Analyse politique sur différents pays

  • Bachar avance à Alep, les Peshmergas arrivent à Kobané

    Après avoir reconquis l'ouest du pays au printemps dernier, coupant la rébellion du Liban où elle s'approvisionnait, Bachar el-Assad est sur le point de reproduire le même coup à Alep dans le Nord-Ouest. Si le régime parvient à encercler la ville, il priverait la rébellion de ses ravitaillements depuis la Turquie. C'est la stratégie qui semble avoir été adoptée depuis le début de l'automne, par l'armée syrienne.

    D'après l'OSDH, l'État islamique s'est emparé du champ pétrolier d'Al-Chaer, situé près du site archéologique de Palmyre à Homs.

    Les premiers renforts de combattants kurdes irakiens à destination de Kobané sont arrivés dans la nuit de mardi à mercredi en Turquie. Il s'agit de 150 Peshmergas. Une partie d'entr'eux ont commencé à être acheminés vers la frontière.

  • La communication de l'État islamique

     

    La communication de l'EI

    La propagande de l’EI affiche son drapeau, avec ses écritures blanches sur fond noir. Pour la plupart des Occidentaux, ces écritures ne sont pas compréhensibles, mais en tant que symbole, il est aisément reconnaissable et se diffuse facilement sur les médias sociaux.

    Dans la stratégie du groupe, les messages diffusés dans les réseaux virtuels doivent être repris par les médias traditionnels pour avoir leur plein impact. De plus, le passage de ces messages dans les médias traditionnels crée des controverses : on débat à savoir si l’on doit les diffuser ou non dans les journaux ou à la télévision. On fait dès lors naître une nouvelle sur une nouvelle ! C’est l’effet multiplicateur que recherchent les stratèges djihadistes.

    C’est une approche de masse. Le groupe applique un principe de base du marketing : Gardez votre marque bien en évidence. On nous montre des choses horribles commises par les infidèles comme des enfants gazés en Syrie par Bachar al-Assad ou des bombardements de villages par la coalition en Irak. 

    C’est une véritable confrontation qui s’annonce sur Internet. Hier les Etat-Unis ont appelé les membres de la coalition internationale qui luttent contre l’État Islamique à lutter aussi sur le web. Le but : Vaincre le système de communication de l’Etat Islamique.

    la coalition menée par les Etats-Unis peine à freiner l'avancée des djihadistes, notamment dans l'ouest de l'Irak.

  • Syrie : La CNS contrôlée par les Qataris et les Saoudiens

    Ahmed Toumeh, le chef du gouvernement de la Coalition nationale syrienne (CNS), qui réunit l'opposition syrienne modérée soutenue par les Occidentaux, a été réélu à ce poste après un bras de fer entre Doha et son rival saoudienToumeh a le soutien du Qatar, des Frères musulmans et des Turcs, Le problème du CNS : Il a besoin d'argent et cet argent vient des puissances régionales. Toumeh a été élu par 63 voix sur 65 votes exprimés sur 109 membres.

    Le gouvernement en exil, formé en novembre 2013, est installé provisoirement dans le sud de la Turquie. La Coalition nationale syrienne (CNS), avait élu, le 9 juillet dernier, Hadi Al Bahra appuyé par l'Arabie saoudite, comme président.

    À la reprise des cours cette semaine, les écoliers des territoires occupés par l'EI, ont droit à de nouveaux programmes. Les professeurs ne peuvent plus enseigner la musique, l’art, le sport, l’histoire, les sciences sociales, la philosophie et la psychologie. Dans la même foulée, la théorie de l’évolution et les sciences dures sont aussi proscrites.  Les filles et les garçons doivent être séparés, élèves comme professeurs. L’Etat islamique impose aussi que les filles couvrent leur visage d’un voile. Des hommes armés sont chargés de faire respecter les consignes. Une bombe à retardement selon certains étudiants.

    Pendant ce temps, le front est toujours stable à Kobané.

     

  • Syrie, La guerre mène à la division du pays

    La semaine dernière, le régime syrien a appelé à la mobilisation générale, les hommes de 18 à 50 ans. Les succès de l'Armée Arabe Syrienne continuent. La libération de Mourak, lui permet d’avancer vers Hama. Ce qui rendrait possible une pointe vers Alep.

    Sonnée au début du soulèvement, proche du KO technique dès les premiers mois du conflit, l'armée syrienne a perdu de larges pans de son territoire. M. Neguizian, expert militaire au Centre d'études internationales et stratégiques, basé à Washington, affirme que l'Armée Arabe Syrienne a perdu la moitié de ses effectifs. "Les désertions et les pertes ont réduit les effectifs de 325 000 soldats en 2011 à environ 178 000 en 2013", a-t-il indiqué.

    Cependant, les militaires qui opèrent sur le terrain depuis deux ans forment indubitablement une force plus aguerrie"De grands bataillons ont été divisés en petite unités souples, les commandants âgés et inefficaces ont été écartés au profit de jeunes officiers auxquels ont été confiées d'importantes responsabilités opérationnelles", explique M. Neguizian.

    Pourtant, malgré ses progrès, les experts doutent que l'armée soit en mesure de rétablir l'autorité du régime sur tous les territoires perdus. "Cela va être une longue guerre, car ce type de conflit dure au moins 7 à 10 ans, parfois même une génération ou plus".  avance Stephen Biddle, un expert au Conseil américain des relations internationales.

    En effet selon moi, ce sera difficile pour Assad de récupérer les parties sunnite et kurde du pays. Par contre L'ASL, Al Nosra et l'EI devront abandonner l'idée de renverser militairement Assad des régions chiite, alaouite et chrétienne.

    Depuis le 23 septembre, les frappes aériennes de la coalition ont fait dans ce pays : 553 morts dont 464 combattants de l'EI, 57 du Front al-Nosra, 32 civils (6 enfants et 5 femmes), a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. La grande majorité des combattants de Daech et du Front al-Nosra tués par les bombardements aériens ne sont pas Syriens.

    Toujours selon l'OSDH depuis mars 2011, plus de 190 000 personnes sont mortes, dû à ce conflit, dont 67 000 soldats et miliciens pro-régime,  55 000 rebelles et djihadistes, sans oublier 63 000 civils.

  • Liban, avant-veille de guerre civile

    Carte liban 0

    Conflit armé entre l'armée libanaise et des djihadistes à Tripoli, en ce moment.

    Selon Radio France Internationale, le Liban s'enfonce tranquillement vers la guerre civile. 

    En effet, 5 000 djihadistes essentiellement d'Al Nosra et un peu de l'EI ont établi, une importante infrastructure militaire dans les montagnes de l'Anti-Liban, adossée aux montagnes syriennes du Qalamoun, à savoir, dépôts d'armes et de munitions, hôpitaux de campagne, ateliers de réparation etc... 

    Sporadiquement les djihadistes lancent des attaques contre les positions de l'armée libanaise et du Hezbollah. Ce dernier s'est déployé de manière à empêcher toute avancée des djihadistes vers les villages chiites qu'il protège.  

    L'armée libanaise pour sa part, pilonne à l'artillerie des concentrations de combattants qui s’avancent vers ses positions. Dans une interview accordée au quotidien Le Figaro, le chef des forces armées libanaises le général Kahwaji  avertit qu'Al Nosra envisage « d'arriver jusqu’à la mer, sans avoir pu, cependant, parvenir à cet objectif, que ce soit en Irak ou en Syrie. La seule solution qui leur reste, c’est le Liban. » « Daech  a l’intention de s'emparer des armes dont il a besoin, en attaquant, tout comme il l'a fait en Irak, les bases de l’armée libanaise », a-t-il ajouté. Une fois la mer atteinte, c'est que l'EI peut se ravitailler par bateaux.

    Les djihadistes peuvent compter sur l'appui de cellules dormantes qui sont entrées en mode opératoire. Depuis le début septembre, pas un jour ne se passe sans que des grenades ne soient lancées contre des postes de l'armée. Dans certains quartiers, les murs sont recouverts de slogans à la gloire du groupe EI et d'al-Nosra. Le tout, accompagné d'une campagne de propagande, invitant les soldats sunnites à déserter l'armée libanaise

    Cette dernière multiplie les perquisitions, notamment dans les campements de réfugiés syriens. Deux mille suspects ont été arrêtés depuis le mois d'août et quantités d'armes et de munitions saisies. Après la Jordanie et la Turquie, le pays du Cèdre verrouille à son tour sa frontière pour éviter le chaos engendré par l’excès de réfugiés.

    Dans certaines localités chrétiennes et druzes frontalières de la Syrie, sentant la soupe chaude, des jeunes se regroupent, s'arment et s’entraînent. Des scènes qui rappellent étrangement l'ambiance de l'avant-veille de la guerre civile libanaise de 1975.

    Pour clore le tout, les chasseurs israéliens multiplient les vols à basse altitude dans le Sud Liban. Ce dernier vient d’ailleurs de porter plainte auprès du Conseil de sécurité.

  • L'État islamique résiste toujours en Syrie et en Irak

    02 211

    La Turquie, qui entretient de bonnes relations avec le Kurdistan irakien, a autorisé le passage de 200 Peshmergas sur son territoire. Ils devraient arrivés la semaine prochaine à Kobané. Ankara n’a pas cédé à la pression des Kurdes de Turquie qui souhaitent, eux aussi, combattre aux côtés de leurs frères de Kobané. 

    Selon M. Moslem, co-président du Parti de l'Union Démocratique (PYD), principale formation politique kurde syrienne, les discussions se poursuivent entre M. el Akidi, chef de l'Armée Syrienne Libre, et le bras armé du PYD. "Politiquement, nous n'avons rien contre l'ASL (...) mais à mon avis, si elle veut nous aider, elle doit ouvrir un second front à Tel Abiad ou Djarablous", deux villages proches de Kobané, afin de desserrer l'étau autour de la ville" a-t-il précisé. Le chef de l'ASL lui, affirme que 1 300 soldats "se rendraient à Aïn al-Arab (Kobané en arabe) dans les prochaines 36 heures", en passant par la Turquie. 

    L'EI tente de nouveau de progresser vers le poste-frontière de Mursitpinar, seul lien de Kobané avec la Turquie et l'extérieur. Les djihadistes visent également les combattants kurdes ayant repris la colline stratégique de Tel Shaïr, bombardée la veille par la coalition où flotte désormais le drapeau vert, jaune et rouge des YPG.

    Pendant ce temps, après des mois de combats, l'Armée Arabe Syrienne de M. Assad reprend Morek dans l'ouest de la Syrie, sur la route entre Hama et Alep, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). L'armée de l'air syrienne  intensifie ses raids à travers le pays, du sud-ouest vers la Méditerranée en passant par Damas. Elle a détruit à l’atterrissage 2 des 3 avions militaires de l'EI.

    En Irak, la France intensifie ses frappes. Il s'agit de son septième raid. La frappe a permis de détruire des bâtiments dans lesquels les djihadiste «produisaient leurs pièges, leurs bombes, leurs armes pour attaquer les forces irakiennes», a déclaré le chef d'état-major des armées françaises. 

    En dépit de l'appui aérien international, l'EI a enregistré des avancées en Irak ces derniers jours. Dans le nord, ils assiègent à nouveau le Mont Sinjar, où s'étaient réfugiés depuis le début août des milliers de civils de la minorité yazidie fuyant devant l'avancée du groupe extrémiste. 

    L'armée irakienne pas prête

    Plus au sud, Daech s'est emparé d'une nouvelle zone de la province d'Al-Anbar, à l'ouest de Bagdad. L'armée irakienne ne sera pas en mesure de lancer une grande offensive pour reprendre le territoire cédé à l'EI avant plusieurs mois, a indiqué un responsable de l'armée américaine sous couvert de l'anonymat. Plusieurs experts ont déjà souligné que les frappes de la coalition seraient plus efficaces si l'armée irakienne donnait le tempo sur le terrain en passant à l'offensive et en forçant l'EI à réagir comme c'est le cas à Kobané. 

    Au total, en Syrie et en Irak, où la coalition opère depuis le 8 août, plus de 600 raids aériens ont été menés et plus de 1 700 bombes larguées, selon le commandement militaire américain chargé de la région (Centcom).

    À Ankara, La plupart des consulats des pays de la coalition ont reçu des colis suspects avec une mystérieuse poudre jaune à l'intérieur.

  • Kobane, la ligne du front est stable

    Les lignes du front entre l'EI et les forces kurdes n'ont pas bougé depuis une semaine et "je pense que les défenseurs kurdes (...) vont être en mesure de résister", a souligné un responsable américain de la Défense sous le couvert de l'anonymat.

    Les forces du régime de Bachar el-Assad apportent une aide militaire et logistique aux Kurdes défendant la ville syrienne de Kobané contre l'État islamique, selon le ministre syrien de l'Information.

    « Ma préférence va à l’Armée syrienne libre et en deuxième lieu aux peshmergas », a déclaré jeudi le président turc Erdogan, rappelant qu’à ses yeux le PYD syrien n’est rien d’autre qu’une organisation terroriste et donc qu’aucune aide ne devrait lui être apportée.

    Le président turc, a également annoncé que les défenseurs kurdes de la ville avaient accepté le renfort de 1 300 combattants de l'ASL, des rebelles syriens soutenus par les Occidentaux.

    M. Moslem, co-président du Parti de l'union démocratique (PYD), principale formation politique kurde syrienne, a démenti un tel accord. "Nous avons déjà établi le contact avec l'ASL, mais aucun accord du genre de celui mentionné par M. Erdogan n'a encore été conclu", a-t-il dit.

    La Turquie avait autorisé jeudi le passage sur son territoire de quelques 200 peshmergas kurdes d'Irak pour venir soutenir la résistance de Kobani. Nul ne les a aperçus encore.


     

  • 200 Peshmergas irakiens aideront Kobané

    L’ONU appelle la Turquie à faciliter la défense de Kobané en Syrie

    Les jours de Kobané semblent à nouveau comptés. Repoussés un temps, les djihadistes de l'Etat islamique (EI) sont repartis à l'assaut de la ville syrienne. Equipés d'armes lourdes et de chars, ils contrôleraient désormais plus d'un tiers de la ville, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

    Le président turc Erdogan permet à 200 combattants peshmergas kurdes irakiens de passer à travers la Turquie pour aider à la défense de Kobané. Erdogan s'exprimait ainsi après que les législateurs kurdes irakiens aient approuvé un plan pour envoyer les combattants, marquant la première incursion militaire de la région semi-autonome d'Irak dans la guerre de Syrie.