Billets de rousseau-philippe

Deraa et l'offensive syrienne

Avant 

36430064 2076901839230323 2037750742575480832 n

Les groupes rebelles du Sud-Ouest entretenaient des liens étroits avec les États-Unis et avec la Jordanie où ont été militairement formés de nombreux rebelles. Un groupe en particulier était financé par l'Arabie saoudite.

Amman poursuit ses contacts avec Washington et Moscou pour trouver une solution politique. Elle refuse d'accueillir de nouveaux réfugiés. La Jordanie n'est pas contre une reprise de la région par le gouvernement syrien, ce qui apportera la stabilité et permettra la réouverture de la frontière. Ce qui est bon pour les économies jordanienne et syrienne. Comme le dit quelques fois le gouvernement jordanien, les Américains quitteront un jour la région, ce qui n'est pas le cas de la Syrie, sa voisine. La Jordanie est condamnée à s'entendre avec la Syrie, pour le bien de leurs économies respectives.

Avant l'offensive, le gouvernement américain affirmait qu'il ne resterait pas les bras croisés si Damas attaquait le Sud-Ouest, sans en préciser d'avantage sa pensée. Comme le fait souvent l'Occident.

Le 19 juin, l'armée syrienne lance son offensive tant attendue, dans le gouvernorat de Deraa. Tout d'abord, en répondant à certaines tentatives d'offensives rebelles, puis en accélérant le tempo progressivement, jusqu'à ce que l'aviation militaire russe bombarde. Quelques jours plus tard, Washington prévient les insurgés qu'ils ne pourront compter sur un appui militaire américain. Les Ricains ont certainement obtenu quelque chose en retour. Quoi ? Probablement que si l’Armée syrienne contrôle le Sud-Ouest, l'armée américaine conserve sa base militaire à Al-Tanf, au Sud-Ouest de l'Euphrate.

L'abandon américain est un feu vert à l'opération de l'armée syrienne dans le Sud-Ouest. Le choix des rebelles devient donc très limité. Ils ont le choix entre la négociation avec la Russie par l'intermédiaire de la Jordanie, ou la résistance, qui se terminera de toute façon par la négociation avec la Russie, par l'intermédiaire de la Jordanie, après des pertes militaires et civiles immenses.

Les rebelles ont refusé tout d'abord une proposition russe relayée par la Jordanie, les invitant à se rendre et à abandonner leurs armes lourdes. Mais, si les rebelles sont conscients que tôt ou tard ils devront céder, ils essayent d'améliorer les contreparties de tout accord. Leur marge de manœuvre est limitée, comme en témoigne leur recul rapide sur le terrain.

Après

36455649 2076888039231703 3417247762209570816 n 1

Rouge et brun : Armée syrienne

Vert : Rebelles, différentes factions de l'Armée Syrienne Libre qui n'a plus rien à voir avec l'Armée Syrienne Libre du début de la guerre

Gris : État islamique

Bleu : L'armée israélienne sur le Golan occuppé

Blanc  : Jordanie

Moqtada al Sadr, le nouvel homme fort d'Irak

5299705 7 b5be des partisans de moqtada al sadr lundi 14 mai 73bd739ea9c441df6af354043ffbd793

La constitution irakienne ayant été rédigée pour empêcher tout retour à la dictature, le système électoral est fait de façon à ce que les différentes factions politiques négocient des alliances, pour former un gouvernement.

Le 12 mai 2018, les Irakiens votaient pour la première fois depuis leur grande victoire militaire sur l'EI. Ces élections législatives ont été marquées par la montée des partis anti-système et par une forte abstention. Selon la Commission électorale, seulement 45% des inscrits ont voté, soit la plus faible participation depuis 2003. Auparavant, 60% des gens votaient. Il semble que l’Irak se trouve maintenant dans une situation de rupture entre ses politiciens et leurs électeurs, sauf dans la région du Kurdistan. 

L’absence de nouveaux visages a contribué à cette forte abstention. Moqtada al-Sadr qui présentait la liste "La marche pour les réformes", formée par son mouvement, en alliance avec la Société Civile et le Parti Communiste Irakien, avait demandé aux 33 élus de son parti, membres du parlement sortant, de ne pas se représenter pour faire place à de nouveaux venus. C’est l’une des raisons pour laquelle cette coalition chiite, à la surprise générale, est arrivée en tête du scrutin, aux dépens du premier ministre sortant, soutenu par les États-Unis. L’exemple d’Amar el Hakim, le dirigeant du parti "le Conseil Supérieur", est également éloquent. Il a quitté "le Conseil Supérieur" pour fonder le "Hakmat" qui a fait un bon score, à l’inverse de son parti d’origine qui n’a obtenu aucun siège.

Les partis présentant les mêmes politiciens au pouvoir depuis 15 ans, comme "le gouvernement du droit" de l’ancien premier ministre al-Maliki, qui a perdu les 2/3 de ses députés, ont connu de sérieux revers. 

D’autres éléments ont contribué également à cette abstention, comme l’existence de nombreux camps de réfugiés où il est difficile de voter, la multiplication des partis et des coalitions, le vote avec un système électronique pour la première fois et la désunion au sein des multiples coalitions. 

Aucune des trois forces arrivées en tête n'a gagné plus d'une cinquantaine de sièges sur 329. Les élections, ont abouti à l’assemblée la plus fragmentée depuis le premier scrutin multi-partis de 2005.

La lutte contre la corruption a certes été l'enjeu principal de l'élection. La liste de Moqtada al-Sadr, chiite pro-irakien, leader politique de 44 ans, issu d'une lignée de dignitaires religieux, a obtenu 54 sièges. Elle a devancé les deux autres grandes formations, qui elles, ont fait campagne sur leur victoire contre l’État islamique. Arrivée en deuxième avec 47 sièges, "l’Alliance de la conquête", supplétif de l'armée dans la victoire sur l'EI, est soutenue par l'Iran. Quant au premier ministre sortant, Haidar al-Abadi de la "Coalition de la victoire", il arrive troisième avec 42 sièges. Il bénéficie de l’appui des Américains.  

L'aide des États-Unis et de l’Iran a certes été cruciale pour vaincre l’État islamique. La victoire militaire sur l'EI, a été acquise avec la destruction partielle ou totale de nombreuses villes du pays, impliquant 2,5 millions de réfugiés se trouvant en Jordanie, en Iran et dans les pays occidentaux. Une partie des chrétiens et des Yézidis sont répartis dans 70 camps de réfugiés à l’intérieur de l’Irak. Donc, après la victoire sur l'EI, la reconstruction du pays devient l'enjeux principal pour la population. L’objectif de reconstruction ne peut être atteint que si un gouvernement est capable de lutter contre la corruption. Dans cette perspective de reconstruction, le gouvernement pense avoir besoin d’une aide internationale estimée à 100 milliards de dollars.

Bête noire des Américains et grand promoteur d’un nationalisme irakien et d’un chiisme arabe distancié de l’Iran, Moqtada al-Sadr a gagné son pari. L’alliance "La marche pour les réformes" est arrivée en tête des élections. La campagne contre la corruption, que ses partisans avaient mené, tous les vendredis depuis le mois de janvier sur la place Tahrir dans le centre de Bagdad, a porté bien au-delà des quartiers pauvres où son mouvement est historiquement implanté. En adoptant un nouveau discours inclusif pour toutes les composantes communautaires irakiennes, le mouvement a séduit. 

Prônant l’indépendance politique du pays, avec ses 54 députés sur 329, Sadr, Fils de l'ayatollah chiite irakien Mohammad Sadeq al-Sadr, exécuté sous Saddam Hussein, est l'un des hommes les plus influents d'Irak. Suite à sa victoire, il lance des tractations dans le but de former le nouveau gouvernement. Pendant ce temps, les États-Unis et l’Iran pèsent de tout leur poids pour tenter d’influencer le choix du prochain gouvernement. Les sunnites, dont les deux principales listes comptent 35 députés élus, et les Kurdes, avec une cinquantaine de sièges, sont courtisés par les principaux gagnants, car incontournables pour obtenir la majorité au parlement. En 2010, la coalition du laïc Iyad Allawi, honnie par Téhéran, arrivée en tête, avait été écartée par le jeu des alliances. C'est ce qui risque d'arriver à Sadr. Le premier ministre sortant Haider al-Abadi, avait été nommé par un accord tacite entre les deux puissances agissantes en Irak. Un premier ministre issu du camp sadriste n'a aucune chance d'avoir les deux appuis.

al-Sadr est à la tête d’un mouvement politique, apparu dès les premiers jours de l’occupation américaine en Irak. Ce dernier dispose de médias, dont l'hebdomadaire Al Hawza, qui avait été fermé par l'administration américaine de Paul Bremer, en 2003. 

Il disposait aussi d'une milice, soit "l'armée du Mahdi" dont l'effectif était composé d'à peu près 30 000 hommes. Cette milice fut accusée par l’armée américaine comme par de nombreux sunnites d'avoir constitué la plupart des escadrons de la mort, qui commirent des exactions contre les sunnites. À ce titre, Sadr est considéré par les États-Unis comme l’un de leurs principaux ennemis, au même titre que la guérilla sunnite, guérilla qui fit d'ailleurs beaucoup de morts chez les chiites. 

Le bastion de son mouvement est situé à "Sadr City", vaste faubourg chiite du Nord-est de Bagdad, qui porte son nom et qui durant la guerre d'Irak, résista à l'armée américaine. Il jouit aussi d’une forte popularité dans le Sud irakien, fortement chiite. Il tient un discours populiste, religieux et conservateur, qui profite du mécontentement de la population face à l’incapacité du gouvernement irakien et de l’occupant américain, à rétablir la sécurité et les services publics essentiels.  

Au début de 2007, plusieurs chefs du mouvement "Sadr" ont été tués par l'armée américaine, ainsi que des centaines de ses partisans. Plusieurs Américains auraient voulu tuer Sadr lui-même. Vue sa popularité, c'était impossible. Suite au refus du premier ministre de demander le retrait immédiat des forces américaines du pays, son parti s'est retiré de la coalition du premier ministre Al-Maliki. Plusieurs médias américains indiquèrent que Sadr avait fui en Iran. Cette affirmation sera démentie par ses proches, mais un porte-parole du gouvernement irakien évoque un bref séjour à Téhéran. 

L'armée du Mahdi est démantelée en 2008, mais une part importante de ses combattants incorpore la Brigade du jour promis, créée en novembre 2008 par Sadr, lui-même. Ce qui fait dire à plusieurs, que cette armée a tout simplement changer de nom.

2015 : Les sadristes réclament comme réformes, la lutte contre la corruption et l'amélioration des services publics. L’Irak, pays riche en pétrole, occupe le 10rang des pays les plus corrompus. Sur 800 milliards de dollars de revenus pétroliers depuis 15 ans, 312 milliards ont été détournés par les politiciens. 

2016 : Moqtada al-Sadr appelle ses partisans à cesser les violences contre les homosexuels. Ces déclarations sont saluées par Human Rights Watch qui avait dénoncé une campagne d'exécutions, de rapts et de viols menés par les milices chiites contre les LGBT.

2017 : Sadr visite l'Arabie saoudite sunnite et les Émirats Arabes Unis.

2018 : En prévision des élections législatives, le mouvement sadriste s'allie au Parti communiste irakien, pour barrer la route à Téhéran, qui ne supporte pas le rapprochement d’Al-Sadr avec l’Arabie Saoudite. « Notre décision sera irakienne et à l’intérieur de nos frontières », écrit Moqtada Sadr sur son compte Twitter, visant clairement les ingérences iraniennes. 

Téhéran dépêche donc à Bagdad, l’influent général Soleimani qui intervient régulièrement dans les affaires politiques et militaires irakiennes. Il s'oppose à toute alliance avec Moqtada Sadr. Il interdit également toute alliance avec le mouvement "Hakmat" du chiite Ammar al-Hakim (deux partis anti-système), également avec le vice-président sunnite Oussama al-Noujaïfi et le Parti démocratique du Kurdistan. À partir de là, il active ses relations, en vue de la formation d’un gouvernement de coalition. Il réunit les chefs, dont le premier ministre sortant Haidar al-Abadi (arrivé 3e), son prédécesseur Nouri al-Maliki (arrivé 5e), tous deux soutenus par les Américains. al-Maliki lorsqu'au pouvoir en 2014, s’était illustré par un degré de corruption inédit et par une défaillance totale face à l'irruption de l’EI. Ferait parti aussi de la coalition probable, Hadi al-Ameri (arrivé 2e). Il dirige "l’Alliance de la Conquête", pro-iranienne. Le général essaye d'y ajouter de petites formations chiites pour constituer un bloc parlementaire assez fort, afin d'obtenir le poste de premier ministre. Pour lui faire barrage, l’Iran peut compter, sur l’ex-Premier ministre Nouri al-Maliki qui a obtenu 26 sièges et sur les élus de la liste des pro-Hachd al-Chaabi, ces groupes paramilitaires financés par Téhéran qui ont aidé l’armée irakienne à chasser l’EI de tous les centres urbains. L'Iran a été très actif dans la lutte contre l'EI en Irak et en Syrie.

Si Moqtada Sadr donne du fil à retordre à l’Iran, il en donne tout autant aux Américains, qui se rappellent sa puissante “Armée du Mahdi”, qui a ensanglanté les rangs de leurs troupes dans la foulée de l’invasion de 2003, puis en avril 2004 à Bagdad et en août de la même année à Najaf. Washington envoie donc aussi son émissaire, l’envoyé spécial Brett McGurk, qui sillonne le pays à la rencontre des différentes forces politiques. 

Évoquant leurs présences, Moqtada Sadr dénonce leurs ingérences dans les affaires irakiennes. Le leader chiite n’entend pas pour autant occuper le poste de premier ministre. Il préfère être le faiseur de roi. Il soutiendra celui qui défend son programme. Les sunnites, dont les deux principales listes comptent 35 députés élus, et les Kurdes, avec une cinquantaine de sièges, sont courtisés car incontournables pour obtenir la majorité au Parlement.

Ce leader chiite, rendu célèbre par son combat contre les forces américaines en Irak, en plus de renouveler la classe politique et de faire de la lutte contre la corruption son objectif principal, Sadr s'édifie en tant que nationaliste arabe irakien. Il ne tolérera plus la présence d’un seul soldat ou conseiller militaire américain sur le sol irakien. La défense des démunis est un autre gage de son succès. Moqtada al Sadr représente la société défavorisée, livrée à elle-même. Une société qui vit dans un pays où l’écart entre les plus pauvres et les plus riches représente 343 ans de salaires ; où ces quatre dernières années, 68 000 civils ont été tués. Sadr tente de rallier chiites, sunnites, kurdes, yézidis… Il est le seul à rejeter l’intervention américaine et iranienne. Il incarne le nouveau nationalisme irakien, non pas fondé sur l’identité arabe comme avec Saddam Hussein, mais sur l’irakicité.

Le recul du confessionnalisme est un phénomène nouveau d’une grande importance, car il préservera l’Irak de l’influence étrangère. Cet élément sera inscrit dans la composition du nouveau gouvernement. Dès lors, des concessions vont devoir être faites afin d’intégrer de nouveaux visages. Moqtada al-Sadr n’est pas candidat et ne souhaite pas entrer dans le gouvernement. Il se contenterait de la reconduction de Haider al-Abadi comme premier ministre, mais demanderait en contrepartie le ministère de la Défense ou de l’Intérieur. Les différents partis politiques irakiens semblent ainsi affirmer leur volonté de former un gouvernement à l’abri des influences extérieures. Dans sa coalition gouvernementale, il exclue la présence des partis pro-iraniens tels que "l’Alliance de la conquête", ainsi que celle de Nouri al-Maliki, tous deux pro-iranien.

Moqtada al Sadr propose une coalition avec sa liste, celle de Haider al-Abadi de la "Coalition de la victoire", celle de Ammar al-Hakim de "Hakmat", celle d’une liste sunnite conduite par Ayad Alaoui, celle d'un chiite laïc et il y ajoute de petits partis kurdes. 

L’Irak a normalisé ses relations avec l’Arabie saoudite, même si celle-ci a perdu son influence auprès des Arabes sunnites suite à la malheureuse expérience de l'EI. Quant à l’Iran, ce dernier maintient une présence importante dans le pays avec la liste des Hachd al-Chaabi et celle de Nouri al-Maliki. Le pouvoir turc quant à lui, espérait voir la liste des Turcomanes obtenir de bons résultats, et a été déçu. Après ces élections, l’Irak pourrait entrer dans une phase plus calme afin de reconstruire le pays politiquement, économiquement et socialement. 

Moqtada Al Sadr, 44 ans, barbe fine et turban noir des descendants du Prophète, natif de Nadjaf, ville religieuse chiite du sud de Bagdad, émerge tout jeune sur la scène politique. Il profitait du vide laissé par la chute de Saddam Hussein en 2003, et de l’hostilité populaire face aux États-Unis. 

À Nadjaf et dans le quartier défavorisé de la capitale qui porte son nom, Sadr City, Moqtada Al Sadr peut compter sur une large base. Sa capacité de mobilisation politique a déjà été démontrée : aux législatives de 2005, lorsqu’il a remporté 32 des 275 sièges du Parlement, en 2016, lorsque des milliers de partisans ont répondu à ses appels pour manifester contre la corruption.

Auparavant, son influence s’était vérifiée avec la formation de sa puissante "Armée du Mahdi", à laquelle se sont brutalement confrontés les États-Unis. Moqtada Al Sadr dispose encore de milices lourdement armées et enracinées dans la société. 

Cependant, des restes de l'EI sont toujours présents à la frontière entre la Syrie et l’Irak et la fragmentation du paysage politique va compliquer les prises de décisions.

Bombardement russe au sud du gouvernorat d'Idlib

 

Syrie, gouvernorat d'Idlib, Tramla, Rembath :

Les forces aériennes russes ont intensifié leurs frappes aériennes hier soir, en lançant des frappes sur la ville de Tramla, dans le sud du gouvernorat d'Idlib et sur la ville de Rembah, lançant plusieurs frappes aériennes le long de la frontière provinciale du gouvernorat de Hama.

Pendant que l'Armée arabe syrienne bombardait lourdement les positions djihadistes autour de la colline Al-As.

L'armée syrienne préparerait une offensive dans la campagne nord de Hama.

Ekran alintisi 2

Le gouvernement syrien

Depositphotos 63344485 stock photo hand making the v signAvant l’intervention russe, le gouvernement syrien contrôlait seulement 17% de la Syrie. Avec l'appui de Moscou, M. Assad a récupéré 60% du territoire et 70% de la population. Les groupes rebelles quant à eux, ne foulent plus que 12% du sol, sur lequel vit 14% du peuple. 25% du terrain et 14% des gens sont sous le contrôle Kurde, soutenu par les Américains. Les Turcs détiennent 3% du territoire et de la population.

Les victoires du gouvernement syrien s'additionnent les unes après les autres. Les villes de Salma et Rabia dans la province de Lattaquié (nord du littoral syrien), la ville de Cheikh Miskine dans la province de Deraa (sud-est du pays), suivies de Homs, troisième ville du pays, s’ensuit l'Est d’Alep, deuxième ville, ainsi que les quartiers Est de Damas, première ville (Tichrine, Barzé et Qaboun). Les derniers dominos tombent : la Ghouta orientale, le Qalamoun, Yarkmouk... Bientôt les dernières poches islamistes résistantes des gouvernorats d'Hama, d'Alep et de Homs suivront aussi leur destin.

Le gouvernement syrien, soutenu par la Russie, l'Iran, le Hezbollah, les milices chiites d’Afghanistan et d’Irak, enchaîne les victoires, les unes après les autres. Le gouvernement syrien reconquiert son territoire, gain après gain et se renforce toujours de plus en plus. De nouveaux armements haut de gamme arrivent de Russie, car l'avenir de la reconquête s’annonce un peu plus difficile.

Deraa

Dans le Sud-Est du pays, région côtoyant la Jordanie et pas trop loin d'Israël, les forces d'Assad ont réussi à grignoter des parts de la province. Celle-ci demeure tout de même majoritairement sous le contrôle rebelle, notamment sous l'emprise de factions islamistes rattachées à l’Armée Syrienne Libre et au HTS (ex-Al-Qaida). L'EI y est aussi présent.

Cette région rebelle est sous la supervision du commandement unifié du Centre Militaire des Opérations (MOC) basé à Amman. Les États-Unis, l'Europe et certains pays du Golfe contrôlent les opérations rebelles depuis le territoire jordanien. C'est ce qui rend la reconquête un peu plus difficile. Mais vu que l'appui aérien américain y est absent et qu'il ne pourra pas s'y instaurer, le ciel de la région étant sous contrôle russe et syrien. Il me semble alors que la reconquête est faisable. 

Golan syrien

Sur la frontière d'Israël, qui tente par bombardements interposés, d'imposer sa loi. Tel-Aviv ne veut pas voir le Hezbollah et les forces iraniennes proches de sa frontière. Elle préfère les Islamistes qu'elle soigne dans ses hôpitaux et à qui elle donne un petit coup de main une fois de temps en temps.

L'Iran rencontre désormais une grande résistance de la part d'Israël par rapport à l’implantation de ses milices sur le sol syrien, notamment près du Golan. L’ombre d’une guerre israélo-iranienne plane sur le fond de l’air. Mais là encore, la reconquête est possible. L'aérien est toujours sous contrôle russe et syrien. 

Idleb et Afrin

Sans accord avec la Turquie, les forces syriennes ne pourront pas reprendre ces deux régions. L'armée turque soutient les groupes rebelles islamistes qui luttent contre "Hayat Tahrir al Sham" (al Qaïda). Une fois HTS éliminé, Damas pourra peut-être, penser à commencer à négocier avec Ankara et les groupes rebelles islamistes alliés de la Turquie.

Les Turcs remettront Idleb et Afrin à la Syrie, une fois que Damas contrôlera le territoire Nord-Est de la Syrie, le long de la frontière turque. Il ne faudra pas que les Kurdes y soient en région autonome. Il sera alors possible que la Turquie se montre coopérative. Cette dernière aura probablement le temps d'installer une population pro-Turque à Afrin, soit les Turkmens. Par contre on ne sait jamais, une rébellion en Turquie est toujours possible. Et si ça n'en devenait le cas, le cours de la guerre changerait.

À Idleb, l'aérien est sous contrôle russe mais les Turcs ont quand même leur mot à dire. À Afrin, l'aérien est sous contrôe turc mais c'est les Russes qui leur ont laissé et Moscou a les moyens de le reprendre, grâce aux missiles anti-aérien S-400, réputés comme les meilleurs au monde. Par contre, ils n'ont jamais été testés en temps de guerre. Il faut dire que l'on ne se bouscule pas au portillon, pour aller jouer le pigeon d'argile devant cet instrument de guerre.

Est de l'Euphrate

La région est majoritairement arabe mais contrôlée par les Kurdes soutenus par les Américains. L'aérien est sous contrôle américain. Ces derniers ne veulent pas rester, mais ne veulent pas non plus laisser le territoire, ni aux Turcs ni aux Syriens. Washington veut y remplacer son armée de terre par des armées de pays arabes ou d'autres, comme l'armée française par exemple, tout en y laissant opérer son aviation militaire.

Cependant, des rébellions arabes commencent lentement mais sûrement. Kurdes et Américains devront y faire face de plus en plus. Des milices privées russes ont essayé de reconquérir du terrain pour Damas, mais sans succès. L'armée syrienne a essayé également plus d’une fois, dont encore la semaine dernière, mais toujours sans succès. 

Al Tanf 

Importante Base militaire américaine, au sud du pays à la frontière irakienne, elle contrôle un territoire d'environ 50 km carré. Le ciel est contrôlé par l'aviation militaire américaine.

Les États-Unis y entraînent des milices syriennes qui doivent normalement se battre contre l'EI, qui est encore présent dans le désert à l'Est de l'Euphrate. Les Syriens eux, ont l'impression que ces miliciens se retrouvent au final en face d'eux, sur le front, en fait, tout leur porte à croire qu'ils se battent contre eux. Ce qui est fort plausible, quand on analyse l'historique et les intérêts américains dans l’pays. 

Ce territoire sera reconquis lorsque les Américains s'en iront. On sait qu’ils ne veulent pas rester trop longtemps, mais en même temps, ils ne savent pas trop comment se sortir de là, sans que leur orgueil de mâle en prenne un trop dure coup.

En conclusion, cette guerre sera gagnée par le clan le plus impliqué militairement et surtout par  celui qui contrôle le ciel. Car tous les pays impliqués se sont entendus sur une chose, personne ne fournit à ses alliés, l’arme qui descend les avions.

À noter que les armes ont le dessus sur l'argent. Dans une guerre, il arrive toujours un moment, un  point culminant, ou l'une des deux armées finit, de peine et de misère, à l'arrache-pied, après en avoir perdu le souffle, à bout de souffle, elle finit par avoir entièrement et totalement le dessus sur l'autre. À ce moment-là, l'autre s'effondre comme un château de cartes. Lors de la bataille d'Alep, ce point culminant a été atteint. L'armée syrienne, à bout de souffle, est sortie totalement et entièrement victorieuse. La débâcle chez l'ennemi continue et il déboule ! Déboule ! Ça ne s'arrêtera qu'à la fin.

Mais ce n'est pas facile pour autant et c'est douloureux, très douloureux !

Israël l'arroseur arrosé

 

Nuclear reactor in dimona israel

Photo : Le complexe nucléaire de Dimona (Israël) vu par un satellite américain. 

Source de la photo : (Negev Nuclear Research Center at Dimona, photographed by American reconnaissance satellite KH-4 CORONA, 1968-11-11. Uncropped version at GlobalSecurity.org.

Avec l'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord, Israël est l'un des quatre pays à disposer de l'arme nucléaire sans avoir signé le "Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires". En effet, le renseignement américain estime qu'Israël possède environ 80 bombes nucléaires et qu'il dispose d'une quantité suffisante de plutonium pour équiper 115 à 190 têtes nucléaires.

Le stock est supérieur à ce nombre d'après les estimations de "l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm".

Selon M. Mordechai Vanunu, un ancien technicien de la centrale nucléaire de Dimona, Israël disposerait de plus de 200 bombes atomiques. M. Vanunu s'est fait connaître du grand public en 1986 en révélant au journal anglais The Sunday Times, des détails sur le programme nucléaire militaire israélien dont notamment des photographies prises à l'intérieur de la centrale nucléaire de Dimona. Après son enlèvement par les services secrets israéliens à Rome, M. Vanunu a été jugé et condamné pour "trahison de secret d'État". Il a passé 18 ans en prison et après sa libération en 2004, Israël lui a interdit de prendre contact avec tout journaliste.

En 1958, la France aide secrètement Israël à la construction d'un réacteur nucléaire. Le complexe a été construit en secret et en dehors du régime d'inspection de "l'Agence internationale de l'énergie atomique". Israël fait alors passer le site nucléaire pour une usine textile.

En 1959, Richard Kerry, père de John Kerry, est secrétaire d'ambassade à Oslo. Il rapporte alors plusieurs conversations sur la vente d'eau lourde par la Norvège à Israël.

En 1961, le général de Gaulle décide de terminer la construction du réacteur de Dimona et de cesser toute aide française concernant l’usine de séparation du plutonium.

En 1963, le réacteur de Dimona est mis en service. Israël produit suffisamment de plutonium pour équiper l'armée israélienne d'une bombe atomique avant la guerre des Six Jours.

Israël reconnait l'existence du site mais refuse de communiquer son objectif militaire. Les informations sur ce site sont classées "secret défense". La position israélienne a toujours été de ne pas confirmer, ni d'infirmer sa possession de l'arme atomique.

Déchets nucléaires israéliens

1996, le président du Parti socialiste mauritanien, M. Ahmed Ould Daddah, affirme qu'Israël a convoyé pendant 10 années ses déchets nucléaires dans le cimetière nucléaire du Meriyé en Mauritanie.

Au début des années 2000, de nombreuses inquiétudes ont été exprimées concernant la vétusté de ce réacteur vieux de 40 ans. En 2004, par mesure de prévention, les autorités israéliennes ont fait distribuer des tablettes d'iode aux habitants des environs.

2000, depuis la mise en service du site de Dimona, des déchets radioactifs ont été enfouis à proximité de la centrale comme l'ont détecté les satellites espions américains Ikonos.

2003, la Syrie affirme qu'Israël creuse dans le mont Hermon à l’intérieur des territoires syriens occupés, des tunnels pour y stocker des déchets nucléaires.

2004, un officiel syrien aux Nations unies accuse Israël d’enfouir des déchets nucléaires sur le Plateau du Golan occupé.

2007, un rapport officiel palestinien accuse Israël d'enterrer en Cisjordanie des milliers de tonnes de déchets des villes et colonies israéliennes, dont des déchets nucléaires.

2009, le ministre syrien des affaires étrangères accuse Israël d’enfouir des déchets nucléaires sur le plateau du Golan occupé dans les tunnels creusés sur le mont Hermon.

2011, le vice-ministre de la santé palestinien affirme qu'Israël a empêché les délégués internationaux de "l'Organisation mondiale de la santé" de venir en Israël pour enquêter sur l'impact sanitaire des déchets nucléaires sur les territoires palestiniens.

Depuis 2011, le site est défendu par le système de défense aérienne mobile israélien "Dôme de fer".

L'État israélien refuse catégoriquement que ses installations nucléaires militaires soient contrôlées par "l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique", et l'AIEA a rejeté à plusieurs reprises la résolution de 18 pays appelant Israël à placer ses installations nucléaires sous sa supervision.

Israël disposerait de 80 à 400 ogives nucléaires capables d'être transportés par les missiles balistiques Jéricho, les sous-marins(avec missile de croisière) et les avions. Chaque année, Israël produirait entre 10 à 15 nouvelles bombes nucléaires. Depuis le début de son programme nucléaire, Israël aurait produit de 690 à 950 kilogrammes de plutonium. 

 

M. Pompeo, l'Iran et la Syrie

 

1117503 photo distribuee par le palais royal saoudien montrant le roi salmane et le secretaire d etat americ

Après avoir rencontré les ministres des Affaires étrangères de l'OTAN à Bruxelles, le secrétaire d'état américain M. Mike Pompeo, rencontre cette fin de semaine les dirigeants saoudien, israélien et jordanien pour les informer du projet du président Trump concernant l’accord limitant le programme nucléaire iranien et les informera probablement de facto sur la politique américaine envers la Syrie.

L'administration Trump appelle les pays du Golfe à fournir des fonds et des troupes pour stabiliser la Syrie à l'Est de l'Euphrate.

Hostile à l’accord sur le nucléaire iranien signé en juillet 2015, M. Trump doit annoncer ce 12 mai s’il déchire l'entente âprement négocié entre l’Iran et les grandes puissances (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) ou s'il y rajoute quelques clauses.

Pour sa part, l'Iran ne veut absolument pas altéré l'accord. Si les États-Unis y changent quoi que ce soit, Téhéran se lancera alors de nouveau dans la recherche nucléaire.

L'Arabie Saoudite quand à elle, développera sa propre bombe si l'Iran le fait, dixit le prince héritier.

M. Pompeo assure que le président n’a pas encore pris sa décision. Par contre, le secrétaire d'Etat américain militerait en faveur de nouvelles sanctions contre l'Iran. Chose certaine, il y aura des changements substantiels à l'entente.

L'accord de 2015 limitant le programme nucléaire iranien en échange d'un allègement des sanctions ne couvre pas son programme de missiles.

Le secrétaire d'État : « Les missiles iraniens prolongent la guerre et la souffrance au Moyen-Orient. Ils menacent notre sécurité et nos intérêts économiques et ils menacent particulièrement l'Arabie Saoudite et Israël ».

La Russie, la Chine, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la France, considèrent l'accord comme le meilleur moyen d'empêcher l'Iran de développer une bombe nucléaire.

Le président français M. Macron, a d'ailleurs réitéré sa demande à M. Trump, de ne pas abandonner l'accord bien qu'il ait reconnu plus tard, qu'il pensait que ce dernier se retirerait.

Img 20180429 wa0002 640x400 1

La guerre syrienne sur du charbon ardent

World war 3 president assad syria airstrikes damascus missiles donald trump donald trump latest uk russia us theresa m 946249

Après la Ghouta orientale, le Sud de Damas est maintenant presqu'entièrement libéré. Après chaque élimination d’une poche rebelle, l’armée syrienne se renforce. La police militaire russe prend la relève des soldats syriens et les dix mille militaires syriens qui encerclaient les zones rebelles autour de Damas, sont maintenant libres de se battre ailleurs. Une partie des rebelles qui n’ont pas voulu être évacués, rejoignent les forces gouvernementales. L'armée syrienne continue donc son travail de réduire les poches rebelles dans les régions de Homs, d'Hama et d'Alep. 

Ce qui pose problème à l’armée syrienne dans le Nord-Ouest, c’est l’approvisionnement et le soutien de la Turquie aux groupes islamistes rebelles. Dans le gouvernorat d'Idlib, "Hay’at Tahrir al-Sham" (HTS ou Al-Qaïda) est en guerre avec les autres groupes soutenus par la Turquie et ce pour le contrôle de la région. L'armée syrienne n'a donc pas intérêt à s'y pointer pour l'instant, à moins que les  poches pro-gouvernementales encerclées par HTS, soient attaquées. 

Ce qui pose problème à la Turquie dans le Nord de la Syrie, ce sont les Américains qui pour l'instant ne semblent pas pressés de laisser entrer l'armée turque à Mambij. Les Américains y ont amené quelque renfort et des conseillers militaires français viennent d'arriver. 

Dans le Nord-Ouest du pays, lorsque qu'il n'y aura plus de poches rebelles, à l'exception d'Idlib, l'armée syrienne se déplacera alors vers ses frontières-Sud, vers Deraa, le plateau du Golan syrien et la frontière jordanienne. Dans ces régions, le gouvernement contrôle déjà une bonne partie du territoire. Pour ce qui est des parties qu'il ne contrôle pas, l'État islamique y est en guerre avec les autres groupes islamistes. Les combats se poursuivent et les différents camps rebelles s’affaiblissent. 

Ce qui pose problème à l’armée syrienne dans le sud, c’est l’approvisionnement et le soutien d’Israël aux groupes terroristes. Si Israël intervient davantage, soit avec son aviation ou ses missiles, le combat pourrait dégénérer en guerre ouverte avec Israël et on peut facilement s'imaginer que l'Iran ne resterait pas les bras croisés. Il vient d'ailleurs d'informer Israël qu'il a les mains sur la gâchette et que ses missiles sont prêts à frapper toutes les bases aériennes israéliennes.

À l’Est, la ville de Raqqa, détruite, devient un casse-tête pour les Américains. La ville n’a pas d’eau, ni d'électricité. Ce sont les deux premiers services à rétablir, surtout pour redémarrer l'agriculture. L’administration locale n’a pas les moyens de reconstruire. Les États-Unis n’ont aucune envie de dépenser. Ils demandent même aux pays du Golfe de s'acquitter de la reconstruction et même de remplacer l'armée américaine sur les lieux. Les dits pays arabes ne semblent pas intéressés du tout. On note aussi que la population arabe qui revient habiter Raqqa est de plus en plus hostile aux États-Unis et aux Kurdes. Elle veut revenir sous le contrôle du gouvernement syrien, qui lui, a déjà commencé la reconstruction dans les régions qu'il contrôle. Une rébellion "anti-kurdo-américaine" vient d'ailleurs de commencer lentement. Il suffit d'un excès guerrier fait par la coalition américaine quelque part dans le pays et la réaction des Arabes syriens sera explosive. C'est le cas de le dire.  

Plus à l’Est, à la frontière syrienne irakienne, au nord de l’Euphrate, il y aurait de 3 000 à 5 000 combattants de l’EI, que les États-Unis n’attaquent plus. En fait, Washington a même empêché les troupes gouvernementales, qui contrôlent la zone sud de l’Euphrate, d’attaquer l’EI. Les commandants russes, iraniens, syriens et irakiens se sont donc réunis et ont tous décidé d'un commun accord, d'organiser des opérations communes contre l’EI. L'aviation irakienne vient donc de bombarder l'EI en territoire syrien et ce avec l'approbation de Damas. Les forces gouvernementales syriennes ont reconstruit un pont militaire, qui leur permettra de traverser l’Euphrate lors d’une opération future. Plusieurs bataillons, dont des troupes auxiliaires sous commandement iranien, sont prêts à attaquer. Les États-Unis les bombarderont-ils lorsqu’ils traverseront le fleuve ? Ou bien vont-ils s’en abstenir et laisser les troupes syriennes bénéficier du soutien aérien irakien ?

Pour ce qui est de l'Arabie saoudite, celle-ci finance entièrement "Jaysh al-Islam" (une religion obligatoire, la  religion sunnite). Partout où s'installe "Jaysh al-Islam", l'armée syrienne réussit toujours à le vaincre !

La Turquie veut éradiquer un Kurdistan indépendant ! Pour elle, les Kurdes sont des terroristes ! Elle le dit, elle l'affirme haut et fort ! Elle ne tolérera pas un Kurdistan indépendant à sa frontière, même pas une simple petite province kurde sans personnalité, ce serait beaucoup trop lui demander ! Soit que sa répression totalitaire réussisse ! Ce qui est possible, ou qu'à force de répression en répression et encore et toujours de répression en répression, bien justement, la pression saute et emporte le gouvernement. C'est possible, les Kurdes sont de 12 à  15 millions  dans le pays. Ils peuvent avoir du renfort des trois autres régions kurdes de la Syrie, de l'Irak et de l'Iran. Les opposants à Erdogan existent aussi chez les Turcs, beaucoup sont en prison ! Oui ! La soupape peut sauter à tout moment ! Mais peut-être pas !         

La Russie est l'équipe de tête, elle a un "Maurice Richard" à l'attaque ! Un "Vladislav Tretiak​" comme gardien de but ! Et un "Raymond Bourque" à la défense ! Moscou laisse Israël bombarder une fois de temps en temps en Syrie, en autant que les frappes israéliennes ne changent pas le cours de la guerre. Le Kremlin sait très bien à qui, il a affaire, à des psychopathes ! Israël est dirigé par des psychopathes ! Si vous interdisez totalement à Israël de bombarder la Syrie, vous pouvez être certain que Tel-Aviv bombarderait ou essayerait de bombarder une base militaire russe en Syrie. Ce sont des psychopathes ! La terre entière leur dit et redit que ce n'est pas correct ce que "la terre d'Israël" fait aux Palestiniens et le gouvernement israélien continue de faire ce qu'il fait de mieux, c'est-à-dire tuer des Palestiniens, sans aucun regret, sans aucun sentiment, en ne pensant qu'à soit et à la réalisation de la nation juive. Si ça ressemble pas à un psychopathe ça, je m'appelle pas Philippe Rousseau !

La Russie arbitre le conflit tout en étant un des plus grands joueurs, si non le plus grand. C'est sa remontée en politique internationale ! C'est l'arrivée d'un monde multi-polaire ! Après un monde uni-polaire dirigé par les Américains, qui étaient précédé d'un monde bi-polaire : États-Unis-URSS.  
 

 

Afrin, cauchemar pour Washington

1024px claimed and de facto territory of rojava 1

Afrin n'est pas devenu le « Vietnam de la Turquie », comme l'avait promis l'YPG. Des factions de l'ASL, dirigées par la Turquie, y compris des groupes djihadistes salafistes, sont maintenant occupées à piller la ville. Plus de 150 000 réfugiés ont été créés sur une population de 323 000. Afrin se transforme donc en cauchemar pour Washington.

L'intervention militaire turque à Afrin n'est qu'un prélude à une offensive plus large contre d'autres villes sous le contrôle des forces kurdes syriennes.

Aron Lund , un éminent expert du Moyen-Orient, observe que les combattants kurdes syriens n'ont pas reçu le soutien de la communauté internationale auquel ils s'attendaient. Jeté aux loups par la Russie, l'YPG n'a pu tenir longtemps. La Turquie possède la deuxième armée de l'OTAN. Ce n'est pas rien. C'est une puissance.

Des experts nous mettent en garde contre une crise imminente entre Ankara et Washington à propos de Manbij.

Quant à la menace d'Erdogan d'étendre l'intervention militaire dans d'autres régions contrôlées par les forces kurdes syriennes, pourquoi s'arrêterait-il, puisque personne n'a encore réagi? Les seules forces qui peuvent empêcher la Turquie de poursuivre les combattants kurdes dans d'autres parties de la Syrie sont les États-Unis et la Russie.

Probablement que la stratégie russe est d'affaiblir les Kurdes à un tel point qu'ils finiront par se rallier au gouvernement syrien et accepteront ainsi une autonomie au niveau des villes et non pas au niveau provincial. D'ailleurs, plusieurs experts estiment qu'un fédéralisme en Syrie voudrait dire une dislocation du pays.

Le président Poutine nous a habitué à une stratégie habile, inhabituel et novatrice. Une stratégie qui fonctionne et qui est basée sur la réalité.

Quand aux Américains, leur stratégie est basée sur une certaine fabulation et la phrase clé du président Trump est :      « America first. »

Syrie, 7 ans de guerre civile

Images 6

Sept ans de guerre jour pour jour, 7 millions d’expatriés, six millions de déplacés dans le pays, 465 000 morts, sans compter les blessés. Pas de trêve ou de cessez-le-feu en vue.

À ne voir dans le conflit syrien qu’une révolution du Printemps arabe réprimée par le régime sanguinaire de Bachar el-Assad, l’Occident s’est mis un doigt dans l’œil jusqu’au coude et est passé totalement à côté de la réalité du conflit.

La population sunnite, majoritaire dans le pays, a commencé la révolution, contestant la mainmise de la minorité alaouite. Les démocrates pro-occidentaux ont très vite été submergés et éliminés de cette révolution, malgré l’implication des Américains qui entrainaient et armaient ces derniers, sous le vocable de l’Armée Syrienne Libre. Ces pro-démocrates, qu’on appelait aussi les modérés, aussitôt sortis des camps d’entrainement, rejoignaient avec leurs armes, à la va comme je te pousse, les islamistes sunnites, eux-mêmes divisés en plusieurs factions. Les islamistes sunnites ont donc rapidement contrôlé les forces de la rébellion, financés entre autre par le Qatar, l’Arabie saoudite et aidés par la Turquie. Les Sunnites ont malheureusement été vite dominés par les islamistes.

Les minorités syriennes, soit les chrétiens, Druzes, Alaouites, Chiites et Kurdes, se sont mis à craindre et avec raison, la prise du pouvoir par ces islamistes sunnites, qui sont en quelque sorte des salafistes, qui veulent à tout prix, instaurer comme base de fonctionnement dans la société syrienne, rien de moins que la charia. Face à cette mouvance, une partie de la communauté sunnite a elle-même rejoint le gouvernement syrien. Les autres forment les 13 millions de déplacés à l’intérieur et hors du pays. Ces déplacés étant pour la majorité des Sunnites.

La guerre n’en finit plus. Les différentes communautés du pays, les puissances régionales et les grandes puissances attisent le feu, en y mettant de l’essence à grands coups de soufflet.

Les islamistes veulent instaurer la charia. Le gouvernement syrien n’en veut absolument pas. L’Arabie saoudite redoute la constitution d’un arc chiite continu, allant de l’Iran au Liban en passant par l’Irak et la Syrie. Israël n’accepte pas que des milices iraniennes et du Hezbollah campent en Syrie, à deux pas de sa frontière.

Les Kurdes veulent le fédéralisme. Les autres Syriens n’en veulent absolument pas, craignant que le pays n’y survive pas. Et c’est probablement vrai que le pays n’y survivrait pas. La Turquie ne veut pas d’un Kurdistan indépendant à sa frontière. Les Américains soutiennent les Kurdes, mais semblent glisser tranquillement du côté des Turcs. La Russie veut sortir les Américains du jeu et jusqu’à maintenant semble sur la voie d’y réussir. Car les Russes se servent des Turcs pour faire plier les Kurdes. Les Kurdes se voient ainsi obligés de rejoindre tranquillement les Russes et le gouvernement syrien, à cause du manque d’appui des Américains qui, eux, ont très clairement établi qu’ils n’appuient pas les Kurdes contre les Turcs. Ils ont déjà accepté la prémisse que les Kurdes doivent quitter Mambij au profit des Turcs, mais ils ne savent pas comment le faire.

Ce qui semble clair, c’est que ceux qui sont impliqués militairement sur le terrain ont le dessus sur ceux qui financent sans s’impliquer avec leur armée. L’Arabie saoudite, le Qatar et autres qui financent les rebelles islamistes, perdent continuellement du terrain. Ils le savent. Ils continuent uniquement pour détruire d’avantage le pays. Un jour ou l’autre, leurs poulains islamistes seront totalement éliminés et mis hors circuit.

Les Américains, impliqués militairement, s’appuient sur les Kurdes. Mais, ils ne sont maintenant qu’en position défensive. Ils ne peuvent plus gagner de terrain, sans faire face aux Russes. Et si on ajoute la fameuse politique de leur président : « America first ». On s’aperçoit qu’ils ne s’enliseront pas davantage dans cette guerre. S’ils voulaient s’y impliquer, ils financeraient le développement économique dans les régions que les Kurdes contrôlent. Ce qu’ils ne font pas.

Les Russes s’impliquent militairement et économiquement. Leur armée est en position offensive. Ils gagnent encore et toujours du terrain.

Damas s’implique aussi militairement et économiquement. Son armée gagne du terrain. Les régions qui vivent sous la protection de Damas s’améliorent tranquillement économiquement, ce qui n’est pas le cas dans les régions sous la domination des Kurdes ou des Américains et encore moins sous le joug des islamistes.

Les Turcs en ce moment sont en grande offensive militaire. Ils ont obtenu l’aval des Russes. Ils utilisent des milliers de soldats arabes djihadistes et turkmènes radicalisés de l’Armée Syrienne Libre comme la Brigade de Faylaq Al-Cham ou celle du Sultan Mourad. Erdoğan souhaite créer dans la zone d’Afrin une sorte d’armée permanente du nord qui pourrait pousser son occupation jusqu’à la ville de Manbij, voire au-delà.

Donc, ils commencent par prendre la région d’Afrin et encerclent la ville du même nom, mais Damas ne les appuient pas. Même que le gouvernement syrien leur demande de retourner chez eux. Les Kurdes à l’est de l’Euphrate sont venus augmenter la défense d’Afrin. Ce que n’appuient pas les Américains. Les Syriens les laissent passer sur leur territoire pour rejoindre Afrin et des milices pro-syriennes renforcent la défense d’Afrin.

L’armée turque avance aussi dans la région d’Idlib et d’Alep pour augmenter ses postes d’observation. Comprendre : qu’ils veulent faire cesser l’avancée de l’armée syrienne sur Hayat Tahrir al Sham et ses alliés, dans cette région. Ils leur ont demandés d’ailleurs d'arrêter à plusieurs reprises avant de s’avancer sur le territoire syrien.

Ce qui fait que l’armée syrienne a cessé son offensive dans la région d’Idlib et est allé plutôt défaire les islamistes de la Ghouta orientale dont plusieurs sont financés par l’Arabie saoudite. L’armée syrienne ne peut soutenir qu’une seule grande offensive à la fois.

Une fois la Ghouta reconquise, elle se dirigera ailleurs, probablement vers la campagne d’Hama où les islamistes viennent d’y faire une offensive en reprenant deux villes. Ce sera plus facile qu’à la Ghouta. Après, il y aura Deraa et le Golan. Je parierais pour Deraa avant le Golan syrien. Israël, c’est un peu comme un pyromane. Il se sent entouré d’ennemis et au lieu d’essayer de s’entendre avec eux, ils foncent dedans de la façon la plus violente possible.

Aucun respect pour les Palestiniens. Israël s’accapare massivement de leurs terres et les tuent un à un de façon tout à fait normal pour lui. Israël est dirigé par des êtres dangereux  qui n’écoutent même pas l’ensemble de la planète qui les critiquent. Par contre, la seule chose qu’ils comprennent est aussi la violence. Ils respectent les Russes parce que les Russes sont plus puissants qu’eux.

Mais, il faudra bien que l’élite de l’armée syrienne retourne à Idlib. C’est ce qui arrivera au moment opportun.   

Syrie : Les lignes rouges à ne pas franchir

 

1200px krak des chevaliers landscape croppedLe krak des chevaliers. En Syrie, on sent que personne n’a intérêt à ce qu’éclate un conflit de grande envergure, personne ne veut y aller, mais chacun joue avec le feu pour marquer son territoire. Les différends entre les acteurs internationaux se règlent sur le terrain militaire, où chacun teste les lignes rouges de ses adversaires et essaye de les enfoncer.

Il en va ainsi de l’opération turque – Rameau d’olivier - à Afrine, où les Russes semblaient être en position d’imposer leur ligne rouge avec leurs missiles anti-aériens S-400. Ils avaient la possibilité physique d’empêcher l’opération Rameau d’olivier d’Erdogan. Non seulement, ils ne l’ont pas fait. Ils ont même fait semblant que leurs troupes présentes à Afrin se déplaçaient pour mieux se situer, sans faire de lien avec les bombardements turcs qui s’en venaient. Et mine de rien, elles se sont retirées. Soit parce que les Turcs font partis de l’OTAN, soit à cause des liens économiques qui lient les deux pays, soit que le calcul de Moscou serait qu’après la prise d’Afrin par les Turcs, ce serait plus facile pour Damas de récupérer ce territoire. La dernière option me semble risquée. Les Turcs pourraient aussi bien conserver le territoire.

C’est peut-être aussi pour mettre les Kurdes à leur place. Les Kurdes veulent le fédéralisme, ce que refuse carrément Damas, probablement parce que le gouvernement central craint que d’autres minorités en profitent ou peut-être tout simplement parce que le clan Assad perdrait ainsi trop de pouvoir économique.

Me fiant sur l’intelligence d’Assad et de Poutine, je privilégie ce qui suit. Peut-être que Moscou et Damas avaient prévu ou savaient qu’après avoir réussi à déplacer la ligne rouge des Russes à Afrin, les Turcs testeraient la ligne rouge des Américains à Manbij, comme ils sont en train de le faire. Les Turcs veulent que les Américains fassent déplacer la force militaire kurde de Manbij vers l’est de l’Euphrate, pendant que les troupes turques rejoindraient les troupes américaines à Manbij.

Risqué pour les Américains, car l’aboutissement de la conquête turque en Syrie pourrait par effet domino aboutir à l’exclusion des Américains de Syrie. N’oublions pas que le seul allié des Américains en ce pays, est le Kurdistan.

On sait que les Américains utilisent les Kurdes contre l’EI. Leur ligne rouge officielle est qu’il ne faut pas que l’EI revienne. Ce n’est pas de faire respecter les Kurdes par les autres intervenants. Ils veulent aussi faire le plus de tort possible à Assad et aux Russes. La guerre est perdue pour eux, ils le savent et d’ailleurs ils n’ont jamais voulu trop s’y impliquer. Mais ils ne lâchent pas le morceau, car on ne sait jamais ce que nous réserve l’avenir.

En fait, Damas et Ankara ont un conflit avec les Kurdes. Ankara utilise la guerre. Damas pas encore, elle a d’autres problèmes à régler avant, mais elle veut affaiblir le plus possible la force des Kurdes avant de négocier avec eux. Damas récupérera la Ghouta, la région de Deraa, le Golan syrien (pas celui occupé par Israël), avant de négocier avec les Kurdes.

Damas testait la ligne rouge de la Turquie en attaquant - Hayat Tahrir al Sham - dans le gouvernorat d’Idlib. Ankara a commencé par demander l’arrêt de l’offensive syrienne, sans succès. L’armée syrienne a réussi à reconquérir le sud du gouvernorat, puis Erdogan y a amené tranquillement, sans mot dire, son armée. Assad n’a pas franchi la ligne rouge turque. Pour l’instant, il n’en a pas les moyens et il le sait. Assad est un bon stratège. Il a abandonné l’idée pour l’instant et met dorénavant tous ses efforts sur la Ghouta orientale et ce avec faste et brio pour qu’on ne parle pas de l’arrêt de l’offensive syrienne à Idlib.

L’attaque des loyalistes assistés de forces privées paramilitaires russes contre le Front Démocratique Syrien à Deir ez-Zor est un autre exemple flagrant de test de ligne rouge. Les bombardements américains le 8 février contre cette offensive, rappelle que Washington n’a pas l’intention de quitter l’Est syrien à court ou moyen terme. C’était quand même le premier combat entre forces russes, privées certes mais russes quand même, contre des forces américaines. Le gouvernement russe a pris une semaine avant de réagir verbalement sans en faire trop de cas.  

Le gouvernement syrien et ses alliés ont testé à quelques reprises la ligne rouge américaine face au Front Démocratique Syrien ou même face à la base américaine d’al Tanf et Washington a toujours fait respecter sa ligne rouge. De même le Front Démocratique Syrien a testé les Russes en attaquant à quelques reprises les forces gouvernementales ou leurs alliés et Moscou a toujours fait respecter également cette ligne rouge.

Et l’escalade militaire qui a opposé Israël à la Syrie, il y a une semaine. Pendant toute la guerre syrienne, Israël a testé la ligne rouge syrienne et l’a défoncée à plusieurs reprises. Mais plus le temps passe et moins Israël peut agir. Ses avions ne peuvent plus franchir l’espace aérien syrien, ses missiles, si, ils le peuvent encore mais ne réussissent pas toujours à atteindre leur cible. Et c’est la Syrie qui se fait respectée.

Certes, la semaine dernière, c’est un téléphone de Poutine qui a mis fin à l’escalade israélienne. Moscou a fait respecter sa ligne rouge. C’était quand même la première fois qu’un drone iranien se faisait descendre par Israël et la première fois aussi qu’un F-16 israélien se faisait abattre par la Syrie.

Les tests de ligne rouge répondent à une même logique. Chaque acteur défend ses intérêts à un moment où les lignes de démarcation ne sont pas encore stabilisées et où aucun compromis général ne parvient à se dessiner. On sent cependant depuis la reconquête d’Alep par les forces syriennes que si la tendance se maintient, le gouvernement Assad se dirige directement vers la victoire finale mais peut-être perdra-t-il un peu de territoire.

Moscou s’est imposé clairement face à Israël et c’est dit également en désaccord avec l’Iran quand celui-ci parle de destruction d’Israël. Moscou, Damas et Téhéran demande aux Américains de quitter la Syrie et on peut facilement prévoir que les Américains quitteront la Syrie bien avant les Russes et les Iraniens qui eux sont là à le demande du gouvernement syrien. Ce qui n’est pas le cas des Américains.

Les Russes participent déjà à la reconstruction du pays, les Iraniens aussi mais pas les Américains qui n’aident personne dans les régions où sont situées une quinzaine de leurs bases militaires. Ils risquent qu’un jour, ils soient la cible des Arabes syriens et à ce moment-là, ils devront partir.

En ce moment, ils ne s’en rendent pas compte, parce que par sécurité, les soldats américains n’ont pas de contact avec la population arabe locale et cette dernière ne les aime pas et ce sent de plus en plus exacerbée par eux.

En ce moment, Damas et Ankara testent vraiment les lignes rouges de l'autre. La Russie sera bien obligée d'y mettre une ligne rouge. 

Ankara - Washington, un groupe de travail est créé

 

Rsz 000 zx6uqLa création d'un groupe de travail entre la Turquie et les États-Unis, vient d'être créé, au terme de la visite du chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson à Ankara. 

Le chef de la diplomatie turque juge que le sort de Manbij, demeure le préalable à toute bonne entente : « Nous pourrons effectuer des pas avec les États-Unis en toute confiance lorsque les YPG se seront retirés de Manbij. Il est nécessaire que les YPG sortent de là. » Insiste-t-il. Les Turcs menacent d'avancer vers Manbij, où sont installés des militaires américains aux côtés des YPG (Kurdes). Le préalable est donc la sortie des YPG de Manbij. 

 « La question de Manbij sera traitée en priorité par notre groupe de travail, dont la première réunion est prévue d'ici la mi-mars, » a indiqué Tillerson. Manbij n'a donc probablement rien à craindre de la part des Turcs d'ici avril. Le secrétaire d'état insiste pour que cette ville reste sous contrôle de la coalition internationale anti-djihadiste pour éviter le retour de l'EI.

Voila donc le préalable américain à toute bonne entente. Les Turcs ne font pas parti de la coalition anti-djihadistes. Tout au contraire, ils ont aidé les djihadistes et les aident encore dans la région d'Idlib. Ils y aident Hayat Tahrir al Sham, anciennement al Qaïda. Mais cela est en territoire russe, donc ça ne regarde pas les Américains. Mais ces derniers devront doublement vérifier avec qui les Turcs veulent faire affaire à Manbij, est-ce avec d'anciens djihadistes ? Le préalable américain est d'éviter le retour de l'EI. Ce n'est pas d'aider les Kurdes.

Les discussions portent donc sur un départ des YPG plus à l'est, au-delà du fleuve Euphrate, afin que les Turcs puissent se rendre à Manbij aux côtés des Américains, mais « il reste beaucoup de travail à accomplir », estime le ministre américain.

Le secrétaire d'état américain s'engage à prendre en ligne de compte les inquiétudes légitimes de la Turquie pour sa propre sécurité, mais il leur réitère ses appels à la retenue à Afrine, dans le but d'épargner les civils. Comprendre que les Américains ne feront rien pour Afrine, à part s'offusquer lorsque la ville subira des bombardements. Exactement ce qu'ils ont fait pour Alep...que des paroles. 

Le secrétaire réaffirme sa préoccupation face à l'état d'urgence et aux détentions qui perdurent en Turquie, notamment celles de ressortissants américains ou d'employés locaux des missions diplomatiques des États-Unis. Il promet une nouvelle fois d'étudier les dites preuves qu'Ankara fournit pour obtenir l'extradition du prédicateur "Fethullah Gülen", désigné par les autorités turques comme le cerveau de la tentative de coup d'état. Celui-ci réside aux États-Unis.

 

L'intervention militaire turque a un effet "domino"

 

8 5 801x516L'armée turque massant des troupes imposantes aux frontières des provinces de Raqqa et Hasakah, les YPG kurdes s'y précipitent pour défendre ces régions.

D'après des sources d'analystes militaires, dans la province de Deir Ezzor, les YPG se seraient pour la plupart retirées des zones contrôlées par les "Forces Démocratiques Syriennes" (FDS), cédant le contrôle de la région à une autre milice partenaire de la coalition connue sous le nom de "Conseil Militaire de Deir Ezzor" (DMC).

Reprenant les positions laissées par l'YPG dans l'est de la Syrie, DMC, est une milice arabe soutenue par les États-Unis qui fait également partie des "Forces Démocratiques Syriennes". Cette milice est issue de "l'Armée Syrienne Libre" (ASL).

On sait que l'armée syrienne est généralement pacifique avec l'YPG, mais avec l'ASL, qui est un ramassis de toutes sortes de groupes dont certains sont salafistes, disons que l'armée a une manière un peu plus violente d'agir avec eux et vice-versa, car n'oublions pas que l'ASL veut renverser le gouvernement syrien. Ce qui n'est pas le cas pour le YPG, qui lui veut un gouvernement fédéral. Ce que Damas refuse mais est prête à négocier.

Au cours de la dernière semaine, et même au moins une fois auparavant, DMC a directement attaqué les positions de l'armée syrienne dans les villes de Khasham et At-Tabiyyah à l'est de la rive de l'Euphrate.

DMC, ce n'est pas l'YPG. DMC est beaucoup moins puissant. En ce moment, il y a une rumeur que l'armée syrienne masse des troupes pour attaquer DMC et reprendre le territoire ou une partie du territoire que ce dernier contrôle.

On comprend mieux les "fausses nouvelles" venues de sources anonymes qui promulguaient que l'armée syrienne et ses alliés, même l'armée russe, avaient subi d'énormes pertes en vies humaines dans une attaque contre les FDS, en fait contre DMC. Et c'est l'aviation militaire américaine qui serait responsable de ces pertes.

Le but est de décourager les forces pro-gouvernementales syriennes en insinuant que l'armée russe n'est pas foutue de défendre ses propres hommes contre l'aviation militaire américaine. De fait dans le passé, l'aviation militaire américaine est déjà intervenue à quelques reprises contre l'armée syrienne et ses alliés, lorsque ces derniers attaquaient les FDS ou s'approchaient trop près de la base militaire américaine d'al Tanf. À chaque fois, l'aviation militaire américaine a obtenu le respect des forces pro-syriennes.  

L'inverse est aussi vrai. L'aviation militaire russe a, à quelques reprises, obtenu le respect des FDS contre l'armée syrienne et ses alliés. 

 

 

Israël dans la guerre syrienne

2415002445

Lors du conflit militaire de la fin de semaine dernière, entre Israël d'une part et la Syrie et l'Iran de l'autre part, les États-Unis sont restés muets ou presque. C'est la Russie qui a dicté la façon dont les choses devaient se passer et cette dernière s'oppose à la violation de la souveraineté syrienne par Israël.

En effet, lors d'un appel téléphonique avec le premier ministre Netanyahue, M. Poutine a mis fin à la confrontation entre Israël et l'Iran en Syrie et les deux parties ont accepté sa décision. Dans sa conversation avec Netanyahu, Poutine lui a demandé d'éviter les mouvements qui pourraient conduire à "une nouvelle série de conséquences dangereuses pour la région". Le calme après l'appel Netanyahu-Poutine montre une fois de plus qui est le vrai patron au Moyen-Orient.

De toute évidence, M. Netanyahu ne veut pas affronter la Russie. Sa confrontation avec les Iraniens lui suffi. Les États-Unis de leur côté, signalent que leur allié, Israël, demeure seul face au Hezbollah, à la Syrie et à l'Iran. Washington n'a donc pas l'intention d'appuyer militairement Israël dans son aventure guerrière en Syrie, même si cette aventure demeure sporadique.

Moscou permet à Tel-Aviv de bombarder occasionnellement en Syrie, mais pas au point de changer le cours de la guerre. Israël avec son armée, a le pouvoir d'harceler ses ennemis, mais il est clair qu'elle ne peut pas aller beaucoup plus loin. Même si en fin de semaine, la région a été amenée au bord de la guerre. 

Bien que cette série de combats soit terminée, un autre bras de fer avec la Syrie et l'Iran n'est qu'une question de temps, vu l'intolérance israélienne. L'Iran a indiqué qu'il ne changera pas sa façon de faire et Israël revendique le droit de défendre ses intérêts vitaux en matière de sécurité : « Ce n'est pas le moment d'aboyer, mais de mordre. » 

En Israël, on commence à entendre des idées bizarres, du genre : Finissons juste d'enseigner une leçon aux Syriens et après, allons directement chez les Iraniens, sur leur propre territoire. Ce sont des idées dangereuses qu'Israël a intérêt à éviter. Espérons que les dirigeants de Tel-Aviv  comprennent que la force militaire israélienne est certes puissante, mais elle a ses limites. Et ses limites sont de ne pas aller plus loin que les bombardements sporadiques. L'Iran étant beaucoup plus puissant militairement qu'Israël.

 

Rojava : Kurdes, Musulmans, Sunnites et Chrétiens

 

Sur le plan éthique, on peut comprendre les Kurdes de vouloir obtenir une certaine autonomie à l’intérieur de la Syrie. Ça s'appelle le fédéralisme. Les États-Unis en sont un exemple, étant eux même une république constitutionnelle fédérale. La fédération de Russie en est un autre exemple, la Suisse, le Canada et tant d'autres. 

À la faveur du chaos créé par la guerre, les Kurdes de Syrie ont créé – le long de la frontière turque, entre l’Euphrate et l’Irak – une Fédération démocratique de Syrie du Nord, qu’ils ont baptisé Rojava ("Ouest" en kurde). La zone a été chèrement reconquise à l'EI. En janvier 2014, ils se sont même dotés d’un « Contrat social », sorte de constitution.

Mais les kurdophones sont loin d’être les seuls habitants de la zone, qui se reconnaît d’ailleurs trois langues officielles : l’Arabe, le Kurde et le Syriaque. Car y vivent des Kurdes, certes, mais aussi des Arabes (musulmans, sunnites et chrétiens) et des Arméniens. La population kurde représenterait 60 % de la population totale (notamment dans le canton de Kobane). 

À l’extrême nord-est de la Syrie, proche de la frontière turque, la vallée du Khabour compte – ou plutôt comptait – une trentaine de villages chrétiens avant la guerre et d’importantes populations chrétiennes vivaient aussi dans les villes de Hassaké et Qamichli. Originaires de Mésopotamie, ces Assyriens – appartenant le plus souvent aux Églises syriennes orthodoxe et catholique – vivaient là depuis que le génocide turc les avaient chassés de leurs régions ancestrales, celles du Tur-Abdin et des montagnes du Hakkari. 

Certains redoutent la volonté de certains officiels kurdes de provoquer des départs, pour renforcer l’homogénéité ethnique de la zone. De nombreux réfugiés, musulmans et chrétiens, s’entassent toujours à Alep, faute de pouvoir rentrer chez eux.

Lorsqu’il a été occupé par l’Armée syrienne libre (ASL), beaucoup de gens ont fui. Depuis que les Kurdes ont chassé l’ASL, les musulmans sont allés visiter leurs maisons. mais ils ne peuvent pas s'y réinstaller. Les habitations comme les magasins appartiennent désormais au parti kurde. S'ils veulent les récupérer, il faut payer. 

Il ne faudrait pas que cette autonomie aboutisse à nier la diversité ethnique et religieuse qui prévaut dans la région. D'ailleurs, les Kurdes se sont engagés à remettre aux autorités syriennes les territoires non kurdes, en échange du fédéralisme. Damas refuse le fédéralisme.

Et les Turcs avec leur offensive, provoquent également des milliers de déplacés kurdes. Remettront-ils les territoires conquis à la Syrie ?  On peut penser que non. Mais on verra.

Chronologie des manifestations iraniennes, le gouvernement encore une fois : gagnant !

 

Files upload 17654

 La Tour Azadi à Téhéran 

Chronologie des manifestations en Iran

Selon le "United States Institute of Peace", le 28 décembre 2017, une manifestation est organisée à Mashhad, deuxième ville d'Iran, à cause de l'augmentation jusqu'à 40% du prix des aliments de base, comme les œufs et la volaille. La manifestation s'est transformée en manifestation anti-gouvernementale et s'est étendue à plus de 80 villes à travers le pays. Ces manifestations étaient les plus grandes depuis la révolte du mouvement vert en 2009. Ce qui suit est une chronologie de ces manifestations.

Carte de Protests.jpg

Source: Les militants des droits de l'homme en Iran

28 décembre - Dans le nord-est du pays, une manifestation est organisée via les médias sociaux à Mashhad, deux millions d'habitants. Les manifestants scandent « Mort à Rouhani » et « Mort au dictateur ». La police utilise les canons à eau pour disperser la foule. Selon BBC News, 52 personnes y sont arrêtées. D'autres manifestations plus modestes celles-là, sont signalées dans la même région à Neyshabour et Kashmar. 

29 décembre - Les villes de Rasht, Qom, Ispahan, Zahedan et Kermanshah suivent. Les protestations sont de taille modeste, de 100 personnes à 1 000. 

30 décembre - Des manifestations se forment dans neuf autres villes, dont Téhéran, Chiraz, Kohrramabad, Zanjan, Ahvaz et Najafabad. Ça dégénère à Dorud, dans l'ouest du pays, où les manifestants deviennent violents. Deux y auraient été tués. 

Des manifestations imposantes pro-gouvernementales ont lieu dans 1 200 villes, y compris Téhéran et Mashhad. 

31 décembre - Les violences continuent pour la quatrième nuit d'affilée. 200 personnes sont arrêtées à Téhéran et 80 à Arak. Des manifestations sont signalées à Sanadaj, Kermanshah, Shahin Shahr, Chabahar, Ilam et Izeh. Il s'agit toujours de casseurs. Dans Shahin Shahr, des vidéos montrent clairement des manifestants attaquant la police. Les forces de l'ordre déclarent : "Si les gens manifestent dans la rue contre les prix élevés, ils n'ont pas à brûler les biens publics."

Le président Hassan Rouhani tente de calmer le jeu. il déclare : « Nous sommes une nation libre, et sur la base de la Constitution et des droits de la citoyenneté, les gens sont complètement libres d'exprimer leurs critiques et même leurs protestations. La résolution de certains problèmes n'est pas facile et demande du temps. » Il déclare également que le gouvernement ne fera preuve d'aucune tolérance envers ceux qui endommagent les propriétés publiques. Les autorités restreignent l'accès d'Instagram et de Telegram, utilisés par les manifestants. 

1er janvier - Dix personnes auraient été tuées pendant la nuit lors des manifestations anti-gouvernementales violentes, portant le nombre de morts à 12. Les tirs ont été responsables de huit morts. Dans la ville centrale de Najafabad, un manifestant a ouvert le feu sur la police, tuant un officier et en blessant trois autres. D'autres affrontements avec la police et des attaques contre des postes de police ont été  signalés dans la ville centrale de Qahderijan et dans la ville occidentale de Kermanshah. 

2 janvier - Des manifestations violentes éclatent à Tabriz, Gohardasht et Eslamabad-e-Gharb. La police utilise les gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants à Ahvaz. Des vidéos montrent des bombes flash et des grenades lancées dans les villes de Rasht et Karaj. Depuis le 31 décembre, plus de 450 personnes ont été arrêtées. 

Le guide suprême, l'ayatollah Khamenei accuse les ennemis de l'Iran de provoquer les troubles. « Les ennemis de l'Iran utilisent divers moyens, y compris l'argent et les armes pour troubler la République islamique. L'ennemi est toujours à la recherche d'une opportunité et d'une crevasse pour infiltrer et frapper la nation iranienne. »

Lors d'un appel téléphonique avec le président français, le président Rouhani affirme que le groupe Mujahedeen-e-Khalq (MEK) est responsable de l'incitation à la violence et appelle la France à cesser d'accueillir la faction exilée. Le procureur général iranien Montazeri déclare que la CIA et le Mossad sont derrière les émeutes. « Les ennemis utilisent les dollars alloués par les Saoudiens. » 

3 janvier - Les émeutes bien que toujours modestes en nombre de manifestants continuent à Téhéran, Ahwaz, Hamadan, Ispahan et Lorestan. Les rassemblements les plus importants ont atteint un maximum de 1 500 personnes. Par contre, plusieurs centaines de milliers d'Iraniens participent aux rassemblements pro-gouvernementaux, notamment à Kermanshah, Ilam, Ahvaz, Gorgan et Qom. 

Dans une lettre adressée aux Nations Unies, l'Iran accuse les États-Unis d'ingérence grotesque dans les affaires intérieures de la République islamique. 

4 janvier.  - Après une semaine de casse, les émeutes anti-gouvernementales diminuent ostensiblement. Les forces de l'ordre suffisent à la tâche. L'armée n'a pas été obligée d'intervenir. Au total, 50 000 personnes ont participé à ces manifestations anti-gouvernementales. Par contre, des centaines de milliers d'Iraniens se rassemblent en soutien au gouvernement pour la deuxième journée consécutive dans de nombreuses villes à travers le pays, y compris Mashhad. 

Le procureur général iranien, dénonce  l'Américain Michael D'Andrea, ancien chef du Counter Terrorism Center de la CIA. Il serait en charge d'une salle d'opération composée d'Américains, d'Israéliens et de Saoudiens dont le but serait de fomenter les troubles. Les Etats-Unis nient toute implication. 

5 janvier  - Le dernier test. Selon Associated Press, les anti-gouvernementaux n'ont sorti que faiblement après les prières du vendredi dans les rues de Téhéran. Tandis que les pro-gouvernementaux sont sortis encore une fois en masse. Khatami, figure politique importante du clan progressiste en Iran,  affirme que le peuple a été trompé par les émeutiers soutenus par les États-Unis, mais a également appelé le gouvernement iranien à accorder plus d'attention aux problèmes économiques des gens. 

D'ailleurs pour calmer le jeu, le gouvernement a suspendu ses plans visant à réduire les subventions en espèces et à augmenter les prix du carburant. 

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue après les prières du vendredi pour manifester leur soutien au gouvernement pour une troisième journée consécutive. À New York, le Conseil de sécurité des Nations Unies a tenu une réunion d'urgence, convoquée par les États-Unis. 

Au 5 janvier, 22 personnes araient été tuées et plus de 1000 manifestants arrêtés.

 

Press TV

Iran, les manifestations du vendredi sont à surveiller...

5a4defa6fc7e9301558b4567

Les manifestations en Iran ne sont pas si rares. Il y en a eu en 1993, 1995, 1999, 2003, 2007 et en 2009. Les Iraniens saisissent toujours les moments comme celui-ci [montée des prix des biens de consommation] pour s'exprimer. 

Par contre, la grève générale que les manifestants anti-gouvernementaux avaient prévue pour mardi le sixième jour de leur protestation, n’est pas parvenue à se mettre en marche. Aucun arrêt de travail ne s’est produit.

Les sources iraniennes de Debkafile remarquent que le mouvement de protestation s’essouffle à cause de son incapacité à s’attirer le soutien de la classe moyenne (la classe la plus nombreuse en Iran), des commerçants et des étudiants hors-Téhéran. Mardi soir, par conséquent, le nombre de rassemblements (environ 55 précédemment) a diminué du tiers et la participation d’environ la moitié.

Le Guide Suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei a accusé les agents des services de renseignements étrangers de livrer aux manifestants de l’argent, des armes et des renseignements. Il n’a sûrement pas tout à fait tort.

Le gouvernement a réussi à calmer le jeu. Après trois jours, les manifestants restaient toujours libres de rejoindre les points de ralliement dans les centres villes, où ils se trouvaient confrontés à des milliers de manifestants pro-gouvernementaux. Ils étaient ainsi submergés par le nombre et la police les attendait.

Le gouvernement a allégé le blocage des réseaux sociaux Instagram et Télégramme. Une indication que le gouvernement est moins inquiet quant aux conséquences des mouvements de la dissidence de la rue, que lors des premiers jours.

Cependant, les sources de Debkafile affirment que le mouvement de protestation n’est pas tout à fait terminé. Les tentatives de lancer des rassemblements seront confrontées à leur prochain test ce vendredi 5 janvier. Si le mouvement anti-gouvernemental ne parvient pas à rassembler les masses dans les rues après les prières du vendredi, il risque fort de disparaître tranquillement.

Que cachent les manifestations iraniennes ?

Bc3c346d 0ca6 4390 9675 864fd9ec0337

Les protestations d'une faction du peuple iranien ont été initiées par des partisans du gouvernement s'opposant à Rouhani (progressiste) - élu modéré promettant d'étendre les libertés sociales et politiques, de renforcer les relations internationales et de soutenir l'économie. -

Les manifestations ont commencé la semaine dernière à Mashhad, deuxième plus grande ville du pays. Elles étaient à l'origine, une protestation face aux difficultés économiques du pays sous la présidence d'Hassan Rouhani, qui avait promis que l'accord sur le nucléaire iranien négocié avec le président Obama en 2015, conduirait à un meilleur développement économique. 

Les Iraniens n'ont pas connu de reprise économique aussi robuste que prévue. Même si l'ensemble de la population bénéficie d'un assez bon niveau de vie, les prix à la consommation sont demeurés élevés.

Les protestations se sont vite élargies à d'autres demandes telles qu'exiger la fin de la République islamique. Elles ont grossi pour devenir le plus grand soulèvement du pays depuis les élections présidentielles de 2009. Les manifestants ont également condamné Khameni, le chef suprême non élu qui limite le pouvoir du président et le système dans son ensemble.

Il n'y a pas eu autant d'Iraniens dans les rues cette fois-ci qu'en 2009, lorsque des millions de personnes ont protesté contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad (conservateur). Bien que cette dernière série de manifestations n'ait pas atteint la même ampleur que le Mouvement vert de 2009 , elle a été remarquée par la façon dont elle a attiré les manifestants non seulement dans les grandes villes du pays, mais aussi dans les petites villes. 

Rouhani a déclaré que les protestations sont légitimes. « Nous sommes une nation libre », a déclaré Rouhani à la télévision d'état . « Et selon la constitution et les droits des citoyens, les gens sont libres d'exprimer leurs critiques et même leurs protestations. » Mais il a également mis en garde contre la violence et a critiqué l'administration Trump pour s'être impliquée dans le mouvement de protestation.

Ce qui tue en ce moment le mouvement de protestation est la violence utilisée pour arriver à ses fins. L'ensemble de la population iranienne n'a pas accepté cette violence gratuite et destructrice qui semble mener au chaos. Toutes les populations à travers la planète sont semblables. Elles aiment la stabilité et détestent l'instabilité. 

Le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei quant à lui a affirmé et je cite : « L'ennemi attend une opportunité, une faille, à travers laquelle il peut entrer. » N'oublions pas que la lutte entre l'Arabie saoudite et l'Iran s'inscrit en 3 rounds. Le premier était la guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006, perdue par Israël. Le Hezbollah existe toujours et est plus fort qu'auparavant. Le deuxième round est la guerre en Syrie. Le clan de l'Arabie est en train de la perdre. Le troisième round, une guerre avec l'Iran. Elle semble impossible vue la force de l'armée iranienne. Mais les ennemis e l'Iran sont prêts à tout pour affaiblir ce pays.

Le gouvernement sera capable de réprimer les manifestations à court terme. Mais, de futures manifestations pourraient se produire si le gouvernement ne parvenait pas à faire face aux problèmes qui ont conduit aux manifestations. La solution est peut-être ce que demandait les manifestants au départ soit la baisse de certains prix à la consommation, du moins ne pas les augmenter davantage. 

Manifestation de 2009, aucun rapport avec aujourd'hui

H 4 ill 1207351 6242 076350

Les Kurdes syriens ne veulent pas l'indépendance mais...

 

1024px claimed and de facto territory of rojava

Carte de Wikipedia. Vert : Le territoire contrôlé par les Kurdes présentement. Orange entre les deux territoires kurdes, territoire contrôlé par la Turquie. Les deux petits ilots orange à l'intérieur des terres kurdes sont tenus par l'armée syrienne, sans jamais avoir combattu avec les Kurdes.

Les Kurdes syriens ne veulent pas l'indépendance mais tout simplement une république démocratique fédérée dans une Syrie unie. En fait ils cherchent le fédéralisme et estiment qu'il est temps d'ouvrir le dialogue sur le sujet avec le président syrien. Assad pour sa part ne veut pas de fédéralisme mais vu les circonstances, il est prêt à négocier avec les Kurdes. D'ailleurs, les deux armées ne se sont jamais affrontées. Si les Kurdes obtiennent le fédéralisme, leur armée s'incorporera à l'armée syrienne et les territoires qu'ils contrôlent et qui ne sont pas à eux, seront remis au gouvernement central.

La Turquie pour sa part, cherche à empêcher le partenariat des États-Unis avec les Unités de protection du peuple kurde (YPG). Ankara fait savoir qu'elle est prête à dialoguer avec Damas, mais sans les kurdes dans le processus de résolution.

Le Pentagone quand à lui, déclare que son soutien aux Kurdes continuera tant et aussi longtemps que la lutte contre l'État islamique se poursuivra. Les Kurdes quand à eux, ajoutent qu'ils ont reçu l'assurance de Washington que la présence militaire américaine dans les zones libérées, se poursuivra jusqu'à ce qu'un accord politique soit signé en Syrie.

Vu la situation, les Kurdes ne mettent pas tous leurs œufs dans le même panier. Parallèlement ceux-ci construisent des liens avec la Russie. En mars, la Russie avait déployé quelques troupes à Afrin dans le seul et unique but de surveiller le cessez-le-feu dans la région. Elles ont ainsi empêché l'armée turque d'attaquer à grande échelle les Kurdes. Les Américains y ont joué également un rôle important, puisque eux aussi, quelques unes de leurs troupes étaient présentes parmi les Kurdes. De plus en juillet, alors que l'opération de Raqqa était en cours, Moscou a mis en place une salle d'opération conjointe avec l'armée syrienne et les YPG. 

Puis à Deir ez-Zor, le partenariat Russo-kurde se consolide davantage. Les Russes ont soutenu certes l'armée syrienne du côté occidental de l'Euphrate, mais ils ont aussi fait équipe avec les Kurdes du côté Est du fleuve. Les avions de combat russes ont effectué 672 sorties à l'appui des YPG et d'autres groupes, touchant environ 1 450 cibles. Si les armées syriennes et kurdes ont avancé, c'est un peu beaucoup grâce à l'aviation militaire russe. 

Les YPG: « Nous essayons de rester en bons termes avec les Russes sans diminuer l'importance de notre partenariat avec les États-Unis... Le soutien américain dans les zones libérées de l'EI se poursuivra... Nous assisterons au Congrès du dialogue national syrien à Sotchi en février et plus précisément des représentants de la Fédération Démocratique de Syrie du Nord (FDS) y participeront. »

Les YPG, d'ajouter : « Pour l'instant, le partenariat avec les Américains est militaire. Depuis le début, nous demandons de leur part une reconnaissance politique, nous attendons des progrès sur cette question dans les jours à venir,  une ouverture des États-Unis vis-à-vis la Fédération Démocratique de la Syrie du Nord. »

Toutefois, les États-Unis doivent considérer la position turque à cause de leur alliance mutuelle à l'intérieur de l'OTAN et des bases militaires américaines présentes en Turquie, de sorte que l'Amérique ne peut pas reconnaître tout azimut le Kurdistan syrien. Peut-être peuvent-ils faire un tout petit pas symbolique, mais même là, la Turquie serait échaudée et pourrait peut-être sortir de l'OTAN ou demander aux Américains de quitter le sol turc. 

Devant l'incertitude américaine, les Kurdes seraient donc portés à mettre de plus en plus leurs œufs dans le panier russe. D'ailleurs, le représentant kurde à Moscou déclare que les YPG pourraient être intégrés dans l'armée syrienne si une solution politique satisfaisant toutes les parties, était trouvée.

En somme, les positions kurdes reflètent une plus grande volonté de dialogue avec Damas, ce qui signifie que l'option russe prend de l'importance en termes de perspectives de coopération. Ankara pour sa part, reste opposée à tout scénario impliquant les Kurdes comme parties prenantes dans le processus politique et de reconstruction, d'où l'impasse qui persiste.

À noter que les Russes peuvent réussir à réunir tout ce beau monde à Astana et à Sotchi, puisqu'eux et les Américains contiennent l'armée turque à Afrin. Mais le tout doit être finalisé à Genève sous l'auspice de l'ONU, pour que ce soit validé par la planète. C'est ce qu'on appelle un règlement politique.

L'exigence de l'opposition à Genève d'exiger toujours le départ d'Assad, a sans doute pour but d'obtenir quelques avantages en échange de l'abandon de leur slogan  :« Il faut qu'Assad s'en aille ! »  

La Turquie quant à elle ne doit pas perdre la face. Peut-être que si les Kurdes syriens s'engageaient à ne plus aider les Kurdes turcs, peut-être qu'Erdogan accepterait. Une fois l'entente signée, un an ou deux plus tard, il suffirait qu'Erdogan fasse une gaffe majeure envers les Kurdes turcs et les Kurdes syriens se sentiraient déliés et aideraient à nouveau les Kurdes turcs. 

  

Guerre syrienne : Israël, Hezbollah, Iran, Syrie, trouvez l'erreur...

 

Iran1 e1510858105678

La BBC rapportait le 10 novembre dernier, q'une base militaire iranienne était en construction dans le complexe militaire syrien d'Al-Kiswah, à 14 km au sud-ouest de Damas, près de la Ghouta (enclave rebelle d'Ahrar al cham). Cependant, les sources militaires de "DEBKAfile" ne souscrivent pas à cette thèse. Disons que ce n'est pas une preuve hors de tout doute raisonnable. Les images montrent plus de 20 bâtiments, qui sont très probablement utilisés comme casernes pour les soldats et pour abriter des véhicules. Israël affirme pour sa part que l'État islamique quitte la Syrie tandis que l'Iran y emménage.

Toujours est-il qu'une attaque y a été menée par cinq missiles israéliens, probablement sol-sol. L'avion israélien perçu près de la frontière syrienne dans le ciel libanais avait pour but, soit de faire diversion ou de percevoir le résultat de l'attaque. Des missiles antiaériens syriens ont abattu trois des missiles. Les deux autres  auraient explosés près d'un dépôt de munitions de l'armée syrienne. Quoi qu'il en soit, les dégâts causés sont "top secret" de la part des deux belligérants. Ce qui semble sûr et certain, c'est qu'il n'y aurait pas eu de perte en vie humaine, que des pertes matérielles. 

L'attaque a causé quelques pannes momentanées de courant et de fortes explosions dans la capitale et la banlieue ont été perçues. Tout de suite après, l'armée syrienne  bombardait la Ghouta. Il y a eu des blessés et des pertes matérielles mais pas en vie humaine. Ahrar al cham  a rétorqué en lançant des roquettes sur Damas.

Les Américains ont essayé de rassurer Israël en leur disant que l'armée américaine restera en Syrie jusqu’à la fin de la guerre civile, en ajoutant : « le cessez-le-feu est la première étape, nous allons essayer d’augmenter la zone tampon et garder loin les Iraniens à une distance de 20 kilomètres au début. »

Les Israéliens veulent établir une ligne rouge entre eux, le Hezbollah et les forces militaires iraniennes en Syrie. Ils veulent une zone tampon, d'où leurs bombardements sporadiques. Sporadiques, parce qu'ils ne veulent pas être aspirés dans la guerre syrienne et ce, de leur propre aveux. Mais ils se sentent menacés.

Le Hezbollah veut récupérer les fermes de Chebaa qu'Israël occupe. Le gouvernement syrien veut récupérer le Golan syrien qu'israël occupe malgré qu'à peu près toute la planète lui propose gentiment de le remettre à la Syrie. Les Iraniens alliés des deux autres ne s'entendent pas du tout avec Israël. Ces trois-là étant fort occupés par la guerre syrienne ne sont pas près non plus, à entrer en guerre contre Israël, protégé par les États-Unis. 

Poutine demande à Israël de mettre fin à son occupation et proclame la solidarité avec la Palestine. La Russie défend verbalement ses trois alliés face à Israël (pupille des Américains) mais n'ira pas plus loin tant qu'Israël ne touchera pas à l'armée russe et Israël ne touchera pas à l'armée russe puisqu'il ne se sent pas menacé par elle. Il faut dire que les Russes sont patients car ce qu'ils veulent avant tout, c'est non seulement gagner la guerre mais aussi la paix qui s'en suivra. Ils ne veulent surtout pas faire la gaffe monumentale qui ferait qu'ils perdraient tout. Comme a déjà dit Assad : « les Israéliens ne changent pas le résultat de la guerre par leurs bombardements occasionnels. »

Les Russes viennent tout bonnement d'ajouter les Palestiniens à leurs alliés indéfectibles. Assad leur a aussi dit que si Israël fait la guerre au Hezbollah, ce sera un front uni « Hezbollah-Syrie. »

Les Américains connaissent aussi leur ligne rouge et n'attaqueront pas les alliés de la Russie tant que ceux-ci n'attaquent pas les alliés américains. Hum ! On sent quand même qu'il y a un risque. Il y a un allié des Américains qui lui, attaque sporadiquement les alliés des Russes. Il ne faudrait pas que la guerre s'éternise trop longtemps car on sent qu'une des parties, qui peut être n'importe laquelle, finira par prendre les nerfs et se dira : « toi mon hostie t'as fini de m'écoeurer ! » Expression québécoise qui se rapproche de l'expression arabe « retourne dans le ventre de ta mère ! » Et là, Dieu seul sait ce qui peut arriver ! 

Après tout, si la Syrie invite l'Iran à installer des bases militaires en Syrie, ça ne regarde que la Syrie et l'Iran. Israël n'a pas à faire la loi à la Syrie en Syrie, en Israël oui, mais pas en Syrie. Mais, il est vrai que l'armée israélienne malgré sa haute technologie et sa bombe nucléaire, n'est plus l'armée israélienne des années 60-70. Sa dernière guerre contre le Hezbollah en 2006 nous le prouve. 

Les pourparlers inter-syriens dureront jusqu’au 15 décembre

 

24785aa5 685a 4ef0 b534 cd238c771e60

L’Envoyé spécial de l’ONU Staffan de Mistura, annonce que les pourparlers inter-syriens se déroulant à Genève continueront jusqu’au 15 décembre. L’objectif en est la rédaction d’une nouvelle Constitution et l’organisation d’élections sous l’égide de l’ONU.

Les Kurdes sont exclus des négociations. L'opposition est formée du Conseil pour la révolution syrienne (CNS) aussi appelé le groupe du Caire et du groupe appelé le groupe de Moscou. Dans un prochain article, j'essayerai de définir qui sont les deux groupes d'opposition et qui sont ceux qui ne sont pas à la table de négociations.

La délégation du gouvernement refuse catégoriquement d'aborder la question de l'avenir du président syrien Bachar el-Assad, dont l'opposition réclame le départ. Interrogé sur ce point, le médiateur affirme que « ce sujet n'a pas été mis sur la table. Ce sera aux Syriens de décider dans les élections supervisées par l'ONU.»

Il n'y a eu aucune condition préalable d'un côté comme de l'autre. Ils discutent du processus constitutionnel et des élections sous supervision de l'ONU.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site