générant des centaines de morts et plusieurs milliers de blessés. Cette révolte pacifique se change alors en insurrection armée.L'armée syrienne libre (ASL) en devient l'ossature. Elle enregistre plusieurs victoires et l'Occident devient son bailleur de fonds. Au même moment, Al Qaeda sous le nom du «Front al Nosra » s’implique directement dans le conflit puis «l’État Islamique » y emboîte le pas.
Ces deux derniers mouvements recrutent bien au-delà des frontières de la Syrie. Ils sont appuyés, par l’Arabie saoudite, la Turquie et Dubaï. Leur puissance augmente de façon phénoménale de sorte que l’ASL en est réduite à de petits groupes sans moyens. Son armement finissant toujours par aboutir chez ses deux compétiteurs, les Américains en réduisent ostensiblement le financement.
De nos jours, Assad se rend compte qu’il ne dispose pas d’un pouvoir assez puissant pour reconquérir la partie sunnite du pays, même avec l’appui indéfectible de la branche baasiste sunnite. L’EI et al Nosra, eux aussi ne pourront jamais conquérir l’ensemble de la partie chiite du pays.
La population syrienne, elle, aspire à la paix et au retour de la sécurité. De sorte qu’elle s’accommoderait très bien du régime en place, pour ceux et celles qui vivent dans la zone tenue par lui.Les Syriens vivant dans le territoire occupé par l’État islamique peuvent aussi s’accommoder de la situation, car leur mode de vie antérieur à la révolution n’est pas très différent de celui imposé par l’EI. Dans les régions concernées, le taux d’analphabétisme est très élevé, le taux de fécondité est de 8 enfants par femme et les mariages de jeunes filles fréquents. Un homme a souvent deux familles simultanément. Ce mode de vie est relativement proche de celui prôné par l’EI.
Nous assisterons sûrement tôt ou tard à la dislocation du pays incluant l’élaboration de nouvelles frontières. La partie sunnite de Syrie s’unirait avec la partie sunnite d’Irak. Il suffirait que Daech s’entende avec Assad en démontrant une certaine volonté d’apaisement.
Alors la partie chiite de Syrie s’unirait avec la partie chiite du Liban. Au début, il y aurait une lutte de pouvoir entre le clan Assad et le Hezbollah qui se résorberait avec le temps. Une union politique naîtrait.
Ce qui me fait dire : "L’avenir n’est plus ce qu’il était".