Arabie saoudite

Ben Salman - Xi Jinping

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L’héritier saoudien Mohammed ben Salman, qui compte bien sortir progressivement l’économie du royaume de sa dépendance aux exportations pétrolières, a rencontré le président chinois Xi Jinping.

« Donnant-donnant », comme aime à le répéter la diplomatie chinoise : d’un côté un contrat de 10 milliards de dollars signé avec la compagnie pétrolière d’Etat "Saudi Armaco" pour construire un complexe de raffinage en Chine. De l’autre, le géant chinois des télécoms Huawei promet d’investir 20 millions de dollars par an en Arabie saoudite, avec 10 000 emplois.

On ne sait pas si la question des camps de rééducation des Ouïghours dans l’ouest de la Chine, qui fâche le monde musulman, a été abordée entre les deux dirigeants. Quand le thème a été évoqué par la BBC en direct, la retransmission s’est immédiatement interrompue. Du côté chinois, les médias officiels se sont gardés de toute allusion au meurtre du journaliste saoudien Jamal Kashoggi le 2 octobre dernier à Istanbul.

La Turquie, principale rivale de l'Arabie saoudite

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La Turquie est devenue la principale rivale de l'Arabie saoudite, pour lui soutirer le titre de première puissance sunnite du monde musulman. En effet, les lignes de fractures géopolitiques entre ces deux poids lourds s'accentuent d'année en année. Les ambitions rivales des deux puissances sunnites alliées de Washington dessinent une nouvelle géopolitique régionale, qui semble favoriser la Turquie.

Cependant en Égypte jusqu'à maintenant, la Turquie est perdante. Puisque Riyad est le principal soutien de l’Égypte du maréchal Sissi, tandis qu’Ankara est très proche des Frères Musulmans de Mohammed Morsi. Ce dernier avait d'ailleurs gagné la seule élection véritablement démocratique d'Égypte. Morsi a été renversé par le coup d’état de l’armée égyptienne, soutenu par l'Arabie saoudite.

La Turquie est partisane d’un réchauffement des relations pacifiques avec son puissant voisin iranien, alors que l’Arabie de MBS fait la guerre par procuration à l'Iran des Ayatollahs. À ce sujet, l'avenir semble prometteur pour la Turquie.

Riyad perd le Qatar comme allié en décrétant avec six de ses alliés, un embargo contre ce pays. La Turquie appuie le Qatar et ce dernier prête main-forte à la Turquie en injectant plus de 20 milliards de dollars d’investissements dans l'économie turque attaquée par l'économie américaine. L’émir al-Thani met au service de la Turquie son influence politique et sa puissance médiatique avec la chaîne Al Jazeera. Le Pakistan soutenant aussi le Qatar, se rapproche de la Turquie. Gagnant : La Turquie !

Ankara, tout comme Doha, financent le Hamas palestinien et soutiennent la cause palestinienne au moment où le royaume wahhabite se rapproche spectaculairement d’Israël. Gagnant : La Turquie !

Ankara et Doha signent un accord militaire comprenant une gigantesque base militaire turque au Qatar. Les forces spéciales turques assurent la protection du palais de l’émir al-Thani. Le Pakistan s'implique militairement, pendant que les Américains conservent leur importante base militaire, mais jusqu'à quand?

En Syrie, les déboires de l’Arabie saoudite et la perte d’influence des États-Unis libèrent un espace pour la Turquie, dont le partenariat avec les États-Unis et l’Europe est en crise. Ankara se rapproche de Moscou et forme avec la Russie, l’Iran et le Qatar, une nouvelle alliance anti-occidentale. L’armée turque, deuxième armée de ­l’OTAN, se retrouve parfois en concurrence avec les autres membres de l’alliance. C’est le cas en Syrie.

À l’opposé, l’axe États-Unis-Israël-Arabie saoudite-Emirats arabes unis-Égypte se renforce.

La Turquie prend pied au Koweit, grâce à un accord militaire. En mer Rouge, elle installe ses positions, juste en face des côtes saoudiennes. Elle inaugure une base navale en Somalie et s’apprête à faire de même au Soudan, qui cède à la Turquie l’île de Suakinen en mer Rouge, pour y installer une base militaire. Or, cette île fait l’objet d’un litige territorial entre le Soudan et l’Égypte.

La Turquie offrant une certaine démocratie, propose la stabilité avec l'Iran, qui offre aussi une certaine démocratie. La Turquie se rapproche de la Russie, qui offre une certaine démocratie. Tandis que l'Arabie offre le moyen âge et la dictature, en prônant la guerre et l'écrasement de l'Iran.

Écrasement qui semble impossible à réaliser. À noter que les alliés occidentaux de Ryad offrent également une certaine démocratie, mais assurément ce n'est pas le cas de l'Arabie.

Lutte anti-corruption en Arabie saoudite...

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Deux médias électroniques saoudiens, soit le magazine économique "Al-Iqtissadiyah" et le journal "Sabaq", annonce l'arrestation de 11 princes et 38 ministres et vice-ministres actuels et anciens pour suspicion d'implication dans des affaires de corruption. Donc, beaucoup d'hommes d'affaires arrêtés en Arabie Saoudite dans le cadre d'une opération anti-corruption. Le milliardaire saoudien al-Walid Bin Talal et le prince Mutaib bin Abdullah font parti des gens arrêtés. Est-ce une purge camouflée en anti-corruption ?