Analyse politique sur différents pays

  • Maria Callas

    Sophia Cecelia Kaloyeropoulos dite Maria Callas, une cantatrice grecque, est née le 2 décembre 1923 à New York et décédée le 16 septembre 1977 à Paris.

    Surnommée « la Bible de l'opéra » par le compositeur, chef d'orchestre et pianiste, Leonard Bernstein; « la Callas », telle qu'on l’appelait, a bouleversé l'art lyrique en valorisant l'approche du jeu d'acteur, jusqu'alors relégué au second plan. L'une des cantatrices les plus célèbres, à la fois par le timbre particulier de sa voix, son registre de trois octaves et un phrasé unique associé à son talent de tragédienne.

    Maria Callas reste, tant par la réussite exceptionnelle de sa vie professionnelle, que par sa vie privée mouvementée, l'icône même de la « diva ». Douée d'une excellente oreille et d'une mémoire infaillible; enfant, elle pouvait déjà reproduire une chanson en l’ayant entendue seulement une ou deux fois. Sa mère a reporté toute son ambition sur sa fille : Elle s'accomplira à travers elle.

    3103Maria Callas, qui a chanté sur toutes les grandes scènes du monde, est présentée à Aristote Onassis en 1959 et devient sa maîtresse. La Diva ralentit alors sa carrière pour se consacrer au milliardaire et jouir du jet set. Onassis restera pour toujours son seul grand amour; même si en 1963, il rencontre Jackie Kennedy. La Callas en est alors désarmée; mais l'armateur grec parviendra à se faire pardonner.

    En 1966, elle renonce à sa nationalité américaine et redevient grecque. Onassis épouse Jacqueline Kennedy en 1968. Blessée dans son orgueil, mais toujours profondément amoureuse, Maria Callas lui restera fidèle jusqu'au bout. Durant le séjour d'Onassis à l'hôpital, elle seule, ira le voir régulièrement. En 1975 la mort d'Onassis, qu'elle a accompagné jusqu'à sa fin, achève de la murer dans sa solitude.

    Elle meurt d'une embolie pulmonaire le 16 septembre 1977, à l'âge de 53 ans. Sur sa table de chevet sont retrouvés des comprimés de Mandrax, dont elle aurait pu accidentellement absorber une trop forte dose.

    À sa cérémonie funèbre, étaient présents la princesse Grace de Monaco, sa fille la princesse Caroline et le réalisateur italien Franco Rossellini. Maria Callas est incinérée au cimetière du Père-Lachaise.

  • Legault récolte le vote nationaliste

    Premier ministre francois legault portneufLa moitié de la campagne électorale est passée. Selon un sondage Web Léger, l’appui à la CAQ aurait faibli de 4% seulement, soit de 42% à 38%. Pendant cette campagne on parle de tout, sauf de "nationalisme". C'est pourtant pour cette raison que la CAQ a gagné la dernière élection et c'est toujours pour cette raison qu'elle gagnera cette élection-ci. Le Parti Libéral est fédéraliste, mais pas nationaliste. Le Parti Québécois est nationaliste, mais souverainiste. QS est trop à gauche. Le Parti Conservateur trop à droite. La CAQ est la réponse du peuple québécois au fédéralisme centralisateur d'Ottawa. C'est le contre-poids au NON, qui a emporté le dernier référendum. N'oublions pas que 60% des francophones ont voté "OUI" au référendum de 95.     

  • Québec : la bataille des Plaines d’Abraham

    Québec : la bataille des Plaines d’Abraham

    241978715 609455330435894 7474042386139931095 n 1À 4 h du matin le 13 septembre 1759, 4 600 soldats britanniques débarquent à l'anse au Foulon, escaladent une falaise en pleine nuit en terre inconnue, avec 50 livres d’équipements sur le dos sans savoir si du haut de la falaise, il y aura un comité d’accueil. Ils réussissent de peine et de misère à rejoindre les Plaines d’Abraham. À 8 h, ils sont en lignes de bataille sur un site choisi par Wolfe, leur général.

    Ne pouvant se permettre l’installation de l'armée anglaise aux abords de la ville, l’armée française sort des murs de Québec et engage le combat. Wolfe et Montcalm décèderont lors de cette bataille que gagnera l’armée britannique. Le 18 septembre, la capitulation sera signée.

    La ville était assiégée depuis le 26 juin. D’ailleurs, le siège de Québec est un épisode majeur de la ‘Guerre de la Conquête’, opposant les Britanniques aux Français et à leurs alliés Autochtones. Les Français savaient depuis mai, que les Britanniques montaient une expédition sur Québec via le Saint-Laurent. Le général Montcalm fort de ses victoires, ayant pris le Fort Chouagen sur le lac Ontario en 1756, le Fort William Henry en 1757, repoussant l'assaut contre le Fort Carillon sur le lac Champlain en 1758, le général Montcalm dis-je, assure la défense de Québec. Sauf qu’à partir de 1758, le nombre se faisant sentir, le vent tourne. La Grande-Bretagne change de stratégie et utilise maintenant sa marine militaire plutôt que son armée de terre.

    Vu le blocus britannique, peu de renfort venant de Versailles arrive à Québec. De sorte que Montcalm abandonne les forts entre le lac du Chat et Belle rivière - forts qui assuraient la liaison avec la Louisiane - Montcalm se concentre donc sur la défense de Québec.

    Il sait que la guerre ne pourra être gagnée ; mais essaye le tout pour le tout, en affairant 300 marins à creuser des retranchements sur la rive droite de la rivière St-Charles, de son embouchure jusqu'à une lieue au nord. Il installe des navires au travers de la rivière, pour empêcher toute embarcation ennemie d'y entrer. Une ligne de retranchements est creusée de Montmorency jusqu'aux murs de la ville. Il évacue l'île d'Orléans, la Côte-du-Sud et la côte de Beauport. Les soldats de Montréal sont déplacés vers Québec. Il mobilise la milice. Les hommes de 15 à 70 ans la rejoignent, 15 000 combattants, dont 150 Acadiens rescapés de la déportation, dans un pays où l'on recense 60 000 colons.

    La flotte britannique, comprenant le quart de la marine royale, quitte Louisbourg le 4 juin et remonte le fleuve ; 49 navires de guerre, 13 500 hommes d'équipage, 119 vaisseaux marchands, 4500 matelots et un corps de débarquement de 8 500 soldats.

    Le 26 juin, l'armada britannique atteint l'île d'Orléans. Le 27, au sud de l’île, le principal camp britannique s’installe. Le 28, l'armée française attaque la flotte avec des brûlots, qui sont allumés trop tôt. C’est un échec. Les 29 et 30, des soldats britanniques débarquent à Beaumont.

    Le 30 juin, les Britanniques érigent des batteries en face de la ville de l’autre côté du fleuve. À partir du 12 juillet, les batteries ouvrent le feu et lancent de nombreux projectiles incendiaires. De sorte que des incendies majeurs éclatent dans la Haute et la Basse-Ville. 15 000 bombes tombent sur Québec : 180 édifices détruits, soit la moitié de la ville. Les Britanniques tirent 3 fois plus d’obus que durant le siège de Louisbourg. Le 26 juillet, le général Wolfe tente un débarquement sur Beauport. C’est un échec. Il perd 400 soldats. Le 27, il fortifie son camp à Montmorency.

    Dans le but de faire sortir les troupes françaises de Québec, à partir du 9 août, il détruit tout sur son passage, incendie Baie-Saint-Paul, La Malbaie, Côte-du-Sud, Sainte-Anne-de-la-Pocatière, tout entre la rivière Etchemin et la rivière Chaudière. Le 7 septembre, il continue, Kamouraska, Rrivière Ouelle, Cap au Diable, Sainte-Anne, Saint-Roch. À la mi-septembre, les Britanniques rapportent avoir détruit plus de 1400 fermes sur les deux rives. L’armée française a toujours refusé de sortir de la ville, sachant fort bien qu’elle serait battue.

    Le général Wolfe élabore alors 3 plans d’attaques, tous rejetés par ses officiers, qui optent le 29 août pour une attaque à l’ouest de la ville, préconisant Pointe-aux-Trembles, aujourd'hui Neuville. Dès le 3 septembre, les Britanniques opèrent un déplacement à pied, le long du fleuve à l'ouest de Québec. La flotte britannique effectue des mouvements devant Beauport à l’Est, pour donner l'impression qu'un débarquement s’y prépare. Le 8 septembre, le général change d'idée et choisit, sans en discuter avec personne, l'anse au Foulon, toujours à l'ouest de la ville. Le 13, il gagne la bataille des plaines d’Abraham. Le 18, la capitulation est signée ! C’est la conquête de Québec ! Montréal sera pour l’année suivante !

    Le 25 août 1760 les alliés autochtones de la France signent un traité avec l’Angleterre. Le 8 septembre 1760, Vaudreuil cède la Nouvelle-France aux Britanniques, après la prise de Montréal par les Anglais.

    Aux termes du traité de Paris de 1763, la Grande-Bretagne obtient des Français, la Nouvelle-France, l’île du Cap Breton et le bassin des Grands Lacs. La France conserve des droits de pêche à Terre-Neuve et dans le golfe Saint-Laurent. Elle acquiert Saint-Pierre-et-Miquelon, recouvre ses lucratives possessions des Antilles, ses comptoirs en Inde et son poste de traite des esclaves au Sénégal. L’Espagne cède la Floride à la Grande-Bretagne.

    Sources :

    Guy Frégault, La Guerre de la Conquête, Fides, 2009, 514p.

    D. Peter MacLeod, La vérité sur la bataille des plaines d'Abraham, Éditions de l'Homme, 2008, 491 p.

    Jacques Lacoursière, Histoire populaire du Québec, t. I, Septentrion, 1995, 482 p.

    Charles Perry Stacey, Quebec, 1759: The Siege and The Battle, MacMillan, 1959, 210 p

  • Richelieu

    Cardinal de Richelieu par Philippe de Champaigne , 1642 ( Musée des Beaux-Arts de Strasbourg )

    1312276 philippe de champaigne le cardinal de richelieu ecrivantÀ Paris le 9 septembre 1585 naît Richelieu (1585-1642). Consacré évêque en 1607, se fait remarquer aux états généraux de 1614 par Marie de Médicis, mère de Louis XIII. Nommé ministre des Affaires étrangères en 1616, devient cardinal en 1622, puis premier ministre du roi Louis XIII en 1624 et ce jusqu’à sa mort en 1642. Il dirige le Conseil du roi, assoie l'autorité royale, met au pas la noblesse et transforme la France en un État centralisateur fort. Il assure sa sécurité par un vaste réseau d'espionnage en France et à l’étranger. Certains historiens désigneront son régime par le mot : Absolutisme.

    À son arrivée au pouvoir, la France est déjà en guerre depuis 1618 (la guerre de Trente Ans, 1618-1648), opposant les Habsbourg d’Espagne et du Saint-Empire soutenus par le pape, aux États allemands protestants, aux pays scandinaves et à la France qui, bien que catholique et luttant contre les protestants chez elle, entend réduire la puissance des Habsbourg qui l’encerclent.

    1624, il subventionne les Hollandais pour lutter contre les Habsbourg. Une expédition militaire, secrètement financée par la France, lance une opération en Italie du Nord occupée par les Habsbourg. 1625, il envoie de l'argent à un mercenaire opérant en Allemagne au service des Anglais contre les Habsbourg.

    Pour consolider le pouvoir royal, Richelieu supprime l'influence de la noblesse féodale en rasant en 1626 tous leurs châteaux forts, à l'exception de ceux nécessaires à la défense du pays. Ainsi, l’armée d’un seigneur ne pourra plus intimider l’armée royale.

    En 1627, Richelieu commande personnellement le siège de la place forte huguenote de La Rochelle : des protestants calvinistes financés par les Habsbourg; profitant du conflit intérieur français pour étendre leur influence en Italie du nord. Les Anglais, quant à eux, mènent une expédition pour venir en aide aux Huguenots, mais échouent. La ville capitule en 1628. Les forces protestantes sont vaincues en 1629. Cette même année, Richelieu dirige personnellement l'armée française dans le nord de l'Italie pour y sortir les Habsbourg.

    En 1632, le duc de Montmorency se soulève. Le cardinal, impitoyable, ordonne son exécution. En 1634, l'Éminence rouge condamne au bûcher l'un de ses détracteurs virulents. Ces mesures intimident fortement ses ennemis.

    Il protège les frontières de la France en s'alliant aux protestants allemands, divisant ainsi l'Allemagne et abaissant par le fait même le pouvoir des Habsbourg, qui gouvernent l'Espagne et les États autrichiens, voisins de la France. il conclue des alliances avec des États protestants dont le Royaume d'Angleterre et la République néerlandaise, toujours dans le but de contrer les Habsbourg.

    Célèbre pour son mécénat des arts, il encourage les arts et les lettres, en les assignant au service du pouvoir. Il fonde l'Académie française, rénove et agrandit la Sorbonne; soutient la création du premier journal français : La Gazette. Sachant reconnaître les hommes de talent, il se lie à eux. Il fréquente le célèbre dramaturge Corneille et fait don à la veuve de Rubens d'une montre incrustée de diamants.

    Inventeur du couteau de table : Ennuyé par les mauvaises manières à table par les utilisateurs de couteaux tranchants, qui les utilisaient souvent pour se curer les dents. Il ordonne en 1637 que tous les couteaux de sa table à manger aient leurs lames émoussées et leurs pointes arrondies. Le design devient rapidement populaire dans toute la France et se répand à travers le monde.

    Visionnaire, il encourage les expéditions lointaines, encourage Louis XIII à coloniser les Amériques par la fondation de la Compagnie de la Nouvelle France. Contrairement aux autres puissances coloniales, il encourage une coexistence pacifique en Nouvelle-France entre Premières Nations et Français. Il recherche l'intégration des Autochtones dans la société coloniale et jette les bases du premier empire colonial français (Martinique, Canada, Madagascar,...).

    Défenseur de Samuel de Champlain et de la Nouvelle-France, il négocie le traité de Saint-Germain-en-Laye en 1632 et obtient que la ville de Québec revienne à la France après sa perte en 1629. Son implication avec Champlain et la colonie naissante le long du Saint-Laurent, ont permis grâce à l'emplacement stratégique de la colonie - le Saint-Laurent et les Grands Lacs étant une porte d’entrée majeure vers l'intérieur du continent - de développer un empire français en Amérique du Nord.

    La défaite des Habsbourg en 1648, couplé avec l’invasion française de la Catalogne, sonne le glas de leur domination. Ainsi, la politique de Richelieu était le prélude nécessaire pour que Louis XIV devienne le monarque le plus puissant et la France la nation la plus puissante d’Europe à la fin du XVIIe siècle.

    L'historien et philosophe canadien John Saul qualifie Richelieu de « père de l' État-nation moderne, du pouvoir centralisé moderne et des services secrets modernes ». Les notions de souveraineté nationale et de droit international peuvent être attribuées en partie aux politiques de Richelieu, en particulier telles qu'énoncées dans le traité de Westphalie, qui met fin à la guerre de Trente Ans. Richelieu apparaît comme le premier homme d'État moderne, soucieux de l'intérêt national.

    À l’exception d’une fois, Louis XIII a toujours été inébranlable dans son soutien. À la fin de sa vie et ce pendant quelques années, Richelieu souffrait de paludisme ou de tuberculose. Il toussait du sang. Ses médecins le saignaient fréquemment, l'affaiblissant d’autant. Alors qu'il sent la mort l’approcher, il nomme Mazarin, dont il avait favorisé la carrière, pour lui succéder comme premier ministre du Roi Louis XIII. Richelieu meurt le 4 décembre 1642, à l’âge de 57 ans. Son œuvre sera poursuivie avec brio par Mazarin ce cardinal d'origine italienne, qui deviendra plus tard le protecteur et le premier ministre du roi Louis XIV, suivi de Colbert.

  • 8 septembre 1760 : reddition e Montréal

    241635506 606003540781073 3700087775543604431 n 1Au cours de la guerre de sept ans (1756-1763) ainsi nommée par les Européens, ou la guerre de la conquête ainsi nommée par les Québécois, ou la French and Indian War, ainsi nommée par les Américains, Québec tombe en 1759, tout comme le général Montcalm et le général Woolf.

    Hors le 28 avril 1760, lors de la bataille de Sainte-Foy sur les hauteurs de Québec, les 7 000 hommes du chevalier de Lévis, dont 1 000 Canadiens français et Autochtones vainquent les 3 400 soldats du général Murray, qui se replient à l’intérieur de la ville de Québec. Les Français et leurs alliés y mènent alors un siège infructueux et sont forcés à la retraite par l’arrivée de renforts britanniques sur le fleuve Saint-Laurent, dirigés par le général Amherst. Lévis se replie sur Montréal en laissant des garnisons à Trois-Rivières pour essayer d’y ralentir les Anglais. Mais les Britanniques passent outre Trois-Rivières, sans combattre.

    Le 8 septembre 1760, Montréal est encerclée par 20 000 soldats britanniques venus de l’Est, de l’Ouest et du Sud. Une armée dirigée par Amherst a remonté le St-Laurent à partir de Québec. Une autre est descendue du lac Ontario à partir du fort Frontenac et une 3e est arrivée du fort Carillon, au sud du lac Champlain.

    Le chevalier de Lévis à la tête de 2 400 soldats, sollicite alors au gouverneur Vaudreuil, la permission d’effectuer un baroud d’honneur. Le gouverneur jugeant toute résistance inutile, capitule en demandant aux assiégeants, la garantie de l'intégrité physique des habitants et leur droit à pratiquer la religion catholique. Ce qu’Amherst accepte. Le chevalier de Lévis fait alors brûler les drapeaux pour ne pas avoir à les remettre à l’ennemi. La reddition est signée le 8 septembre 1760.

    La Grande Bretagne finalise ainsi sa conquête de la Nouvelle-France. Elle avait déjà signé le traité d’Oswegatchie le 30 août avec les alliés autochtones de la France. Elle reconfirme ce traité à Kahnawake le 16 septembre 1760 avec les Autochtones d’Oswegatchie (La Présentation), d’Akwesasne, de Kanesatake, de Kahnawake, d’Odanak, de Wolinak (Bécancour), et les Wendat/Hurons de Lorette. Les Britanniques leur assurent la possession de leurs terres et le libre exercice de la religion catholique. Les Autochtones alliés de la France promettent de rester neutres durant le reste de la guerre.

    Ces traités regroupent tous les Autochtones chrétiens des missions catholiques de la vallée du Saint Laurent que ce soit des Iroquois, des Algonquins, des Nipissings, des Abénaquis et des Wendat (Hurons). Les nations alliées des Français sont placées en position subordonnée par rapport aux Iroquois (alliés des Anglais).

    Le 10 février 1763, le traité de Paris signé par la France, la Grande-Bretagne et l’Espagne, met fin à la guerre de Sept Ans (1756-1763) et lègue la Nouvelle-France à l’Angleterre. Ce traité fait de la Grande-Bretagne : la 1ère puissance mondiale. Elle le demeurera jusqu’à la 2e guerre mondiale.

    Les Britanniques, dorénavant seuls acheteurs de fourrures, imposent aux Autochtones des règles commerciales désavantageuses et les Premières Nations craignent à juste titre, que bientôt des nuées de colons britanniques n'envahissent leurs territoires ancestraux. De sorte que le 7 mai 1763, sous les ordres de Pontiac un Outaouais, de son vrai nom Obwandiyag, 14 nations - Outaouais, Ojibwés, Potéouatamis, Hurons-Wendats, Miamis, Weas, Kickapous, Mascoutins, Piankashaw, Delawares, Shawnees, Mingos et Sénécas - prolongent la guerre de Sept Ans. Dix de celles-ci étaient alliées des Français, lors des guerres précédentes. Le but est de faire revenir les Français. La révolte est fulgurante. Pontiac s'empare de tout le bassin des Grands Lacs (sauf Niagara et Détroit). Amherst utilise la petite vérole comme arme.

    Voyant que la France affaiblie, renonce à revenir ; Pontiac opère alors un baroude d’honneur en assiégeant Détroit. Après plusieurs mois de blocus, la révolte s'éteint et un traité de paix est signé le 25 juillet 1766. La couronne britannique concède aux Premières Nations de faibles territoires, que l’on nomme aujourd’hui «réserves indiennes».

    Sources : 

    Hérodote, l'encyclopédie de l'histoire et L’Encyclopédie canadienne.

  • Traité de Paris du 3 septembre 1783

    350px treaty of paris by benjamin west 1783Ici, signature du traité de Paris par le peintre Benjamin West (1783). Le commissaire britannique ayant refusé de poser, le tableau ne fut jamais achevé. Franklin ayant refusé de signer sur le sol britannique, le 3 septembre 1783, le traité de Paris signé par les treize colonies américaines et la Grande-Bretagne, reconnaît l'indépendance des États-Unis d'Amérique.

    La révolution américaine commencée en 1765 se transforme en guerre d'indépendance en 1775, accroissant considérablement les dépenses militaires et la dette de la Grande-Bretagne, qui à partir de la capitulation anglaise à Yorktown (1781), engage des pourparlers secrets avec les États-Unis, la Grande-Bretagne ne pouvant plus tenir financièrement. Elle était en guerre simultanément contre ses colonies américaines, mais aussi contre la France, l’Espagne et les Pays-Bas (connus à l’époque sous le nom des Provinces-Unies).

    Par ce traité, la Grande-Bretagne cède l’est du Mississipi à ses treize colonies. La province britannique du Bas-Canada (le Québec) perd la partie sud des Grands Lacs, qu'elle avait obtenue par l'Acte britannique de Québec en 1774. Les marchands de Montréal, qui ont des comptoirs de traite dans cette région doivent les évacuer au cours des deux prochaines années. La frontière passe au milieu des Grands Lacs, le lac Michigan étant entièrement du côté américain. À l'est des Grands Lacs, entre le Québec, le Nouveau-Brunswick et le Maine, la question de la frontière sera réglée ultérieurement. Les Britanniques garantissent aux pêcheurs américains le droit de pêche au large de Terre-Neuve. Les dettes contractées avant, pendant et après le conflit sont reconnues et remboursables en livres sterling. L’amnistie est proclamée pour les loyalistes américains. Ils sont libres, s’ils le veulent, de s’installer dans les autres colonies britanniques.

    Français, Espagnols et Hollandais avaient pris part à la guerre aux côtés des insurgés américains, donc pour compléter le traité de Paris, le traité de Versailles est signé le même jour entre la Grande-Bretagne et la France d'une part, entre la Grande-Bretagne et l'Espagne d'autre part. Notons que la Grande-Bretagne a été vaincue non seulement par ses colonies, mais aussi par la France et l'Espagne. La flotte française a vaincu la flotte britannique qui était deux fois plus grande qu'elle.

    La France recouvre sa souveraineté sur Dunkerque; récupère ses comptoirs aux Indes; conserve l'île de Gorée et le Sénégal, de même que la Martinique, la Guadeloupe et Sainte-Lucie. Elle récupère Tobago et Trinité, cède Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Elle conserve Saint-Pierre-et-Miquelon, obtient un droit de pêche sur les Grands Bancs de Terre-Neuve, mais ne récupère pas le Canada, qui est maintenu possession britannique. La Grande-Bretagne perd la Floride et l’ouest du Mississipi au profit de l’Espagne.

    Enfin en 1784, un traité entre les Pays-Bas et la Grande-Bretagne met fin à la 4e guerre anglo-néerlandaise. Les Pays-Bas cèdent Nagappattinam dans le sud de l’Inde à la Grande-Bretagne, qui leur rend le Ceylan. Les marchands britanniques pourront dorénavant commercer dans certaines colonies néerlandaises des Indes.

    Après ces 4 traités de paix de 1783-84, la France recouvre son rôle d'arbitre du continent européen et redevient temporairement la première puissance, aux yeux des gens. De grandes spéculations boursières s’en suivent. Les investisseurs spéculant sur l'effet positif des traités sur la dette publique, voyant la réduction des dépenses militaires de façon positive. Ces pays profitent du passage d'une économie de guerre à une économie de paix.

    Ici, signature du traité de Paris par le peintre Benjamin West (1783). Le commissaire britannique ayant refusé de poser, le tableau ne fut jamais achevé.

     

  • Bataille navale d'Actium

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    Le 2 septembre 31 av JC, sur la côte occidentale de la Grèce non loin de Corfou, la bataille navale d'Actium sera décisive pour la naissance de l’empire romain. Octave, fils adoptif et petit-neveu de Jules César, le futur empereur Auguste, affronte Marc-Antoine et Cléopâtre, les amants les plus célèbres de l'Antiquité, sinon de toute l'Histoire de l'humanité.

    Plutarque et Virgile relatent l’événement : Marc-Antoine était à la tête d'une flotte de 300 navires; Cléopâtre de 200. Les deux dirigeaient 75 000 légionnaires. En face, Octave disposait de 400 vaisseaux et 132 000 hommes, commandés par son ami d'enfance et stratège militaire hors du commun, le général Agrippa, parti de Sicile.

    Antoine ravitaillé par l'Égypte et la Syrie, contrôle la Grèce méridionale et se sent prêt à attaquer l'Italie. À la fin de l'hiver 32/31, lui et Cléopâtre occupent Athènes. Leur flotte mouille dans le golfe d'Ambracie, golfe ne possédant qu’une sortie étroite vers la mer.

    Fort de sa supériorité numérique en navires, Antoine cherche à attirer Octave dans les Balkans pour l'isoler de l'Italie et le vaincre ainsi plus facilement. Après plusieurs mois de course-poursuite, la flotte d’Agrippa ravitaillée par l’Italie, coupe le ravitaillement d'Antoine provenant d’Égypte et de Syrie. Antoine ne réagit que lorsque la flotte d'Octave atteint le golfe d'Ambracie. Il se porte alors au-devant d’elle et lui interdit l'entrée du golfe. De son côté, Agrippa coupe la flotte d’Antoine de ses arrières.

    Marc-Antoine et Cléopâtre sont piégés. Le manque de nourriture et les maladies, dont la malaria, affaiblissent leurs troupes. Après plusieurs jours de tempête, le 2 septembre 31 av JC, Marc-Antoine profite d'une accalmie pour sortir en ordre de bataille. Agrippa doté de navires moins puissants mais plus mobiles, l'attend avec ses navires les plus forts et les plus gros aux ailes, les plus mobiles au centre. Pendant plusieurs heures, chaque armada s'observe mutuellement l'une l'autre, sans le moindre mouvement. Puis à midi, la flotte d'Antoine dégarnit son aile droite vers son centre pour attaquer le centre d’Agrippa plus faible que ses ailes.

    Agrippa renforce alors son aile gauche par sa 2e ligne et son centre glisse quelque peu vers la gauche, effectuant une manœuvre d'enroulement, dans le but d’encercler le vaisseau amiral d'Antoine, se situant parmi l’aile droite de sa flotte. L’aile droite d’Antoine se retrouve donc complètement aspirée vers l’aile gauche d’Agrippa.

    Le centre de la mêlée se retrouve ainsi dégarni. Vers trois heures de l'après-midi, Cléopâtre et son trésor (ce n’est pas Antoine) s’y engouffre, escortée par 60 navires de guerre égyptiens. Elle s’enfuit. Antoine se dégage de la mêlée et la suit, embarqué non plus sur son navire amiral, mais sur une galère. Le plan de fuite d'Antoine est une réussite totale. Marc Antoine et Cléopâtre regagnent l'Égypte.

    Le soir, Octave capitalisant sur l'image de la fuite de ses rivaux, obtient la reddition de la flotte. Selon Plutarque, 5 000 hommes furent tués, selon Orose, 12 000 auxquels s'ajoutent 6 000 blessés. Après plusieurs jours, l'armée terrestre d'Antoine se rallie à Octave. Lorsque Antoine l’apprend, il comprend que la guerre est perdue. Cléopâtre et lui se suicideront un an plus tard.

    Cette bataille marque la fin des guerres civiles, qui ont suivi l'assassinat de Jules César en 44 av JC. Cette victoire permet à Octave de devenir l’empereur Auguste et de s'imposer comme maître absolu de l'empire romain naissant. D’ailleurs, lui-même fait de cette victoire un objet de communication politique tout au long de son règne; symbole de sa maîtrise des mers, de la faveur que les dieux lui accordent et de sa supériorité sur son rival. On retrouve des traces de ces commémorations sur bon nombre de monnaies romaines de l'époque d'Auguste et sur divers monuments de l'époque julio-claudienne.

    La bataille d'Actium est considérée par les historiens comme le point de bascule à partir duquel l'avènement de l’empire romain est inéluctable. Auguste se vantera d'avoir trouvé une Rome en briques, et laissé une Rome en marbre. C’est lui qui a construit les assises solides de l’empire romain, qui durera jusqu’en 475 apr JC.

     

  • 01/09/1715, Louis XIV s’éteint

    Le 1er septembre 1715 vers 8h15 le matin, Louis XIV s’éteint à Versailles, 4 jours avant son 77e anniversaire; un règne de 72 ans, le plus long de l’Histoire de France.

    Le 10 août à son retour de chasse, il ressent une vive douleur à la jambe. Son médecin diagnostique une sciatique et ne changera jamais d'avis. Des taches noires apparaissent. Il s’agit en fait d'une ischémie aiguë causée par une embolie liée à une arythmie, compliquée d’une gangrène. Malgré des douleurs atroces, le roi vaque à ses occupations et assume totalement ses fonctions jusqu’au 25 août, date à laquelle il s’alite et ne quittera plus sa chambre.

    La gangrène se développe et atteint l’os le 26. Le même jour, il reçoit son arrière-petit-fils alors âgé de 5 ans, le futur Louis XV, pour lui prodiguer ses conseils. Il lui recommande de soulager son peuple et d’éviter autant que possible de faire la guerre : « C’est la ruine des peuples ». Louis XIV a fait souvent la guerre, mais il ne perdait jamais de vue que le but en était de gagner la paix après la guerre et non pas la guerre elle-même. Autrement dit, c’est l’économie en tant de paix, qu’il faut contrôler et faire prospérer.   

    Le roi fit ses adieux à trois reprises à Mme de Maintenon et à deux reprises à la Cour. Sur son lit de mort, il déclara : « Je m'en vais, mais l'État demeurera toujours ». Le 29 août on autorise Brun, un Provençal prétendant détenir un remède miracle, à l’approcher. Le roi se sent mieux, mais le mal devient vite plus profond. Le 30, il tombe dans un semi-coma et meurt le 1er septembre. Son corps est exposé pendant 8 jours dans le salon de Mercure et est transporté le 9 septembre à St-Denis, la nécropole des rois de France.

    Louis XIV est connu sous le nom de Roi-Soleil. Car malgré guerres, famines et épidémies, il a fait de la France pour plus d'un siècle, le royaume le plus peuplé avec une vingtaine de millions de citoyens, le plus puissant et le plus prospère d'Europe, voire du monde. Sa politique était, contrairement à la politique d’aujourd’hui (libre-échange) que tout ce que consommait les Français devait être autant que possible produit en France; de sorte que beaucoup de travailleurs et d’artisans des autres pays venaient s’installer en France.   

    Son premier objectif a été de protéger le territoire national. De sorte qu’il chargea Vauban de protéger solidement le pays contre toute invasion possible. La «ceinture de fer» de Vauban y est parvenu – forteresses défensives d’un nouveau style .  

    Puis, il dégagea la France de l'encerclement hégémonique des Hadsbourg d'Autriche. De sorte que le royaume de France est devenu vite perçu comme une menace par les autres pays, dont l'Angleterre, nouvelle puissance montante.

    Par ses possessions coloniales et sa flotte, la France de Louis XIV est présente dans toutes les parties du monde. Par ses productions architecturales (Versailles) et littéraires (Molière), par le mode de vie de son aristocratie, elle séduit toutes les élites européennes. Si au XVIIIe siècle, l'Europe pense et s'exprime en français, c'est à Louis XIV que cela est dû.

    Louis XIV est arrivé au pouvoir à l’âge de 4 ans et demi, sous la régence de sa mère Anne d’Autriche et de Mazarin. Bien entouré dès le départ, il a su bien s’entourer pendant toute sa vie. Qu’on pense à Colbert, son premier ministre. Mais, il n’a pas su bien entouré son petit-fils Louis XV, qui n’a pas fait le poids.