Analyse politique sur différents pays
-
Les rebelles modérés en Syrie
- Par rousseau-philippe
- Le 24/06/2015
- Dans Syrie

Les frappes de la Coalition, menées dans la province d’Alep, dans le nord, sont pour la première fois intervenues, dans une bataille opposant l’EI à des groupes rebelles rivaux, dont le Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda. Les raids aériens se sont portés sur le village d’Aazaz, frontalier de la Turquie, aux dépens des positions de l’EI. Les troupes d’Abou Bakr al-Baghdadi voulaient s’emparer du village, point d’approvisionnement en vivres et en armes de l’Armée de la Conquête.
Cette intervention constitue une rupture avec le mode opératoire de la Coalition qui appuyait jusqu’à maintenant, uniquement les forces kurdes aux prises avec l’EI. À noter, que les Américains agissent de manière pragmatique. Ils freinent ainsi l’avancée de l’EI vers le passage d’Aazaz, crucial pour les rebelles syriens regroupés au sein de l’Armée de la Conquête, dont fait partie le Front al-Nosra (Al-Qaïda) et l'Arrmée Syrienne Libre (rebelles modérés).
C’est bien le Front al-Nosra qui fait partie de l’Armée de la Conquête (qui rassemble de nombreuses factions d’insurgées) et non l’inverse. On ne peut qualifier les rebelles syriens d’alliés du Front al-Nosra, car ils n’ont pas de programme commun. Ce n'est qu'une alliance militaire.
Les rebelles modérés, durement éprouvés par quatre ans de guerre et leur rivalité avec les groupes djihadistes, ne sont plus en mesure d’agir seuls. S’il reste des brigades de l’Armée syrienne libre (rebelles modérés) dans le nord du pays qui combattent sous le drapeau de l’Armée de la conquête, il semble qu’on ne leur confie pas les avant-postes.
Un autre groupe, le Front des révolutionnaires syriens, était le groupe de Washington et de Riyad. Il fut accusé de corruption et menacé par le Front al-Nosra. Le FRS se serait réfugié en Turquie. La filiale syrienne d’Al-Qaida a continué le ménage, en délogeant le groupe d’insurgés Haraket Hazm, lui aussi un groupe rebelle sur lequel Washington pensait compter.
Les brigades rebelles sont en majorité constituées d’islamistes. C’est le cas dans le nord. L’Armée de l’Islam, active dans la région de Damas, et qui vit grâce aux capitaux saoudiens, ne peut pas être qualifiée de modérée.
Au sud, la situation est différente. La présence de la Jordanie, pays limitrophe, est un grand facteur dans le maintien de groupes d’insurgés modérés. Le pouvoir jordanien est clairement favorable, tout comme la Maison blanche, aux groupes de type ASL. La Jordanie connaît bien le terrain grâce à ses services secrets, et est plus à même de maitriser la forme que prend l’insurrection. La prise d’une importante base de l’armée, près de Deraa, est le fait du Front du Sud, un groupe de l’ASL.
Mais il y a toujours une possibilité que la stratégie de la Coalition qui semble échoué au nord, échoue également au sud.
Grosso modo dans le pays, les deux groupes les plus puissants sont l’Armée Arabe Syrienne d’Assad qui contrôle Damas jusqu'à Hama sans oublier la côte méditerranéenne au nord du Liban et la moitié de la ville d'Alep ; ensuite, l’État islamique avec Deir ez Zor et Raqqa ; suivi en troisième par le Front al-Nosra, Idleb et presque la moitié d'Alep ; en quatrième, les Kurdes contrôlent la majorité du territoire nord logeant la frontière turque ; et enfin en cinquième l’Armée Syrienne Libre à Deraa et un peu à Alep.
Sources : al-Jazira (Qatar), France 24, Journal de Montréal, Le Monde (Paris), New York Times, L’Orient le Jour (Beyrouth)
-
L’Armée Syrienne Libre renaît de ses cendres
- Par rousseau-philippe
- Le 17/06/2015
- Dans Syrie

Riad Assaad, colonel de l'Armée syrienne libre, au centre.
Constituée d'anciens officiers et d'anciens soldats de l'armée syrienne, l’ASL se caractérise pour l'essentiel, par son nationalisme arabe et son objectif démocratique.
En 2012, un rapport publié par le New York Times, révéla que les armes fournies par les Américains parviennent aux djihadistes plutôt qu’à l’ASL.
En février 2015, l’administration américaine signe un accord avec la Turquie pour former, sur une période de trois ans, 15.000 combattants de l’ASL, dans les environs de Kirsehir, dans le but de combattre l'État islamique en Syrie.
En mars 2015, l’ASL le principal groupe rebelle syrien non djihadiste, soutenu par les Occidentaux, se désagrège. Par contre, il y a quelques jours celle-ci, avec l’aide des Kurdes, vient de repousser l’EI d'un village syrien, près de la frontière turque.
Les USA admettent que l’ASL, ne changera pas le rapport de force, dans cette guerre civile. Cependant l’ASL tente, dans ce brouhaha, de contrôler une partie du territoire, dans le seul but, de faire partie d’une éventuelle solution, lorsque la guerre civile se terminera. Sa force se situe surtout dans le Sud, à Deraa près de la frontière jordanienne, là où elle dispose d’un camp d’entrainement, financé par les États-Unis d’Amérique.
D’après moi, sa force est surévaluée par les Occidentaux. Sur les cartes, on montre les rebelles contrôlant plus de territoires qu’Al Nosra. Je pense le contraire.
http://en.wikipedia.org/wiki/Template:Syrian_Civil_War_detailed_map …
Sources :
- Comment la CIA contrôle la livraison d'armes aux rebelles [archive], Le Figaro, 27 juin 2012
- ↑ a et b En Syrie, la plupart des livraisons d'armes iraient aux islamistes [archive], L'Orient-Le Jour, 15 octobre 2012
- La CIA et les forces spéciales américaines entraînent les rebelles syriens [archive], Le Monde, 22 juin 2013
- Syrie : Nouveau plan américain pour accroître l'aide aux rebelles [archive], L'Orient-Le Jour, 5 avril 2014
- Benjamin Barthe, « Washington entraîne a minima des rebelles syriens contre l’Etat islamique » [archive], sur lemonde.fr,
http://rousseau-philippe.e-monsite.com/blog/syrie/la-syrie-sera-t-elle-fragmentee.html#XTO16mBvgMF5ThFD.99, 15 juin 2015
Le choc des titans, Philippe Rousseau, 02 mars 2015.
-
La Syrie sera-t-elle fragmentée?
- Par rousseau-philippe
- Le 15/06/2015
- Dans Syrie
(Nord-Ouest), depuis fin mars, les forces d’Assad ont perdu la province d’Idlib aux mains d’Al-Nosra. L’EI pour sa part, a pris Palmyre, au Nord-Est de Damas. Il détient maintenant la moitié du pays. Les trois grandes forces (Al-Nosra, l’EI et l’Armée Arabe Syrienne), se prépareraient pour la bataille finale, celle de la ville d'Alep, capitale du nord.
Actuellement 2 millions de personnes vivent dans la partie contrôlée par le régime, dont 150.000 chrétiens. Dans la partie sous contrôle d’Al-Nosra et de l’ASL, il y avait 3 millions de personnes, depuis les bombardements de l’aviation militaire syrienne, il n’en reste que 200.000. La France et la Turquie verraient cette municipalité comme la prochaine capitale de l’ASL. L’EI lui, est fortement présent en banlieue de la ville. Ce serait très difficile pour Al Nosra ou l’EI de s’accaparer la partie syrienne de la municipalité. Le régime ne peut pas se le permettre.L’Armée Syrienne Libre ayant un camp d’entrainement financé par les Américains en Turquie, vient de repousser l'État islamique d'un village près de la frontière turque, où l’EI, financé par de riches Saoudiens entr’autre, tente de lui couper son approvisionnement. L’ASL, dans cette région, serait l'alliée d'Al-Nosra. Cette dernière, à mon avis contrôle l’alliance. La Turquie aidant l’ASL, se trouve par le fait même à aider Al-Nosra qui serait financée par le Qatar. N'oublions pas que la porte d'entrée pour les djihadistes est la Turquie.
(Nord), la partie Kurde est presqu’entièrement sous contrôle kurde. Aucun combat avec le régime, mais parfois de sévères escarmouches avec l’EI.
(Ouest) A la frontière libanaise, les forces gouvernementales appuyées par le Hezbollah libanais ont fermé la majeure partie des monts du Kalamoun à Al Nosra. La partie Ouest du pays près de la Méditerranée est entièrement contrôlée par le régime et est à majorité Alaouite.
Le Golan syrien près de la frontière israélienne est écartelé entre Al Nosra, les forces d’Assad et du Hezbollah. L’armée israélienne y est toujours sur le qui-vive. Son aviation militaire intervient parfois contre le régime et le Hezb.(Sud-Est), Soueïda province druze, sous le contrôle du régime, subit de nombreuses attaques de la part de l’EI auxquelles le régime résiste difficilement.
(Sud), Deraa à l'extrême sud, est la seule zone où l'Armée Syrienne Libre demeure la force rebelle dominante. L’ASL est pro-démocratique, possède un camp d’entraînement financé par les États-Unis et situé en Jordanie.
(Est), cette partie est presqu’entièrement contrôlée par l’EI, avec Deir Ezzor comme capitale et est habitée presque totalement par des Sunnites, en lien continue avec la partie sunnite de l’Irak, sous contrôle de L’EI.
Les Américains subissent de fortes pressions de la part de leurs différents alliés pour venir en aide aux rebelles. Ils se trouvent face à une équation à trois variables où aucune des solutions ne leur convient. Que ce soit Al-Qaeda, l'EI ou le régime. Il semblerait donc que Washington souhaiterait maintenant la fragmentation du pays. La première puissance militaire du monde, bombarde l’EI et parfois Al-Nosra mais jamais le régime.
La coalition ne bombarde pas les positions de l'EI dans les combats qui l'opposent aux forces du régime. Pourtant, à Hassaké, deux F-18 canadiens ont frappé pour une troisième fois en Syrie, en y atteignant un édifice appartenant à l’EI. Même s'ils ont partagé les mêmes cibles, les avions canadiens et l'armée de Bachar Al-Assad ne se sont pas coordonnés, selon les militaires canadiens.Assad ne pourra plus jamais reconquérir la partie sunnite du pays. Idem pour l’EI ou Al Nosra, ils ne pourront jamais conquérir les parties alaouites et kurdes. Je crois que nous allons assister d’ici un an ou deux, à une fragmentation du pays qui touchera éventuellement l’Irak et le Liban.
Sources : 45e Nord.ca, Actualité juive, France 24, Ici Radio-Canada.ca, Kioske, Le Monde, L’Orient-le Jour, RTBF.be, TV5, Washington Post.

Rose : Assad ; Rose foncée : Chiites d'Irak ; Gris : EI en Syrie et en Irak ; Jaune : Kurdes en Syrie et Irak ; Vert : ASL ; Blanc : Al-Nosra. (Pour ma part, je ne considère pas l'ASL aussi présente sur le terrain. Je pense qu'Al Nosra y est plus présente que l'ASL. Je me fis sur les journalistes de guerre et l'OSDH.)
-
Processus d’indépendance du Québec de Robert Lauzon
- Par rousseau-philippe
- Le 13/06/2015
- Dans Québec
Québec : Suggestion d'un processus transparent d'accession à l'indépendance de Robert Lauzon
Étape par étape:
1) Convocation de toutes les forces indépendantistes à une assemblée constituante, non-partisane où seront élaborées, de façon consensuelle, les grandes lignes de la nouvelle constitution du Québec-Pays. (Dans les prochains 24 mois)
2) Diffusion la plus large possible de ce projet consensuel de constitution afin de faire connaître le projet de société, les droits et responsabilités des citoyens et des institutions du futur Québec-Pays. (12 mois avant l'élection)
3) Élection sur un mandat clair de préparer l'indépendance
4) Campagne de promotion de l'indépendance du Québec. Pédagogie et explication sincère des avantages et réponse précise aux objections et interrogations suscitées.
5) Consultation référendaire et mise en marche du processus d'accession à l'indépendance.
Le Québec devient!
-
Le Hezbollah reprend le Qalamoun
- Par rousseau-philippe
- Le 03/06/2015
- Dans Liban

Al Nosra au Qalamoun
L’armée libanaise à l’arrière en appui, le Hezbollah et l’armée syrienne ont lancé une offensive de grande envergure dans le Qalamoun. Chaîne de montagnes à cheval entre le Liban et la Syrie, à plus de 2.000m d’altitude, 800 km² où s’étaient retranchés 3.000 combattants du Front al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaeda, soutenue par la Turquie. Malgré qu’Al Nosra y ait construit de véritables bunkers, sa résistance ne fut pas aussi imposante que prévue. En effet, une grande partie d’entre eux ont tout simplement fui les combats.
Il faut dire que le Hezbollah y a mis le paquet : lance-roquettes multitubes, missiles antichars russes Kornet, missiles iraniens Burkan et même l’utilisation de drones. Le Hezb fonctionne par petites unités mobiles de sept personnes. Il attaque surtout à partir de 4 heures le matin. Pendant la journée, il bombarde les positions ennemies à l’artillerie lourde. Avec l'appui de l'armée de l'air syrienne, il a pris plusieurs positions à l’ennemi, dont Tallet Moussa, la plus grande base d'Al-Qaeda dans ce coin de pays ; un sommet stratégique qui a été conquis en seulement quelques heures. Le Hezbollah entend ainsi sécuriser ses villages de la plaine de la Bekaa, un de ses principaux fiefs, qui était constamment la cible de lance-roquettes, depuis le Qalamoun. La conquête de la région, lui permettrait aussi de faciliter le transport de ses troupes vers le sol syrien, et d’étendre sa zone d’intervention jusqu’à Idlib, en Syrie, tout en protégeant les arrières du régime syrien, soit la Ghouta orientale.
Le «Parti de Dieu», avec 5.000 combattants impliqués, est le principal allié militaire du régime syrien. Il est déjà implanté dans la région de Homs, le sud de la Syrie, la côte alaouite et les banlieues d’Alep. Fait à noter, les milices chiites venues d'Irak seraient retournées dans leur pays combattre l'EI. Elles auraient été remplacées en sol syrien, par des milices iraniennes. Cette conquête revêt une dimension psychologique importante. En effet Assad, après plus d'un an, de victoires successives face aux rebelles, recule depuis mars dernier. Le régime et ses alliés ont besoin de victoires, après les cuisantes défaites d’Idlib et de Jisr al-Choughour sans compter la prise de Palmyre par l’État islamique.
Le Hezbollah dont 700 de ses soldats auraient péri en Syrie, médiatise ses succès militaires. Al-Manar, sa chaîne télévisuelle, relaye les avancées des combattants à coup de clips spectaculaires, abreuve l’antenne d’entretiens de spécialistes sur les combats en cours et retransmet certaines funérailles symboliques de combattants. La milice chiite d’ordinaire secrète, a même organisé une visite de journalistes étrangers au Qalamoun. Même si les combats se poursuivent, le Hezbollah aurait déjà repris la majeure partie des positions adverses. Les rebelles se replieraient en périphérie du village libanais d’Ersal, bastion sunnite.
Parallèlement, l'armée syrienne progresse vers Jisr al-Choughour, proche de la frontière turque et à la périphérie de la province de Lattaquié, fief du régime et des Alaouites. Ville du nord-ouest, où le régime veut sauver 250 soldats syriens et leurs familles assiégés dans un hôpital. Les forces du régime se trouvent à deux km de leur but.A Alep (nord), ex-capitale économique du pays, L'armée de l'air largue quotidiennement des barils d'explosifs sur les secteurs rebelles de cette deuxième ville du pays, tandis que les insurgés tirent des obus sur les quartiers tenus par le régime.
Et la guerre continue…continue…continue…
Sources :
Libération : Le Hezbollah en quête du Qalamoun. Thomas Abgrall 28/05/2015.
L’Orient le Jour : Le Hezbollah affirme avoir pris "la plus grande base à Qalamoun" Anonyme. 03/06/2015.
-
L'Ukraine chancelante
- Par rousseau-philippe
- Le 30/05/2015
- Dans Ukraine

L'Ukraine perdrait environ 20% de son économie, en raison du conflit armé ravageant ses régions orientales industrielles. Chaque jour de guerre lui coûterait entre cinq et sept millions de dollars.
Des soldats russes sans insigne se massent toujours à sa frontière. L’OTAN s’inquiète. Cependant, les autorités Moscovites continuent de démentir leur implication militaire directe. Par contre, le vice-premier ministre russe, Dmitri Rogozine plaisante en disant : « Les chars russes n’ont pas besoin de visa.»
Il y a un risque de reprise de guerre, entre l'armée ukrainienne et les Pro-russes, dans les prochains mois. Le vice-président américain Joe Biden exhorte les pays occidentaux, de se tenir prêts à imposer de nouvelles sanctions à Moscou.
La politique agressive de la Russie semble être l'une des principales menaces envers l'Ukraine ; les autres étant la corruption, le système inefficace et la crise économique sans oublier la principale, soit : l’incompréhension totale entre Pro-russes et gouvernement ukrainien.
Les autorités ukrainiennes veulent résoudre tous ces problèmes et atteindre un bon niveau de développement d'ici 2020. Selon le gouvernement, la réforme devrait changer le pays si radicalement dans les cinq prochaines années que l'Ukraine sera alors en mesure de demander son adhésion à l'UE et l’OTAN.

Sources : 20 minutes, Le Figaro, Nezavissimaïa Gazeta, Reuters, Tribune de Genève. -
Yémen, cour arrière de l'Arabie saoudite et de l'Iran
- Par rousseau-philippe
- Le 28/05/2015
- Dans Yémen

Au Yémen, en Syrie, en Irak et au Liban, assiste-t-on présentement à une rivalité géopolitique classique entre deux puissances, l’Iran contre l’Arabie Saoudite? Ces deux états incarnent deux versions distinctes de l’Islam, Chiisme et Sunnisme.
Au Yémen, un conflit intérieur oppose les Chiites locaux, les Houthis (45% de la population), soutenus par l’Iran, contre les Sunnites locaux (55%), se réclamant du Wahhabisme et armés par les Saoudiens. Les institutions de l’État s’y sont totalement effondrées, plus de télévision, plus de radio.
Les forces pro-gouvernementales soutenues par la coalition arabe dont l’aviation saoudienne, ont lancé une vaste contre-offensive pour reprendre les régions du sud, soit Dhaleh, Aden et Chabwa. Elles ont repris Dhaleh.
Malgré cette première victoire notable, la reprise du reste des régions n’est pas encore gagnée. La ville d’Aden est devenue la place forte des Houthis. Les bombardements, le blocus imposé contre eux par l’Arabie saoudite ne semblent pas les avoir affaiblis.
L’Arabie Saoudite a aujourd’hui un déficit budgétaire de 15%. Le gouvernement a certes de grandes réserves en devises, mais les exportations de pétrole représentent 90% de ses revenus. En réalité, il dépense encore plus à cause des guerres d’Irak, de Syrie, du Liban et du Yémen.
La position géopolitique de l'Arabie saoudite n’est sans doute pas extraordinaire. Le pays est entouré d’un anneau sous contrôle iranien (l'Irak, la Syrie et le Liban au nord, le Yémen au sud et l’Iran à l’Est, de l’autre côté du golfe persique). L’Irak, qui était autrefois un verrou sunnite contre l'Iran, a implosé à cause de l’intervention militaire américaine de 2003, pourtant l’allié des Saoudiens.Quant à l’accord émergeant sur le programme nucléaire iranien entre Washington et Téhéran, il ne scellera pas seulement l’influence régionale de l'Iran. Il fera également baisser le prix du pétrole, à cause de la levée des sanctions sur les exportations du pétrole iranien et l’économie iranienne s’en portera beaucoup mieux.
L’Iran bénéficie de l’aide des Russes et des Chinois à l’ONU. Il contrôle presque totalement sa technologie militaire qui est assez efficace pour dissuader une intervention militaire de la part d’Israël et des États-Unis, contre lui. L’abandon de l’idée de l’arme nucléaire, fera profiter son industrie civile de l’électricité nucléaire.L’Arabie saoudite en appuyant silencieusement l’EI et Al Qaeda, s’est mise dans les câbles. Remarquez, qu’elle n’en avait peut-être pas le choix. Leur allié américain, après la guerre du Koweït, la guerre d’Irak et la guerre de l’Afghanistan qui lui ont coûté passablement cher contre peu de bénéfice réel, ne semble pas intéressé de continuer le jeu, à moins que les Républicains gagnent les prochaines élections?
Présentement, l’Iran semble en voie de gagner ces guerres d’influence. Il semble un peu plus moderne et réfléchi que les Saoudiens qui eux, ont cependant le nombre, 85% environ des Musulmans sont sunnites. Ce qui est quand même assez impressionnant, n’est-il pas?
Et si l’Arabie réussissait à se servir du nombre? Nous verrons. Comme disent les militaires américains : « Toute action amène une réaction. »
Hotel Arabia en Arabie saouditeSources : Chine.org., Contrepoints, i24news, RFI.
-
Boko Haram perd toujours du terrain
- Par rousseau-philippe
- Le 27/05/2015
- Dans Boko Haram
Au Bénin, un colloque rassemble, des politiques, des universitaires et des responsables chrétiens et musulmans en vue de promouvoir la paix en Afrique noire, menacée par le groupe islamiste Boko Haram. Le Bénin aux côtés du Nigeria, du Tchad, du Cameroun et du Niger, fait partie de la force multinationale (8700 soldats) qui affronte actuellement Boko Haram dans le bassin du lac Tchad. Depuis plus d’un an, le groupe islamiste sévit dans ces pays.
Le Tchad accueille un sommet consacré à la lutte contre le groupe terroriste, soit les dirigeants de la Communauté des États de l’Afrique Centrale. Ils ont pris l’engagement de mobiliser 50 milliards pour appuyer les efforts du Cameroun et du Tchad dont les troupes affrontent les éléments de Boko Haram, à qui elles infligent de lourdes pertes. Le QG de la Force multinationale est ainsi officialisé.
Deux corps expéditionnaires du Tchad se sont lancés à la poursuite de Boko Haram en terre nigériane. Des étrangers occupent des postes importants dans la hiérarchie des terroristes, affirme l'armée nigériane, après la prise de plusieurs camps de l'organisation islamiste dans le nord-est du pays.
Quatre villages y ont été rayés de la carte par l’aviation militaire visant les combattants de Boko Haram délogés de leurs bastions. L’aviation nigériane bombarde souvent certaines places fortes de Boko Haram. Dans cette même région, Boko Haram lui, a envahi Gubio, à bord de camions et de motos, tuant des civils et brûlant des maisons.Le Niger a décidé de prolonger l'état d'urgence dans le sud-est, afin de permettre aux forces militaires de répondre aux attaques du groupe.
Au Cameroun, la province de l’Extrême-Nord subit des attaques répétées de la formation. Des villages sont pillés, des habitants sont tués, des maisons sont brûlées. La situation est telle que certains villages sont aujourd’hui déserts. Cette région accueille quand même des dizaines de milliers de réfugiés du Nigéria.Au ralentissement économique s’ajoute la famine, car les populations fuient leurs terres. L’Extrême-Nord du Cameroun, à forte majorité musulmane, est la région la plus pauvre du pays. Ce territoire est considéré comme étant une zone de guerre. Le conflit mine grandement la prospérité économique de la région déjà très pauvre. Les échanges commerciaux avec le Nigeria, principal partenaire économique du pays, sont presque nuls.
Pendant que l’armée camerounaise lutte. Le gouvernement tente de dissuader les jeunes de rejoindre le mouvement clandestin. En effet, certains jeunes voient dans ce groupe terroriste un moyen de se sortir de la pauvreté. Ils s’enrôlent dans la nébuleuse, la plupart étant chômeurs. Le gouvernement met sur pied un programme d’emplois qui vise à leur garantir du travail pendant quelques mois. L’épargne qu’ils en dégagent est multipliée par trois par le pouvoir public, dans le but de leur permettre de se réinsérer socialement.
Sources : Afrik.com, Boursorama, Camer Post, La Croix, Le Figaro, French.people.cn, Ouestaf.com, Radio-Canada, Radio française internationale,