Turquie

La Russie et la Turquie se rapprochent de plus en plus

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Quelques jours après la visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président turc Recep Erdogan a rencontré lui aussi le président russe Vladimir Poutine.

Selon Maxim A.Suchkov, rédacteur en chef de la couverture Russie / Moyen-Orient d'Al-Monitor, s'il y a un dirigeant du Moyen-Orient qui rencontre Poutine plus souvent que Netanyahou, c'est le président turc. En 2018 Erdogan a eu 13 réunions et 8 conversations téléphoniques avec son homologue russe. Netanyahu a rencontré 13 fois Poutine depuis 2015.

Poutine et Erdogan ont souligné la hausse de 15% du commerce mutuel qui est maintenant estimée à 25 milliards de dollars, fixant la barre à atteindre à 100 milliards. D'ailleurs,
de grands projets sont en cours, comme la centrale d'Akkuyu et le pipeline Turkish Stream.

En 2018, le commerce dans le secteur de l'agriculture a augmenté de 7%, atteignant 3 milliards de dollars. Les investissements mutuels s’élèvent à environ 20 milliards de dollars et.les deux pays mette en oeuvre une plateforme d'investissement commun d'un milliard de dollars.

Selon Amur Gadzhiev, directeur du Centre de recherche sur la Turquie moderne, si on regarde qui était présent dans les délégations respectives, on voit que Moscou et Ankara tiennent vraiment à porter les relations bilatérales à un niveau qualitativement nouveau.

Cette visite intervient à un moment où les États-Unis augmente la pression sur la Turquie, à la suite de l'achat par Ankara du système anti-aérien russe S-400. En réponse, Poutine propose qu'Erdogan approfondisse davantage la coopération militaire entre les deux pays.

Cependant, les attentes concernant le nord-est de la Syrie et Idlib, n'ont pas trouvé solution. Erdogan a clairement expliqué que la Turquie ne supporterait jamais les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie.

Moscou a fait savoir qu'il n'était pas satisfait de l'échec de la Turquie à mettre en œuvre l'accord Sochi sur Idlib, mais Poutine est patient et comprend toutes les complications auxquelles Ankara est confrontée.

Récemment, les ministres de la défense russe et turc se sont rencontrés pour en discuter. Ils n'ont pas réussi à créer un centre de surveillance commun et la résolution de la crise à Idlib ne sera pas aussi rapide que prévue, mais ils pensent y arriver.

Sur la plupart des questions sensibles à Ankara, Moscou cherche toujours à exprimer de l'empathie qu'Erdogan ne trouve ni avec les États-Unis et ni avec l'Europe.

La réunion visait à examiner les relations bilatérales au-delà du dossier syrien. Les propos de Poutine suggèrent qu'il croit sincèrement que les deux problèmes de sécurité syriens actuels - Idlib et le Nord-Est - seront réglés bientôt ou plus tard. En effet, la Turquie et la Russie peuvent se permettre de prendre du temps.

La Turquie en voie de supplanter l'Arabie saoudite

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La famille Saoud dirige le monde musulman sunnite depuis des décennies, grâce à son argent et à son statut de gardien des lieux saints : La Mecque et Médine.

Le blocus du Qatar par l’Arabie saoudite et ses alliés, a donné l'opportunité à la Turquie de se rapprocher du Qatar. Maintenant le Qatar finance la Turquie et cette dernière protège militairement le premier. Le Qatar et l'Iran bien que sunnite et chiite, exploitent le même gisement de gaz naturel à leur frontière, de sorte qu'ils n'ont aucun intérêt à se considérer comme des ennemis, le gaz représentant des milliards de dollars et chacun en bénéficie. 

L’assassinat de Khashoggi a dévoilé de plein fouet, la course au leadership dans le monde musulman sunnite entre la Turquie et l'Arabie saoudite. Les médias occidentaux mentionnent très rarement cette course au leadership. Pourtant on sait que les deux camps soutiennent des factions opposées à l'intérieur de la guerre libyenne. 

Bien que la Turquie et l'Iran aient soutenu des camps opposés pendant la guerre syrienne, les deux pays ont commencé à se parler à travers les pourparlers d'Astana et ce en compagnie de la Russie.  La confrontation entre d'une part, le clan des États-Unis, Israël, Égypte, Arabie saoudite et Émirats arabes unis versus le clan, Russie, Iran, Irak, Syrie, Hezbollah, pourraient pousser la Turquie vers le 2e clan.

La répression à laquelle les Frères musulmans font face en Égypte et dans les autres états du Golfe, (la Turquie étant pro-Frères musulmans) et la reprise des sanctions contre l’Iran et ses alliés, pourraient aboutir à l’approche classique selon laquelle l’ennemi de mon ennemi est mon ami. Les Frères musulmans sont confrontés aux mêmes ennemis que l’Iran et ses alliés.

Turquie et Iran sont contre l’hégémonie occidentale au Moyen Orient, tout comme ils sont contre ceux qui l'appuient, à savoir Israël et l'Arabie. La Turquie et le Qatar soutiennent la Palestine contre Israël et l'Iran soutient le Hezbollah contre Israël. 

L’axe américano-israélo-saoudien ne peut rien contre l'axe Russie-Iran-Turquie-Syrie-Hezbollah-Irak, à moins de déclencher une guerre majeure et même là, lorsqu'on déclenche une guerre, il est difficile d'en prévenir l'issue. On a qu'à penser à la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah, dont le but d'Israël était l'anéantissement du Hezbollah, considéré comme l'allié le plus faible de l'Iran. Israël a échoué, même que le Hezbollah est aujourd'hui plus fort qu'auparavant. Le 2e volet a été la guerre syrienne, dont le but était l'anéantissement d'Assad. Le Lion, surnom du président syrien est sorti vainqueur de la guerre. Le troisième volet viserait l'Iran, mais l'Iran est armé jusqu'aux dents, raison pour laquelle Israël et les États-Unis ne l'ont pas attaqué militairement jusqu'à présent.  

L’axe américano-israélo-saoudien essaye de rentrer dans la gorge de la rue arabe, que c'est l'Iran l'ennemi numéro 1 et non Israël. Pourtant Israël tue les Palestiniens d'une manière plus poussée que du temps où les blancs d'Afrique du sud tuaient les Noirs pendant l'apartheid.

La Turquie ne fera pas de guerres par procuration contre l'Iran, comme l'a fait l'Arabie. Les guerres de Syrie et du Yémen par lesquelles l'Arabie visait l'Iran, ont apporté l'instabilité au Moyen-Orient et par le fait même un déclin économique. La Turquie et l'Iran respecteront le territoire de chacun, instaureront la stabilité par la paix et apporteront une ère économique florissante pour la région et tous et chacun en bénéficieront.

 

 

La Turquie, principale rivale de l'Arabie saoudite

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La Turquie est devenue la principale rivale de l'Arabie saoudite, pour lui soutirer le titre de première puissance sunnite du monde musulman. En effet, les lignes de fractures géopolitiques entre ces deux poids lourds s'accentuent d'année en année. Les ambitions rivales des deux puissances sunnites alliées de Washington dessinent une nouvelle géopolitique régionale, qui semble favoriser la Turquie.

Cependant en Égypte jusqu'à maintenant, la Turquie est perdante. Puisque Riyad est le principal soutien de l’Égypte du maréchal Sissi, tandis qu’Ankara est très proche des Frères Musulmans de Mohammed Morsi. Ce dernier avait d'ailleurs gagné la seule élection véritablement démocratique d'Égypte. Morsi a été renversé par le coup d’état de l’armée égyptienne, soutenu par l'Arabie saoudite.

La Turquie est partisane d’un réchauffement des relations pacifiques avec son puissant voisin iranien, alors que l’Arabie de MBS fait la guerre par procuration à l'Iran des Ayatollahs. À ce sujet, l'avenir semble prometteur pour la Turquie.

Riyad perd le Qatar comme allié en décrétant avec six de ses alliés, un embargo contre ce pays. La Turquie appuie le Qatar et ce dernier prête main-forte à la Turquie en injectant plus de 20 milliards de dollars d’investissements dans l'économie turque attaquée par l'économie américaine. L’émir al-Thani met au service de la Turquie son influence politique et sa puissance médiatique avec la chaîne Al Jazeera. Le Pakistan soutenant aussi le Qatar, se rapproche de la Turquie. Gagnant : La Turquie !

Ankara, tout comme Doha, financent le Hamas palestinien et soutiennent la cause palestinienne au moment où le royaume wahhabite se rapproche spectaculairement d’Israël. Gagnant : La Turquie !

Ankara et Doha signent un accord militaire comprenant une gigantesque base militaire turque au Qatar. Les forces spéciales turques assurent la protection du palais de l’émir al-Thani. Le Pakistan s'implique militairement, pendant que les Américains conservent leur importante base militaire, mais jusqu'à quand?

En Syrie, les déboires de l’Arabie saoudite et la perte d’influence des États-Unis libèrent un espace pour la Turquie, dont le partenariat avec les États-Unis et l’Europe est en crise. Ankara se rapproche de Moscou et forme avec la Russie, l’Iran et le Qatar, une nouvelle alliance anti-occidentale. L’armée turque, deuxième armée de ­l’OTAN, se retrouve parfois en concurrence avec les autres membres de l’alliance. C’est le cas en Syrie.

À l’opposé, l’axe États-Unis-Israël-Arabie saoudite-Emirats arabes unis-Égypte se renforce.

La Turquie prend pied au Koweit, grâce à un accord militaire. En mer Rouge, elle installe ses positions, juste en face des côtes saoudiennes. Elle inaugure une base navale en Somalie et s’apprête à faire de même au Soudan, qui cède à la Turquie l’île de Suakinen en mer Rouge, pour y installer une base militaire. Or, cette île fait l’objet d’un litige territorial entre le Soudan et l’Égypte.

La Turquie offrant une certaine démocratie, propose la stabilité avec l'Iran, qui offre aussi une certaine démocratie. La Turquie se rapproche de la Russie, qui offre une certaine démocratie. Tandis que l'Arabie offre le moyen âge et la dictature, en prônant la guerre et l'écrasement de l'Iran.

Écrasement qui semble impossible à réaliser. À noter que les alliés occidentaux de Ryad offrent également une certaine démocratie, mais assurément ce n'est pas le cas de l'Arabie.

Erdogan a maintenant le gros bout du bâton

 

 

Turquie : la purge continue

Ce coup d'état militaire manqué a fait 308 morts dont 100 mutins et 208 pro-gouvernementaux ou civiles, avec plus de 1.400 blessés, le tout en une nuit. 

Ankara fait maintenant le ménage et arrête les gens qu’elle soupçonne d’avoir participé à la tentative de putsch. Y figurent 6.038 militaires, 755 magistrats et 100 policiers. 

La liste inclut 103 généraux et amiraux, dont deux meneurs présumés du putsch. L’un des plus hauts gradés mis en détention, le général Akin Oztürk nie être lié à la tentative de putsch. L’ancien chef de l’armée de l’air nie être l’un des meneurs. La police turque a d'ailleurs mené une perquisition sur la base aérienne d’Incirlik utilisée par la coalition anti-EI menée par les États-Unis. 

9.000 policiers, gendarmes et fonctionnaires sont démis de leurs fonctions, 3.000 mandats d’arrêt à l’encontre de juges et de procureurs. Les congés annuels de quelques 3 millions de fonctionnaires sont annulés. Ils reçoivent l'ordre de rejoindre immédiatement leurs postes. 

La purge se fera dans le cadre du droit, a répondu le chef du gouvernement, à l’Union Européenne, les États-Unis, l'OTAN et l'ONU, qui sont tous inquiets d’une dérive répressive. Pour sa part, Moscou constate que la tentative de coup d'état accroît la menace sur la stabilité régionale et internationale. Personne de ces états ou de ces organisations n'a appuyé la tentative de coup d'état militaire.

Par contre Erdogan, en réponse à ses partisans, n’écarte pas non plus la possibilité du rétablissement de la peine de mort. « Mais évidemment, il faudra une décision parlementaire pour que cela prenne effet sous forme d’une mesure constitutionnelle. » s'est-t-il empressé d'ajouter.

Le tout se fait au moment où Erdogan essaye de négocier un retour des touristes russes en Turquie. Tous les liens aéroportés commerciaux sont interrompus depuis que les Turcs ont abattu un avion militaire russe.

Le gouvernement présentera aux États-Unis une demande formelle d’extradition du prédicateur musulman en exil Fethullah Gülen, qu’il accuse d’avoir fomenté la tentative de putsch, passé en 2013 du statut d’allié à celui d’ennemi numéro un d’Erdogan. ​La-dessus, Washington met la Turquie au défi de lui présenter des preuves. Les États-Unis s'élèvent aussi contre la thèse d'un soutien américain au putsch.

Rassemblement pro-Erdogan à Istanbul, le 17 juillet.

Rassemblement pro-Erdogan à Istanbul, le 17 juillet. HUSEYIN ALDEMIR / REUTERS

Erdogan renouvelle son appel à descendre dans la rue malgré la déroute des putschistes. 1.800 membres des forces spéciales de la police sont ajoutés afin de sécuriser les manifestants. Quelques centaines de milliers de personnes se sont à nouveau rassemblées dans la nuit de dimanche à lundi à Istanbul, ainsi qu'à Ankara, pour apporter leur soutien au président démocratiquement élu. 

La lire turque elle, a repris de ses couleurs, s’échangeant à 2,97 pour un dollar après une dégringolade historique à 3,04 lires dans la foulée du déclenchement du putsch. Peu avant la fermeture, la bourse d’Istanbul perdait 8,86%.

L'augmentation de la déstabilisation du Moyen-Orient face à la guerre civile en Syrie continue, tel que l'avait prévu Assad.


Sources : 

Le Monde : Turquie : la purge continue, Erdogan maintient la possibilité d’un retour à la peine de mort, 18/07/16

Journal de Montréal : Turquie, Putsch: le pouvoir intensifie les purges mais tente de rassurer ses partenaires, 18/07/16

 

Turquie : Putsch militaire raté

 

5972157 putsch turquieLa population descendant dans la rue, les soldats ne tirant pas sur la foule, la police appuyant le gouvernement élu démocratiquement, le putsch militaire avorte. La démocratie reprend ses droits. 

L'armée turque avait annoncé avoir pris le pouvoir vendredi soir afin de maintenir  « l'ordre démocratique et les droits de l'homme ». (Il faut le faire). Samedi matin, le pouvoir élu démocratiquement réussit à réprimé le coup d'état.

Dernier bilan des opérations : 265 tués, 1.440 blessés et 2.839 militaires arrêtés. En outre, cinq généraux et 29 colonels ont été démis de leurs fonctions. 

Le président Erdogan dénonce la trahison menée par les soldats putschistes, qu'il accuse d'être liés à son ennemi juré Fethullah Gülen, un imam exilé depuis des années aux États-Unis. Devant la presse à l'aéroport d'Istanbul, où il a été accueilli par une foule imposante, le chef de l'état a affirmé que l'hôtel où il se trouvait en vacances, dans le sud-ouest de la Turquie, a été bombardé après son départ.
 
Cndghfaweaave0" Il y a en Turquie un gouvernement et un président élus par le peuple ", a-t-il dit avant de féliciter les Turcs pour être descendus "par millions" dans les rues pour défendre la Nation. 
 
 
 

3h10 : Erdogan dénonce "une trahison"

4h15 : Ordre d'abattre les avions et hélicoptères des putschistes

Des avions de combat décollent pour combattre les appareils rebelles.

5h30 : Une bombe sur le palais présidentiel

Un avion largue une bombe près du palais présidentiel à Ankara. Plus tôt dans la nuit, le Parlement a été bombardé.

5h50 : Reddition en direct de militaires

Une unité de l'armée turque composée de 60 soldats rebelles, qui avaient investi l'un des ponts suspendus enjambant le Bosphore à Istanbul, se rend aux forces de sécurité, en direct à la télévision. Au même moment, des avions de chasse turcs F-16 bombardent les chars des putschistes déployés aux alentours du palais présidentiel.

6h30 : Le prédicateur Fethullah Gülen, ennemi d'Erdogan, condamne la tentative de coup d'état dans les termes les plus forts depuis les États-Unis où il réside. "J'ai souffert de plusieurs coups d'état militaires au cours des 50 dernières années et je trouve particulièrement insultant d'être accusé d'avoir un quelconque lien avec cette tentative. Je réfute catégoriquement ces accusations ".

7h40 : le chef d'état-major en lieu sûr

Le chef d'état-major des armées turques, a été libéré des militaires putschistes qui le détenaient. 

8h00 : le QG de l'armée aux mains des forces pro-gouvernementales

Le quartier général de l'armée turque a été repris aux putschistes. Des militaires rebelles poursuivent leur action. 

8h30 : Deux chaînes TV d'opposition sont toujours muettes

Ulusal et HalkTV, deux chaînes de télévision d'opposition, de mouvance kemaliste, restent muettes depuis vendredi soir. Les autres fonctionnent normalement.

8h40 : le Parlement réuni en séance extraordinaire

10h00 : la tentative de putsch mise en échec, selon le chef de l'armée par intérim

Cnb9l0qwcaa82ioLes événements internationaux se bousculent, l'armée putschiste bloque le pont du Bosphore aux couleurs de la France, vu l'acte terroriste de Nice. La tentative de putsch militaire qui a secoué la Turquie dans la nuit de vendredi à samedi a été mise en échec, a annoncé le général Ümit Dündar, chef de l'armée turque par intérim, indiquant que 104 putschistes avaient été abattus. 90 personnes - 41 policiers, deux soldats et 47 civils - "sont tombées en martyres" dans les violences. La présidence turque a de son côté exhorté les Turcs sur Twitter à rester dans les rues, mettant en garde contre une "nouvelle flambée".

12H00 Manifestations en Allemagne contre le coup d'état

Plusieurs milliers de personnes de la communauté turque d'Allemagne ont manifesté dans le calme à Berlin, Essen, Hambourg et Stuttgart. L'Allemagne compte près de 3 millions d'habitants d'origine turque.

12h30 Un hélicoptère militaire turc atterrit en Grèce avec à son bord huit hommes qui ont demandé l'asile. Ils sont arrêtés. 

12h40 Le secrétaire général de l'Otan Stoltenberg salue « le fort soutien » du peuple et des partis turcs à la démocratie

12h50 La Turquie demande à la Grèce l'extradition de huit putschistes

 

Sources :

Les Échos.Fr : Putsch déjoué en Turquie : près de 3.000 militaires arrêtés, 16/07/16

La Presse : Putsch avorté en Turquie: au moins 265 morts, 2839 militaires arrêtés, 16/07/16

Un drone non identifié abattu en Turquie

 

Des chasseurs turcs ont abattu un avion qui a violé l'espace aérien turc près de la frontière syrienne. Le type et la nationalité de l'appareil n'ont pas été précisés.

Il a été abattu après avoir été mis en garde à trois reprises. Les médias locaux évoquent un drone.

La semaine dernière, des avions militaires russes ont pénétré deux fois l’espace aérien turc. Moscou s'en est excusé. Puis il y a eu une troisième fois, plus sérieuse. Il visait clairement à envoyer un message au président turc. 

Un MiG-29 non identifié a verrouillé son radar pendant plus de quatre minutes sur plusieurs F-16 turcs qui patrouillaient de leur côté de la frontière. Le message était clair, Moscou contrôle l'espace aérien syrien et il n'y aura pas de zone exclusive turque au nord de la Syrie.

Source :

AFP : L'armée turque abat un "aéronef" non identifié dans son espace aérien près de la Syrie, 16/10/15

Menace d'implosion en Turquie. La Libye et l'Égypte pourraient suivre.

Forbes publie son classement annuel des personnalités les plus puissantes du monde. Notons, l’arrivée d’Abou Bakr al-Baghdadi, le Calife de Daech, en 54ème position. 

Obama double son contingent militaire en Irak

Le président des États-Unis a autorisé l'envoi de 1 500 conseillers militaires américains supplémentaires en Irak pour entraîner les forces irakiennes et kurdes.

Le djihad en Egypte 

L’État Islamique, appelle ses partisans à propager le djihad en Egypte, au cœur du Caire, en se servant du désert du Sinaï comme base arrière. Il a également appelé les Djihadistes à «cibler les Coptes», minorité chrétienne, "Les suivre et les tuer est l’une des principales façons de servir la cause", est explicitement écrit sur les sites Web de l'EI. En Libye, des guerriers avec le drapeau islamique de Daech ont été aperçus dans certaines villes.

La Turquie proche de l'implosion 

Selon L'Orient le Jour, journal de Beyrouth, la Turquie joue serré en Syrie. Volontiers ambiguë, très critiquée, la ligne turque s'oppose frontalement à celle des États-Unis et des Occidentaux. Ceux-ci ont fait de l'État islamique leur principal ennemi tandis qu'Ankara s’inquiète de l'activité kurde. Le président turc qualifie de «terroristes» le principal parti kurde de Syrie (PYD), de même que le PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan de TurquieIl redoute une victoire Kurde à Kobané et ne veut pas de l'indépendance de la Rojava, la partie kurde de Syrie. 

Pressé par ses alliés d'intervenir, le régime islamo-conservateur turc, a du faire une concession, un geste symbolique, en autorisant le passage sur son territoire de 150 Peshmergas irakiens, pour renforcer la défense de Kobané. Ce convoi a été accueilli par des foules kurdes turques en liesse, provoquant l'embarras du gouvernement. Avec leur ligne pro-capitaliste et conservatrice, les Kurdes d'Irak ont quand même offert à la Turquie l'occasion de démontrer qu'elle était anti-PKK et non pas anti-kurde. 

La crise de Kobané menace de faire dérailler les pourparlers de paix entamés avec le PKK. Le mois dernier, la politique syrienne d'Ankara a provoqué de violentes manifestations pro-kurde en Turquie, plus de 30 morts. La plupart lors de heurts entre Kurdes et le mouvement islamiste Huda-Par. De sa prison, le chef du PKK M. Öcalan a prévenu que la chute de Kobané signifierait la fin du processus de paix. « C'est la Turquie qui a ouvert la porte à l'EI », a accusé, le chef militaire du PKK, M. Bayik.

L'Institut international d'études stratégiques  qualifie la crise de «coup majeur aux espoirs de résolution de la question kurde en Turquie». L'International Crisis Group met en garde "le conflit syrien pourrait rouvrir les vieilles failles ethniques de la Turquie". Il appelle le gouvernement et le PKK à «définir un objectif commun qui va au-delà d'une simple survie du processus de paix».

Le quotidien Hürriyet révèle que M. Öcalan et les services de renseignements turcs ont repris leur pourparler. De son côté, M. Bayik s'est dit prêt à solliciter un médiateur. «Ni nous, ni la Turquie, ne parviendrons à leurs fins par la guerre, il faut une solution politique.» a-t-il confié. 

Les Kurdes de Turquie éprouvent de plus en plus de ressentiment contre leur gouvernement. Pendant que les islamistes d'Huda-Par ressentent de plus en plus d'hostilité envers eux. Deux pays viennent d'imploser: la Syrie et l'Irak, la Turquie pourrait bien devenir le troisième.

Kobané

Les Peshmergas équipés de pièces d'artillerie et de véhicules blindés ont pu pilonner des positions de l'EI autour de la ville et reprendre plusieurs villages des alentours mais la situation n'a guère évolué sur la ligne de front. L'est de la ville est toujours aux mains des combattants de l'EI tandis que les Unités de protection du peuple (YPG) et leurs alliés tiennent l'ouest.

 

La Turquie soutient la coalition comme la corde soutient le pendu

L'imbroglio de Kobané

Turquie 3Les Kurdes se battant à Kobané sont des militants de l'YPG (Unités de protection du peuple), filiale du PKK (Parti du peuple du Kurdistan). Le PKK figure sur la liste des mouvements terroristes de l'Union européenne (peut-être à tord). 

Ankara se refuse d'aider les défenseurs de Kobané en raison de leur affiliation au PKK. La Turquie a tout fait pour retarder le plus possible les bombardements de la coalition. Pourtant le sort de Kobané n’est pas sans risque pour la Turquie. En effet, le chef du PKK, Abdullah Ocalan, a averti le 2 octobre dernier que la chute de Kobané pourrait mettre fin à la trêve observée par le PKK depuis 2013. Il devait parler aujourd'hui. Il remet son discours à la semaine prochaine. Le cessez-le-feu entre Ankara et le PKK tient toujours par un fil malgré le bombardement opéré récemment par l'aviation militaire turque contre une position du PKK.

Si la ville tombe aux mains des djihadistes, une nouvelle flambée de violence embrasera à nouveau les régions kurdes. Par ricochet, la guerre s'étendra à la Turquie. Le PKK reste l'ennemi pour la Turquie. Que ses combattants se fassent écraser à Kobané ne fera pas verser une larme à Ankara. 

Bz1goofcmaaxnokLa Turquie soutient la coalition comme la corde soutient le pendu. Elle a laissé transiter sur son territoire, en toute connaissance de cause, les recrues de Daesh. Le gouvernement islamo-conservateur d'Erdogan veut éviter à tout prix, un Kurdistan indépendant tout en voulant défaire Assad de son pouvoir en Syrie. C'est sa priorité avant de combattre l'État islamique. 

La proposition d'une zone tampon contrôlée par l'armée turque à l'intérieur du territoire syrien va dans ce sens de même que la fermeture de sa frontière au PKK pour qu'il ne puisse aider l'YPG à Kobané. 

La guerre civile syrienne continuera donc de se dégrader tant que certains politiciens obtus auront une perception bornée de ce grave problème.

Le Kurdistan irakien affirme avoir fourni de l'aide à Kobane. Le président Hollande demande à la Turquie d'ouvrir sa frontière pour laisser passer ceux qui veulent aider Kobane. Les YPG de Kobane font parti de la coalition et ils sont en communication directe avec elle. Ce sont eux qui indiquent à l'aviation militaire où bombarder. Les bombardements font mal à l'EI. Même si celle-ci a envahi la moitié de la ville.

D'après News Week, Tout le monde est bénévole dans Kobane, afin de maintenir la résistance contre ISIS. Médecins et infirmières travaillent gratuitement dans les hôpitaux de fortune. Les commerçants ont vidé leurs magasins d'aliments, boissons et autres accessoires afin de les distribuer gratuitement aux combattants. Tout le monde appartient à une grande famille. Les combats de rue font rage non-stop.

 

Turquie bombarde le PKK

La Turquie a bombardé le PKK dans le sud de la Turquie. 

Les rivalités qui opposent depuis plusieurs jours les Kurdes et Ankara sont montées d’un cran en ce début de semaine. Les forces de sécurité ont déclaré intervenir à la suite de trois jours d’attaques menées par des combattants du PKK contre un poste de police dans le village de Daglica, dans le sud-est du pays. 


En plus de ne pas attaquer l'État islamique à Kobane et de ne pas fournir ses bases militaires aériennes aux Américains pour bombarder l'EI, en plus de bloquer la frontière pour que le PKK ne puisse aider le YPG à Kobane, je crois que nous pourrions dire que la Turquie aide directement Daech.  

Turquie, la colère kurde ne dérougit pas

Kurdes1Le volcan kurde de Turquie se réveille ! les Kurdes battent le pavéLa population kurde de Turquie est descendue massivement dans les rues depuis lundi à l'appel de son principal parti politique, le PKK. 41 personnes sont mortes, 1 050 ont été blessées et 4 000 arrêtées dans le sud-est de la Turquie, lors de manifestations kurdes dénonçant l'inaction d'Ankara contre l'État islamique. Les protestations ne se sont pas limitées aux villes majoritairement kurdes, elles ont gagné également Ankara, Istanbul et d'autres villes.

Ces affrontements se sont produits entre militants et forces de l'ordre mais aussi entre les partisans du PKK et les islamistes de Hudapar. Six militants de Hudapar ont été tués. A Kiziltepe, deux hommes ont été tués par ballesDans une autre ville, deux policiers sont morts mitraillés par des inconnus et leur commandant a été grièvement blessé. 

Pour la première fois depuis 20 ans, les autorités d'Ankara ont imposé un couvre-feu dans six provinces du pays à majorité Kurde pour tenter d'y ramener le calme. Tout ce que M. Erdogan président de la Turquie, trouve à dire, c'est que le PKK est plus dangereux que l’État islamique. 

M. Öcalan chef du PKK, aurait déclaré au gouvernement qu'il ne considérerait plus le processus de paix lancé pour résoudre la question kurde en Turquie comme étant en vigueur si l'exécutif ne prenait aucune mesure d'ici le 15 octobre


 

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