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Afrique

Sahara Occidental en guerre totale...

Sahara occ map

Depuis le 13 novembre, la guerre a repris au Sahara Occidental. Le gouvernement sahraoui lance un message urgent à tous les pays du monde, aux autorités publiques et privées, de s’abstenir de mener tous types d’activité sur le territoire sahraoui actuellement en guerre ouverte. Après un cessez-le-feu de 29 ans, la deuxième guerre entre le Front Polisario et le Maroc se déroule en l’absence totale de médias. Les deux parties ayant choisi de ne présenter aucune image de leurs opérations militaires. Une situation rarissime depuis la Deuxième Guerre mondiale, surtout à l’ère des smartphones et des réseaux sociaux. Ce qui n'augure rien de bon du point de vue de la violence. Présentement, il est très difficile ­— voire impossible — pour un média d’atteindre les zones de combats, les deux camps refusant catégoriquement tout accès. Organiser une mission médiatique à partir de la Mauritanie serait suicidaire. L’armée sahraouie détruirait tout véhicule non-identifié ou identifié en tant que média. Même l'ONU se dit impuissante à savoir ce qui se passe depuis la rupture du cessez-le-feu.

Le 15 novembre, Maghreb Arabe Presse, l’agence officielle marocaine, a publié une dépêche faisant état de tirs depuis deux jours de la part des forces sahraouies sur le mur de sable marocain long de 2700km. Cette dépêche a été supprimée dès le lendemain. Le Maroc agit comme si la guerre n’existait pas. Ses médias ont reçu ordre de ne pas aborder ce qui se passe au Sahara Occidental. Selon l’agence de presse officielle sahraouie, les opérations militaires se concentrent pour le moment, essentiellement sur le mur marocain. Il est bombardé quotidiennement par l’artillerie de l’Armée Populaire de Libération Sahraouie et a été touché à 14 endroits. 

Tout a commencé au poste frontière de Guerguerat, à l'extrême sud du Sahara Occidental, là où passe la seule route reliant le Maroc à la Mauritanie et à l'Afrique de l'Ouest : la Nationale 1. Guerguerat lieu où le 13 novembre, 200 véhicules militaires marocains sont intervenus contre des manifestants sahraouis pacifistes protégés par seulement quatre véhicules armés. Ils bloquaient la route vers la Mauritanie. Cette dernière a été fermée côté mauritanien, suite au bombardement de la route pendant deux nuits par les forces sahraouies. La Nationale 1, là où du côté marocain, de grands travaux ont amélioré la route pour faciliter définitivement le trafic civil et commercial. Elle se termine au port de Tanger sur la Méditerranée, un axe routier essentiel pour les relations commerciales du Maroc avec l'Afrique de l'Ouest.

La fermeture de Guerguerat démentie par le Maroc, plonge l'économie marocaine dans le marasme. L’agroalimentaire marocain grand exportateur vers la Mauritanie et les pays d’Afrique de l’Ouest est fortement touché. De plus, le royaume se voit privé des revenus du trafic de résine de cannabis, dont il est le premier producteur mondial. La production automnale de kif sera difficilement exportable vers le Moyen-Orient et l’Asie, via les routes du Sahel. Le Front Polisario dédie des unités entières pour lutter contre ce trafic. Désormais, même les passeurs les plus téméraires n’oseront plus s’approcher des zones de combats. En plus, le Maroc doit puiser dans ses réserves pour financer l’effort de guerre. 

Depuis la semaine dernière, des échanges réguliers de tirs opposent les deux camps le long du mur de sable de 2.700 km érigé par les Marocains. Le Polisario annonce chaque jour des attaques massives sur différents points de ce mur étroitement surveillé par les forces marocaines. Très discret sur les mouvements militaires, le Maroc communique surtout sur la légitimité de sa présence et sur le soutien de tribus sahraouis locales et de pays amis. Les deux camps se livrent une guerre d'informations sur les réseaux sociaux. 

L'ONU appelle les parties à prendre toutes les mesures nécessaires pour faire baisser la tension. Des discussions sont en cours pour relancer le processus de règlement politique, à l'arrêt depuis 2019. La dernière résolution du Conseil de sécurité adoptée le 30 octobre, est jugée favorable à l'esprit d'autonomie marocaine élaborée par le roi du Maroc. Après l'adoption de cette résolution, le Polisario affirme n'avoir d'autre choix que d'intensifier les combats. Le Maroc, qui contrôle les trois quarts du Sahara occidental, ses gisements de phosphate et ses eaux méditerranéennes poissonneuses, veut une autonomie sahraouie sous sa souveraineté.

L'Union Africaine, la Russie et le Mali appellent à la reprise des négociations pour une solution politique négociée, juste et acceptable pour toutes les parties. Le Polisario demande depuis trente ans l'organisation d'un référendum d'autodétermination prévu par l'accord de 1991, mais jamais mis en œuvre. Cuba réaffirme son appui au Polisario.

L'Algérie voisine, souhaite la tenue d’un référendum pour permettre aux Sahraouis de faire leur choix. S’ils optent pour leur rattachement à la monarchie marocaine, l'Algérie respectera leur décision. De même s'ils optent pour l'autodétermination. En attendant elle accepte et ouvre ses bras aux femmes sahraouies, aux enfants sahraouis et aux vieillards sahraouis. Elle ferme ses frontières à toute circulation commerciale du Maroc vers d'autres pays que le sien. Selon la revue Military Watch Magazine, l'Algérie possède le missile balistique russe "Iskander" d'une portée de 500 km, d'une grande précision, d'une grande maniabilité; sa trajectoire étant difficile à prévoir par les systèmes de défense. 

La Mauritanie quant à elle, émet des réserves sur le 2éme mur de sable érigé par le Maroc. Elle le considère trop près de ses frontières. Elle a aussi des réserves sur la démarche unilatérale du Maroc, ainsi que sur la présence des forces militaires marocaines stationnées à Lagouira près de l'armée mauritanienne; alors que cette localité est classée zone démilitarisée depuis des décennies. Le roi du Maroc est attendu en Mauritanie pour discuter de la situation.

À suivre...

Sources: 

Magrheb online : "Opérations militaires, médiatisation, impacts économiques, Sahara Occidental, un conflit hybride" par Tarek Hafid, 22/11/20

TV5 Monde : "Sahara Occidental : que se passe-t-il depuis la rupture du cessez-le-feu ?", 22/11/20 

Algérie Presse Service : "La Mauritanie émet des réserves sur le 2éme mur de sable érigé par le Maroc", 22/11/20

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Sahara occidental : sur le pied de guerre...

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L'ONU ne reconnaît ni la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), qui contrôle 20% du Sahara occidental, ni la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, qui en contrôle 80%. Elle considère le territoire comme en phase de décolonisation. Par contre pour l'Union Africaine, la RASD est un état africain. Elle est membre à part entière de l'organisation depuis 1982. Le Maroc lui, reçoit le soutien de l'Arabie saoudite et de la Jordanie.

En 1991, après presque deux décennies de guerre, le Maroc accepte enfin un cessez-le-feu avec le Front Polisario, armée de la RASD. Malgré cette paix, une génération toute entière est née et a grandi en exil. Elle a passé toute sa jeunesse dans des camps de réfugiés sur le territoire du Front Polisario, près de la frontière algérienne et aussi en Espagne.

Cette nouvelle génération, ayant épuisé tous les moyens pacifiques, affirme maintenant qu'il est grand temps pour elle de rentrer chez elle et de se battre, s'il le faut. Dans le cadre de l'accord de paix de 1991, le Maroc avait accepté d'organiser un référendum sur l'indépendance; ce qu'il n'a jamais fait. C'est un vote qu'il aurait certainement perdu.

Le Sahara occidental est considéré par certains, comme la dernière colonie d'Afrique. 80% est occupé par le Maroc depuis 1975. Ce dernier considère quant à lui, que cette ancienne colonie espagnole, fait partie de son territoire. Ainsi en 1975, lorsque l'Espagne annonce qu'elle va organiser un référendum sur l'indépendance du Sahara occidental - alors appelé Sahara espagnol - le Maroc reconquiert le territoire. La guerre contre le Front Polisario a été coûteuse, notamment en raison de la construction d'un mur fortifié de 2700 km que le Maroc a érigé de son côté de la zone tampon.

Depuis que le Maroc a obtenu son indépendance en 1956, il existe une version selon laquelle le pays a été dépouillé par la France et l'Espagne du Sahara occidental et de certaines parties de la Mauritanie, du Mali et de l'Algérie. En 1963, le Maroc a essayé de reprendre par la force à l'Algérie, le territoire qu'il considérait sien. Il a subi une défaite militaire humiliante.

Le 20 octobre dernier, des manifestants sahraouis ont empêché des camions marocains de circuler du Maroc, en passant par le Sahara occidental, vers la Mauritanie. En réponse, le Maroc a expulsé les manifestants par la force le 13 novembre. Ce même jour, en violation du cessez-le-feu de 1991, l'armée marocaine a pénétré dans la zone tampon établie par l'ONU. En réponse, le Front Polisario a décrété l'état de guerre. L'ONU ayant reçu des rapports sur plusieurs incidents de tir de part et d'autre, demande aux belligérants de respecter le cessez-le-feu.

La semaine dernière, de féroces affrontements ont éclaté. Le Front Polisario a bombardé le mur marocain et demande le retrait total des Marocains du Sahara occidental. La fin de la guerre est désormais liée à la fin de l'occupation illégale, déclare-t-il.

Pour la jeunesse née en exil, il n'y a plus de retour possible en arrière, la seule issue est un conflit armé ouvert. Pour eux, 30 ans, c'était assez long pour placer des urnes!

Sources :

Al Masdar news : Les forces du Polisario lancent de lourdes attaques à la frontière marocaine, 20/1120

Euro News : Sahara occidental : le Front Polisario et le Maroc sur le chemin de la guerre ?, par Marta Rodriguez Martinez & Orlando Crowcrof, 20/11/20

Carte : Radio France Internationale

La course à la présidence du Zimbabwe est maintenant ouverte

Localisation zimbabwe

2e8b708 50b0c229f6f34bc4ad2ccf33feefe705 50b0c229f6f34bc4ad2ccf33feefe705 0Le président du Zimbabwe, M. Robert Mugabe est l'un des « pères de l’indépendance » de l'ancienne Rhodésie du Sud. Il a été l'un des chefs de file d'un nouveau pays souverain et non ségrégationniste. 

Ce dernier âgé de 93 ans, vient de limoger son vice-président Emmerson Mnangagwa pour manque de respect, manque de loyauté, et malhonnêteté. Pourtant le vice-président en poste depuis trois ans, qui a été à tour de rôle, ministre de l’Intérieur, ministre de la Défense et ministre de la Justice, était perçu comme le dauphin naturel du chef de l’état.

Depuis plusieurs mois, la grogne s'intensifiait entre les deux hommes. En effet pour sa succession, le président semble maintenant accorder son appui à la nouvelle garde, un groupe qu’on appelle le G40 et auquel est associée Grace Mugabe (sa femme).

871728450Elle dirige la Ligue des femmes de la Zanu-PF, le parti de son mari et ne cache plus ses ambitions présidentielles. Elle multiplie les rallyes politiques à travers le pays et lance de petites phrases du style « je suis prête si mon mari a besoin de moi », tout en intensifiant les attaques contre M. Mnangagwa, son principal adversaire à la succession de son mari. 

Lors de la fin de semaine dernière, Mme Mugabe a été huée lors d'un meeting populaire. Le président a alors accusé le vice-président d'en avoir organisé la fronde.

Former vp mnangagwaM. Mnangagwa pour sa part, n'est pas très loin de certaines branches de l'armée nationale. De sorte que les déplacements récents de cette dernière à travers le pays, ne passent pas inaperçus. Il semblerait qu'elle encercle la capitale.

Le vice-président pourrait décider de rester au sein de la Zanu-PF et de se battre ou de créer son propre parti. 

Boko haram, conflit régional

Boko Haram : Depuis six ans, cette insurrection a fait plus de 13.000 morts et 1,5 million déplacés au Nigeria. L’organisation multiplie ses opérations, incluant des attaques contre le Cameroun, le Niger et le Tchad.

Boko Haram a envahi pendant quelques heures Gombe, capitale régionale dans le nord-est du Nigeria. Le président nigérian appelle alors à l'aide, les États-Unis. «Il n'y a pour l'heure, aucun projet d'envoyer ou d'ajouter de nouveaux soldats américains au Nigeria», a répondu le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby.

Le Tchad, le Niger, le Nigeria, le Cameroun et le Bénin se sont mis d’accord pour engager 8.700 hommes dans une force multinationale contre Boko Haram, alors que le Tchad a déjà lancé ses troupes dans la bataille dans le nord-est du Nigeria.

Sources :45e Nord.ca, Canoe.ca actualités, 

Boko Haram

Boko Haram a lancé pour la première fois, une attaque contre le Tchad, tuant cinq personnes.

Des éléments de Boko Haram sont arrivés sur des hors-bords venant de Baga, sur la rive nigériane du lac Tchad, pour lancer un assaut simultané contre Ngouboua un village et un camp militaire. 

Boko Haram avait lancé une contre-attaque meurtrière au Cameroun, dans la ville de Fotokol, avant d'être repoussé par les soldats camerounais et l'armée tchadienne. Auparavant sur le sol du Nigeria, l'armée tchadienne avait chassé les islamistes de la ville frontalière de Gamboru (voisine de Fotokol).

Dégager les passages frontaliers et les axes de circulation vitaux devient l’un des enjeux de l'engagement militaire tchadien dans la lutte contre Boko Haram. Le commerce est quasiment stoppé à la frontière nigériane. L'axe commercial N’Djamena, Kousseri, Maidiguru est au point mort à cause de la présence de Boko Haram dans la zone de Fotokol et Gamboru.

Sources : Afrik.com, Canoe.ca actualités, France 24.