Négociation de paix pour le Yémen

 

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En Suisse, sous l’égide de l'ONU, les autorités yéménites et les rebelles Houthis entament une négociation de paix, après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu d'une semaine (renouvelable). Absente des négociations, mais omniprésente, l’Arabie saoudite.

Les parties doivent discuter de la résolution 2216 du Conseil de sécurité, qui proclame le gouvernement Hadi : seule autorité légitime et exige le retrait des rebelles des zones conquises depuis 2014. Ce qui revient à dire, rétablir une légalité internationale qui, en réalité, n’est pas applicable sur le terrain.

Les pourparlers sont entre les forces du président Hadi, les rebelles Houthis et le Congrès du parti populaire de l'ancien président Saleh qui a soutenu les rebelles. Personne ne s’attend à grand-chose mais l’espoir demeure. Le bruit des armes a d’ailleurs retentit de manière sporadique depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

La guerre civile, avec ses 6.000 morts (la moitié étant des civils), 28.000 blessés, affecte 80% de la population. En effet, 21 millions sur 24 millions nécessitent une aide et L’ONU en aide 11 millions. Un désastre humanitaire de grande envergure guette le pays.

Au début 2015, après que les Houthis (du nom de ses dirigeants, al-Houthi et ses frères)​ aient pris la ville de Sanaa et d'Aden, la coalition pro-gouvernementale dirigée par l'Arabie saoudite débutait une campagne militaire contre les rebelles.

En août 2015, le Comité international de la Croix-Rouge faisait remarquer qu’après 5 mois de guerre, la situation au Yémen était aussi mauvaise qu’en Syrie après 4 ans de conflit. Toutes les conditions sont réunies pour des épidémies.

La situation sur le terrain continue de se détériorer. Le 6 décembre, le général Saad, gouverneur d’Aden était tué par une voiture piégée de l’État islamique. Il faudrait une sorte de miracle pour que les réunions puissent déboucher sur une réelle désescalade.

Il est clair que l’Arabie saoudite a fait comprendre qu’elle serait prête à arrêter ses opérations aériennes. Elle est consciente qu’elle n’arrivera à rien en poursuivant ses bombardements. Cela ne veut pas dire pour autant que Riyad entend se retirer du jeu.

Certes, les forces loyalistes du président Hadi (le protégé des Saoudiens) ont réussi à reprendre Aden, la deuxième ville du pays. Mais les victoires sur le terrain demeurent fragiles. Aujourd’hui, au mouvement de la rébellion houthiste (de confession zaydite, une branche du chiisme) s’ajoute le réveil des factions séparatistes du sud. Al Qaida n’a jamais été aussi présente. A cela s’ajoute un nouveau venu : l’État islamique. Aujourd’hui, peu de gens parient sur un Yémen qui s'en sortirait en un seul morceau.

Jusqu’ici, le Yémen reste en marge des préoccupations internationales. Sa population, asphyxiée par un embargo, sans soins médicaux, privée d’électricité depuis neuf mois, soumise aux combats et aux bombardements, cherche sa nourriture.

Sources :

UPI : Yémen-feu, les pourparlers de paix commencent alors que la crise humanitaire se détériore, 15/12/15,  Andrew V. Pestano 

Le Monde : Yémen : début du cessez-le-feu et des négociations, 15/12/15

 

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