Analyse politique sur différents pays

Le triangle alTanf, AbuKamal, arRusafah, nouvel enjeu de la guerre

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L'état-major de l'Armée Arabe Syrienne (Syrie) est à Bagdad (Irak) pour discuter de la suite de la guerre. Il semble que ce soit une offensive majeure des deux protagonistes sur Abu Kamal. 

En effet, le "Hezbollah" libanais et "l'armée syrienne" s'établissent sur le terrain pour empêcher les rebelles protégés par les États-Unis de progresser vers la province de Deir Ezzor, tout en se préparant à une offensive sur Abu-Kamal.

En même temps, un imposant renfort du "Harakat Al-Nujaba" (paramilitaire irakien) vient d'arriver à la frontière entre l'Irak et la Syrie justement près d'Abu-Kamal.

Donc l'armée syrienne, le Hezbollah libanais et le "Harakat Al-Nuja" irakien prépareraient une offensive majeure sur cette ville, au sud-est de la province de Deir Ezzor en Syrie, tout près de la frontière irakienne.

Après Alep, la reprise de Palmyre, la percée aux frontières jordanienne et irakienne, le triangle que composent les trois villes syriennes al-Tanf, Abu-Kamal et ar-Rusafah devient dorénavant l'enjeu principal de la guerre syrienne. La Syrie, le Hezbollah libanais et l'Iran mettent tout en leur pouvoir pour reconquérir ce triangle dans le but de rouvrir un couloir terrestre, Iran, Irak, Syrie, Liban et Méditerranée. 

Vainqueur de ce triangle et bénéficiant de cette voie de communication terrestre avec son fournisseur iranien, le clan Assad progressera alors beaucoup plus rapidement ailleurs au pays et le ravitaillement du Hezbollah libanais en sera énormément augmenté au grand dam d'Israël. Les États-Unis et leurs protégés en sont réduits à la ville d'al-Tanf, incapables d'en sortir. 

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D'ailleurs, avant hier, la présence de Qasem Soleimani (major général des Forces Al-Qods, groupe d'intervention extra-territoriale iranien), considéré comme grand stratège militaire même par les Occidentaux, sa présence à la frontière syro-irakienne, prend alors tout son sens et démontre l'importance qu'accorde l'Iran à cet épisode de la guerre. La présence constante de cet homme sur les lieux des combats représente assurément un atout à sa compétence. D'ailleurs, le fait qu'il aie été légèrement blessé lors de la reconquête d'Alep, prouve que sa présence près des combats n'est pas de la frime.

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Qasem Soleimani à la frontière syro-irakienne

Qasem Soleimani

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Soleimani, modeste héros, major général iranien, à la tête des Forces Al-Qods, (groupe d'intervention extra-territoriale iranien), élu homme de l'année par le site iranien d'informations Khabaronline.ir à la suite d'un sondage en 2015. Ce héros iranien vient tout juste de visiter la frontière Syrie-Irak. Reconnu comme un brillant tacticien y compris par les Occidentaux, il œuvre en faveur des Chiites au Moyen-Orient, notamment en ayant bâti la branche armée du Hezbollah libanais et celle du Hezbollah irakien. À partir de 2012, il engage les forces armées Al-Qods dans la guerre syrienne.

Depuis 2014, il est également engagé en Irak, y intervient régulièrement notamment lors du siège d'Amerli, les batailles d'Al-Anbar, de Baïji et de Tikrit.

Actif en Irak comme en Syrie, il est légèrement blessé le 22 novembre 2015 à al-Eiss, au sud-ouest d'Alep en Syrie, lors de féroces combats contre les alliés d'al Qaïda.

Il bénéficie d'une popularité importante en Iran, popularité qu'il encourage par l'envoi de photos prises sur les différents théâtres d'opération où il se trouve. L'image de Soleimani en Iran est celle d'un irréprochable héros de guerre. Vétéran décoré de la guerre Iran-Irak (1980-1988), il se décrit lui-même comme « le plus petit soldat »

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Le Pakistan, naissance d'une nouvelle super-puissance

 

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Les Pakistanais exigent le retrait d'Islamabad de la coalition de Riyad

Assistons-nous présentement à la naissance d'une nouvelle puissance mondiale qui défendra dorénavant les intérêts des Musulmans à travers le monde? Le Pakistan, avec le nombre de sa population, sa bombe nucléaire, son économie florissante et sa situation géographique, semble se glisser tranquillement dans un processus qui a le potentiel d'en faire le remplaçant de l'Arabie saoudite à ce sujet.  

En avril 2015 le Parlement pakistanais avait voté à l'unanimité sa non-participation militaire à la guerre saoudienne contre le Yémen. Depuis l'escalade des tensions entre l'Arabie saoudite et le Qatar, la classe politique, les analystes et les médias pakistanais exigent maintenant le retrait politique de leur pays de la coalition militaire saoudienne faisant la guerre aux Chiites du Yémen. Cela intervient après la décision du Pakistan de déployer 20.000 militaires au Qatar.

Depuis la visite de Donald Trump en Arabie saoudite, les tensions augmentent au sein du Conseil de coopération du golfe Persique (CCGP). L'Arabie saoudite accusant le Qatar d'aider les terroristes. Comprendre : le Qatar est trop ami avec l'Iran et les Frères musulmans.

Nous assistons en ce moment, aux premiers pas en politique internationale du Pakistan, autre qu'avec ses voisins immédiats. La nouvelle politique internationale pakistanaise s'appuie sur une économie nationale grandissante. En effet, les investisseurs mettent en avant le potentiel de croissance du pays, mais aussi la stabilité du gouvernement perçu comme pro-affaires et la bonne santé du secteur bancaire. La Bourse de Karachi a obtenu un gain de 30 % en un an. 

La nouvelle route de la soie et la collaboration du Pakistan avec la Chine favorise nettement l'économie pakistanaise. Ce pays est perçu comme une source potentielle de super-performance et de croissance. Le Pakistan n'est pas à la traîne, bien au contraire. 

Depuis tout récemment il a rejoint l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS), structure inter-étatique consacrée aux questions de sécurité et de lutte antiterroriste. Les autres pays membres en sont la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizistan et l’Ouzbékistan.

Le Pakistan, pays que tous les autres devront dorénavant considérer dans leur politique mondiale future.
 

L'affaire du Qatar

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L’affaire du Qatar

La guerre « Sunnites versus Chiites » vient de monter d’un autre cran. L'Arabie saoudite accuse le Qatar de financer les terroristes. Le Qatar subit donc un embargo de la part du clan de l'Arabie. Les Kataris se sont rués dans les magasins et ceux-ci sont dorénavant vides.

L'Arabie saoudite et ses alliés du golfe persique entraînent dans le clan sunnite, moyennant leurs moyens financiers, Israël, l'Union européenne et l’Amérique du Nord ; contre l’Iran, la Syrie, le Hezbollah et les Houthis du Yémen qui eux entraînent la Russie et dans une moindre mesure la Chine dans le clan chiite.

La Chine qui se tient en arrière-plan, prend clairement position en faveur de l’Iran et de la Russie, ses deux grands alliés politico-commerciaux. Son arrière-plan est aussi dû au fait que les États-Unis sont eux aussi un de ses partenaires commerciaux. Mais cette Chine est en devenir de remplacer les États-Unis en tant que première puissance mondiale, si ce n’est pas déjà fait.

La Russie et la Chine ont commencé une compétition face à la Banque mondiale gérée par Washington et « La nouvelle route de la soie » que construisent les Chinois, demeure un indice économique en faveur de Bejing.

On retrouve à l'intérieur de la lutte « Sunnites-Chiites » quelques pays assis entre deux chaises, dont la Turquie. Elle est membre de l’OTAN mais s’éloigne de plus en plus des Occidentaux pour rejoindre les Russes.

La tentative du coup d’état militaire de 2016 serait l’œuvre de Fethullah Gülen réfugié aux États-Unis. Ce coup a poussé tranquillement la Turquie vers le clan russe. Les accusations de l’Arabie indiquant clairement que le Qatar finance les Frères musulmans viennent de pousser davantage Ankara (dirigée par les Frères musulmans) vers Moscou. D’ailleurs Erdogan parle en ce moment à Poutine au sujet du Qatar.

L’Égypte pays laïc contrairement à l’Arabie, est, elle aussi assise entre deux chaises. Les militaires égyptiens ont réussi un coup d’état militaire contre les Frères musulmans qui avaient gagné les élections. Le Qatar finance les Frères musulmans. D’où l’alignement du Caire derrière l’Arabie. Cependant, l’année dernière l’Égypte a quand même effectué un exercice militaire naval avec la Russie.

Le Qatar est maintenant assis entre deux chaises lui aussi. Il soutient les Frères Musulmans et a financé l’EI au moins jusqu'en juin 2014, mais n’oublions pas que l'Arabie Saoudite a financé al-Nosra en coopération avec la Turquie et le Qatar. C’est le Qatar qui avait demandé à al Nosra de changer son nom pour que ce soit plus facile de le financer. Le Qatar finance également le Hamas dans la bande de Gaza. D’où Tel-Aviv présent dans le clan saoudien.

Le Qatar est le seul pays membre du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui maintient des relations diplomatiques avec Téhéran. La récente rencontre entre Trump et les Saoudiens avait pour objectif non seulement de vendre pour des milliards de dollars en armes à l'Arabie, mais aussi de créer une sorte d'Otan arabe dans le but de contrer l'Iran.

En fait, c'est surtout le rapprochement Qatar-Iran qui inquiète les Saoudiens. Le Qatar tire sa richesse d'un champ de gaz offshore qu'il partage avec l'Iran, il a donc intérêt à ménager Téhéran. Le ministre des affaires extérieures du Qatar est maintenant en communication avec Poutine.

En ce moment, la guerre entre Sunnites et Chiites est le principal conflit mondial. L’initiative guerrière est venue du clan sunnite. Le clan Chiite se défend. Mais il ne faudrait pas que le tout dégénère en guerre mondiale.

Le Qatar isolé

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L'Arabie saoudite, l'Égypte, les Émirats arabes unis et le Bahreïn rompent leurs relations avec le Qatar, accusé de soutenir le terrorisme comme Al-Qaïda, l'État islamique et les Frères musulmans.
Le Qatar a également été exclu de la coalition militaire arabe qui combat les Houthis pro-iraniens au Yémen. Ces 4 pays ferment leurs liens terrestre, aérien et maritime avec le Qatar.
Ce dernier soutiendrait également les chiites appuyés par l'Iran dans la province de Qatif au royaume saoudien, ainsi que la majorité chiite au Bahreïn.

Le Qatar quand à lui, se plaint d'être victime d'une campagne de salissage.

La certitude de la France face à l'Incertitude

Images 5 3Réflexion sur la certitude qu'ont les principaux médias français, sur la qualité de leur nouveau président fraîchement élu et ce presque sans députés, une dizaine tout au plus, venant de d'autres formations politiques. Connu depuis seulement trois ans à peine et issu du milieu financier, il sera le serviteur des grandes banques et des multinationales. Donc il ne luttera pas contre les abris fiscaux, qui détruisent encore plus qu'on ne le pense, le système économique dans lequel nous vivons. Cela n'énerve personne.

Le nouveau président est traité par les médias, comme étant une personnalité sérieuse, contrairement à sa rivale qui elle, à les écouter, est une extrémiste de droite qui fait peur aux gens, même si elle a obtenu à l'élection présidentielle, son meilleur score de tous les temps. Il était quand même préférable pour elle, de ne pas accéder à la présidence maintenant. Car elle n'aurait pas eu le nombre de députés nécessaires et ne l'aurait pas obtenu en juin prochain non plus, malgré qu'elle augmentera sûrement le nombre de ses députés. Sa présidence aurait été instable et elle aurait ainsi perdue toute crédibilité.

Donc, le fait que Macron a une très faible expérience en politique d'à peine deux ans, le fait que son parti «En Marche» soit un jeune bébé sans députés élus, le fait qu'au premier tour, la France était et demeure aussi divisée que les quatre points cardinaux, Macron 25 % des votes, Le Pen 23 %, Filion 19 et Melanchon 19, lui aussi. Le fait que ces quatre formations, plus les Socialistes, lutteront d'arrache pied aux prochaines législatives, afin d'obtenir le plus grand nombre de députés possibles. Ça n'énerve personne. 

Aux législatives de juin, il est certain que Macron n'obtiendra pas 65% des députés. Le Pen ira chercher quelques sièges chez Filion, Macron aussi. Mais Filion demeurera fort. Melanchon ira chercher quelques sièges chez les Socialistes, Macron aussi. Ce dernier risque énormément d'être minoritaire. Filion, Le Pen et Melanchon lui feront une lutte sans merci. Ça n'énerve personne.

Sa politique sera la continuation de la politique d'Hollande, que personne n'aimait. Pourtant, ça n'énerve personne. En prime, il ira chercher des idées et des politiciens autant de Droite que de Gauche. Ça n'énerve personne. C'est vrai que les deux grands partis se ressemblent de plus en plus. Bien ça y est, ils ne feront plus qu'un parti avec toutes les difficultés que cela entraîne pour les unir. Ce qui sera très déstabilisant. Ça n'énerve personne.

Cet homme pourrait être présenté comme un risque énorme que la France prend mais ce n'est pas le cas. Il est présenté comme sérieux. Décidément, la haute bourgeoisie a toujours un tour dans son sac, pour se retourner le plus vite possible et récupérer le vote des électeurs, qui semblent cependant vouloir lui échapper pour la première fois de l'histoire de la démocratie.

Ce qui est certain, les temps changent et la pensée du XXIe siècle s'incruste davantage tous les jours dans le paysage politique et ce à l'échelle planétaire. La défaite des deux grands partis Français en fait partie. Macron continuera de propager la pensée du XXe siècle. Ce qui le mènera directement à l'échec et l'instabilité. Il ne fera donc qu'un mandat. Par contre, la pensée du XXIe siècle continuera son évolution sans Macron, à moins d'un autre revirement. Ce qui est toujours possible venant de la part de la Haute Bourgeoisie qui, elle, est capable de tout, pour conserver le pouvoir et l'argent. 

Syrie, Assad reste ou pars

 

Basharal assad1ap 696x391Dans une guerre, lorsque les tensions montent, les belligérants en sueurs grimpent péniblement, jusqu'au sommet du pic final. Plus souvent qu'autrement un sommet en cache un autre et encore un autre, toujours plus haut. Il y en a trois ou quatre comme ça. Lorsque le sommet du pic final est atteint, un des deux clans s'écroule subitement, totalement et brutalement jusqu'au ras des pâquerettes et ne pourra jamais plus remonter la pente. Au sommet du pic final, il n'y a de place que pour le vainqueur. Le perdant s'efface avec le temps à tout jamais.

Dans cette guerre, après quelques sommets qui en cachaient quelques autres, il semble que ce soit le pic final que nous soyons en train d'atteindre. Dorénavant, un des deux clans fléchira avant de s'écrouler.

Premier sommet, le 5 juin 2013 : la reprise de Qousseir par l'Armée Arabe Syrienne et le Hezbollah. Avant l'armée perdait. Depuis, sans être un ras-de-marée, elle gagne.

Deuxième sommet, août 2013 : Massacre de la Ghouta : Le rapport d'enquête de l'ONU confirme l'utilisation d'armes chimiques, "roquettes surface-surface contenant du sarin, produit neurotoxique" mais n'avance aucune responsabilité d'une partie ou de l'autre. Cependant, les Américains condamnent ouvertement le gouvernement Assad et sont à quelques minutes de le bombarder, lorsqu'un accord sort subtilement de la manche des Russes. Les Syriens se débarrassent de leur stock d'arme chimique et les Américains ne bombarderont pas. Ici, le gouvernement a chancelé, titubé mais n'est pas tombé. Mais après, il perd, gagne et reperd.

Troisième sommet : Septembre 2015, l'arrivée de l'armée russe. Assad ne cesse de gagner du terrain. Il avance constamment lentement mais sûrement.

Quatrième sommet : La libération d'Alep, le Stalingrad syrien. Depuis les forces syriennes avancent de façon constante et définitive. Ça semble irréversible.  

Avant d'atteindre le dernier sommet, il y a eu quelques montées et descentes sur le terrain. Comme le bombardement par l'aviation israélienne. La Syrie rétorque avec ses S-200, conservant ses S-300 pour un conflit majeur. S'il y a reprise, la Syrie rétorquera avec des missiles Scuds sur Israël, et Tel-Aviv détruira le système de défense syrien. Donc la Syrie se servira de ses S-300. On sent qu'on se rapproche du pic final. 

Presque simultanément, l'armée turque est bloquée au nord du pays. Le dernier pic n'est pas loin.

Puis, al Qaïda en tête, l'Armée Syrienne Libre sous ses ordres avec quelques groupes salafistes attaquent Damas, Deraa et Hamah, échec total. Donc, ces groupes ne devraient plus être capable de remonter la pente. Ils sont bloqués et dans le gouvernorat d'Idlib l'armée syrienne les attaque en bombardant leurs dépôts d'armes avant l'assaut final. Ça sent le sommet. 

Les Turcs qui ne voulaient plus d'Assad sont maintenant capables de vivre avec. Le secrétaire d'état américain déclare : « le sort du président Assad, à long terme, sera décidé par le peuple syrien ». Même la France emploie un langage similaire. Le clan Assad semble vainqueur. Le pic final et la victoire ne sont pas loin, on semble les voir à travers une faible brume. Puis, le clan Assad s'étant endormi, coup de théâtre!

Pic final ou du moins on arrive dessus : Avril 2017, bombardement syrien d'un dépôt d'armes d'al Qaïda. Selon Washington, il y a eu utilisation du gaz sarin par le gouvernement Assad. Selon ce dernier c'est dans le dépôt bombardé qu'était cachée l'arme chimique. Les deux versions se valent. 86 morts, dont 27 enfants, et plus de 160 blessés. À noter que le président Assad est un analyste hors du commun sur le Moyen Orient. Autrement dit, ce n'est pas un deux de pic. Ce serait étonnant qu'en pleine victoire, il utilise le gaz sarin.

Les Américains bombardent la base militaire aérienne d'où est parti le bombardement. 59 missiles Tomahawks sont tirés. 23 atteignent la cible. La base est abîmée mais est de nouveau opérationnelle 24 heures plus tard. Il semble qu'il y aie une possibilité que les Russes aient peut-être utilisé leur système « Krasuha-5 » capable d’agir sur les GPS des missiles ennemis. 60% des Tomahawks sont tombés en Méditerranée. L'Amérique affirme avoir détruit 20% de la flotte aérienne syrienne.

La frégate russe « Admiral Grigorovich RFS-494 » (navire furtif) rejoint le USS Ross et le USS Porter, les deux navires américains qui ont tiré les Tomahawks. Le plus gros sous-marin du monde est envoyé par Moscou près de la Norvège et du Danemark dans ce que les Russes appellent la piscine de l'OTAN. Moscou abandonne la « Hot Line » avec Washington. 

De sorte que le pentagone diminue énormément le vol de ses avions au dessus de la Syrie de peur qu'ils se fassent descendre par les Russes. D'ailleurs un avion de reconnaissance américain a dû rebrousser chemin lorsqu'il a été mis en joue par l'armée syrienne. La Belgique abandonne ses vols en Syrie.

Les États-Unis affirment fermement qu'ils rebombarderont si l'arme chimique est de nouveau utilisée. Le président Poutine prévient que des agents à la solde de l'ennemi peuvent réutiliser l'arme chimique dans le seul et unique but de faire passer la chose sur le dos du gouvernement Assad, pour qu'il subisse d'autres bombardenements. La Russie, l'Iran et le Hezbollah s'unissent pour augmenter la défense de Damas. Même que la Russie et l'Iran répondront par la force pour défendre la Syrie. Les Russes augmentent le système « Krasuha-5 » dans le but d'augmenter le pourcentage de leur succès contre les missiles américains. Il n'est pas question pour eux de couler un navire américain. 

Les Russes et les Syriens continuent toujours de bombarder les dépôts d'armes d'al Qaïda dans la région d'Idlib. 

Le G7 (États-Unis, Allemagne, Japon, Royaume-Uni, Canada, France, Italie) n’est pas parvenu à une décision visant à renforcer les sanctions contre la Russie et la Syrie. Les ministres des Affaires étrangères du G7 ont discuté du dossier syrien avec ceux de la Turquie, des Émirats arabes unis, de l'Arabie saoudite, de la Jordanie et du Qatar. Ils sont tous d'accord sur leur vielle marotte « il faut qu'Assad s'en aille ». Ils ne voient aucune place dans le futur de la Syrie pour Assad. Ils ne se préoccupent pas du fait que la Syrie deviendrait alors totalement instable comme l'Irak et la Libye. Tout ce qui compte pour eux c'est qu'Assad s'en aille. Ils ne font pas la même guerre que leurs ennemis. Ils ne vivent pas dans la même dimension. 

Rex Tillerson, secrétaire d'état américain rencontrera M. Lavrov à Moscou. M. Poutine ayant refusé de le rencontrer. Rex Tillerson : "La Russie doit choisir entre deux options. Soit avoir de bonnes relations avec les États-Unis et ses alliés. Soit continuer à soutenir l'Iran, le Hezbollah et Bachar al-Assad. En même temps, le président Trump affirme qu'il n'envahira pas la Syrie. Donc la Russie choisira Bachar, l'Iran et le Hezbollah. Vous ne trouvez pas qu'on se rapproche de la finale. 

Pendant ce temps, l'armée arabe syrienne élargit sa tête de pont à Palmyre et repart vers le Sud-Ouest, l'objectif est de reprendre les monts Suwanet Al Amra avec les mines de phosphates, rappelons qu'il y a une pénurie d'engrais en Syrie en ce moment.

Le président Pouitne est structuré et au point de vue tactique et stratégique, est souvent un cran en avance sur les autres. Exemple : le règlement de la crise de la Ghouta. Il a des forces militaires sur le terrain, c'est ce qu'il lui donne l'avantage. Les forces américaines ne peuvent absolument pas attaquer l'armée russe et les pays occidentaux ne semblent pas intéressés à s'impliquer d'avantage militairement. Aux États-Unis, l'unanimité n'est pas là. Les Américains ont besoin d'une très bonne raison pour attaquer l'armée d'Assad, genre l'arme chimique ou une perte significative de leur armée causée par l'armée syrienne. Mais compter sur eux pour trouver une raison s'il le faut.

S'il faut croire le clan occidental, il suffit que le président russe dise, «Assad s'en va» et ils n'ont plus d'argument. Il ne le dira pas. Il dira c'est au peuple syrien à décider ou comme on lui connaît, il sortira un règlement surprise de sa manche. Trump aussi peut être surprenant, son bombardement l'était. Maintenant, on sait que l'élément surprise fait parti de la guerre.

Ne pas oublier que la Russie ne peut reculer. Car ce serait son déclin qui commencerait. Les Occidentaux considèrent qu'ils n'ont jamais perdu et ils n'aiment pas perdre la face. Eux aussi s'ils perdent, c'est le déclin du monde unipolaire qui commence. 

N'oublions surtout pas que ces deux pays possèdent la première armée et la deuxième armée au monde. C'est risqué. On leur fait confiance mais avons-nous raison de leur faire confiance ? C'est bizard, mais j'ai plus confiance aux Russes. Je les perçoie beaucoup plus terre à terre. 

Alors à propos d'Assad, pourquoi ce ne serait pas le peuple syrien qui déciderait ? 

 

 

Un porte-avions américain près de la Corée du Nord

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Un groupe aéronaval avec à sa tête le porte-avions américain USS Carl Vinson a quitté les eaux territoriales de Singapour pour rejoindre la région maritime entre les deux Corée, plutôt que de faire les visites portuaires prévues en Australie.  

L'armada comprend un groupe aérien, trois lanceurs de missiles guidés, soit deux destroyers contre-torpilleurs et un croiseur. Le déploiement du USS Vinson est une réponse aux exercices de lancements de missiles nord-coréens.

Il n’est toutefois pas rare que les porte-avions des États-Unis croisent dans ce secteur et le Vinson était d’ailleurs en Corée du Sud le mois dernier pour des exercices militaires. 

La Corée du Nord a réalisé cinq tests nucléaires, dont deux en 2016, et les images satellites décortiquées par les experts du "38 North" suggèrent que le régime de Pyongyang serait en train de préparer un sixième essai.

Selon les services de renseignement américains, la Corée du Nord pourrait être à même de disposer d'un missile à tête nucléaire capable de frapper le sol américain d'ici moins de deux ans.

Sources :

45e Nord : Le porte-avion américain nucléaire USS Vinson en route vers la péninsule coréenne, 08/04/17

Le Maine : Un porte-avions américain en route vers la péninsule coréenne, 09/04/17

 

Syrie : Les lignes rouges des Titans

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Une guerre de lignes rouges, de plus en plus de lignes rouges, la dernière en vue, celle tracée par la Russie.

En effet, en réponse à l'attaque contre une base aérienne syrienne, Moscou suspend le mémorandum russo-américain sur la prévention des incidents et la garantie de la sécurité des vols en cours d'opération en Syrie. Cette communication entre les armées russe et américaine permettaient d'éviter les erreurs tragiques.

Les missiles sol-air russes n'ont pas été utilisés contre les frappes américaines; parce que la Russie agissait dans le cadre de ce mémorandum. Elle devait respecter sa signature. La sortie du mémorandum lui permettra de réagir opportunément à d'éventuelles menaces américaines. 

Si le gaz sarin n'est pas réutilisé, il ne devrait pas y avoir d'autres opérations. La ligne rouge est maintenant tracée par Washington et on peut croire que les Américains respecteront leur parole. Cependant, nous ne sommes pas certains si le gaz sarin a été bombardé par les Syriens ou s'il était dans l'entrepôt d'armes d'al Quaïda. Les deux propositions se valent.

Une ligne rouge est également tracée aujourd'hui par Moscou. En quittant le mémorandum, les Russes envoient un message clair aux Américains, advenant une nouvelle opération du genre, il est possible que la Russie rétorque.  

C'est quand même la première et la deuxième armée du monde qui se dressent des lignes rouges à ne pas franchir.

De plus en plus de lignes rouges sont tracées. Les Syriens ont tracé une ligne rouge à Israël. La prochaine fois que Tel-Aviv envoie des chasseurs en Syrie, pour chaque chasseur Damas enverra un Scud sur Israël, sur une base militaire si Israël a tué des soldats, sur le port d'Haïfa, si les Israéliens ont tué des civiles syriens. Les missiles Arrow israéliens devrait intercepter la majorité des Scuds mais un ou deux qui passent, c'est suffisant comme effet dissuasif ou pour rentrer en guerre totale ou partielle. 

La Turquie s'est fait sortir de la guerre puisqu'il lui était impossible de progresser, faisant face aux armées syrienne, russe, kurde et américaine. C'était la deuxième armée de l'OTAN qui faisait face à la première et la deuxième armée du monde.

Il est possible qu'un jour, une armée franchisse la ligne rouge. Soit, ça s'arrête là, soit elle rentre en guerre partielle ou totale.

 

 

 

Avertissement américain

 

La frappe américaine ne change rien aux forces en présence impliquées sur le terrain. C'est une intervention qui a abîmé une vingtaine d'avions tout au plus. Les Américains avaient prévenu à l'avance les Russes. 4 morts du côté de l'armée syrienne. Cette frappe visait beaucoup plus à impressionner la galerie occidentale qu'à changer les forces en présence sur le terrain. C'est un avertissement point à la ligne. Les Russes répondent en bombardant Idlib et en convoquant le Conseil de sécurité de l'ONU. Il renforce la défense syrienne.

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Les États-Unis frappent

 

Ko62qdkw59 missiles Tomahawk (569.000$ l'unité) contre la base aérienne de Shayrat en réponse à une attaque chimique présumée que Donald Trump a qualifiée de honte pour l'humanité. La base aérienne de Shayrat serait directement liée aux événements horribles de mardi, selon les Américains. 

La Russie convoquera une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, selon un sénateur russe.

L'ancienne secrétaire d'État démocrate Hillary Clinton, qui avait milité pour une approche plus musclée de l'administration de Barack Obama contre le gouvernement de Damas, s'est dite favorable à des frappes pour détruire les bases aériennes syriennes.

Via la ligne de communication spéciale établie entre militaires américains et russes, les Américains ont informé la Russie avant la frappeIl y a eu plusieurs conversations aujourd'hui sur cette ligne spéciale.

Le 4 avril, un raid chimique imputé, selon l'Occident, à l'armée syrienne contre la localité de Khan Cheikhoun a fait au moins 86 morts, dont 27 enfants. Les États-Unis ont accusé le gouvernement syrien d'avoir utilisé le gaz sarin. La chancelière allemande Angela Merkel a, elle aussi, montré du doigt le gouvernement d'Assad.

À l'issue d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU qui débattait depuis deux jours d'une résolution de condamnation de l'attaque, l'ambassadeur russe avait mis en garde contre des «conséquences négatives» en cas d'intervention militaire américaine. 

En Turquie, où de nombreux blessés ont été évacués, les premières analyses effectuées à partir des éléments prélevés sur les patients laissent penser qu'ils ont été exposés à un agent chimique. Médecins Sans Frontières a évoqué l'utilisation du gaz sarin.

Mais le chef de la diplomatie syrienne a réaffirmé que l'armée de son pays n'a pas utilisé et n'utilisera jamais d'armes chimiques contre son peuple, pas même contre des terroristes. D'après lui, l'aviation a frappé un entrepôt de munitions appartenant à des djihadistes et contenant des substances chimiques. Une explication déjà avancée par l'armée russe mais jugée fantaisiste par les experts militaires américains.

Les États-Unis disposent dans la région des navires de la VIe flotte basée à Naples. Les destroyers USS Porter et USS Ross sont tous deux équipés de missiles Tomohawk. Le navire de transport amphibie USS Mesa Verde se trouve également en Méditerranée. Les navires de la Ve flotte sont basés à Bahreïn dans le Golfe. Le porte-avions George H. W. Bush se trouve actuellement dans le Golfe, en mission d'appui aux opérations contre l'EI.

Les États-Unis utilisent plusieurs bases aériennes au Moyen-Orient, dont la plus proche de la Syrie est celle d'Incirlik, dans le sud de la Turquie. Ils utilisent également une base en Jordanie, et disposent de bases aériennes importantes au Koweït, au Qatar et dans les Émirats arabes unis.

Les États-Unis ont déployé dans la région des avions de combat F-15, F-16, F-22, avions ravitailleurs KC-135, avions radars Awacs et bombardiers  B-52. L'avion furtif F-22 Raptor a connu son baptême du feu en Syrie en septembre 2014. Extrêmement difficile à détecter, cet avion au prix unitaire astronomique de 360 millions de dollars est capable de voler à une vitesse dépassant Mach 2 et de larguer ses bombes guidées par laser à 25 kilomètres de sa cible.

Les drones Reaper et Predator sillonnent le ciel d'Irak et de Syrie, surveillant la situation au sol, ou menant des attaques avec des missiles Hellfire. Sur le terrain en Syrie, les États-Unis ont déployé dans le nord-est du pays près de 900 hommes des forces spéciales. Des canons des Marines aident l'alliance arabo-kurde à mener l'offensive sur Raqqa, la capitale de l'EI en Syrie. Ils ont aménagé une piste d'atterrissage à Kobane, près de la frontière turque, pour pouvoir accueillir des avions-cargo militaires C-17, capables d'emmener sur place des véhicules blindés.

En Irak, les Américains ont déployé plus de 5.000 militaires. Des canons américains et des hélicoptères d'attaque Apache sont aussi employés pour soutenir les troupes irakiennes. En tout, Washington peut compter sur au moins 35.000 militaires dans la région.

La télévision syrienne qualifie l'attaque d'agression. Assad aurait affirmé que si les Américains font un autre bombardement qu'il viserait Israël avec des missiles Scud. La Bolivie demande la réunion du Conseil de Sécurité de l'ONU sur les frappes américaines en Syrie.

La Russie convoquera une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, selon un sénateur russe.

Sources :

La Presse : Les États-Unis frappent une base aérienne en Syrie, 07/04/17

TVA Nouvelles : Les militaires américains disposent de puissants moyens autour de la Syrie, 07/04/17

RT : Les Etats-Unis frappent une base aérienne en Syrie, 07/04/17

Attaque chimique ou accident chimique

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Le mainstream des médias occidentaux : « Attaque chimique de l'aviation militaire syrienne sur les rebelles du gouvernorat d'Idlib. » Résultat : 86 morts, 160 blessés.

Donald Trump la qualifie «d'affront contre l'humanité», estimant par ailleurs que son « attitude vis à vis de Bachar el-Assad avait changé ». L'ambassadeur des États-Unis déclare, « que si aucune mesure de rétorsion n'était prise contre la Syrie, suite à l'attaque chimique présumée du 4 avril, ils (les Américains) devraient agir par eux-mêmes. » Les États-Unis déclarent donc ne pas exclure une riposte militaire. 

Le président français dénonce un crime de guerre. Le ministre des Affaires étrangères français exclue un éventuel engagement dans ce conflit. 

À l'ONU, le vote d'une éventuelle résolution de condamnation, qui devait avoir lieu mercredi, a été reporté, le temps pour les Occidentaux de négocier avec la Russie qui réclame une enquête rapide et objective. 

Le porte-parole du ministère de la Défense russe déclare : « Selon des données objectives du contrôle russe de l'espace aérien, l'aviation syrienne a frappé un entrepôt terroriste contenant des substances toxiques, provoquant les émanations chimiques près de la ville de Khan Cheikhoun, dans la province d'Idlib. » 

Le secrétaire d'état américain et l'ambassadrice des États-Unis à l'ONU venaient de dire, il y a à peine quelques jours : « Le sort du président Assad, à long terme, sera décidé par le peuple syrien ». Exactement ce que les Russes et les Syriens veulent entendre et Assad leur répondrait par une attaque chimique. Ça ne correspond pas à sa personnalité. Il est plus intelligent que ça.

​Le président américain déclare : « quelque chose doit être fait. Ce que Bachar el Assad a fait est terrible. » Il a de son côté, estimé que Bachar el-Assad n'avait plus aucun rôle à jouer à l'avenir en Syrie. 

Le Pentagone et la Maison blanche analysent les différentes hypothèses militaires s'offrant à Washington pour une éventuelle intervention armée en Syrie. La Russie sous entend clairement en des termes à peine voilés que si elle est attaquée ou que si l'armée syrienne est attaquée, elle ne restera pas les bras croisés.

La tension a donc montée d'un cran. Washington doit trouver une réplique acceptable par les Russes et les Syriens. Ça ne peut être militaire donc peut-être une réplique économique ou politique. De toute façon, l'opinion publique occidentale n'a pas de mémoire. Le temps peut donc arranger les choses. 

La ville d'Halfaya, dernier bastion des terroristes dans le gouvernorat d'Hama pas trop loin du lieu de l'explosion chimique, a été libérée par l'armée syrienne une heure auparavant. Je suis plus porter à croire qu'un entrepôt d'arme d'al Qaïda a été bombardé et que dans cet entrepôt, il y avait des armes chimiques, qu'al Qaîda a d'ailleurs déjà employé dans le passé, ou alors qu'un accident est arrivé chez les djihadistes.

Mhardeh, dernier rempart de la résistance syrienne aux portes de Hama est harcelé de tirs de snipers, de roquettes, de mortiers et de missiles venant d'al Qaïda et ce depuis 2012. Ces dernières semaines ils ont subi un encerclement total. Pas un mot, pas une ligne sur le sort qu'endure la population de cette ville. 

Assad gagne la guerre depuis l'intervention militaire russe, et surtout depuis la libération d'Alep-Est. Il n'a pas besoin d'employer l'arme chimique. Les djihadistes ou ce que le mainstream des médias occidentaux appellent les rebelles, évacuent en ce moment 5 villes. Le gouvernement syrien a repris Alep-Est, Palmyre et la presque totalité du gouvernorat d'Hamah et ce dans les derniers mois.

Depuis la conquête d'Alep-Est par les autorités, Al Qaïda a attaqué les réserves d'eau de Damas. Ils ont effectué un quadruple attentat à Damas. Ils ont tenté une offensive sur Hamah, Damas et Derea. Le tout a échoué lamentablement et c'était prévisible. Israël a attaqué l'armée syrienne sous couvert qu'il attaquait un convoi d'armes sophistiquées du Hezbollah. C'est trop périlleux pour Tel-Aviv de continuer les attaques. Quoi qu'on sait jamais. La nouvelle stratégie des ennemis d'Assad est de faire passer un accident chimique pour une  attaque à l'arme chimique par l'armée syrienne.

Véhiculer une telle désinformation fonctionne pour conserver l'opinion publique occidentale en faveur des gouvernements occidentaux. Le citoyen occidental, tout comme tout citoyen du monde, déteste semblables attaques inhumaines contre les civiles et n'est pas trop au courant de l'évolution de la guerre syrienne. Le mainstream ne l'informe pas beaucoup sur ce sujet. Le citoyen occidental n'a pas beaucoup de mémoires non plus. Rappelons-nous Alep où le mainstrean répétait constamment  : « Les Russes bombardent les civils..., les Russes bombardent les civils...etc...» C'est efficace dans le sens que quelqu'un qui prend position ouvertement pour Assad ne peut plus s'exprimer à ce moment-là, la pression sociale devient trop forte. Mais, le tout revient à la normale peu après car le citoyen occidental n'a pas de mémoire...  

Le pire c'est que l'opposition pense encore pouvoir gagner la guerre sur le terrain. Mais c'est impossible, les Russes sont là. Mais ils pensent quand même qu'ils peuvent encore gagner. Espérons que personne n'ira jusqu'à assassiner Assad car ce sera un chaos pire que celui qu'a connu la Syrie. Et là, je crois que toute la planète s'apercevrait qu'en ce moment, Assad qui n'est pas parfait, n'est pas remplaçable. Il représente la stabilité face à al Qaïda et l'État islamique.

Il n'existe aujourd'hui que des vestiges de l'Armé Syrienne Libre, vestiges qui s'allient à al Qaïda. Faut le faire. Trump lui est impulsif. Il réagit avec une pulsion émotionnelle qui est probablement sincère et il n'a qu'une connaissance superficielle de la région. Il n'a pas une doctrine très développée du genre on ne détruit pas la structure d'un état ou on vit dans un monde multi-polaire. Poutine, lui a ce genre de doctrine. 

Je ne pense pas que ce supposé scandale aura une influence majeure sur le résultat de la guerre. Même si j'ai un immense respect pour les victimes. Les Russes étant impliqués directement dans le conflit, les Américains ne peuvent pas rentrer en guerre contre eux. Les Russes sont là légalement à la demande du gouvernement Assad. Les Américains sont là mais illégalement. 

La majorité des Occidentaux, étant mal informée sur la guerre syrienne ne perçoivent pas que le choix est entre Assad d'un côté et al Qaïda avec l'État islamique de l'autre. 

Sources : 

Le Figaro : Attaque chimique en Syrie : bras de fer entre Moscou et les Occidentaux à l'ONU, 06/04/17

Le Parisien :Syrie : «Trump n'a aucune raison de s'engager dans une nouvelle guerre», 06/04/17

RT : Syrie : Donald Trump estime que «quelque chose doit être fait» et étudierait les options militaires, 06/04/17

Syrie : Assad nettement gagnant

Carte de syrie

États-Unis

Le secrétaire d'état américain Rex Tillerson déclare : « le sort du président Assad, à long terme, sera décidé par le peuple syrien ». L'ambassadrice américaine à l'ONU le confirme. Bachar el-Assad a déjà fait savoir qu'il était prêt à coopérer avec Donald Trump. Le ministre français des Affaires étrangères a lui aussi affirmé que le départ d'Assad n'était plus une priorité. Ces déclarations font suite à celle de la Turquie, qui a cessé elle aussi de réclamer le départ d'Assad. Naturellement, tout cela a été accueilli comme une victoire dans les couloirs du pouvoir syrien. En effet, cela confirme ce que nous savions déjà, à savoir que Poutine est devenu le metteur en scène de la solution à la guerre syrienne. Washington affirme même envisager une coopération avec Moscou tout en affichant sa volonté de contenir Téhéran, alors que la Russie et l’Iran sont étroitement liés en Syrie.

À noter que les Occidentaux ont toujours veillé à ce que les armes fournies aux insurgés, ne leur confèrent pas d’avantage décisif. Ils ont notamment empêché la livraison de missiles sol-air susceptibles d’entraver les bombardements aériens de l'armée syrienne et de l’armée russe. C'était la ligne à ne pas franchir pour s'assurer la paix mondiale.

 

Pourpalers de paix à Genève

Le recentrage de la diplomatie américaine vient percuter de plein fouet les laborieux pourparlers de paix à Genève. Le fait que l’envoyé spécial américain soit arrivé une semaine après le début du cycle de négociations, témoigne de la désaffection croissante des États-Unis à l’égard de ce processus censé définir la paix de l’après-guerre syrienne. 

« L’opposition n’acceptera jamais que Bachar Al-Assad ait un rôle, à aucun moment (…). Notre position ne va pas changer », a réagi Monzer Makhous, l’un des porte-parole du Haut Comité des négociations qui rassemble plusieurs formations anti-Assad à Genève. La cinquième série de pourparlers sur la fin du conflit a pris fin vendredi à Genève, sans aucun progrès significatif. 

L'opposition syrienne accuse Bachar al Assad de refuser de débattre de la transition politique. Cette opposition ne veut plus d'Assad. D'ailleurs, probablement que ce dernier emporterait haut la main une élection entièrement démocratique puisqu'il est l'homme politique le plus connu en Syrie et qu'il est le seul à pouvoir apporter la stabilité dans le pays, ce que toute population cherche à obtenir.  

 

Hamah

Des groupes rebelles menés par Tahrir al-Cham alliance dominée par Fateh al-Cham, branche syrienne d’Al-Qaïda, avaient lancé une offensive surprise le 21 mars et avaient pris plusieurs villages tout en progressant vers la capitale provinciale Hama.

Le général iranien Qasem Soleimani et le général syrien Souheil Al-Hassan, plus connu sous le nom du « Tigre », planifient l'assaut final. Soleimani est un vétéran de la guerre Iran-Irak et un officier supérieur de l'Armée des Gardiens de la révolution islamique. C'est lui qui aurait orchestré avec le Tigre, la reprise d'Alep-Est.

Le gouvernement a donc dépêché d’importants renforts qui, jumelés à de multiples frappes aériennes russes, ont permis de renverser la situation. Après une semaine d’affrontements mortels, la ligne de défense des djihadistes s’est écroulée. L'armée syrienne a reconquis 75% du territoire et encercle présentement Maardes

La province de Hamah à majorité sunnite, est un fief rebelle stratégique depuis le début de l’insurrection syrienne en 2011. En 1982, le père de Bachar, Hafez Al-Assad y avait mâté une rébellion des Frères musulmans, 40.000 morts à l'époque. 

Contrôler la province de Hamah revêt une importance capitale pour le gouvernement car ça lui permet d’isoler la province voisine d’Idlib contrôlée par al Qaïda.

 

Homs

Le quartier Al Waer de Homs, connue comme l'épicentre du soulèvement en 2011, était sous un siège gouvernemental depuis 2013. C'est le dernier quartier rebelle de la ville. Des centaines de djihadistes et leurs familles l'évacuent et montent à bord d'autobus pour rejoindre Idlib. Il reste entre 10.000 et 15.000 personnes à évacuer. il faudra entre six à huit semaines pour terminer la besogne qui sera la plus grande évacuation de toute la guerre, soit environ 40.000 civils et plus de 2.500 combattants

Des milliers de personnes doivent être évacuées dans les prochains jours de quatre localités assiégées. Et ce, en vertu d’un accord entre gouvernement et rebelles. L’accord a été parrainé par l’Iran et le Qatar. Le Qatar, c'est lui qui finance Fateh al-Cham, branche syrienne d’Al-Qaïda. C'est lui qui exigea d'al Nosra un changement de nom, moyennant financement. 

 

Deir ez-Zor

L'aviation russe achemine constamment des tonnes d'aide alimentaire à l'armée syrienne qui attaque l'État islamique à al-Makaber banlieue sud-ouest de la ville. La situation y restera très difficile pour les troupes syriennes car selon le ministère russe de la Défense, au moins 800 djihadistes armés ont fui Mossoul, vers la frontière syrienne en direction de Deir ez-Zor. 

 

Takpa

Des combats acharnés font rage, d'un côté les Kurdes, appuyés par l'aviation américaine contre l'État islamique. Les Kurdes ont capturé l'aéroport mais sont incapables d'entrer dans la ville. 

La salle de contrôle du plus grand barrage de Syrie a été détruite par une frappe américaine. Les Kurdes sont arrivés tout près du barrage. Les Forces démocratiques syriennes (à majorité kurde), soutenues par l'armée américaine, ont suspendu pendant quatre heures leurs opérations contre le barrage pour permettre à des ingénieurs d'effectuer une mission d'inspection. Le barrage n'aurait subi aucun dégât structurel. Les FDS avanceront de manière à garantir la sécurité du barrage.

 

Rakka 

Les FDS, principalement composées de milices kurdes, continuent d'avancer vers Rakka. L'offensive finale pourrait être lancée à la mi-avril et devrait durer des mois. Les FDS, appuyées par l'aviation et les forces spéciales des États-Unis, progressent depuis novembre en provenance du nord, de l'est et de l'ouest sur la ville qu'elles ont graduellement isolée. 

 

Turquie

Depuis la tentative du coup d'état militaire de l'année dernière, Erdogan semble plus près de Moscou que de Washington. Ankara vient d'annoncer la fin de son opération militaire dans le nord de la Syrie (opération Bouclier de l'Euphrate), qui avait été lancée en août 2016. Dans le cadre de cette opération, plusieurs villes ont été prises, dont Jarablos, Al-Rai, Dabiq et Al-Bab. L'armée turque maintient pour l'instant ses acquis en Syrie mais elle ne peut continuer à avancer, même si elle est la 2e armée de l'OTAN, elle est bloquée par l'armée syrienne, une centaine de soldats russes des forces spéciales d'intervention, 500 soldats américains également des forces spéciales d'intervention, sans compter les Kurdes qui comme on le sait ne donnent pas leur place au combat. N'oublions pas non plus les aviations russe et américaine qui savent très bien être dissuasives.

 

Israël

Pour Israël la ligne rouge c’est la mise en place d’une présence iranienne permanente en Syrie, pour la Russie c’est l’élimination d’une présence iranienne permanente en Syrie. Quelqu’un devra donc faire des concessions. L'Iran serait en train de construire un port en Syrie et également des usines d'armement. De toute évidence, l'Iran ne se retirera pas.

Israël joue à la roulette russe en menaçant d'attaquer Bachar el-Assad. Il ne peut pas se permettre de faire enrager la Russie et de devenir son ennemi. C'est comme si Israël, la Syrie et la Russie se testaient, qui recule quand la pression se fait plus forte. La Russie n'a pas officiellement déclaré qu'elle soutiendrait Bachar el-Assad s'il commençait à faire feu sur des avions israéliens. 

Israël se réserve le droit de réagir au nom de la «défense» de sa souveraineté. Pour l'instant, Israël a reçu un avertissement clair de la part de la Russie et d'Assad au sujet des frappes aériennes. Tel-Aviv va sûrement en tenir compte.

 

Iran

La visite officielle de Rouhani en Russie a donné l’occasion aux deux chefs d’état de se présenter en alliés en signant plusieurs accords commerciaux. Le président russe et son homologue iranien ont affiché leur entente au sujet du règlement de la crise Syrienne. Cependant, les deux pays ont des divergences sur le rôle de la Turquie. Moscou considère que la victoire en Syrie passe par un compromis avec Ankara alors que Téhéran refuse cette approche.

Donc, Assad restera au pouvoir à moins d'un imprévu. Généralement, une guerre qui veut renverser un gouvernement ne doit pas durer trop longtemps pour réussir. Ce fut le cas en Irak et en Afghanistan par contre, les guerres du Vietnam et de Corée ont durées longtemps et les gouvernements sont restés en place, tout comme en Syrie.

 

Sources : 

45e Nord.ca : Le régime regagne du terrain dans le centre, 01/04/17

Euronews : L'armée syrienne aurait repris le contrôle à Hama, 01/04/17

AMN: Islamist rebels days from capitulation in Damascus amid new Syrian Army gains, 01/04/17

Le Figaro : Syrie : Washington et Paris n'exigent plus le départ de Bachar El-Assad, 01/04/17

Mamafrika.TV : Hama: l’effondrement des forces terroristes se poursuit dans la province, 01/04/17

Aljazeera :Evacuations from Homs' Al Waer district resume, 01/04/17

Sputnik : Syrie: les habitants d'Alep et de Deraa reçoivent 12 t d'aide humanitaire russe en 24h, 01/04/17

B92 : La bataille pour le cœur deS djihadistes peut être le début d'une nouvelle guerre, 01/04/17

Boursorama : Résumé de l'actualité, 01/04/17

DatViet : Deir Ezzor est étanche, la Russie réalimente l,'Armée Arabe Syrienne, 01/04/107

TRT : Armée turque: "L'opération Bouclier de l'Euphrate s'est achevée avec succès", 01/04/17

L'Économiste : Ankara met fin à l’opération «Bouclier de l’Euphrate», 01/04/17

l'Oriant le Jour : L’armée turque va maintenir sa présence militaire en Syrie, 01/04/17

Le Monde : pourquoi les Etats-Unis acceptent le maintien au pouvoir de Bachar Al-Assad, 31/03/17

RT : La ligne rouge de Poutine en Syrie n’est pas une invitation pour Israël à jouer à la roulette russe, 30/03/17

Athina : batailles féroces Kurdes - l'Etat islamique en Takmpa, 28/03/17

Boursorama : Le barrage de Takba en Syrie, enjeu stratégique et de propagande, 27/03/17

La Syrie dans le chaos

Carte de syrie

Les combats entre les forces gouvernementales et les insurgés font rage de plus bel. En réponse aux offensives simultanées d'al-Quaïda et ses alliés dont l'Armée Syrienne Libre, les tirs aériens Russes se concentrent sur les provinces d’Idlib, de Hama et la banlieue-Est de Damas.

Hama

Combats très intenses dans la province de Hama, où des insurgés dirigés par Al-Qaïda ont conquis temporairement quelques dizaines de villages. Un conglomérat constitué de djihadistes, d’islamistes et de ce qui reste de l’Armée Syrienne Libre ont lancé une offensive dans l’arrière-pays. Haya’t Tahrir al Sham (al Qaïda) détient un rôle actif dans cet assaut. Il a lancé plusieurs attentats-suicide en guise de bombardements au début de l'opération. Les forces aériennes russes et syriennes ont aussitôt rétorqué en les pilonnant, pendant que l’armée syrienne contre-attaquait en les repoussant. Les villes de Kawkab et de Qamhana près de Hama ont été libérées par le gouvernement. Une milice chiite irakienne s'est jointe aux forces syriennes pour y mener la bataille, le Harakat Hezbollah al NujabaLes Forces du Tigre de l'armée syrienne se déplacent aussi vers le Nord d’Hama. 

Homs

L'opération d'évacuation a repris ce lundi à Homs, plusieurs centaines de rebelles quittant leur dernier bastion, ont rapporté les médias officiels et l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Les violents combats de la fin de semaine dans la province de Hama ont retardé le départ des insurgés du quartier d'Al Waer. Les opérations d'évacuation ont débuté la semaine dernière, le régime syrien acheminant par autocars quelques dix mille à 15.000 rebelles et civils vers des zones de campagne de la région d'Idleb. 1.600 personnes quittent la ville ce lundi. Selon l'OSDH, 40.000 civils et plus de 2.500 rebelles se trouvaient dans le quartier d'Al Waer.

Idleb

Le grand mouvement de l’armée syrienne vers le gouvernorat d’Idleb pour le libérer des terroristes d'al Quaïda est toujours en préparation mais aucune date n’a été fixée jusqu'à ce jour, pour son lancement. 

Damas

Cela fait suite à une autre bataille distincte qui s’est déroulée à l’Est de Damas, dans les quartiers de Jobar et Abbasin où le Harakat Hezbollah al Nujaba s’est aussi déployéLe Harakat al Nujaba formé en 2013, opère en tant que « Corps des Gardiens de la Révolution Iranienne. » Au début du mois, cette milice aurait annoncé la formation de la « Brigade de Libération du Golan », d'où l'énervement d'Israël qui a tué par drone un de ses leaders locaux, un Druze syrien. Par la suite, un autre drone israélien a été abattu par l'armée syrienne en territoire syrien. 

Le Harakat Hezbollah al-Nujaba est une milice irakienne qui défend les lieux saints chiites de la Mosquée Sayyida Zaynab à Damas. Ces forces ont été cruciales pour empêcher la chute du régime syrien et elles ont contribué à des victoires significatives, telles que la libération d’Alep l’année dernière. Tout compte fait, l’attaque contre Damas est maintenant terminée et les djihadistes n’y ont rien conquis tandis que la contre-offensive syrienne est sans équivoque.

Deraa

Ces mêmes djihadistes ont attaqué simultanément la périphérie de la ville de Deraa, au Sud du pays. L'attaque n’a rien donné, ne réussissant pas à percer la défense syrienne.

Raqqa

Les Forces démocratiques syriennes à majorité kurdes progressent lentement mais sûrement vers Raqqa, capitale de l'État islamique en Syrie. Mine de rien, elles sont présentement à 45 km de leur but. En effet, elles sont arrivées à Tabqa, en compagnie de conseillers militaires américains. 

Tabqa

Des rumeurs, font le tour des réseaux sociaux syriens, faisant état d'un effondrement du barrage de l'Euphrate, suite à des bombardements des forces de la coalition US. Le barrage de Tabqa (ou de Thawra), le plus grand de Syrie, s'est en effet partiellement effondré dimanche en raison des combats opposant les terroristes de Daech aux Forces démocratiques syriennes près de Raqqa, a annoncé la chaîne de télévision libanaise Al-Mayadeen. 

Alep

L’armée syrienne assiège la ville de Deir Hafer, dernier fief de l'EI dans la province d’Alep. Elle y contrôle la route Deir Hafer-Raqqa ce qui consolide le blocus et coupe le ravitaillement de l'EI. Elle continue sa progression vers le Sud et reprend ainsi du terrain à l’État islamique. Elle compte continuer son avancée vers Raqqa et Deir Ezzor. Les Kurdes occupent la route près de Raqqa vers Alep, tandis que l'armée syrienne occupe la même route près d'Alep vers Raqqa. L'offensive kurde pourrait aussi potentiellement inciter les commandants de l'EI à se retirer du gouvernorat d'Alep pour renforcer la défense de Raqqa.

Palmyre et Deir EzZor

Après d'âpres combats entre l’armée syrienne et l'État islamique autour de Palmyre et de Deir Ezzor, s'en suit de légères avancées des forces gouvernementales. Par ailleurs, la Force aérienne syrienne effectue des frappes massives contre les positions des terroristes. 

Turquie

La Turquie est dans une pure impasse. Le rêve d’Erdogan d’avancer sur Raqqa, ou vers Deir Ezzor ou même sur la ville d’Alep est contrecarré par un accord russo-américain. Les forces turques sont coincées au Nord-Est de la ville d’Alep à al-Bab et n’ont aucun moyen d’avancer que ce soit vers le Sud, l’Est ou l’Ouest et ce malgré l'arrivée de renfort et quelques bombardements de son artillerie sur les Kurdes de Manbij, où 500 Américains des forces spéciales d'intervention sont arrivés. À l’Est de la ville d’Alep, l’armée syrienne bloque toute avancée des forces turques, même si la Turquie a diminué le débit du fleuve Euphrate en guise de représailles.

Une centaine de soldats russes, faisant partis de forces spéciales d'intervention ont pénétré dans l'enclave kurde d'Afrine pour y assurer la sécurité face à l'armée turque et aux Turkmènes. L'armée syrienne contrôle elle-même certains villages entre Kurdes et Turcs. Les chars d'assaut turcs comme on peut le constater sont en fait sur le cran d'arrêt.

Israël

Israël a fait quelques éclats en intervenant pour la 12e fois depuis le début de la guerre, il y a six ans. Elle affirme viser des convois d'armement sophistiqué destiné au Hezbollah libanais. Cette fois-ci, ses avions ont bombardé probablement l'armée syrienne près de Palmyre. Israël a été mis en garde par un lancement de missiles anti-aériens syriens S-200. La Russie a interpellé son ambassadeur. Par la suite, Moscou a bombardé l'État islamique dans la région de Palmyre et ce par des missiles lancés à partir de ses propres navires de guerre mouillant en mer noire, question de rappeler à Israël et aux Américains la puissance de feu qu'elle possède. Jusqu'ici, la Russie ne fait que des remontrances verbales à Israël.

On sent qu'Israël ne touchera pas à l'armée russe mais que cette dernière la laisse bombarder occasionnellement l'armée syrienne et le Hezbollah. Comme l'a si bien dit Assad : « Les interventions d'Israël en Syrie ne sont que cosmétiques. Elles n'influencent pas réellement le cours de la guerre. » Damas a quand même informé Tel-Aviv, prenant Moscou comme interlocuteur, qu'à l'avenir pour chaque raid israélien sur la Syrie, et pour chaque avion israélien frappant la Syrie, sera envoyé un missile scud sur des bases militaires israéliennes. Si Israël bombarde des civils en Syrie, la Syrie bombardera le port de Haïfa. Le président Assad affirme que la patience de la Syrie a maintenant atteint ses limites. 

États-Unis

La position de Trump sur la Syrie semble encore incertaine. Des rumeurs veulent que l'armée américaine bombarderait éventuellement l'armée syrienne. Pour ma part, ça me semble quelque peu incongru. Ce serait un très mauvais choix, puisque les Russes se sentiraient dans l'obligation d'intervenir, au début probablement verbalement puis pour une deuxième offense américaine, ils feraient sûrement une simple démonstration de force, puis si les Américains persistent, alors l'armée russe serait obligée de rétorquer physiquement. Il en va de soit. Les Russes ne peuvent reculer, si non c'est la fin de la montée de leur hégémonie. Alors que si les Américains n'attaquent pas l'armée syrienne, ce ne serait en aucun cas la fin de l'égémonie américaine.

Ce qui est certain, c'est que les Américains aident les Kurdes (FDS) à conquérir Raqqa des mains de l'EI.

Russie

Depuis le début de l'intervention russe en Syrie, soit septembre 2015, 27 militaires russes y ont perdu la vie. Le déploiement russe compte des avions de chasse, des bombardiers et des batteries antiaériennes ultra-sophistiquées (S-300 et S-400). La Russie a agrandit sa base navale militaire de Tartous. Elle a également construit une base aérienne à Hmeimim, au Sud-Est de Lattaquié. Au total, près de 5.000 Russes sont actuellement en Syrie. Leur mission : assurer la maintenance de l'artillerie et de l'aviation militaire russe. La présence russe en Syrie demeure un enjeu capital pour Moscou qui compte dorénavant peser sur la géopolitique internationale. 

Conclusion

L'ultime gagnant de cette guerre à outrance devrait donc être le gouvernement syrien, la Russie, l'Iran, sans oublier le Hezbollah libanais qui s'en sort avec une expertise de guerre hors du commun et un stockage d'armes sophistiquées qui lui seront très utiles pour commander le respect d'Israël face à lui.

 

Sources :

Le Grand Soir : Syrie – Le mouvement des États-Unis sur Tabqa pourrait compliquer la situation politique, 26/03/17

France Info : Syrie : la bataille de Raqqa se prépare, 26/03/17

Le Portail Juif Francophone : La milice irako-iranienne al-Nujaba à la rescousse d’Assad, 26/03/17

Mehr News Agency : Syrian army establishes control on Kawkab town in Hama, 26/03/17

AMN : Syrian Army joins race to Raqqa, three ISIS-held villages liberated in eastern Aleppo, 26/03/17

Métro : Violents combats en Syrie, 25/03/17

Sputnik : L'armée syrienne déloge les terroristes dans la province de Hama, 25/03/17

Le Point : Comment la Russie renforce sa mainmise sur la Syrie, 24/03/17

Métro :  L'armée syrienne assiège le dernier fief de Daech, 23/03/17

Accrochage militaire très sérieux entre Israël et la Syrie

 

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SA-5 S-200

L'accrochage militaire survenu entre Israël et la Syrie est le plus sérieux survenu depuis le début de la guerre syrienne. En effet, cinq avions israéliens ont bombardé près de Palmyre, selon Israël un convoi d'armes sophistiquées transitant par la Syrie et destinées au Hezbollah libanais, selon la Syrie une position militaire syrienne. Pour la première fois, la Syrie a rétorqué en lançant des missiles anti-aérien "SA-5 S-200" à la poursuite des attaquants.

https://youtu.be/IFpDMz7plTMhttps://youtu.be/IFpDMz7plTM 

Tel-Aviv a dû utiliser pour la première fois un missile Arrow 3 pour défendre sa flotte aérienne. Chaque missile Arrow 3 est estimé à une valeur de 2,2 millions $.

https://youtu.be/8UBYvc1KQfo     

L'alarme a alors retentit en Israël dans la vallée du Jourdain et on a entendu deux explosions jusqu'à Jérusalem. La Syrie a annoncé avoir abattu un avion et en avoir abîmer un autre. Israël affirme qu'aucun avion n'a été touché. Des débris de missiles sont retombés à Irbid, dans le nord de la Jordanie, a indiqué l'armée jordanienne.  Nous n'avons cependant  aucune image de l'affrontement ou des dommages causés par celui-ci, sauf cette photo qui a circulé sur les réseaux sociaux de Jordanie. Il s'agit d'un fragment important d'un SA-5.

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Arrow 3

M. Nétanyahou venait de rencontrer M. Poutine en Russie, il y a à peine quelques jours. On ne sait pas ce que se sont dit exactement ces deux messieurs en privé. Ce qu'on sait, c'est que M. Nétanyahou a indiqué à M. Poutine qu'il ne voyait pas d'un très bon oeil la présence du Hezbollah et des forces iraniennes en Syrie et qu'il ne voulait pas que des armes russes vendus à la Syrie se retrouvent dans les mains du Hezbollah. « Nous avons surtout discuté des questions relatives aux efforts menés par l'Iran pour s'établir militairement en Syrie, y compris en construisant un port iranien en Syrie. » a-t-il dit au président russe. « Nous avons aussi évoqué les efforts continus menés par l'Iran pour transférer du matériel de guerre, parmi lequel le plus sophistiqué, au Hezbollah via la Syrie».

Donc, suite à ce bombardement, l'ambassadeur d'Israël à Moscou a été convoqué par les autorités russes. Israël affirme qu'elle visait des armes destinées au Hezbollah libanais et qu'elle recommencera aussitôt qu'il le faudra. La Syrie a répondu quand de tel cas, elle réutiliserait encore une fois sa défense anti-aérienne. Israël de rétorquer qu'elle détruirait alors la défense anti-aérienne syrienne. Si Israël tient à reproduire ses raids aériens contre la Syrie, il n'est pas du tout impossible que la Russie entre directement en conflit avec le régime israélien rétorque à nouveau la Syrie.

La riposte de la DCA de l'armée syrienne aux frappes de vendredi d'Israël, a peut-être changé les règles du jeu. Notons que la Syrie ne semble pas avoir utilisé sa principale arme anti-aérienne. Il semble qu'elle disposerait de missiles anti-aériens S-300, beaucoup plus performant que le SA-5. La Syrie ne les utilisera qu'en cas de conflit majeur. Pour l'instant, elle se contente d'obliger Israël à tirer un missile Arrow 3 dont chacun vaut 2,2 millions $.  

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S 300

On pourrait conclure qu'Israël s'en ai pris à un convoi de l'armée syrienne puisque c'est la Syrie qui a rétorquée et non le Hezbollah. Israël avait déjà attaqué le Hezbollah en Syrie et celui-ci avait rétorqué quelques jours plus tard. 

Tel-Aviv ne veut pas être aspiré par la guerre syrienne mais y intervient à l'occasion. Elle ne veut pas non plus être aimantée vers une guerre contre le Hezbollah qui semble-t-il a déjà quelques 100.000 missiles en réserve. C’est pour retarder les nouvelles acquisitions de ce dernier que l’armée israélienne serait intervenue.

Lors de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, Israël a échoué totalement dans sa politique d'anéantissement du Hezbollah. Elle connaît maintenant la force de ce mouvement et veut seulement limiter son armement sachant qu'il est possible qu'un jour la guerre reprenne entre les deux. 

Il semblerait qu'il existe présentement des usines d'armement iranien en Syrie et que ces armes soient destinées au Hezbollah. Il semblerait également qu'Israël soit entrain de déménager ses usines d'armement du centre d'Israël vers le sud du pays pour mieux les protéger des missliles du Hezbollah.

 

Sources :

La Presse : Raids et tirs de missiles: la tension monte entre Israël et Syrie, 17/03/17

Le Monde : La Syrie tire des missiles en réponse à un raid aérien israélien sur son territoire, 17/03/17

Haaretz : Israel Air Force Receives First Arrow 3 Anti-missile Interceptors, 18/03/17
 

 

L'Ukraine prend acte de l'indépendance du Donbass

 

Wikimedia Commons, la médiathèque libre

Map of the donbassChaque partie reconnaît maintenant l’existence d’une frontière imposée par les armes (10.000 morts), frontière qui devient de plus en plus difficile à déplacer. Les conséquences économiques et politiques du conflit se précisent. Le divorce russo-ukrainien se consomme.

Depuis 2014, le Donbass qui comprend deux régions russophones Luhansk et Donetsk, a développé une très bonne stratégie défensive, en effet les frontières n’ont pas beaucoup bougées. L’Ukraine a certes perpétré plusieurs assauts, mais militairement l’équilibre des forces est tel aujourd’hui, que l’armée ukrainienne est incapable de lancer une nouvelle offensive. Cela nécessiterait l'implication de l'Europe et des États-Unis. Or ceux qu'on appelle « la communauté internationale » ne peuvent aujourd’hui se le permettre, surtout lorsque l’image du pouvoir ukrainien commence à se détériorer dans l’opinion publique occidentale et que la rhétorique anti-russe semble commencer à stagner.

Il y a quelques mois, Donetsk et Luhansk coupaient les liens économiques avec Kiev. En février Moscou reconnaissait la validité des passeports des républiques autoproclamées. En effet, celles-ci déclaraient officiellement leur indépendance. Aujourd'hui, l’Ukraine en prend acte. Elle confirme ainsi son impossibilité militaire de reprendre le Donbass. À noter que Louhansk et Donetsk n’ont pas encore conclu d’armistice.

Poroshenko a laissé le blocus prendre de l’ampleur, pour permettre la rupture totale des liens politiques et économiques avec le Donbass et la Russie. L'Ukraine vient tout juste d'imposer des sanctions aux banques russes opérant sur son territoire, parmi lesquelles les géants Sberbank et VTB, leur interdisant de sortir des fonds s'élevant à 2,35 milliards d'euros du pays. Cette décision est aussi une riposte à la saisie par les rebelles pro-russes des entreprises ukrainiennes installées sur leurs territoires, qui faisait elle-même suite à un blocus commercial imposé par des militants nationalistes ukrainiens. 

Le Kremlin continue de surveiller attentivement l'évolution des événements.

Donbass


Sources : 

Réseau Internationale : L’Ukraine prend acte de la séparation du Donbass, 17/03/17

L'orient le Jour : L'Ukraine impose des sanctions aux banques publiques russes, 17/03/17
 

La Turquie coupe l'eau de l'Euphrate

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Après avoir envoyer des renforts militaires, violant la convention internationale sur l’accès à l’eau, la Turquie coupe l'approvisionnement en eau du fleuve Euphrate. Conséquences : Fermeture d'une usine hydroélectrique et du barrage de Tichrine, qui fournit l’eau et l’électricité à la ville de Manbij et à la région de Kobané, à majorité kurde. Manbij fournira donc aux civils des générateurs à essence pour affronter cette coupure d'électricité. Cette action est destinée à déstabiliser les Kurdes avant d’en arriver à des mesures plus drastiques comme d’envahir la ville.

Les Américains soutenant les Kurdes, Erdogan leur demande de choisir : la Turquie ou les Kurdes syriens. Les États-Unis ne peuvent pas laisser tomber les Kurdes, car leur lutte contre l'EI en Syrie serait alors terminée. Ils ne peuvent pas non plus laisser tomber la Turquie puisqu'ils utilisent une de ses bases militaires et que la Turquie est membre de l'OTAN tout comme eux.

Le barrage de Tichrine

Le barrage de Tichrine

Le gouvernement syrien est également touché puisque dans la vallée de Tichrine se trouvent le barrage de Tabqa et le lac Assad fournissant à Alep la plus grande partie de son électricité et de son eau potable, ainsi que l’eau nécessaire pour irriguer plus de 640.000 hectares de terres agricoles. La Turquie menace ainsi aussi Mossul en Irak, dont l’alimentation en eau potable dépend également de l’Euphrate.

Pendant ce temps, les États-Unis envoient 400 soldats supplémentaires pour appuyer l’offensive contre Raqqa, capitale de l'État islamique en Syrie. 

En plus, la Syrie accuse l'armée turque de bombarder à l'artillerie lourde la région de Manbij. Damas n'a donné aucune autorisation à l'armée turque pour entrer en territoire syrien. Le Conseil militaire de Manbij, appuyé par les États-Unis, a cédé le contrôle de plusieurs villes au gouvernement de la Syrie dans le cadre d'un accord promu par la Russie visant à réduire la tension. 

Aussi, depuis qu'elle a déployé des troupes en Syrie depuis 2015, la Russie est devenue incontournable au Moyen-Orient. En effet, le président Vladimir Poutine accueille le Premier ministre israélien Netanyahu et recevra bientôt le président turc Erdogan. Ces hommes discuteront de commerce, d'énergie, d'investissement et du conflit syrien.

Israël est préoccupé par l'instabilité à sa frontière avec la Syrie. Le Hezbollah, l'armée syrienne et des milices pro-iraniennes luttant contre al Qaïda et l'État islamique sur les hauteurs du Golan, inquiète Tel Aviv. Israël implore régulièrement la Russie pour maintenir le Hezbollah et les groupes pro-iraniens profondément anti-israéliens, loin de sa frontière. 

Israël cherche des garanties de la part de la Russie, s'assurant que le Hezbollah ne mette pas la main sur l'aide militaire accordée par Moscou à l'armée syrienne. Tel Aviv, dans le but d'obtenir un résultat, refuse de vendre des armes aux pays limitrophes de la Russie. Par exemple, en 2008 pendant la guerre russo-georgienne, Tel Aviv a suspendu ses ventes d'armes à la Géorgie.

Israël demande l'aide russe pour préserver une zone tampon dans les hauteurs du Golan, tout comme elle l'a demandé aux États-Unis. Mais elle veut aussi être en mesure de cibler les convois du Hezbollah et des dépôts d'armes dans la région, sans marcher sur les pieds de la Russie. Et si un éventuel conflit avec le Hezbollah se répandait en Syrie ou au Liban, elle veut s'assurer que la Russie ne s'en mêlera pas. Autrement dit, Israël veut le beurre et l'argent du beurre.

Mais la capacité de Moscou à manœuvrer les acteurs sur le champ de bataille près d'Israël est limitée et Tel Aviv le sait. D'ailleurs, les propres priorités de la Russie en Syrie l'emporteront sur toutes les demandes d'Israël ou de la Turquie. 

La semaine dernière, le plan Turc pour une offensive sur Manbij a été stoppé par une prise de contrôle de l'armée syrienne à la périphérie du territoire kurde face à l'armée turque, le tout avec l'assentiment de la Russie et des Kurdes. Ce sera un sujet de discussion entre Poutine et Erdogan.

Le but de ces réunions est de conserver les canaux de communication ouverts et de trouver si possible une solution. La Russie se soucie de maintenir ses relations avec Israël et la Turquie pour préserver ses liens économiques importants avec eux, mais le but ultime de Moscou demeurera toujours ses propres intérêts dans la région, c'est à dire son alliance avec Damas et Téhéran. 


Sources :

Résau International : Juste après la visite de McCain à Erdogan, la Turquie coupe l’eau à la Syrie, 10/03/17

L'Humanité : syrie. Les troupes turques encerclées par les forces syriennes et kurdes, 10/03/17

Ncuatro : Siria acusa al Ejército de Turquía de bombardear sus posiciones en la provincia de Alepo, 10/03/17

Stratford : Russian Realpolitik at Work in the Middle East, 10/03/17

Journal de Montréal : Les États-Unis envoient 400 soldats supplémentaires en Syrie, 09/03/17

Armée turque bloquée en Syrie

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Vert : Turcs et Turkmènes. Jaune: Kurdes. Rouge : Armée syrienne. Mauve : État islamique

Armée syrienne, armée russe, force kurde, armée américaine, force turkmène, armée turque, tous sont maintenant unies contre un ennemi commun l'État islamique en Syrie. De sorte que pour la première fois depuis le début de la guerre, les lignes d’approvisionnement entre la Turquie et l’État islamique sont totalement coupées!

Cependant, dans le Nord de la Syrie, l'armée turque et son allié syrien turkmène (minorité turque vivant en Syrie et en Turquie) ont nettement exprimé leur intention d'attaquer les Forces Démocratiques Syriennes de Manbij, qui elles sont à majorité kurde et la plupart issues du YPG syrien, YPG kurde syrien affilié au PKK kurde Turc (ennemi juré d'Ankara). La Turquie a menacé de lancer des frappes aériennes contre les positions militaires kurdes de Manbij et les Turkmènes ont menacé d'envahir la ville, si le YPG ne s'y retire pas. Donc, de violents clashs ont éclaté et les Turkmènes soutenus par Ankara ont avancé vers l'Est en s'emparant de deux villages, après d'âpres combats contre le YPG. 

Peu de temps après, les FDS (YPG) soutenues par l'armée américaine ont cédé à l'armée syrienne, elle-même soutenue par l'armée russe, des villages sur une zone tampon entre les forces kurdes et les rebelles turkmènes soutenus par l'armée turque. L'armée syrienne a avancé vers l'Est pour faire sa jonction avec les forces kurdes. En quinze jours, elle s'est emparée d'une vingtaine de villages, dont Tadef, au sud d'al-Bab, dans la province d'Alep. Les troupes gouvernementales se déploient présentement entre al-Bab et Manbij, permettant ainsi d'éviter une guerre sans merci entre kurdes et rebelles pro-Turcs. « Nous, le Conseil militaire de Manbij annonçons que nous sommes parvenus à un accord avec la Russie pour céder à des gardes-frontières de l'état de Syrie des villages sur la ligne de front ». 

C6edbzawcaayf nUne telle rétrocession de territoires aux forces de Bachar el-Assad est une première. Un convoi de vivres du gouvernement syrien est entré dans les zones contrôlées par les Kurdes dans la province de Manbij. Ce convoi contiendrait munitions et équipements militaires pour les unités kurdes se préparant à une bataille décisive contre les forces turques. 

C6fiv8ewaaeqzqh 1Le nouveau gouvernement américain n'a jamais caché le fait qu'une coopération circonstancielle avec Moscou était nécessaire dans certains cas. Aussi 500 soldats américains des forces spéciales ont été déployés près de Manbij. En effet, Twitter diffuse abondamment ces dernières heures, plusieurs vidéos et photos d'un convoi militaire américain arrivant de l'Est sur Manbij avec le drapeau américain flottant au vent. Pour les Américains, abandonner les Kurdes, c'est comme abandonner la lutte contre l'EI.

C6fqweiwmaqpszfConvoi turc Tout ceci représente un fort signal d'arrêt aux forces militaires turques. Pour avancer sur Manbij, la coalition turque devrait affronter l’armée syrienne et son allié russe, de même que le YPG et son allié américain. Elle ne peut se permettre de jouer avec le feu dans de telles circonstances, aussi elle n'ira pas à Manbij sans concertation préalable avec les Russes et les Américains. Elle cherche maintenant à coopérer pour trouver une solution. L’avancée militaire des forces turques dans le Nord de la Syrie est de ce fait entièrement bloquée. Cependant le gouvernement turc soutient toujours que tôt ou tard, il sera obligé de contrer ouvertement les forces kurdes. Selon Ankara, toutes les activités de celles-ci menacent l'avenir de la Turquie, sa sécurité et la structure unitaire de l'état turc. Aussi, de grands convois militaires turcs semblent se diriger quand même vers Manbij. La pression est donc très grande de tout bord et tous côtés !

 

Vert : Turquie ; Jaune : Kurdes ; Orange : Armée syrienne ; Bleu : État islamique

Après avoir chassé l'EI d'al-Bab, l'opération Bouclier de l'Euphrate de la Turquie est largement compromise par la volonté des Américains de faire participer les Kurdes à la bataille de Raqqa. Ils ont laissé savoir que les Kurdes feraient partie de l'opération. Les Américains veulent que tout le monde y participe. Ils ne peuvent se passer de la Turquie, un membre de l'OTAN. D'ailleurs, les Américains utilisent la base aérienne turque d'Inçirlik. Mais convaincre les Turcs de coopérer avec les Kurdes demeure une mission impossible.

Pendant ce temps, l’armée syrienne a repris Palmyre à l’État islamique. Une nouvelle unité de l'armée syrienne formée par la Russie, s'appelant le 5e corps, mène la marche avec succès. De Palmyre, cette unité progressera vers l’Est soit vers Raqqa et Deir Ezzor.

Trump avait promis des " zones de sécurité ". Erdogan peut encore en obtenir une dans le nord, soit le territoire que ses forces occupent présentement. Mais Damas qui est contre l'autonomie Kurde, mais qui n'a pas les moyens de reprendre les territoires kurdes, soutient les forces kurdes contre l'occupation turque. Les forces turques en Syrie vont donc continuer à subir de lourds problèmes. Les territoires arabes que les Kurdes contrôlent en ce moment leur serviront plus tard de monnaie d'échange avec le gouvernement syrien, possiblement pour obtenir certains pouvoirs du gouvernement central.

Le lobby israélien veut aussi sa « zone de sécurité » dans les hauteurs du Golan, zone qui serait sous commandement jordanien. Mais cette zone est occupée en ce moment par Al-Qaïda et l’État islamique. L'armée qui combat ces deux groupes terroristes présentement près du Golan, est nul autre que l'armée syrienne appuyée par le Hezbollah libanais et certaines forces iraniennes. La Jordanie n’a rien à gagner avec cette « zone de sécurité ». De même, l’armée américaine n’aura aucun intérêt à ouvrir une autre boîte de Pandore dans le sud de la Syrie. 

Les  déclarations de Trump sur les « zones de sécurité » représentent en fait des positions qui serviront de base à une négociation. Les négociations entre tout ce beau monde, Russes, Américains Turcs, Syriens, Kurdes, Turkmènes, Iraniens, Israéliens etc... risquent d'être très difficiles pour les prochaines semaines. Mais nous en verrons un jour les résultats.

 

Sources :

Réseau International : Syrie – Le pari perdu d’Erdogan – Trump devrait opter pour la prudence, 04/03/17

Epoch Times : USA, Russische und syrische Truppen schicken Konvois nach Manbidsch, 04/03/17

AMN : Syrian Army and Kurdish coordination strengthens as food enters Manbij district. 04/03/17

L'Orient le Jour : Face à Ankara, Damas s'allie aux Kurdes dans le nord, Sammy KETZ, /04/2017

L'Orient le Jour : Syrie : les enjeux de la bataille de Manbij, Caroline HAYEK , 03/03/17

Sputnik : Base US à Manbij: entre Ankara et les Kurdes, Washington a-t-il choisi?, 03/03/17

Syrie : La Turquie avance toujours

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Blanc : territoire turc

Vert : Armée turque.

Jaune : Forces démocratiques syriennes (milice à majorité kurde)

Rouge : Armée syrienne

Gris : État islamique 

Source : Leaked Reality.com

Nord de la Syrie

Depuis août 2016, la Turquie y mène son opération militaire "Bouclier de l'Euphrate", pour déloger l'État islamique et les milices kurdes de sa région frontalière. Le président turc Erdogan a annoncé qu’après la libération d’al-Bab, les forces turques s’orienteraient vers Manbij, puis Raqqa capitale de l'EI en Syrie. Lueur d'espoir, Moscou et Ankara ont convenu d'éviter les affrontements entre les forces pro-turques et l'armée syrienne. 

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La semaine dernière, l'armée turque et ses alliés rebelles syriens ont pris la ville des mains de l'État islamique. L’armée syrienne pour sa part, continue sa progression au sud-est de la ville, fermant la voie aux avancées des forces turques vers le sud.

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Les forces syriennes luttent pour déloger l'État islamique de la localité. Il s'y trouve une station de pompage d’eau alimentant la ville d’Alep, station de pompage mise hors service par l’EI. 

Manbij

À l'ouest de la ville, l'armée turque et les groupes rebelles syriens lui étant alliés, attaquent huit villages contrôlés par le Conseil militaire de Manbij, faisant partie des Forces démocratiques syriennes, alliance kurdo-arabe soutenue par Washington. Les combats y sont violents, les bombardements d'artillerie turque puissants, aussi les forces turques progressent. Elles ont pris les villages de Tal Tourin et de QaraSimultanément au sud de la ville, l’armée syrienne fait jonction avec les FDS et l'État islamique les attaque

Font notamment partie des FDS les milices kurdes YPG, que la Turquie considère comme le bras armé en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) turc. Les YPG ont contribué l'année dernière à la reprise de Manbij face à l'EI dans le cadre d'une opération soutenue par les États-Unis. Les YPG ont annoncé s'être retirées de Manbij, mais Ankara assure de son côté que les miliciens kurdes y sont toujours. 

Erdogan : "Nous avons dit à nos amis américains. Le YPG doit se déplacer à l'Est de l'Euphrate. Manbij doit être peuplée par des Arabes autochtones. "

Raqqa

Ankara propose une opération conjointe avec les États-Unis pour la prise de Raqqa, capitale de l'EI en Syrie, mais seulement si le YPG en est exclu. La Turquie affirme que le YPG est membre du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), désignée comme terroriste par la Turquie, les États-Unis et l'Union Européenne. Pour sa part, Washington considère le YPG comme étant la force terrestre la plus efficace contre l'EI et cela n'a pas changé depuis l'élection de Donald Trump en tant que président des États-Unis. 

Palmyre

Les forces syriennes ont repris Palmyre surnommée " la Perle du désert ". L'opération de déminage va commencer. Les djihadistes de l'EI qui fuient la ville vers l'Est sont bombardés sans pitié par les aviations syrienne et russe. Le tout dans un milieu désertique. 

 

Sources :

Sputnik : Syrie: Moscou et Ankara préviendront les affrontements entre l’opposition et l'armée, 02/03/17

Yahoo Actualités : Ankara et ses alliés syriens attaquent des cibles liées aux USA, 01/03/17

Press TV : Syrie: les Kurdes perdent plusieurs villages près de Manbij, 01/03/17

Middle East Eye : Turkish and US-backed Kurdish forces clash near Syria's Manbij, 01/03/17

 

Ukraine et Donbass : Guerre oubliée

Pourquoi cette guerre est-elle oubliée ? Parce qu'elle ne se passe pas comme le voudrait l'Occident et si on en parle pas, ça n'existe pas. 

Map of the donbassLes passeports délivrés par les autorités rebelles des régions de l'Est de l'Ukraine, soit les républiques autoproclamées de Lougansk et de Donetsk sont désormais reconnus comme valables par la Russie. Les citoyens qui y résident peuvent désormais entrer et sortir de Russie sans visa depuis le 18 février 2017. Ces mesures sont temporaires, jusqu'à ce que la situation dans les régions de Donetsk et de Lougansk trouve une solution politique sur la base des accords de Minsk signés en février 2015.

Le 11 mai 2014 s'est tenu un référendum d'autodétermination à Donetsk, avec 90% en faveur de l'indépendance de la république de Donetsk. Ce référendum n'est reconnu ni par l'Union européenne, ni par les États-Unis et le procureur général de Kiev déclare cette république « organisation terroriste » (17 mai 2014).

Les autorités de Kiev ont alors lancé une véritable guerre contre ces Républiques qui ont proclamé leur indépendance suite au coup d'état ukrainien de février 2014, ce dernier approuvé par l'Europe et les États-Unis. Résultat, 3 ans de conflits qu'aucun traité de paix n'a pu endiguer, plus de 10.000 morts, une population massacrée, en majorité des ouvriers et des mineurs. On est loin du portrait classique du dangereux terroriste.

Sous le coup de bombardements ukrainiens incessants, les victimes du conflit sont les populations civiles, des hommes et des femmes entre la peur et la survie qui ont tout perdu. Elles nous ressemblent. Leurs villes détruites ressemblent aux nôtres, leurs aspirations aux bonheurs de la vie sont similaires, nous sommes tous des êtres humains subissant des enjeux qui nous dépassent. Comme c'est souvent le cas, ce sont ceux qui n'ont rien demandé qui payent les conséquences d'une géopolitique aux intérêts flous et déshumanisés.

Cette guerre a fait près de 10.000 morts depuis avril 2014 entre rebelles pro-russes et soldats ukrainiens. Depuis le 29 janvier dernier, la situation sur la ligne de contact dans le Donbass s'est aggravée. 

Les leaders occidentaux sont complètement déconnectés de la réalité dans ce conflit, tout comme c'est le cas dans le conflit syrien et dans le non-conflit avec les monarchies du golfe persique.

La  Crimée, ayant choisie par référendum de faire partie de la Russie est par le fait même exclue de cette destruction inhumaine. 

 

Sources :

RT : Moscou reconnaît les passeports des républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, 18/02/17

Sputnik : Les nationalistes radicaux ukrainiens quittent la station de filtration d’eau de Donetsk, 27/02/17

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