Analyse politique sur différents pays
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Négociation irano-américaine dans un monde multilatéral
- Par rousseau-philippe
- Le 15/12/2021
- Dans Iran
La secrétaire générale adjointe de l’ONU pour les Affaires politiques déclare : «J’appelle les États-Unis à lever leurs sanctions comme indiqué dans l’accord et à étendre les dérogations concernant le commerce du pétrole avec l’Iran. Des prolongations de dérogation sont également nécessaires pour le transfert d’uranium enrichi hors d’Iran en échange d’uranium naturel». L’ambassadeur iranien à l’ONU : «Mon pays n’impose aucune préconditions ou nouvelles conditions pour reprendre ses engagements dans l’accord nucléaire et que toutes les mesures prises depuis le départ de l’accord des États-Unis sont réversibles». La République islamique insiste sur la levée complète des sanctions rétablies par l’ancien président américain Donald Trump, soit revenir intégralement à l'accord de 2015 et non pas seulement rétablir le commerce du pétrole avec l’Iran contre la fin de l'uranium iranien enrichi. Son homologue américaine rappelle pour sa part : «Que les États-Unis sont prêts à se conformer à nouveau à l’accord seulement si l’Iran fait de même».
L'Iran dispose maintenant de 114 kg d’uranium enrichi à 20% et de 18 kg enrichi à 60%. Alors que selon les termes de l’accord, ce niveau ne doit pas dépasser 3,67%. Le pays se rapproche de plus en plus du 90% nécessaire à la fabrication d'une bombe nucléaire. Depuis l'arrivée au pouvoir du président Raïssi, les Iraniens exigent que Washington s’engage à ne pas se retirer de l’accord comme bon lui semble. Autrement dit, un signataire qui veut quitter l’accord doit apporter des preuves solides que l’autre partie a violé ledit accord.
Sur la scène géopolitique mondiale
Le G7, les monarchies du Golfe persique et Israël s’opposent fermement au programme nucléaire iranien et répètent à tout azimut qu’ils ne permettront jamais à l’Iran d’obtenir la bombe atomique. Dans une déclaration commune, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France, en totale coordination avec les États-Unis, assurent que l’Iran doit choisir entre l’effondrement de l’accord nucléaire et un accord juste et global, dans l’intérêt du peuple iranien. Israël est prête à aller jusqu'à la guerre, s'il le faut. L'Iran lui a répondu qu'il pourrait détruire Israël en 7 minutes avec ses missiles et que toute attaque israélienne contre ses installations nucléaires ne serait pas tolérée et entraînerait la destruction par l’Iran des infrastructures vitales israéliennes.
L’administration Biden hausse le ton, en prévenant que toutes les options sont sur la table pour éviter que l’Iran deviennent une puissance nucléaire. Une manière de laisser planer la menace militaire. Mais, l’expérience démontre que l’Iran répond à la pression par plus de pression. La raison pour laquelle l'armée américaine n'a pas déjà attaqué la République islamique, est la force dissuasive de ses missiles, qui causeraient de lourds dégâts aux forces militaires américaines.
En face, Chinois et Russes dénoncent le retrait américain et appuient l’Iran. Pour le nouveau président iranien, les négociations sur le nucléaire ne sont pas ses premières priorités. Son administration regarde désormais vers l’Est, soit vers la Russie et la Chine, plutôt que vers l'Occident. Au moment du pic de la COVID-19, la Russie et la Chine ont été les seules à fournir des vaccins à l’Iran. La Chine et l'Iran viennent de signer un accord commercial de 25 ans. La Chine investira 400 milliards $ en Iran. En contrepartie, elle obtient le pétrole iranien à un prix préférentiel. L’Iran négocie présentement un accord similaire avec la Russie. La République islamique vient aussi d'adhérer au "Groupe de Shanghai" composé de la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, l’Inde et le Pakistan. Ce regroupement collabore économiquement, commercialement et dans le domaine de la sécurité.
De toute évidence, l’Iran énonce ses lignes rouges : Aucune discussion sur les missiles balistiques iraniens ; aucune discussion sur le rôle régional de l’Iran ; et aucun gel de l’enrichissement, tant que le mécanisme de levée des sanctions et de garantie de leur non-réapparition n’est pas convenu – un retour au cadre initial de l’accord de 2015.
Il convient de noter que la position iranienne s'inscrit en parallèle à celle énoncée par la Russie à l’égard des États-Unis en ce qui concerne l’Ukraine : La demande de Poutine à Biden est que les lignes rouges de la Russie soient acceptés par l'Occident.
Et les positions de l’Iran et de la Russie sont identiques à celle de la Chine à l’égard de Taïwan, de la mer de Chine et de la non-ingérence d'un pays tiers dans la politique intérieur d'un autre pays. Le président Xi l’a clairement indiqué lors du sommet virtuel qu’il a tenu avec le président Biden le 15 novembre dernier. Il est évident que les trois puissances sont stratégiquement coordonnées – politiquement et probablement aussi militairement. Elles ont commencé à faire des exercices militaires ensemble. L’Iran n’a pas encore pris la décision stratégique que l’accord de 2015 n’est plus dans son intérêt, mais il pense que les États-Unis ne sont pas prêts ni en mesure de lui offrir un allégement réel et durable des sanctions
En fait, les chefs des pays occidentaux sont habitués à ce que ce soit eux qui émettent les lignes rouges. Ils ne sont pas habitués à respecter les lignes rouges des autres, tout en pensant qu'ils sont très démocratiques. Le problème du gouvernement américain est que tout compromis avec la Russie, l'Iran et la Chine, serait perçu comme une faiblesse de Biden et risquerait d'amener au pouvoir les Républicains qui pourraient être encore plus belliqueux.
Après un monde bipolaire - États-Unis contre URSS ou capitalisme versus communisme - est né un monde unipolaire : - États-Unis -. Nous assistons présentement dans l'histoire de l'humanité, à la confrontation entre ce monde unipolaire et le monde multilatéralisme dirigé par la Chine, comprenant aussi en première ligne la Russie et l'Iran, auquel on peut ajouter la Turquie et d'autres pays. Multilatéralisme : Attitude politique qui privilégie le règlement multilatéral des problèmes mondiaux, opposé à l'unilatéralisme : Attitude qui consiste pour une puissance, à décider d'une action sans tenir compte du point de vue des autres, ni des instances internationales. Ce conflit peut se terminer par la guerre. Espérons que non, malgré qu'il y a beaucoup d'exercices militaires à travers la planète présentement !
Réseau international : À l’approche du compte à rebours géostratégique par Alastair Crooke, 14/12/21
La Presse : Les négociations de Vienne près du point de rupture par ANNE BEADE, 14/12/21
Tribune de Genève : L’ONU demande aux USA et à l’Iran de revenir aux termes de l’accord, 14/12/21
RTBF (Belgique) : Accord sur le nucléaire iranien : l'Iran fait état de progrès lors des négociations à Vienne, 12/12/21
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L'Ukraine selon Biden et Poutine
- Par rousseau-philippe
- Le 13/12/2021
- Dans Russie
Les relations entre la Russie et l’OTAN se sont sérieusement dégradées, à un tel point que le dialogue officiel entre entre les deux a pris fin. Ils ne se parlent plus directement. Début octobre, l'OTAN a réduit de moitié la représentation russe auprès de l'organisme et a retiré l'accréditation de 8 diplomates russes, les accusant d'espionnage. De sorte que la Russie a complètement suspendu sa mission auprès de l'OTAN et à son tour, a suspendu la mission militaire de l'OTAN auprès de l'armée russe. Des photos satellites des services secrets américains démontrent que la Russie rassemble des troupes et du matériel à 4 endroits près de la frontière ukrainienne, dont en Crimée: 50 bataillons tactiques comptant 70000 hommes. Le nombre devrait augmenter à 175000 soldats. Les services secrets russes perçoivent eux aussi des complexes d’attaques sur le territoire ukrainien. Moscou se dit prêt à créer quelque chose de similaire; tout en exprimant sa confiance que le bon sens prévaudra chez les pays occidentaux.
Le 7 décembre dernier, les Présidents russe et américain ont évoqué la situation au cours d'un entretien vidéo. Vladimir Poutine a promis à Joe Biden une rencontre, lorsque son interlocuteur lui a dit regretter de ne pas avoir pu le voir au sommet du G20. Un extrait de leur conversation a été diffusé lors d’une émission sur la chaîne russe Rossiya 1.
Le président russe se trouvait dans sa résidence de Sotchi, riche station balnéaire au bord de la mer Noire. Le président américain, quant à lui a participé à la conversation depuis la "Situation Room" de la Maison-Blanche, salle ultra-sécurisée fermée aux journalistes, d’où l’exécutif américain pilote les interventions militaires sensibles. Les échanges ont été ouverts et francs. On y voit M. Biden rencontré des difficultés techniques, oubliant apparemment d'ouvrir son micro.
Vladimir Poutine a ouvert la conversation en russe : « Salutations, Monsieur le président ! », souriant, assis à une longue table, face à un écran sur lequel apparaissait son homologue. Il y a eu un silence à l'autre bout, puis on a vu M. Biden se pencher et peser sur un bouton. "Et voila" dit-il soudainement audible. "Bonjour', a-t-il ajouté en riant quelque peu et en saluant son homologue russe : « Il est bon de vous revoir ! ». Les deux présidents ont eu un échange à haut risque de 2 heures, sur la crainte d'une l’escalade militaire en Ukraine. Dmitri Peskov, secrétaire de presse de M. Poutine et le conseiller à la sécurité nationale de M. Biden, Jake Sullivan, ont transmis l'essentiel de la communication aux journalistes.
L’Ukraine au cœur de l’entretien
M. Biden croyant dure comme fer que la volonté de la Russie est d'envahir l'Ukraine, a avertit M. Poutine, qu’en cas d’invasion de l'Ukraine par la Russie, cette dernière serait isolée financièrement. M. Poutine, lui a répondu que s'il pensait comme ça, c’était pour diaboliser davantage la Russie.
Poutine : «La Russie a plus d’une fois indiqué qu’elle n’avait aucune intention d’envahir l’Ukraine et que ces déclarations ne sont qu’un prétexte pour l’OTAN d'avancer davantage vers l’est et concentrer de l'équipement militaire à la frontière russe. Le déploiement d'armes en Ukraine marque une ligne rouge, car cela représente une menace pour la sécurité de la Russie. L’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN est aussi une ligne rouge à ne pas franchir. Je vous demande des garanties sécuritaires aux frontières russes; soit un gel de la progression de l’OTAN vers l’Est. Votre intention de faire de l’Ukraine un tremplin pour confronter la Russie, cause une grave déstabilisation de l'Europe toute entière ».
Joe Biden a réitéré son soutien à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine et a appelé M. Poutine à une désescalade, en ayant recours à la diplomatie plutôt qu'à l'armée. Vladimir Poutine a rappelé que les troupes russes sont stationnées en Russie et ne menacent personne. Il a dit : "vous en parlez alors que vous êtes à 1.000 kilomètres de notre territoire. L’Europe est notre maison commune, alors que vous les Américains, vous vous trouvez outre-Atlantique". Évoquant les lignes rouges que Biden n'accepte pas, M. Poutine constate que c’est un désaccord très sérieux entre la Russie et les États-Unis.
Le porte-parole du Président Poutine, Dmitri Peskov, précise que l’heure d’un tête-à-tête en présentiel entre les deux hommes n’est pas encore venue. Selon lui : « Il est clair que lorsque deux présidents vont vers le dialogue, c’est qu’ils veulent débattre des problèmes et ne visent pas l’impasse; mais il ne faut pas s’attendre à des percées immédiates », prévient-il. « Poutine a dénoncé auprès de Biden le 'potentiel militaire' croissant de l'OTAN aux frontières russes. Il a demandé des garanties à Biden sur le non-élargissement de l'OTAN. M. Poutine a démenti tout projet d’invasion et a reproché à la Maison Blanche : l’activité accrue des pays de l’OTAN en mer Noire, la volonté ukrainienne de rejoindre l’OTAN et l’ambition de Kiev de s’armer auprès de l’Occident. La Russie n’a jamais eu l’intention d’attaquer qui que ce soit, mais nous avons des lignes rouges », assure M. Peskov. « Nous savons bien que la partie américaine a une dépendance aux sanctions », ironise-t-il. M. Poutine a fait part à M. Biden de l'attitude destructive de Kiev envers l'Est de l'Ukraine. C'est une erreur d'imputer à la Russie toute la responsabilité des tensions actuelles a dit M. Poutine à M. Biden.
Selon Sullivan : « Le président américain a exprimé la profonde préoccupation des États-Unis et de leurs alliés face à l’augmentation du nombre de soldats russes à la frontière ukrainienne. Biden n'a pas fait de concessions à Poutine, notamment sur une adhésion de l'Ukraine à l'OTAN. Joe Biden a fait savoir à Vladimir Poutine, que les États-Unis et leurs alliés répondront notamment par des mesures économiques fortes en cas d'escalade militaire en Ukraine ». M. Sullivan suggère que "North Stream 2" soit une monnaie d'échange pour dissuader la Russie d'envahir l'Ukraine. M. Biden a réaffirmé son soutien à l'intégrité territoriale et à la souveraineté de l'Ukraine, appelant à la désescalade et au retour à la voie diplomatique entre Moscou et Kiev. »
De poursuivre M. Sullivan : « Les États-Unis sont prêts à déployer davantage de soldats dans les pays de l'OTAN, si la Russie envahissait l'Ukraine : - Je vais vous regarder dans les yeux et vous dire, alors que le président Biden a regardé le président Poutine dans les yeux et lui a dit aujourd'hui que des choses que nous avons pas faites en 2014 (lors de l'annexion de la Crimée et de la sécession du Donbass), nous sommes prêts à le faire maintenant. Nous préférerions communiquer cela directement aux Russes, de manière assez détaillée, les types de mesure que nous avons en tête."
Les deux hommes ne sont tombés d'accord que pour poursuivre le dialogue. Ils ont donc convenu de nommer des représentants, qui poursuivront une conversation concrète sur la situation conflictuelle autour de l'Ukraine. Une fois que ces représentants auront fait leur travail, les deux présidents se rencontreront de nouveau par vidéoconférence. Pendant cet entretien virtuel de deux heures, les deux dirigeants ont aussi évoqué la stabilité stratégique, la cybersécurité, les piratages informatiques, le contrôle des armements nucléaires, le nucléaire iranien et l'Iran.
L’Union Européenne soutient les États-Unis. Elle est prête à adopter des sanctions supplémentaires contre la Russie, prévient la présidente de la Commission européenne, pendant que la Chine regarde attentivement ce qui se passe et ce qui se passera. Pour sa part M. Kouleba, ministre ukrainien des affaires extérieures, exhorte ses alliés occidentaux à ne signer aucun accord en ce sens.
M. Blinken conseiller adjoint è la sécurité nationale du président Biden déclare : « Il n'est pas clair si le président Poutine a choisi d'envahir l'Ukraine, mais nous savons qu'il met en place la capacité de le faire dans les plus brefs délais, s'il en décide ainsi, le meilleur moyen d'éviter une crise et une spirale négative dans les relations au sens large, passe par la diplomatie et la désescalade ».
M. Biden, recevant début septembre le président ukrainien M. Zelensky à la Maison Blanche, lui avait promis de soutenir la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine face à la Russie, mais ne s’était guère avancé sur le sujet brûlant d’une adhésion à l’OTAN. Selon un haut responsable américain, il a proposé à huis clos de réunir des experts américains et russes pour établir une feuille de route et parvenir ainsi au respect de toutes les parties impliquées. C'est ce qu'il a fait avec M. Poutine aussi. La porte-parole de la Maison Blanche Mme Psaki affirme : « Il y a une série d’outils à notre disposition. Bien sûr, des sanctions économiques sont une option ». Mais, elle n’a pas répondu à la question sur d’éventuelles actions militaires américaines. Le porte-parole du Pentagone, M. Semelroth : « Washington soutient une nouvelle désescalade et une solution diplomatique au conflit ».
Le Kremlin quant à lui, n'est plus orienté vers le compromis, mais définit maintenant ses lignes rouges le long des frontières de tous ses intérêts. La Russie veut des garanties fiables et à long terme pour sa sécurité. Elle insiste sur des accords qui interdisent toute nouvelle mesure de l'OTAN à l'Est et le déploiement de systèmes d'armes, qui la menacent à proximité immédiate de son territoire. Pour Moscou, le risque d'un conflit armé dans le sud-est de l'Ukraine est extrêmement élevé, car l'Ukraine a repris ses attaques d'artillerie sur le Donbass. Avec l'aide de la force militaire, M. Poutine veut démontrer qu'il ne sert à rien de faire pression sur la Russie. Il se dit aussi préoccupé par le déploiement de missiles de l'OTAN sur le territoire ukrainien, qui pourraient atteindre Moscou en 10 minutes.
Le 15 novembre dernier, Vladimir Poutine a signé un décret ouvrant le marché russe aux marchandises produites par les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk. Kiev considère cela comme une nouvelle phase dans la guerre menée par Moscou contre l’Ukraine. Ce décret, pour les dirigeants du Donbass, concrétise que la séparation de la région prorusse est de plus en plus irréversible.
Pour parvenir à la solution du conflit, Russes et Américains doivent respecter la réalité : soit le respect du choix de la Crimée de faire parti de la Russie, le respect du choix du Donbass d'être indépendant de l'Ukraine, tout comme le respect du choix de l'Ukraine d'être indépendant de la Russie.
Sources :
Sputnik : Lignes rouges et diplomatie: ce que Poutine et Biden se sont dit en visio, 12/12/21
Internewscast (États-Unis) : Jake Sullivan dit que les États-Unis sont prêts à déployer plus de troupes si la Russie envahit l'Ukraine, 07/12/21
La Presse (Montréal) : En cas d’escalade militaire en Ukraine Biden avertit Poutine que la Russie subirait de « fortes sanctions », 07/12/21
Sputnik (Russie) : Biden avertit Poutine que la Russie subira de "lourdes sanctions" en cas d'escalade en Ukraine. 07/12/21.
Sputnik : Moscou exhorte Washington à ne pas rejeter la responsabilité des tensions en Ukraine sur la Russie de Dmetri Bassenko, 07/12/21
Bayl.eu (Europe) : Biden dit qu’il « n’accepte les lignes rouges de personne » à la suite des avertissements de la Russie contre la militarisation de l’Ukraine par l’OTAN, 04/12/21
Washington Post : Les services secrets américains découvrent que la Russie prépare une offensive en Ukraine, 04/12/21
Avia.pro (Russie) : 500 combattants des forces aérospatiales russes sont prêts à détruire les forces armées ukrainiennes en 30 minutes, 04/12/21
La Presse (Montréal) : L’Ukraine rejette toute « garantie » donnée à Moscou, 03/12/21
Tagsschau (Allemagne) : Quel est le but du déploiement des troupes de Moscou, 02/12/21
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Pourparlers sur le nucléaire iranien
- Par rousseau-philippe
- Le 13/12/2021
- Dans Iran
Jusqu'à maintenant, les Américains offrent aux Iraniens : La levée d'une partie des sanctions en échange de l'arrêt par l’Iran de ses activités d’enrichissement de l'uranium au-delà de la limite permise et le programme nucléaire iranien placé sous strict contrôle de l'ONU. Ce que refuse l'Iran, exigeant la levée complète des sanctions, avant que Téhéran stoppe son programme nucléaire. Cependant, le négociateur en chef iranien affirme que les deux parties sont sur le point de se mettre d'accord sur les 2 questions qui devraient être à l'ordre du jour. Téhéran présente 2 textes : l'un sur les sanctions et l'autre sur son activité nucléaire. Entamées en avril, les négociations destinées à ramener les États-Unis et l’Iran à l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, étaient à l’arrêt depuis l’élection en juin du nouveau président iranien, Ebrahim Raïssi. Depuis le 29 novembre, la septième ronde des pourparlers a repris à Vienne de façon indirecte. Comme lors des séances précédentes : les États-Unis dans un hôtel, l’Iran dans un autre; la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Russie et la Chine faisant la navette entre les deux; Iraniens et Américains refusant de négocier directement.
L'objectif est de rétablir un accord sur le nucléaire iranien, dont les États-Unis se sont retirés en 2018 sous l'administration Trump, en réimposant des sanctions à l'Iran. Téhéran a alors riposté en cessant progressivement la mise en œuvre de l'accord. Aujourd’hui, le stock d’uranium de Téhéran est en croissance rapide. L'Iran dispose maintenant de 114 kg d’uranium enrichi à 20% et de 18 kg enrichi à 60%. Alors que selon les termes de l’accord, ce niveau ne doit pas dépasser 3,67%.
Les deux camps en présence
Sur la scène géopolitique mondiale, le G7, les monarchies du Golfe persique et Israël s’opposent au programme nucléaire iranien et répètent qu’ils ne permettront jamais à l’Iran d’obtenir la bombe atomique. En face, Chinois et Russes dénoncent le retrait américain et défendent l’Iran. Israël est prête à aller jusqu'à la guerre même si les États-Unis refusent d'y aller avec elle. L'Iran a alors répondu qu'il pourrait détruire Israël en 7 minutes avec ses missiles.
Au moment du pic de la COVID-19, la Russie et la Chine ont été les seules à fournir des vaccins à l’Iran. La Chine et l'Iran viennent de signer un accord stratégique et commercial de 25 ans. La Chine investira 400 milliards $ en Iran. En contrepartie, elle obtient le pétrole iranien à un prix préférentiel. L’Iran négocie présentement un accord similaire avec la Russie. La République islamique vient aussi d'adhérer au groupe de Shanghai composé de la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, l’Inde et le Pakistan. Ce regroupement collabore économiquement, commercialement et pour ce qui est de la sécurité. La démarche iranienne démontre donc clairement son rapprochement vers ses voisins de l’Est, lui donnant une sécurité en cas d’échec des négociations avec l'Occident.
Les dirigeants occidentaux voulaient que l’accord sur le nucléaire soit élargi au programme de missiles balistiques, aux drones ainsi qu'au rôle de l'Iran au Moyen Orient. Mais le gouvernement iranien a toujours refusé et refuse encore catégoriquement de parler d’autre chose que du retour strict à l’accord de 2015; soit, la levée totale des sanctions contre l'arrêt strict de leurs activités nucléaires. Joe Biden a répété à plusieurs reprises qu’il réintégrera l’accord une fois que les Iraniens se remettront à honorer leurs engagements. La République islamique pour sa part, affirme qu’une fois que les Américains auront levé leurs sanctions, elle se conformera à ses engagements; car ce sont les Américains qui sont sortis de l'accord en premier.
Depuis l'arrivée au pouvoir du président Raïssi, les Iraniens exigent désormais que Washington s’engage à ne pas se retirer de l’accord comme bon lui semble. Autrement dit, un signataire qui veut quitter l’accord doit apporter des preuves solides que l’autre partie a violé ledit accord.
S'il apparaît aux Américains que l’Iran ne veut que gagner du temps pour accélérer ses avancées atomiques, l’administration Biden pourrait envisager de renforcer les sanctions économiques; alors même que le gouvernement démocrate martèle que la pression maximale de l’ère Trump a été un échec. Les mesures punitives pourraient aussi viser la Chine, qui continue d’acheter le pétrole iranien malgré l’embargo américain. Cela dit, il est peu probable que Pékin modifie sa position. L’administration Biden hausse le ton, en prévenant que toutes les options sont sur la table pour éviter que l’Iran deviennent une puissance nucléaire. Une manière de laisser planer la menace militaire. Israël brandit clairement cette possibilité. Mais, l’expérience démontre que l’Iran répond à la pression par plus de pression. De nouveaux actes de sabotage du programme nucléaire iranien risqueraient de provoquer une escalade ingérable qui pourrait dégénérer jusqu'à la guerre. Et la raison pour laquelle l'armée américaine n'a pas déjà attaqué la République islamique, est la force dissuasive de ses missiles balistiques et autres, qui causeraient forcément de forts dégâts à l'armée américaine.
L’Iran n’a pas encore pris la décision stratégique que l’accord de 2015 n’est plus dans son intérêt, mais il pense que les États-Unis ne sont pas prêts ni en mesure de lui offrir un allégement réel et durable des sanctions.
Une victoire de la diplomatie conduira à un apaisement dans la région. En revanche, un échec des négociations pourrait conduire à un affrontement, de l’Irak aux Territoires palestiniens, du Liban aux monarchies du Golfe persique, en passant pas Israël.
© AP Photo / Vahid Salemi
Source : RTBF (Belgique) : Accord sur le nucléaire iranien : l'Iran fait état de progrès lors des négociations à Vienne, 12/12/2
Photo : Le président iranien Hassan Rohani (à dr.), en compagnie du directeur de l'Agence nucléaire iranienne, Ali Akbar Salehi, lors de la Journée de l'énergie atomique, le 9 avril 2019 à Téhéran. afp.com/HO
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13 décembre 1937 : Le massacre de Nankin
- Par rousseau-philippe
- Le 12/12/2021
- Dans Chine
Profitant de la guerre civile chinoise entre le Guomindang de Tchang Kaï-chek et les communistes de Mao Zedong, remontant de Shanghai, l'armée japonaise entre dans la ville de Nankin (Nanjing), alors capitale de la Chine.Aussitôt commencent des massacres à grande échelle. Exécutions à la baïonnette, au sabre, à la mitrailleuse, viols et mutilations : 300 000 morts. Le massacre de Nankin figure parmi les crimes contre l'humanité, même si le gouvernement japonais persiste à en nier l'importance. Il annonce les horreurs de la Seconde Guerre Mondiale.
Les photos du massacre étant trop atroces, j'ai préféré mettre la photo du monument de commémoration. Plus tard, Mao et Tchang Kaï-chek s'uniront pour sortir les Japonais hors de Chine et finiront par la suite leur guerre civile de 1945 à 49.
Source : Hérodote : 13 décembre 1937 Le « viol de Nankin », 03/04/19
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7 décembre 1941 : Pearl Harbour
- Par rousseau-philippe
- Le 07/12/2021
- Dans États-Unis
Image : Soth China Morning Post Le 7 décembre 1941, la flotte nippone forte de 6 porte-avions, 423 avions et 27 sous-marins, s'approche à 500 km d'Hawaï. Si les négociations de paix aboutissent, elle peut encore rebrousser chemin. Mais comme rien n'aboutit, sans être repérée par les radars américains, elle attaque la base militaire américaine de Pearl Harbor et détruit préventivement la flotte militaire américaine qui s'y trouve. Ce qui permettra au Japon de poursuivre sa conquête de l'Asie pour quelques temps. L'attaque de Pearl Harbor est uniquement une initiative japonaise, même si l'Allemagne y trouve aussi son compte.
Le code de déclenchement de l'attaque est «Tora, Tora, Tora» (Tigre en japonais). En deux heures, les Japonais détruisent ou endommagent 8 cuirassés, 3 croiseurs, 3 destroyers, 4 navires auxiliaires et 188 avions. 2403 marins américains y trouvent la mort. Du côté japonais, les pertes sont établies à 55 tués et 29 avions détruits.
L'attaque de Pearl Harbour, située dans son contexte historique
En 1931, pour lutter contre la crise économique et protéger ses implantations économiques en Mandchourie en Chine, suite à un chemin de fer saboté, le Japon envahit militairement la région et y fonde un pays fantoche : le Mandchoukouo. En 1933, en réponse aux pressions diplomatiques internationales exigeant que l'armée japonaise quitte la Mandchourie, Tokyo quitte plutôt la Société des Nations. En 1936, le Japon signe le pacte anti-Komintern contre l'Internationale communiste avec l'Allemagne, auquel adhèreront l'Italie en 1937, le Mandchoukouo, la Hongrie et l'Espagne en 1939. En 1937, le président américain Roosevelt condamne les dictatures, y compris celle du Japon. En décembre 1937, s'effectue le massacre de Nankin par l'armée japonaise. En 1938, Washington augmente ses dépenses militaires et en 1939, le gouvernement américain met fin au traité commercial signé avec le Japon en 1911.
En 1940, l'Empire japonais signe le Pacte de défense tripartite avec l'Allemagne et l'Italie. En 1941, profitant de la défaite militaire française contre l'Allemagne et de l’affaiblissement militaire du Royaume-Uni, après négociation avec Vichy, le Japon obtient la permission de placer ses troupes dans le sud de l'Indochine française. Toujours en 1941, Washington accorde son soutien à la Chine par l’octroi d’un prêt-bail. À la suite du refus du Japon de se retirer de l'Indochine et de la Chine, les États-Unis, le Royaume-Uni et les Pays-Bas décrètent l’embargo complet sur le pétrole et l’acier, ainsi que le gel des avoirs japonais sur le sol américain. Les approvisionnements de pétrole du Japon sont réduits de 90 %. Le gouvernement japonais doit alors trouver une solution.
Les négociations entre Japonais et Américains
La conférence impériale du 6 septembre 1941 décide qu'une guerre serait entreprise contre les États-Unis et le Royaume-Uni, si un accord n'est pas trouvé. Cette phrase est en fait un compromis entre deux courants de pensée au sein du gouvernement japonais. Le premier ministre soutenu par l'empereur veulent des négociations avec les États-Unis. Par contre, les chefs militaires s’opposent farouchement à tout ce qui pourrait retarder l’entrée en guerre du Japon. Selon leur analyse, le Japon étant privé de pétrole et d'acier n'a que 2 ans devant lui pour gagner la guerre. De sorte que, les défenseurs de la diplomatie n'ont que quelques mois pour négocier, pendant que l’on poursuit les préparatifs de guerre.
Le 16 octobre, le Premier ministre japonais démissionne, s'apercevant que seul le retrait des troupes japonaises de Chine pourrait parvenir à un accord de paix avec les États-Unis et non seulement une diminution. L'empereur choisit le général Tōjō comme remplaçant, un ferme partisan de la guerre et de l'institution impériale. Lié à l’empereur par un sens de l'obéissance et du devoir à toute épreuve, il accepte quand même de promouvoir autant que possible des négociations, dans un dernier effort pour éviter la guerre.
Tōgō, propose quelques concessions concernant la Chine, qui pourraient peut-être garantir la paix pour un certain temps. De son côté, le secrétaire d'État américain, sachant par ses services secrets que la volonté réel des Japonais est d’attaquer les États-Unis, ne souhaite plus trouver de terrain d’entente. Il repousse l'offre, qui de toute façon ne fait pas assez de concessions. Le président Roosevelt quant à lui, cherchait à gagner du temps, pour pouvoir armer davantage les États-Unis. Mais, le gouvernement américain convaincu de la mauvaise foi des Japonais, renonce aux propositions japonaises.
Le 3 novembre, l'amiral Nagano explique en détail à l'empereur Hirohito le plan d'attaque contre Pearl Harbor. Le 5 novembre 1941, l'empereur approuve le plan d'opération pour une guerre contre les États-Unis, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, prévu pour début décembre. Le jour même, est mis en branle la mission sur Pearl Harbor. Les négociations avec les États-Unis demeurant dans l'impasse, Hirohito approuve le 1er décembre la guerre de la Grande Asie orientale, en réfutant l'argument du prince Takamatsu, qui jugeait que la marine impériale ne pourrait tenir plus de deux ans contre les États-Unis.
Le Japon pouvait renoncer à la guerre, acceptant de devenir une puissance de troisième ordre, ou renoncer à la paix et se lancer dans une guerre dont l’issue était plus qu’incertaine, sachant qu’après deux ans la victoire devenait impossible, par manque de pétrole et d’acier. Ainsi, comme l’explique l’historien Ian Kershaw : «...l'alternative était entre la paix dans l’austérité au sein d’un monde dominé par les États-Unis ou la guerre assortie d’une défaite probable, mais en défendant l’honneur national ».
Sources :
Encyclopédie de l'histoire, Hérodote
Encyclopédie Universalis.
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5 décembre 1837 : Loi martiale au Bas-Canada
- Par rousseau-philippe
- Le 05/12/2021
- Dans Québec
Le 5 décembre 1837 - Le gouverneur Archibald Acheson, lord Gosford, un britannique, impose la loi martiale au Bas-Canada.En 1837, lorsque le gouvernement rejette les 92 résolutions du parti Patriote de Louis-Joseph Papineau, élu fortement majoritaire (élection d'octobre-novembre 1834, 77 députés élus sur 88), Gosford interdit les rassemblements publics. Devant la montée de la contestation populaire, il fait venir des renforts militaires des Maritimes. Au mois d'août, il dissout l'Assemblée législative lorsque le Parti patriote refuse de voter son budget.
Gosford constate la rébellion du Bas-Canada et fait arrêter plusieurs partisans de Papineau, tandis que ce dernier se réfugie aux États-Unis. Il offre une récompense pour la capture de Papineau.
Isolé et souffrant de la goutte, Gosford donne sa démission en novembre 1837. Celle-ci est acceptée en janvier. Il revient au Royaume-Uni en mars 1838. Les pouvoirs sont alors assumés par le major général John Colborne, britannique et commandant des troupes au Canada.
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La ligne rouge de la Russie par rapport à l'Ukraine
- Par rousseau-philippe
- Le 04/12/2021
- Dans Russie
Des photos satellites des services secrets américains démontrent que la Russie rassemble présentement des troupes et du matériel à 4 endroits près de la frontière ukrainienne, dont un des endroits en Crimée: 50 bataillons tactiques comptant 70000 hommes. Des mouvements de rapprochement et d'éloignement de la frontière visent à camoufler l'approche. Le nombre devrait augmenter à 175000 soldats. La guerre serait prévue pour janvier. Le 2 décembre 2021 lors d’une rencontre à Stockholm, le ministre russe des affaires extérieures M. Lavrov, a réclamé du secrétaire d'état américain M. Blinken : «...des garanties sécuritaires aux frontières russes; soit un gel de la progression de l’OTAN vers l’Est ». La rencontre n'a pas débouché sur une entente. Les deux hommes ne sont tombés d'accord que pour poursuivre le dialogue. Pendant ce temps, M. Kouleba, ministre ukrainien des affaires extérieures, exhorte ses alliés occidentaux à ne signer aucun accord en ce sens. M. Blinken a déclaré : « ...qu'il n'est pas clair si le président Poutine a choisi d'envahir l'Ukraine, mais nous savons qu'il met en place la capacité de le faire dans les plus brefs délais, s'il en décide ainsi, le meilleur moyen d'éviter une crise et une spirale négative dans les relations au sens large passe par la diplomatie et la désescalade ».
Les présidents américain et russe devraient échanger sur le sujet, le 7 décembre. Selon le ministère russe des Affaires étrangères, une liaison vidéo est en préparation entre eux. Le président russe qualifie de lignes rouges franchies : le déploiement d’armes en Ukraine menaçant la sécurité de la Russie. Les services secrets russes perçoivent des complexes d’attaques sur le territoire ukrainien. Moscou devra donc créer quelque chose de similaire; tout en exprimant sa confiance que le bon sens prévaudra chez les pays occidentaux.
Le président Biden pour sa part, n’accepte aucune ligne rouge et promet d’avoir une longue discussion avec le président Poutine. Malgré cette fermeté apparente, le président des États-Unis vient de mettre fin à vingt années d’occupation militaire en Afghanistan et ne veut plus d'engagement de troupes américaines dans de grands conflits ouverts. Il devra donc se montrer pragmatique, comme il l’a fait en levant les sanctions sur le projet du gazoduc Nord Stream 2, cher à Moscou et à Berlin, mais qui exaspère l’Ukraine.
Joe Biden ne cache pas non plus son impatience face aux problèmes de corruption et de gouvernance en Ukraine. Recevant début septembre le président ukrainien M. Zelensky à la Maison Blanche, il lui avait alors promis de soutenir la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine face à la Russie, mais ne s’était guère avancé sur le sujet brûlant d’une adhésion à l’OTAN. Selon un haut responsable américain, il a proposé à huis clos de réunir des experts américains et russes pour établir une feuille de route et parvenir ainsi au respect de toutes les parties impliquées. La porte-parole de la Maison Blanche Mme Psaki affirme : « Il y a une série d’outils à notre disposition. Bien sûr, des sanctions économiques sont une option ». Mais, elle n’a pas répondu à la question sur d’éventuelles actions militaires américaines; car les États-Unis ne veulent plus d'escalade militaire. Le porte-parole du Pentagone, M. Semelroth : « Washington soutient une nouvelle désescalade et une solution diplomatique au conflit ».
Le Kremlin quant à lui, n'est plus orienté vers le compromis, mais définit maintenant ses lignes rouges le long des frontières de tous ses intérêts. La Russie veut des garanties fiables et à long terme pour sa sécurité. Elle insiste sur des accords qui interdisent toute nouvelle mesure de l'OTAN à l'Est et le déploiement de systèmes d'armes, qui la menacent à proximité immédiate de son territoire. Pour Moscou, le risque d'un conflit armé dans le sud-est de l'Ukraine est extrêmement élevé, car l'Ukraine a repris ses attaques d'artillerie sur le Donbass.
Avec l'aide de la force militaire, M. Poutine veut démontrer qu'il ne sert à rien de faire pression sur la Russie. Il se dit aussi préoccupé par le déploiement de missiles de l'OTAN sur le territoire ukrainien, qui pourraient atteindre Moscou en 10 minutes. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Mme Zajárova, souligne que l’OTAN s’est approchée des frontières russes et augmente son infrastructure militaire, ainsi que ses exercices dans la région. La porte-parole rappelle que l’expansion de l’OTAN vers l’Est, est une ligne rouge pour le Kremlin. Selon ses propos, la poursuite de l’engagement de Kiev dans l’orbite militaire de l’Alliance, ainsi que l’exploitation de l’infrastructure militaire ukrainienne par l’OTAN, qui a commencé de facto, et l’intention de faire de l’Ukraine un tremplin pour confronter la Russie, causent une grave déstabilisation de l'Europe toute entière.
Selon Forbes (États-Unis) et Avia.pro (Russie), en cas de conflit armé entre la Russie et l'Ukraine, les bases aériennes militaires russes situées à proximité immédiate de la frontière ukrainienne, peuvent balayer la moitié de l'armée ukrainienne en 3 raids de grande échelle, en seulement une demi-heure, s'il n'y a pas d'intervention d'un tiers. À noter que cette information est aussi véhiculée par Kiev. La Russie détruirait d'abord les aérodromes militaires et les systèmes de défense aérienne, après quoi les frappes viseraient les forces armées ukrainiennes attaquant le Donbass. Il n'est donc pas question pour la Russie d'envahir l'Ukraine; mais plutôt de protéger le Donbass.
Notons que l'OTAN et la Russie ne se parlent plus directement. Début octobre, l'OTAN a réduit de moitié la représentation russe auprès de l'organisme et a retiré l'accréditation de 8 diplomates russes, les accusant d'espionnage. De sorte que la Russie a complètement suspendu sa mission auprès de l'OTAN et à son tour, a suspendu la mission militaire de l'OTAN auprès de l'armée russe. Mais heureusement, il est fort probable que les deux organisations militaires se parlent indirectement par personnes interposées.
Pour ma part, je demeure convaincu que ce gonflage de muscles militaires fait parti des négociations entre Russes et Américains pour parvenir à la solution du conflit. Solution qui ne peut qu'être que le respect de la réalité : soit le respect du choix de la Crimée de faire parti de la Russie, le respect du choix du Donbass d'être indépendant de l'Ukraine, tout comme le respect du choix de l'Ukraine d'être indépendant de la Russie.
Sources :
Bayl.eu (Europe) : Biden dit qu’il « n’accepte les lignes rouges de personne » à la suite des avertissements de la Russie contre la militarisation de l’Ukraine par l’OTAN, 04/12/21
Washington Post : Les services secrets américains découvrent que la Russie prépare une offensive en Ukraine, 04/12/21
Avia.pro (Russie) : 500 combattants des forces aérospatiales russes sont prêts à détruire les forces armées ukrainiennes en 30 minutes, 04/12/21
La Presse (Montréal) : L’Ukraine rejette toute « garantie » donnée à Moscou, 03/12/21
Tagsschau (Allemagne) : Quel est le but du déploiement des troupes de Moscou, 02/12/21
Illustration : Washington Post
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2/12/1823 : Doctrine Monroe : l'Amérique aux Américains
- Par rousseau-philippe
- Le 02/12/2021
- Dans États-Unis
Le 2 décembre 1823, James Monroe 5e président des États-Unis, énonce la doctrine qui portera son nom et fixera pour un siècle et demi les fondements de la diplomatie américaine :1) Les États-Unis ont reconnu l'année précédente en 1822 l'indépendance des nouvelles républiques latino-américaines ; en conséquence de quoi, l'Amérique du nord et l'Amérique du sud ne sont plus ouvertes à la colonisation européenne.
2) Les États-Unis regardent désormais toute intervention de l'Europe dans les affaires du continent américain comme une menace pour leur sécurité et pour la paix.
3) En contrepartie, les États-Unis n'interviendront jamais dans les affaires européennes.
Ces principes ont été énoncés par le président James Monroe dans son message du 2 décembre 1823 au Congrès américain. En réalité, Monroe a réaffirmé les termes essentiels du message d'adieu de George Washington, le 19 septembre 1796.
Le gouvernement des États-Unis s'inquiétait alors des ambitions russes sur l'Amérique du Nord : le tsar avait en 1821, lancé un 'oukase' (édit) interdisant aux navires étrangers de s'avancer à moins de cent milles des côtes de l'Alaska, ce qui semblait cacher des visées impérialistes sur le Nord-Ouest du continent. En fait, Monroe s'inquiétait surtout de la 'Sainte-Alliance' formée par trois monarchies européennes victorieuses de l'Empire napoléonien : l'Autriche, la Russie et la Prusse. La 'Sainte-Alliance' s'inquiétait de la libération des colonies espagnoles d'Amérique du Sud et d'Amérique centrale vis à vis de l'ancien empire colonial de la monarchie espagnole. Au congrès de Vérone en octobre 1822, la "Sainte Alliance' avait mandaté Louis XVIII roi de France, pour restaurer Ferdinand VII sur le trône d'Espagne. Ce qui fut fait lors de la bataille de Trocadéro en 1823. S'en suivit une répression féroce des éléments libéraux espagnols et la fermeture des journaux et des universités.
Une réplique à l'impérialisme européen (1823-1895)
Les États-Unis se posaient en défenseurs de l'indépendance du Nouveau Continent, mais ne possédaient aucun moyen pour la faire respecter. Dans l'immédiat, le message de Monroe n'eut aucun effet. Si les nouvelles républiques d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud l'accueillirent avec sympathie, elles étaient davantage portées à se tourner vers l'Angleterre comme défenseur naturel, que vers les États-Unis dénués de toute puissance militaire. En Europe, le message de Monroe passa inaperçu; les États-Unis étant considérés comme une puissance négligeable dans le monde.
Au congrès de Panama en 1826, Bolívar cherche à obtenir des engagements concrets de la part des États-Unis, mais il se heurte à un refus. De sorte que les interventions de la France et de l'Angleterre en Amérique du Sud dans les années 1830, ne suscitent aucune réaction de la part des États-Unis. Cependant, aucune puissance européenne ne s'est installée à proximité des États-Unis, si l'on excepte la colonisation anglaise au Canada, antérieure à l'indépendance américaine.
En 1837 lors de la rébellion des Patriotes au Canada, Papineau leur chef s'exile aux États-Unis. Il y constate un appui théorique à la cause des Patriotes, mais ne parvient pas à se procurer de l'argent ou des armes. Il tente d'obtenir l'appui du président américain Van Buren à travers ses contacts parmi l'élite américaine, mais sans succès. Les dirigeants étasuniens ne veulent pas risquer des représailles de la part de l'Angleterre. Le 5 janvier 1838, le gouvernement américain promulgue une loi interdisant à tout citoyen américain de participer à l'insurrection canadienne, que ce soit par le financement ou en fournissant des armes. L'appui américain demeure théorique.
La première mention réelle de la doctrine Monroe est faite dans une petite dépêche diplomatique américaine en 1854. Les premières applications vinrent du secrétaire d'État du président Lincoln, William H. Seward, lors de la guerre de Sécession (1861 - 1865). Il invoqua la doctrine Monroe contre l'Espagne, qui venait de réoccuper la république Dominicaine, son ancienne colonie et contre la France, qui cherchait à placer Maximilien à la tête du Mexique. Mais la guerre de Sécession l'empêcha d'agir. La doctrine joua un rôle en 1867, lors de l'achat de l'Alaska par les États-Unis à la Russie.
En 1895, à la suite d'incidents répétés entre le Venezuela et la Grande-Bretagne pour les frontières de la Guyane britannique, les États-Unis s'érigèrent en arbitre et imposèrent un compromis. La doctrine Monroe explique surtout le fait que les États-Unis ont tardé à s'impliquer lors des deux guerres mondiales.
Sources :
Herodote : 2 décembre 1823, la doctrine de Monroe, 27/11/2018
Encyclopédie Universalis : La doctrine Monroe.