Algérie

Algérie : Salah chef de l'Armée s'enligne vers la présidence

Untitled 27 626038256

La justice est à l’œuvre en Algérie contre les milliardaires et politiciens proches du clan Bouteflika. Les magistrats ne reçoivent plus leurs ordres du Palais présidentiel, où trônait Said Bouteflika frère de l’ancien président, mais de la part des hautes sphères de l’armée, car les instances judiciaires sont maintenant désignées par le pouvoir militaire. 

On ébranle le socle de l'ancien pouvoir. Gaid Salah chef d'État-Major de l'Armée, instrumentalise le système judiciaire. Il s’en prend présentement aux seconds violons, à ceux qui n’ont pas de soutien national ou international. Demain, le chef d’état major attaquera le coeur de l’ancien pouvoir, qui lui, bénéficie de protections internationales venant des Émirats et de la France. 

Les poursuites lancées ces derniers jours contre l’ancien premier ministre Ahmed Ouyahia, le ministre des finances Mohamed Loukai, le milliardaire Issad Rabrab, l’oligarque Reda Kouninef, le général Said Bey et le général Chentouf, sont tous des pro-Bouteflika, sans soutien de l'intérieur ou de l'extérieur.

Ces gens ne sont pas les parrains du système corrompu. Le général Toufik, ancien chef du DRS (service secret algérien) et Said Bouteflika, frère d' l'ancien président déchu Abdelaziz Bouteflika, sont les vrais parrains du système de corruption. 

Remarquez que d’autres milliardaires tout aussi corrompus ne sont pas inquiétés, comme l’homme d’affaires Bahaeddine Tliba, lié au fils de Gaïd Salah. Certains députés du FLN et corrompus notoires sont également épargnés pour être recyclés dans de nouvelles configurations politiques.

L’état major de l'armée s’impose à travers l’activation du système judiciaire. Il affaiblit les autres clans qui se disputent le pouvoir. Le but est que Gaïd Salah reste le seul en lice, lorsqu’il s’agira de choisir le meilleur successeur dans une compétition, qui sera nécessairement encadrée par l’institution militaire.

L’armée jettent quelques tètes en pâture à la vindicte populaire, qui s’exprime massivement chaque vendredi. On verra sans doute les manifestants demander des poursuites contre les vrais responsables de l’ancien régime, à savoir Said Bouteflika et le Général Toufik. 

 

Élection algérienne

M. Abdelaziz Bouteflika, affaibli par la maladie a été réélu pour un quatrième mandat avec 82% des voix. Ses partisans  ont célébré sa victoire dans les rues d'Alger. Il y a même eu feu d’artifice. Souriant, il a voté en fauteuil roulant. Son passage au bureau de vote constitue sa première apparition publique depuis mai 2012. A 77 ans, il souffre des séquelles d'un AVC, ayant réduit ses capacités d'élocution et de mobilité, et n'a pas mené lui-même la campagne électorale. Au pouvoir depuis 14 ans, Il détient le record de longévité pour un chef d'état algérien.

M. Bouteflika avait exhorté les Algériens à aller voter. Le taux de participation étant en effet un des enjeux de la consultation. Le résultat : 52% de l’électorat s’est rendu aux urnes.

Outre la participation, c'est la fraude qui a fait débat, après les récentes révélations d'un ancien wali (préfet) confirmant que cette pratique avait bel et bien lieu. Le principal opposant, M. Ali Benflis, a recueilli 13% des suffrages. Il a fait de la fraude un thème électoral majeur. D’ailleurs dès la fermeture du scrutin, il a dénoncé une fraude à grande échelle et a déclaré qu'il ne reconnaîtrait pas les résultats.

Une coalition de cinq partis d'opposition avait appelé à boycotter le scrutin, plaidant en faveur d'une "transition démocratique", tandis que le mouvement Barakat (Ça suffit), hostile à un quatrième mandat du président, avait estimé que cette élection était "un non-événement".

Des incidents ont émaillé l'élection notamment à Bouira. À Alger, une tentative de manifestation d'opposants a été avortée. En Kabylie des incidents ont fait 70 blessés. Le quotidien El Watan a parlé d'un scrutin dénué de crédibilité, dénonçant la fraude qui a toujours régné sur les élections algériennes. Pour Liberté, les véritables manœuvres commenceront au lendemain du 17 avril, le scrutin en lui-même étant dénué d'enjeux réels.