Analyse politique sur différents pays

Syrie : Les lignes rouges à ne pas franchir

 

1200px krak des chevaliers landscape croppedLe krak des chevaliers. En Syrie, on sent que personne n’a intérêt à ce qu’éclate un conflit de grande envergure, personne ne veut y aller, mais chacun joue avec le feu pour marquer son territoire. Les différends entre les acteurs internationaux se règlent sur le terrain militaire, où chacun teste les lignes rouges de ses adversaires et essaye de les enfoncer.

Il en va ainsi de l’opération turque – Rameau d’olivier - à Afrine, où les Russes semblaient être en position d’imposer leur ligne rouge avec leurs missiles anti-aériens S-400. Ils avaient la possibilité physique d’empêcher l’opération Rameau d’olivier d’Erdogan. Non seulement, ils ne l’ont pas fait. Ils ont même fait semblant que leurs troupes présentes à Afrin se déplaçaient pour mieux se situer, sans faire de lien avec les bombardements turcs qui s’en venaient. Et mine de rien, elles se sont retirées. Soit parce que les Turcs font partis de l’OTAN, soit à cause des liens économiques qui lient les deux pays, soit que le calcul de Moscou serait qu’après la prise d’Afrin par les Turcs, ce serait plus facile pour Damas de récupérer ce territoire. La dernière option me semble risquée. Les Turcs pourraient aussi bien conserver le territoire.

C’est peut-être aussi pour mettre les Kurdes à leur place. Les Kurdes veulent le fédéralisme, ce que refuse carrément Damas, probablement parce que le gouvernement central craint que d’autres minorités en profitent ou peut-être tout simplement parce que le clan Assad perdrait ainsi trop de pouvoir économique.

Me fiant sur l’intelligence d’Assad et de Poutine, je privilégie ce qui suit. Peut-être que Moscou et Damas avaient prévu ou savaient qu’après avoir réussi à déplacer la ligne rouge des Russes à Afrin, les Turcs testeraient la ligne rouge des Américains à Manbij, comme ils sont en train de le faire. Les Turcs veulent que les Américains fassent déplacer la force militaire kurde de Manbij vers l’est de l’Euphrate, pendant que les troupes turques rejoindraient les troupes américaines à Manbij.

Risqué pour les Américains, car l’aboutissement de la conquête turque en Syrie pourrait par effet domino aboutir à l’exclusion des Américains de Syrie. N’oublions pas que le seul allié des Américains en ce pays, est le Kurdistan.

On sait que les Américains utilisent les Kurdes contre l’EI. Leur ligne rouge officielle est qu’il ne faut pas que l’EI revienne. Ce n’est pas de faire respecter les Kurdes par les autres intervenants. Ils veulent aussi faire le plus de tort possible à Assad et aux Russes. La guerre est perdue pour eux, ils le savent et d’ailleurs ils n’ont jamais voulu trop s’y impliquer. Mais ils ne lâchent pas le morceau, car on ne sait jamais ce que nous réserve l’avenir.

En fait, Damas et Ankara ont un conflit avec les Kurdes. Ankara utilise la guerre. Damas pas encore, elle a d’autres problèmes à régler avant, mais elle veut affaiblir le plus possible la force des Kurdes avant de négocier avec eux. Damas récupérera la Ghouta, la région de Deraa, le Golan syrien (pas celui occupé par Israël), avant de négocier avec les Kurdes.

Damas testait la ligne rouge de la Turquie en attaquant - Hayat Tahrir al Sham - dans le gouvernorat d’Idlib. Ankara a commencé par demander l’arrêt de l’offensive syrienne, sans succès. L’armée syrienne a réussi à reconquérir le sud du gouvernorat, puis Erdogan y a amené tranquillement, sans mot dire, son armée. Assad n’a pas franchi la ligne rouge turque. Pour l’instant, il n’en a pas les moyens et il le sait. Assad est un bon stratège. Il a abandonné l’idée pour l’instant et met dorénavant tous ses efforts sur la Ghouta orientale et ce avec faste et brio pour qu’on ne parle pas de l’arrêt de l’offensive syrienne à Idlib.

L’attaque des loyalistes assistés de forces privées paramilitaires russes contre le Front Démocratique Syrien à Deir ez-Zor est un autre exemple flagrant de test de ligne rouge. Les bombardements américains le 8 février contre cette offensive, rappelle que Washington n’a pas l’intention de quitter l’Est syrien à court ou moyen terme. C’était quand même le premier combat entre forces russes, privées certes mais russes quand même, contre des forces américaines. Le gouvernement russe a pris une semaine avant de réagir verbalement sans en faire trop de cas.  

Le gouvernement syrien et ses alliés ont testé à quelques reprises la ligne rouge américaine face au Front Démocratique Syrien ou même face à la base américaine d’al Tanf et Washington a toujours fait respecter sa ligne rouge. De même le Front Démocratique Syrien a testé les Russes en attaquant à quelques reprises les forces gouvernementales ou leurs alliés et Moscou a toujours fait respecter également cette ligne rouge.

Et l’escalade militaire qui a opposé Israël à la Syrie, il y a une semaine. Pendant toute la guerre syrienne, Israël a testé la ligne rouge syrienne et l’a défoncée à plusieurs reprises. Mais plus le temps passe et moins Israël peut agir. Ses avions ne peuvent plus franchir l’espace aérien syrien, ses missiles, si, ils le peuvent encore mais ne réussissent pas toujours à atteindre leur cible. Et c’est la Syrie qui se fait respectée.

Certes, la semaine dernière, c’est un téléphone de Poutine qui a mis fin à l’escalade israélienne. Moscou a fait respecter sa ligne rouge. C’était quand même la première fois qu’un drone iranien se faisait descendre par Israël et la première fois aussi qu’un F-16 israélien se faisait abattre par la Syrie.

Les tests de ligne rouge répondent à une même logique. Chaque acteur défend ses intérêts à un moment où les lignes de démarcation ne sont pas encore stabilisées et où aucun compromis général ne parvient à se dessiner. On sent cependant depuis la reconquête d’Alep par les forces syriennes que si la tendance se maintient, le gouvernement Assad se dirige directement vers la victoire finale mais peut-être perdra-t-il un peu de territoire.

Moscou s’est imposé clairement face à Israël et c’est dit également en désaccord avec l’Iran quand celui-ci parle de destruction d’Israël. Moscou, Damas et Téhéran demande aux Américains de quitter la Syrie et on peut facilement prévoir que les Américains quitteront la Syrie bien avant les Russes et les Iraniens qui eux sont là à le demande du gouvernement syrien. Ce qui n’est pas le cas des Américains.

Les Russes participent déjà à la reconstruction du pays, les Iraniens aussi mais pas les Américains qui n’aident personne dans les régions où sont situées une quinzaine de leurs bases militaires. Ils risquent qu’un jour, ils soient la cible des Arabes syriens et à ce moment-là, ils devront partir.

En ce moment, ils ne s’en rendent pas compte, parce que par sécurité, les soldats américains n’ont pas de contact avec la population arabe locale et cette dernière ne les aime pas et ce sent de plus en plus exacerbée par eux.

En ce moment, Damas et Ankara testent vraiment les lignes rouges de l'autre. La Russie sera bien obligée d'y mettre une ligne rouge. 

Ankara - Washington, un groupe de travail est créé

 

Rsz 000 zx6uqLa création d'un groupe de travail entre la Turquie et les États-Unis, vient d'être créé, au terme de la visite du chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson à Ankara. 

Le chef de la diplomatie turque juge que le sort de Manbij, demeure le préalable à toute bonne entente : « Nous pourrons effectuer des pas avec les États-Unis en toute confiance lorsque les YPG se seront retirés de Manbij. Il est nécessaire que les YPG sortent de là. » Insiste-t-il. Les Turcs menacent d'avancer vers Manbij, où sont installés des militaires américains aux côtés des YPG (Kurdes). Le préalable est donc la sortie des YPG de Manbij. 

 « La question de Manbij sera traitée en priorité par notre groupe de travail, dont la première réunion est prévue d'ici la mi-mars, » a indiqué Tillerson. Manbij n'a donc probablement rien à craindre de la part des Turcs d'ici avril. Le secrétaire d'état insiste pour que cette ville reste sous contrôle de la coalition internationale anti-djihadiste pour éviter le retour de l'EI.

Voila donc le préalable américain à toute bonne entente. Les Turcs ne font pas parti de la coalition anti-djihadistes. Tout au contraire, ils ont aidé les djihadistes et les aident encore dans la région d'Idlib. Ils y aident Hayat Tahrir al Sham, anciennement al Qaïda. Mais cela est en territoire russe, donc ça ne regarde pas les Américains. Mais ces derniers devront doublement vérifier avec qui les Turcs veulent faire affaire à Manbij, est-ce avec d'anciens djihadistes ? Le préalable américain est d'éviter le retour de l'EI. Ce n'est pas d'aider les Kurdes.

Les discussions portent donc sur un départ des YPG plus à l'est, au-delà du fleuve Euphrate, afin que les Turcs puissent se rendre à Manbij aux côtés des Américains, mais « il reste beaucoup de travail à accomplir », estime le ministre américain.

Le secrétaire d'état américain s'engage à prendre en ligne de compte les inquiétudes légitimes de la Turquie pour sa propre sécurité, mais il leur réitère ses appels à la retenue à Afrine, dans le but d'épargner les civils. Comprendre que les Américains ne feront rien pour Afrine, à part s'offusquer lorsque la ville subira des bombardements. Exactement ce qu'ils ont fait pour Alep...que des paroles. 

Le secrétaire réaffirme sa préoccupation face à l'état d'urgence et aux détentions qui perdurent en Turquie, notamment celles de ressortissants américains ou d'employés locaux des missions diplomatiques des États-Unis. Il promet une nouvelle fois d'étudier les dites preuves qu'Ankara fournit pour obtenir l'extradition du prédicateur "Fethullah Gülen", désigné par les autorités turques comme le cerveau de la tentative de coup d'état. Celui-ci réside aux États-Unis.

 

L'intervention militaire turque a un effet "domino"

 

8 5 801x516L'armée turque massant des troupes imposantes aux frontières des provinces de Raqqa et Hasakah, les YPG kurdes s'y précipitent pour défendre ces régions.

D'après des sources d'analystes militaires, dans la province de Deir Ezzor, les YPG se seraient pour la plupart retirées des zones contrôlées par les "Forces Démocratiques Syriennes" (FDS), cédant le contrôle de la région à une autre milice partenaire de la coalition connue sous le nom de "Conseil Militaire de Deir Ezzor" (DMC).

Reprenant les positions laissées par l'YPG dans l'est de la Syrie, DMC, est une milice arabe soutenue par les États-Unis qui fait également partie des "Forces Démocratiques Syriennes". Cette milice est issue de "l'Armée Syrienne Libre" (ASL).

On sait que l'armée syrienne est généralement pacifique avec l'YPG, mais avec l'ASL, qui est un ramassis de toutes sortes de groupes dont certains sont salafistes, disons que l'armée a une manière un peu plus violente d'agir avec eux et vice-versa, car n'oublions pas que l'ASL veut renverser le gouvernement syrien. Ce qui n'est pas le cas pour le YPG, qui lui veut un gouvernement fédéral. Ce que Damas refuse mais est prête à négocier.

Au cours de la dernière semaine, et même au moins une fois auparavant, DMC a directement attaqué les positions de l'armée syrienne dans les villes de Khasham et At-Tabiyyah à l'est de la rive de l'Euphrate.

DMC, ce n'est pas l'YPG. DMC est beaucoup moins puissant. En ce moment, il y a une rumeur que l'armée syrienne masse des troupes pour attaquer DMC et reprendre le territoire ou une partie du territoire que ce dernier contrôle.

On comprend mieux les "fausses nouvelles" venues de sources anonymes qui promulguaient que l'armée syrienne et ses alliés, même l'armée russe, avaient subi d'énormes pertes en vies humaines dans une attaque contre les FDS, en fait contre DMC. Et c'est l'aviation militaire américaine qui serait responsable de ces pertes.

Le but est de décourager les forces pro-gouvernementales syriennes en insinuant que l'armée russe n'est pas foutue de défendre ses propres hommes contre l'aviation militaire américaine. De fait dans le passé, l'aviation militaire américaine est déjà intervenue à quelques reprises contre l'armée syrienne et ses alliés, lorsque ces derniers attaquaient les FDS ou s'approchaient trop près de la base militaire américaine d'al Tanf. À chaque fois, l'aviation militaire américaine a obtenu le respect des forces pro-syriennes.  

L'inverse est aussi vrai. L'aviation militaire russe a, à quelques reprises, obtenu le respect des FDS contre l'armée syrienne et ses alliés. 

 

 

Israël dans la guerre syrienne

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Lors du conflit militaire de la fin de semaine dernière, entre Israël d'une part et la Syrie et l'Iran de l'autre part, les États-Unis sont restés muets ou presque. C'est la Russie qui a dicté la façon dont les choses devaient se passer et cette dernière s'oppose à la violation de la souveraineté syrienne par Israël.

En effet, lors d'un appel téléphonique avec le premier ministre Netanyahue, M. Poutine a mis fin à la confrontation entre Israël et l'Iran en Syrie et les deux parties ont accepté sa décision. Dans sa conversation avec Netanyahu, Poutine lui a demandé d'éviter les mouvements qui pourraient conduire à "une nouvelle série de conséquences dangereuses pour la région". Le calme après l'appel Netanyahu-Poutine montre une fois de plus qui est le vrai patron au Moyen-Orient.

De toute évidence, M. Netanyahu ne veut pas affronter la Russie. Sa confrontation avec les Iraniens lui suffi. Les États-Unis de leur côté, signalent que leur allié, Israël, demeure seul face au Hezbollah, à la Syrie et à l'Iran. Washington n'a donc pas l'intention d'appuyer militairement Israël dans son aventure guerrière en Syrie, même si cette aventure demeure sporadique.

Moscou permet à Tel-Aviv de bombarder occasionnellement en Syrie, mais pas au point de changer le cours de la guerre. Israël avec son armée, a le pouvoir d'harceler ses ennemis, mais il est clair qu'elle ne peut pas aller beaucoup plus loin. Même si en fin de semaine, la région a été amenée au bord de la guerre. 

Bien que cette série de combats soit terminée, un autre bras de fer avec la Syrie et l'Iran n'est qu'une question de temps, vu l'intolérance israélienne. L'Iran a indiqué qu'il ne changera pas sa façon de faire et Israël revendique le droit de défendre ses intérêts vitaux en matière de sécurité : « Ce n'est pas le moment d'aboyer, mais de mordre. » 

En Israël, on commence à entendre des idées bizarres, du genre : Finissons juste d'enseigner une leçon aux Syriens et après, allons directement chez les Iraniens, sur leur propre territoire. Ce sont des idées dangereuses qu'Israël a intérêt à éviter. Espérons que les dirigeants de Tel-Aviv  comprennent que la force militaire israélienne est certes puissante, mais elle a ses limites. Et ses limites sont de ne pas aller plus loin que les bombardements sporadiques. L'Iran étant beaucoup plus puissant militairement qu'Israël.

 

Rojava : Kurdes, Musulmans, Sunnites et Chrétiens

 

Sur le plan éthique, on peut comprendre les Kurdes de vouloir obtenir une certaine autonomie à l’intérieur de la Syrie. Ça s'appelle le fédéralisme. Les États-Unis en sont un exemple, étant eux même une république constitutionnelle fédérale. La fédération de Russie en est un autre exemple, la Suisse, le Canada et tant d'autres. 

À la faveur du chaos créé par la guerre, les Kurdes de Syrie ont créé – le long de la frontière turque, entre l’Euphrate et l’Irak – une Fédération démocratique de Syrie du Nord, qu’ils ont baptisé Rojava ("Ouest" en kurde). La zone a été chèrement reconquise à l'EI. En janvier 2014, ils se sont même dotés d’un « Contrat social », sorte de constitution.

Mais les kurdophones sont loin d’être les seuls habitants de la zone, qui se reconnaît d’ailleurs trois langues officielles : l’Arabe, le Kurde et le Syriaque. Car y vivent des Kurdes, certes, mais aussi des Arabes (musulmans, sunnites et chrétiens) et des Arméniens. La population kurde représenterait 60 % de la population totale (notamment dans le canton de Kobane). 

À l’extrême nord-est de la Syrie, proche de la frontière turque, la vallée du Khabour compte – ou plutôt comptait – une trentaine de villages chrétiens avant la guerre et d’importantes populations chrétiennes vivaient aussi dans les villes de Hassaké et Qamichli. Originaires de Mésopotamie, ces Assyriens – appartenant le plus souvent aux Églises syriennes orthodoxe et catholique – vivaient là depuis que le génocide turc les avaient chassés de leurs régions ancestrales, celles du Tur-Abdin et des montagnes du Hakkari. 

Certains redoutent la volonté de certains officiels kurdes de provoquer des départs, pour renforcer l’homogénéité ethnique de la zone. De nombreux réfugiés, musulmans et chrétiens, s’entassent toujours à Alep, faute de pouvoir rentrer chez eux.

Lorsqu’il a été occupé par l’Armée syrienne libre (ASL), beaucoup de gens ont fui. Depuis que les Kurdes ont chassé l’ASL, les musulmans sont allés visiter leurs maisons. mais ils ne peuvent pas s'y réinstaller. Les habitations comme les magasins appartiennent désormais au parti kurde. S'ils veulent les récupérer, il faut payer. 

Il ne faudrait pas que cette autonomie aboutisse à nier la diversité ethnique et religieuse qui prévaut dans la région. D'ailleurs, les Kurdes se sont engagés à remettre aux autorités syriennes les territoires non kurdes, en échange du fédéralisme. Damas refuse le fédéralisme.

Et les Turcs avec leur offensive, provoquent également des milliers de déplacés kurdes. Remettront-ils les territoires conquis à la Syrie ?  On peut penser que non. Mais on verra.

Chronologie des manifestations iraniennes, le gouvernement encore une fois : gagnant !

 

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 La Tour Azadi à Téhéran 

Chronologie des manifestations en Iran

Selon le "United States Institute of Peace", le 28 décembre 2017, une manifestation est organisée à Mashhad, deuxième ville d'Iran, à cause de l'augmentation jusqu'à 40% du prix des aliments de base, comme les œufs et la volaille. La manifestation s'est transformée en manifestation anti-gouvernementale et s'est étendue à plus de 80 villes à travers le pays. Ces manifestations étaient les plus grandes depuis la révolte du mouvement vert en 2009. Ce qui suit est une chronologie de ces manifestations.

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Source: Les militants des droits de l'homme en Iran

28 décembre - Dans le nord-est du pays, une manifestation est organisée via les médias sociaux à Mashhad, deux millions d'habitants. Les manifestants scandent « Mort à Rouhani » et « Mort au dictateur ». La police utilise les canons à eau pour disperser la foule. Selon BBC News, 52 personnes y sont arrêtées. D'autres manifestations plus modestes celles-là, sont signalées dans la même région à Neyshabour et Kashmar. 

29 décembre - Les villes de Rasht, Qom, Ispahan, Zahedan et Kermanshah suivent. Les protestations sont de taille modeste, de 100 personnes à 1 000. 

30 décembre - Des manifestations se forment dans neuf autres villes, dont Téhéran, Chiraz, Kohrramabad, Zanjan, Ahvaz et Najafabad. Ça dégénère à Dorud, dans l'ouest du pays, où les manifestants deviennent violents. Deux y auraient été tués. 

Des manifestations imposantes pro-gouvernementales ont lieu dans 1 200 villes, y compris Téhéran et Mashhad. 

31 décembre - Les violences continuent pour la quatrième nuit d'affilée. 200 personnes sont arrêtées à Téhéran et 80 à Arak. Des manifestations sont signalées à Sanadaj, Kermanshah, Shahin Shahr, Chabahar, Ilam et Izeh. Il s'agit toujours de casseurs. Dans Shahin Shahr, des vidéos montrent clairement des manifestants attaquant la police. Les forces de l'ordre déclarent : "Si les gens manifestent dans la rue contre les prix élevés, ils n'ont pas à brûler les biens publics."

Le président Hassan Rouhani tente de calmer le jeu. il déclare : « Nous sommes une nation libre, et sur la base de la Constitution et des droits de la citoyenneté, les gens sont complètement libres d'exprimer leurs critiques et même leurs protestations. La résolution de certains problèmes n'est pas facile et demande du temps. » Il déclare également que le gouvernement ne fera preuve d'aucune tolérance envers ceux qui endommagent les propriétés publiques. Les autorités restreignent l'accès d'Instagram et de Telegram, utilisés par les manifestants. 

1er janvier - Dix personnes auraient été tuées pendant la nuit lors des manifestations anti-gouvernementales violentes, portant le nombre de morts à 12. Les tirs ont été responsables de huit morts. Dans la ville centrale de Najafabad, un manifestant a ouvert le feu sur la police, tuant un officier et en blessant trois autres. D'autres affrontements avec la police et des attaques contre des postes de police ont été  signalés dans la ville centrale de Qahderijan et dans la ville occidentale de Kermanshah. 

2 janvier - Des manifestations violentes éclatent à Tabriz, Gohardasht et Eslamabad-e-Gharb. La police utilise les gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants à Ahvaz. Des vidéos montrent des bombes flash et des grenades lancées dans les villes de Rasht et Karaj. Depuis le 31 décembre, plus de 450 personnes ont été arrêtées. 

Le guide suprême, l'ayatollah Khamenei accuse les ennemis de l'Iran de provoquer les troubles. « Les ennemis de l'Iran utilisent divers moyens, y compris l'argent et les armes pour troubler la République islamique. L'ennemi est toujours à la recherche d'une opportunité et d'une crevasse pour infiltrer et frapper la nation iranienne. »

Lors d'un appel téléphonique avec le président français, le président Rouhani affirme que le groupe Mujahedeen-e-Khalq (MEK) est responsable de l'incitation à la violence et appelle la France à cesser d'accueillir la faction exilée. Le procureur général iranien Montazeri déclare que la CIA et le Mossad sont derrière les émeutes. « Les ennemis utilisent les dollars alloués par les Saoudiens. » 

3 janvier - Les émeutes bien que toujours modestes en nombre de manifestants continuent à Téhéran, Ahwaz, Hamadan, Ispahan et Lorestan. Les rassemblements les plus importants ont atteint un maximum de 1 500 personnes. Par contre, plusieurs centaines de milliers d'Iraniens participent aux rassemblements pro-gouvernementaux, notamment à Kermanshah, Ilam, Ahvaz, Gorgan et Qom. 

Dans une lettre adressée aux Nations Unies, l'Iran accuse les États-Unis d'ingérence grotesque dans les affaires intérieures de la République islamique. 

4 janvier.  - Après une semaine de casse, les émeutes anti-gouvernementales diminuent ostensiblement. Les forces de l'ordre suffisent à la tâche. L'armée n'a pas été obligée d'intervenir. Au total, 50 000 personnes ont participé à ces manifestations anti-gouvernementales. Par contre, des centaines de milliers d'Iraniens se rassemblent en soutien au gouvernement pour la deuxième journée consécutive dans de nombreuses villes à travers le pays, y compris Mashhad. 

Le procureur général iranien, dénonce  l'Américain Michael D'Andrea, ancien chef du Counter Terrorism Center de la CIA. Il serait en charge d'une salle d'opération composée d'Américains, d'Israéliens et de Saoudiens dont le but serait de fomenter les troubles. Les Etats-Unis nient toute implication. 

5 janvier  - Le dernier test. Selon Associated Press, les anti-gouvernementaux n'ont sorti que faiblement après les prières du vendredi dans les rues de Téhéran. Tandis que les pro-gouvernementaux sont sortis encore une fois en masse. Khatami, figure politique importante du clan progressiste en Iran,  affirme que le peuple a été trompé par les émeutiers soutenus par les États-Unis, mais a également appelé le gouvernement iranien à accorder plus d'attention aux problèmes économiques des gens. 

D'ailleurs pour calmer le jeu, le gouvernement a suspendu ses plans visant à réduire les subventions en espèces et à augmenter les prix du carburant. 

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue après les prières du vendredi pour manifester leur soutien au gouvernement pour une troisième journée consécutive. À New York, le Conseil de sécurité des Nations Unies a tenu une réunion d'urgence, convoquée par les États-Unis. 

Au 5 janvier, 22 personnes araient été tuées et plus de 1000 manifestants arrêtés.

 

Press TV

Iran, les manifestations du vendredi sont à surveiller...

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Les manifestations en Iran ne sont pas si rares. Il y en a eu en 1993, 1995, 1999, 2003, 2007 et en 2009. Les Iraniens saisissent toujours les moments comme celui-ci [montée des prix des biens de consommation] pour s'exprimer. 

Par contre, la grève générale que les manifestants anti-gouvernementaux avaient prévue pour mardi le sixième jour de leur protestation, n’est pas parvenue à se mettre en marche. Aucun arrêt de travail ne s’est produit.

Les sources iraniennes de Debkafile remarquent que le mouvement de protestation s’essouffle à cause de son incapacité à s’attirer le soutien de la classe moyenne (la classe la plus nombreuse en Iran), des commerçants et des étudiants hors-Téhéran. Mardi soir, par conséquent, le nombre de rassemblements (environ 55 précédemment) a diminué du tiers et la participation d’environ la moitié.

Le Guide Suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei a accusé les agents des services de renseignements étrangers de livrer aux manifestants de l’argent, des armes et des renseignements. Il n’a sûrement pas tout à fait tort.

Le gouvernement a réussi à calmer le jeu. Après trois jours, les manifestants restaient toujours libres de rejoindre les points de ralliement dans les centres villes, où ils se trouvaient confrontés à des milliers de manifestants pro-gouvernementaux. Ils étaient ainsi submergés par le nombre et la police les attendait.

Le gouvernement a allégé le blocage des réseaux sociaux Instagram et Télégramme. Une indication que le gouvernement est moins inquiet quant aux conséquences des mouvements de la dissidence de la rue, que lors des premiers jours.

Cependant, les sources de Debkafile affirment que le mouvement de protestation n’est pas tout à fait terminé. Les tentatives de lancer des rassemblements seront confrontées à leur prochain test ce vendredi 5 janvier. Si le mouvement anti-gouvernemental ne parvient pas à rassembler les masses dans les rues après les prières du vendredi, il risque fort de disparaître tranquillement.

Que cachent les manifestations iraniennes ?

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Les protestations d'une faction du peuple iranien ont été initiées par des partisans du gouvernement s'opposant à Rouhani (progressiste) - élu modéré promettant d'étendre les libertés sociales et politiques, de renforcer les relations internationales et de soutenir l'économie. -

Les manifestations ont commencé la semaine dernière à Mashhad, deuxième plus grande ville du pays. Elles étaient à l'origine, une protestation face aux difficultés économiques du pays sous la présidence d'Hassan Rouhani, qui avait promis que l'accord sur le nucléaire iranien négocié avec le président Obama en 2015, conduirait à un meilleur développement économique. 

Les Iraniens n'ont pas connu de reprise économique aussi robuste que prévue. Même si l'ensemble de la population bénéficie d'un assez bon niveau de vie, les prix à la consommation sont demeurés élevés.

Les protestations se sont vite élargies à d'autres demandes telles qu'exiger la fin de la République islamique. Elles ont grossi pour devenir le plus grand soulèvement du pays depuis les élections présidentielles de 2009. Les manifestants ont également condamné Khameni, le chef suprême non élu qui limite le pouvoir du président et le système dans son ensemble.

Il n'y a pas eu autant d'Iraniens dans les rues cette fois-ci qu'en 2009, lorsque des millions de personnes ont protesté contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad (conservateur). Bien que cette dernière série de manifestations n'ait pas atteint la même ampleur que le Mouvement vert de 2009 , elle a été remarquée par la façon dont elle a attiré les manifestants non seulement dans les grandes villes du pays, mais aussi dans les petites villes. 

Rouhani a déclaré que les protestations sont légitimes. « Nous sommes une nation libre », a déclaré Rouhani à la télévision d'état . « Et selon la constitution et les droits des citoyens, les gens sont libres d'exprimer leurs critiques et même leurs protestations. » Mais il a également mis en garde contre la violence et a critiqué l'administration Trump pour s'être impliquée dans le mouvement de protestation.

Ce qui tue en ce moment le mouvement de protestation est la violence utilisée pour arriver à ses fins. L'ensemble de la population iranienne n'a pas accepté cette violence gratuite et destructrice qui semble mener au chaos. Toutes les populations à travers la planète sont semblables. Elles aiment la stabilité et détestent l'instabilité. 

Le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei quant à lui a affirmé et je cite : « L'ennemi attend une opportunité, une faille, à travers laquelle il peut entrer. » N'oublions pas que la lutte entre l'Arabie saoudite et l'Iran s'inscrit en 3 rounds. Le premier était la guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006, perdue par Israël. Le Hezbollah existe toujours et est plus fort qu'auparavant. Le deuxième round est la guerre en Syrie. Le clan de l'Arabie est en train de la perdre. Le troisième round, une guerre avec l'Iran. Elle semble impossible vue la force de l'armée iranienne. Mais les ennemis e l'Iran sont prêts à tout pour affaiblir ce pays.

Le gouvernement sera capable de réprimer les manifestations à court terme. Mais, de futures manifestations pourraient se produire si le gouvernement ne parvenait pas à faire face aux problèmes qui ont conduit aux manifestations. La solution est peut-être ce que demandait les manifestants au départ soit la baisse de certains prix à la consommation, du moins ne pas les augmenter davantage. 

Manifestation de 2009, aucun rapport avec aujourd'hui

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Les Kurdes syriens ne veulent pas l'indépendance mais...

 

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Carte de Wikipedia. Vert : Le territoire contrôlé par les Kurdes présentement. Orange entre les deux territoires kurdes, territoire contrôlé par la Turquie. Les deux petits ilots orange à l'intérieur des terres kurdes sont tenus par l'armée syrienne, sans jamais avoir combattu avec les Kurdes.

Les Kurdes syriens ne veulent pas l'indépendance mais tout simplement une république démocratique fédérée dans une Syrie unie. En fait ils cherchent le fédéralisme et estiment qu'il est temps d'ouvrir le dialogue sur le sujet avec le président syrien. Assad pour sa part ne veut pas de fédéralisme mais vu les circonstances, il est prêt à négocier avec les Kurdes. D'ailleurs, les deux armées ne se sont jamais affrontées. Si les Kurdes obtiennent le fédéralisme, leur armée s'incorporera à l'armée syrienne et les territoires qu'ils contrôlent et qui ne sont pas à eux, seront remis au gouvernement central.

La Turquie pour sa part, cherche à empêcher le partenariat des États-Unis avec les Unités de protection du peuple kurde (YPG). Ankara fait savoir qu'elle est prête à dialoguer avec Damas, mais sans les kurdes dans le processus de résolution.

Le Pentagone quand à lui, déclare que son soutien aux Kurdes continuera tant et aussi longtemps que la lutte contre l'État islamique se poursuivra. Les Kurdes quand à eux, ajoutent qu'ils ont reçu l'assurance de Washington que la présence militaire américaine dans les zones libérées, se poursuivra jusqu'à ce qu'un accord politique soit signé en Syrie.

Vu la situation, les Kurdes ne mettent pas tous leurs œufs dans le même panier. Parallèlement ceux-ci construisent des liens avec la Russie. En mars, la Russie avait déployé quelques troupes à Afrin dans le seul et unique but de surveiller le cessez-le-feu dans la région. Elles ont ainsi empêché l'armée turque d'attaquer à grande échelle les Kurdes. Les Américains y ont joué également un rôle important, puisque eux aussi, quelques unes de leurs troupes étaient présentes parmi les Kurdes. De plus en juillet, alors que l'opération de Raqqa était en cours, Moscou a mis en place une salle d'opération conjointe avec l'armée syrienne et les YPG. 

Puis à Deir ez-Zor, le partenariat Russo-kurde se consolide davantage. Les Russes ont soutenu certes l'armée syrienne du côté occidental de l'Euphrate, mais ils ont aussi fait équipe avec les Kurdes du côté Est du fleuve. Les avions de combat russes ont effectué 672 sorties à l'appui des YPG et d'autres groupes, touchant environ 1 450 cibles. Si les armées syriennes et kurdes ont avancé, c'est un peu beaucoup grâce à l'aviation militaire russe. 

Les YPG: « Nous essayons de rester en bons termes avec les Russes sans diminuer l'importance de notre partenariat avec les États-Unis... Le soutien américain dans les zones libérées de l'EI se poursuivra... Nous assisterons au Congrès du dialogue national syrien à Sotchi en février et plus précisément des représentants de la Fédération Démocratique de Syrie du Nord (FDS) y participeront. »

Les YPG, d'ajouter : « Pour l'instant, le partenariat avec les Américains est militaire. Depuis le début, nous demandons de leur part une reconnaissance politique, nous attendons des progrès sur cette question dans les jours à venir,  une ouverture des États-Unis vis-à-vis la Fédération Démocratique de la Syrie du Nord. »

Toutefois, les États-Unis doivent considérer la position turque à cause de leur alliance mutuelle à l'intérieur de l'OTAN et des bases militaires américaines présentes en Turquie, de sorte que l'Amérique ne peut pas reconnaître tout azimut le Kurdistan syrien. Peut-être peuvent-ils faire un tout petit pas symbolique, mais même là, la Turquie serait échaudée et pourrait peut-être sortir de l'OTAN ou demander aux Américains de quitter le sol turc. 

Devant l'incertitude américaine, les Kurdes seraient donc portés à mettre de plus en plus leurs œufs dans le panier russe. D'ailleurs, le représentant kurde à Moscou déclare que les YPG pourraient être intégrés dans l'armée syrienne si une solution politique satisfaisant toutes les parties, était trouvée.

En somme, les positions kurdes reflètent une plus grande volonté de dialogue avec Damas, ce qui signifie que l'option russe prend de l'importance en termes de perspectives de coopération. Ankara pour sa part, reste opposée à tout scénario impliquant les Kurdes comme parties prenantes dans le processus politique et de reconstruction, d'où l'impasse qui persiste.

À noter que les Russes peuvent réussir à réunir tout ce beau monde à Astana et à Sotchi, puisqu'eux et les Américains contiennent l'armée turque à Afrin. Mais le tout doit être finalisé à Genève sous l'auspice de l'ONU, pour que ce soit validé par la planète. C'est ce qu'on appelle un règlement politique.

L'exigence de l'opposition à Genève d'exiger toujours le départ d'Assad, a sans doute pour but d'obtenir quelques avantages en échange de l'abandon de leur slogan  :« Il faut qu'Assad s'en aille ! »  

La Turquie quant à elle ne doit pas perdre la face. Peut-être que si les Kurdes syriens s'engageaient à ne plus aider les Kurdes turcs, peut-être qu'Erdogan accepterait. Une fois l'entente signée, un an ou deux plus tard, il suffirait qu'Erdogan fasse une gaffe majeure envers les Kurdes turcs et les Kurdes syriens se sentiraient déliés et aideraient à nouveau les Kurdes turcs. 

  

Guerre syrienne : Israël, Hezbollah, Iran, Syrie, trouvez l'erreur...

 

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La BBC rapportait le 10 novembre dernier, q'une base militaire iranienne était en construction dans le complexe militaire syrien d'Al-Kiswah, à 14 km au sud-ouest de Damas, près de la Ghouta (enclave rebelle d'Ahrar al cham). Cependant, les sources militaires de "DEBKAfile" ne souscrivent pas à cette thèse. Disons que ce n'est pas une preuve hors de tout doute raisonnable. Les images montrent plus de 20 bâtiments, qui sont très probablement utilisés comme casernes pour les soldats et pour abriter des véhicules. Israël affirme pour sa part que l'État islamique quitte la Syrie tandis que l'Iran y emménage.

Toujours est-il qu'une attaque y a été menée par cinq missiles israéliens, probablement sol-sol. L'avion israélien perçu près de la frontière syrienne dans le ciel libanais avait pour but, soit de faire diversion ou de percevoir le résultat de l'attaque. Des missiles antiaériens syriens ont abattu trois des missiles. Les deux autres  auraient explosés près d'un dépôt de munitions de l'armée syrienne. Quoi qu'il en soit, les dégâts causés sont "top secret" de la part des deux belligérants. Ce qui semble sûr et certain, c'est qu'il n'y aurait pas eu de perte en vie humaine, que des pertes matérielles. 

L'attaque a causé quelques pannes momentanées de courant et de fortes explosions dans la capitale et la banlieue ont été perçues. Tout de suite après, l'armée syrienne  bombardait la Ghouta. Il y a eu des blessés et des pertes matérielles mais pas en vie humaine. Ahrar al cham  a rétorqué en lançant des roquettes sur Damas.

Les Américains ont essayé de rassurer Israël en leur disant que l'armée américaine restera en Syrie jusqu’à la fin de la guerre civile, en ajoutant : « le cessez-le-feu est la première étape, nous allons essayer d’augmenter la zone tampon et garder loin les Iraniens à une distance de 20 kilomètres au début. »

Les Israéliens veulent établir une ligne rouge entre eux, le Hezbollah et les forces militaires iraniennes en Syrie. Ils veulent une zone tampon, d'où leurs bombardements sporadiques. Sporadiques, parce qu'ils ne veulent pas être aspirés dans la guerre syrienne et ce, de leur propre aveux. Mais ils se sentent menacés.

Le Hezbollah veut récupérer les fermes de Chebaa qu'Israël occupe. Le gouvernement syrien veut récupérer le Golan syrien qu'israël occupe malgré qu'à peu près toute la planète lui propose gentiment de le remettre à la Syrie. Les Iraniens alliés des deux autres ne s'entendent pas du tout avec Israël. Ces trois-là étant fort occupés par la guerre syrienne ne sont pas près non plus, à entrer en guerre contre Israël, protégé par les États-Unis. 

Poutine demande à Israël de mettre fin à son occupation et proclame la solidarité avec la Palestine. La Russie défend verbalement ses trois alliés face à Israël (pupille des Américains) mais n'ira pas plus loin tant qu'Israël ne touchera pas à l'armée russe et Israël ne touchera pas à l'armée russe puisqu'il ne se sent pas menacé par elle. Il faut dire que les Russes sont patients car ce qu'ils veulent avant tout, c'est non seulement gagner la guerre mais aussi la paix qui s'en suivra. Ils ne veulent surtout pas faire la gaffe monumentale qui ferait qu'ils perdraient tout. Comme a déjà dit Assad : « les Israéliens ne changent pas le résultat de la guerre par leurs bombardements occasionnels. »

Les Russes viennent tout bonnement d'ajouter les Palestiniens à leurs alliés indéfectibles. Assad leur a aussi dit que si Israël fait la guerre au Hezbollah, ce sera un front uni « Hezbollah-Syrie. »

Les Américains connaissent aussi leur ligne rouge et n'attaqueront pas les alliés de la Russie tant que ceux-ci n'attaquent pas les alliés américains. Hum ! On sent quand même qu'il y a un risque. Il y a un allié des Américains qui lui, attaque sporadiquement les alliés des Russes. Il ne faudrait pas que la guerre s'éternise trop longtemps car on sent qu'une des parties, qui peut être n'importe laquelle, finira par prendre les nerfs et se dira : « toi mon hostie t'as fini de m'écoeurer ! » Expression québécoise qui se rapproche de l'expression arabe « retourne dans le ventre de ta mère ! » Et là, Dieu seul sait ce qui peut arriver ! 

Après tout, si la Syrie invite l'Iran à installer des bases militaires en Syrie, ça ne regarde que la Syrie et l'Iran. Israël n'a pas à faire la loi à la Syrie en Syrie, en Israël oui, mais pas en Syrie. Mais, il est vrai que l'armée israélienne malgré sa haute technologie et sa bombe nucléaire, n'est plus l'armée israélienne des années 60-70. Sa dernière guerre contre le Hezbollah en 2006 nous le prouve. 

Les pourparlers inter-syriens dureront jusqu’au 15 décembre

 

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L’Envoyé spécial de l’ONU Staffan de Mistura, annonce que les pourparlers inter-syriens se déroulant à Genève continueront jusqu’au 15 décembre. L’objectif en est la rédaction d’une nouvelle Constitution et l’organisation d’élections sous l’égide de l’ONU.

Les Kurdes sont exclus des négociations. L'opposition est formée du Conseil pour la révolution syrienne (CNS) aussi appelé le groupe du Caire et du groupe appelé le groupe de Moscou. Dans un prochain article, j'essayerai de définir qui sont les deux groupes d'opposition et qui sont ceux qui ne sont pas à la table de négociations.

La délégation du gouvernement refuse catégoriquement d'aborder la question de l'avenir du président syrien Bachar el-Assad, dont l'opposition réclame le départ. Interrogé sur ce point, le médiateur affirme que « ce sujet n'a pas été mis sur la table. Ce sera aux Syriens de décider dans les élections supervisées par l'ONU.»

Il n'y a eu aucune condition préalable d'un côté comme de l'autre. Ils discutent du processus constitutionnel et des élections sous supervision de l'ONU.

Russie, Turquie, Iran : Première rencontre tripartite

 

À Sotchi le 22 novembre

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Le président russe Vladimir Poutine recevra le président turc Recep Erdogan et le président iranien Hassan Rouhani. Les échanges porteront sur la Syrie et le Moyen-Orient. Les trois chefs d'état parleront des pourparlers tenus à Astana plutôt cette année et du processus de transition politique en Syrie. Les trois pays ont l'impression qu'un changement de stratégie commune s'impose face aux nouvelles stratégies moyen-orientales de Washington, Ryad et Tel-Avive. 

En effet James Mattis, le secrétaire d'état à la Défense des États-Unis, vient tout juste d'affirmer que la présence militaire américaine en Syrie se poursuivra même après la défaite de l'EI. Tout comme le gouvernement syrien, la Russie, la Turquie et l’Iran s'opposent fermement à la présence militaire américaine en Syrie. Présence militaire illégale, puisque non autorisée par le gouvernement syrien. Cette présence devra donc partir un jour. 

La Turquie impliquée militairement en Syrie contre les Kurdes, s'inquiète d’une alliance à long terme entre les États-Unis et la milice kurde syrienne. Le gouvernement syrien voulant unir le pays, voudrait récupérer la partie contrôlée par les Kurdes. Téhéran veut une liaison terrestre continue entre l'Iran, l'Irak, la Syrie et le Liban. La Russie appuie la Syrie et l'Iran, sachant fort bien qu'une Syrie unie, sera beaucoup plus prospère et que la Russie en bénéficiera. 

La meilleure façon selon moi, d'arriver au retrait des forces américaines de Syrie, serait que le gouvernement syrien s'entende avec les Kurdes sur une politique fédérale syrienne commune. Les Kurdes l'ont déjà mentionné à maintes reprises. Ils veulent un gouvernement fédéral. Le premier ministre syrien s'est déjà dit ouvert à une négociation avec les Kurdes, au sujet d'une certaine autonomie. Attendons-nous donc à ce que les négociations entre les deux débutent d'ici la fin de l'année.

Si les Kurdes adhèrent à une Syrie fédérale et obtiennent par le fait même la protection russe, les Américains devront partir. 

Ryad de son côté, essaye de déstabiliser le Liban en faisant démissionner le premier ministre libanais. Les Libanais savent très bien ce qu'est une guerre civile et ils savent que la dernière a été emportée par le Hezbollah. Ils ne sont pas intéressés à en commencer une autre. Le Liban devenant de plus en plus sous la protection iranienne et syrienne, Ryad ne devrait rien obtenir de ce côté là. 

Washington voudrait que la milice iranienne et le Hezbollah quittent la Syrie. A cela s’ajoute la demande israélienne de créer une zone tampon sur les hauteurs du Golan, d’où seraient exclus la milice iranienne et le Hezbollah. Par contre, Assad vient d'annoncer à Israël que si Israël déclare la guerre au Hezbollah, elle fera face à un front commun Hezbollah-Syrie.   

La seule façon pour que tout ce beau monde s'entende, serait d'assurer la paix. La seule façon d'assurer la paix, serait qu'Israël remette le Golan syrien à la Syrie et les fermes de Chebaa au Liban, en échange justement de la paix et dès lors, tout mouvement iranien ou du Hezbollah ne serait plus nécessaire ou ne serait plus perçu par Israël comme dangereux. 

Les politiques souterraines américaine, saoudienne et israélienne compliquent certes les choses pour Moscou, Téhéran et Ankara. Les derniers développements au Liban présagent peut-être d'une guerre régionale possible. Comme toute action entraîne une réaction de la part de l'ennemi. La Russie, la Turquie et l’Iran coordonnent leurs politiques pour faire pression sur Washington, Ryad et Tel-Avive. Ils soupçonnent qu’Israël, les États-Unis et l'Arabie saoudite leur préparent d'autres bourbiers.

Dans ce conflit régional, ce sont surtout les États-Unis qui se sont impliqués militairement du côté occidental. Et encore, ils s'y sont impliqués qu'à certains endroits et certains moments. Ce qui a ouvert le chemin à la Russie, qui elle, s'est impliquée à fond militairement, en faisant pencher la victoire du côté d'Assad.

Dans ce conflit, l'Arabie saoudite a perdu la Turquie et le Qatar. M. Erdogan vient de réaffirmer le soutien militaire de la Turquie à l’émirat qatari. Le Canada et l'Europe se désengagent. Les États-Unis aussi semblent se désengager tranquillement. L'Arabie perd des alliés. Tout ceci me laisse présager une victoire du triumvirat Russie, Turquie, Iran.

Mais l'Arabie et Israël seront-t-ils capables de vivre avec ? L'Occident : Oui, tout en protestant. De sorte qu'Israël et l'Arabie n'auront pas le choix de vivre avec. Surtout, qu'on peut s'attendre à ce que la finale soit un conflit interne en Arabie. En Israël, éventuellement, nous devrions voir arriver au pouvoir un gouvernement moins guerrier.  

 

La course à la présidence du Zimbabwe est maintenant ouverte

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2e8b708 50b0c229f6f34bc4ad2ccf33feefe705 50b0c229f6f34bc4ad2ccf33feefe705 0Le président du Zimbabwe, M. Robert Mugabe est l'un des « pères de l’indépendance » de l'ancienne Rhodésie du Sud. Il a été l'un des chefs de file d'un nouveau pays souverain et non ségrégationniste. 

Ce dernier âgé de 93 ans, vient de limoger son vice-président Emmerson Mnangagwa pour manque de respect, manque de loyauté, et malhonnêteté. Pourtant le vice-président en poste depuis trois ans, qui a été à tour de rôle, ministre de l’Intérieur, ministre de la Défense et ministre de la Justice, était perçu comme le dauphin naturel du chef de l’état.

Depuis plusieurs mois, la grogne s'intensifiait entre les deux hommes. En effet pour sa succession, le président semble maintenant accorder son appui à la nouvelle garde, un groupe qu’on appelle le G40 et auquel est associée Grace Mugabe (sa femme).

871728450Elle dirige la Ligue des femmes de la Zanu-PF, le parti de son mari et ne cache plus ses ambitions présidentielles. Elle multiplie les rallyes politiques à travers le pays et lance de petites phrases du style « je suis prête si mon mari a besoin de moi », tout en intensifiant les attaques contre M. Mnangagwa, son principal adversaire à la succession de son mari. 

Lors de la fin de semaine dernière, Mme Mugabe a été huée lors d'un meeting populaire. Le président a alors accusé le vice-président d'en avoir organisé la fronde.

Former vp mnangagwaM. Mnangagwa pour sa part, n'est pas très loin de certaines branches de l'armée nationale. De sorte que les déplacements récents de cette dernière à travers le pays, ne passent pas inaperçus. Il semblerait qu'elle encercle la capitale.

Le vice-président pourrait décider de rester au sein de la Zanu-PF et de se battre ou de créer son propre parti. 

Afrin, Syrie : Menace de guerre entre Turcs et Kurdes

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Armée turque

Durant les dernières semaines, l'armée turque a massé des troupes importantes bien équipées le long de la région kurde d'Afrin en Syrie. La semaine dernière, trois convois kurdes partant de Raqqa et comprenant des centaines de véhicules ont atteint Afrin. Il s'agirait d'environ 2 000 combattants kurdes venus en renfort pour soutenir la défense kurde d'Afrin.

Les Turcs et leurs alliés bombardent quelques villages kurdes avec l'artillerie lourde et espionnent la défense kurde avec des drones. 

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Armée kurde

Le Pakistan du côté de l'Iran ?

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Après le président Poutine, le président iranien Rowhani vient d'accueillir le chef d'état-major de l'armée pakistanaise Qamar Javed Bajwa à Téhéran. Le général Qamar a rencontré également les dirigeants civils et militaires iraniens. 

« Le Pakistan et l'Iran sont deux voisins fraternels » déclare le général Qamar, ajoutant que « les deux armées ont une histoire de coopération en matière de défense qui offre un potentiel mutuellement bénéfique. »

Les dirigeants iraniens ont reconnu le rôle important que joue Islamabad en ce qui attrait à la paix régionale.

Les deux interlocuteurs conviennent de rester engagés dans une coopération bilatérale renforcée, tout en travaillant ensemble pour aider à apporter des développements positifs dans d'autres questions concernant la région.

Comprendre que le Pakistan est du côté iranien par rapport au conflit irano-saoudien. Ce serait une réponse à la démission du premier ministre sunnite Saad Hariri au Liban. Ce dernier se plaint que l'influence iranienne grandit de jour en jour dans son pays et que sa vie serait en danger ; aussi une réponse à la purge à laquelle s'adonne l'Arabie saoudite sur son propre territoire. Plus l'Arabie saoudite s'obstine contre l'Iran, plus ce dernier augmente son influence à travers toute la région. Le Pakistan comme allié, ce n'est pas rien. 

Islamabad augmente son influence internationale en appuyant le Qatar versus l'Arabie saoudite et maintenant l'Iran, du jamais vu. On pourrait penser qu'un jour, le Pakistan pourrait remplacer l'Arabie saoudite, en tant que grand défenseur du monde musulman sur la planète. Avec sa bombe nucléaire, son économie en pleine effervécence depuis quelques années et son armée, qui selon les dire, serait la sixième puissance militaire mondiale en terme d'effectif.

Le Pakistan a tout ce qu'il faut pour gravir les échelons. 75% de sa population est sunnite, 20% chiite.

Lutte anti-corruption en Arabie saoudite...

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Deux médias électroniques saoudiens, soit le magazine économique "Al-Iqtissadiyah" et le journal "Sabaq", annonce l'arrestation de 11 princes et 38 ministres et vice-ministres actuels et anciens pour suspicion d'implication dans des affaires de corruption. Donc, beaucoup d'hommes d'affaires arrêtés en Arabie Saoudite dans le cadre d'une opération anti-corruption. Le milliardaire saoudien al-Walid Bin Talal et le prince Mutaib bin Abdullah font parti des gens arrêtés. Est-ce une purge camouflée en anti-corruption ? 

 

Congrès des peuples de Syrie

 

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Jaune : Alaouites. Orange saumon : Druzes. Rose : Chiites. Blleu pâle : Golan occupé par Israël.  Rouge orangé : Chrétiens.  Vert pâle : Arabes. Vert foncé : Kurdes. Blanc : Déserts.

Un porte parole de la Turquie, M. Ibrahim Kalin a déclaré sur la chaîne de télévision turque NTV, qu'à la demande d'Ankara, la Russie a reporté à une date ultérieure le « Congrès des peuples de Syrie » initialement prévu pour le 18 novembre à Sotchi en Russie. En effet, le gouvernement turc demande à Moscou plus d'informations pour procéder à une évaluation du congrès. 

La partie russe accepte de fournir plus d'informations tel que les objectifs, et les personnalités appelées à participer au congrès. 

Ce congrès doit contribuer entre autre à la transition politique en Syrie et on devrait y parler de constitution. Les différents peuples de Syrie sont : Les Sunnites, les Alaouites, les Druzes, les Chrétiens orthodoxes et les Kurdes.

Les autorités kurdes du nord de la Syrie ont été invitées par les Russes à participer au congrès. Il serait donc possible que ce soit le sujet de discorde entre les Turcs et les Russes puisque les autorités turques considèrent les Kurdes comme étant des terroristes et la Turquie continue toujours de masser des troupes contre le Kurdistan syrien.   

 

Les négociations entre Assad et les Kurdes ont déjà débuté

 

Syriakurd1219Ilham Ahmed, coprésidente du Conseil Démocratique Syrien déclare dans Buyerpress : "Les zones libérées par les Forces démocratiques syriennes resteront sous leur contrôle et leur protection." Elle soutient que  "non seulement la Syrie du nord, mais la Syrie en général, doit devenir un « système fédéral décentralisé »Et dans la mesure où le gouvernement Assad refuse cette condition préalable, Raqqa restera sous contrôle kurde.

Comprendre que si le gouvernement syrien accepte un système fédéral décentralisé, les Kurdes remettraient Raqqa et les territoires arabes libérés par eux, y compris le plus grand champ pétrolier du pays, à l'état syrien.

576a7a69c36188a12b8b45cfImad Khamis, le premier ministre syrien se dit prêt à négocier une certaine autonomie Kurde sous l'égide du gouvernement syrien. Pour preuve que les négociations à ce sujet ont débuté, le gouvernement syrien et les Kurdes acceptent tous les deux de participer au Congrès du dialogue national syrien, qui se tiendra à Sotchi en Russie le 18 novembre prochain. Et selon les Russes, la réforme constitutionnelle y sera abordée.

Peut-être que les deux entités politiques devraient se renseigner auprès de la Suisse, du Canada, de la Russie et de d'autres pays, pour savoir quel système fédéral fonctionnerait le mieux pour leur pays.  

Le général américain James Jarrard, commandant de l'Opération Inherent Resolve de la Coalition Internationale en Syrie, déclare que les États-Unis continueront à soutenir les Forces démocratiques syriennes après la défaite militaire de l'État islamique, mais qu'il ne sait pas pour combien de temps.

Nicholas Heras, du Centre pour une nouvelle sécurité américaine estime pour sa part, être certain que les États-Unis continueront de soutenir les FDS. La question est de savoir combien de temps les États-Unis ont l'intention de rester en Syrie pour s'assurer que la stabilité intérimaire soit atteinte.

L'équipe de Trump est encore en train de régler la question. Mais pour l'instant, il n'y a pas d'effort américain en Syrie sans les FDS.

 

Les résultats de la 7e conférence d'Astana

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La Russie, l'Iran et la Turquie étaient les parrains de la 7e conférence de paix d'Astana, qui vient de se terminer. Les noms de plusieurs pays dont l'Egypte, les Emirats Arabes Unis, l'Irak et la Chine ont été suggérés pour y participer. Mais la Turquie s'y est opposée. 

La Russie et l'Iran soutiennent le gouvernement syrien. La Turquie soutient les rebelles dits modérés autres que l'EI et al Qaïda. Les États-Unis qui soutiennent les Kurdes y sont présents comme observateur, alors que les Kurdes n'y sont pas représentés. Le problème politique entre les Kurdes et les Syriens sera négocié ailleurs. D'un commun accord, il n'était pas question que l'EI et al Qaïda y soient présents de quelque façon que ce soit.

L'opposition des forces rebelles modérées a presque complètement disparu, à l'exception de quelques régions de la banlieue de Damas et du sud. Seule la région d'Idlib reste encore entre les mains d'Al-Qaïda. À l'Est, l'EI défait, laissera bientôt les Forces Démocratiques Syriennes dominées par les Kurdes et soutenues par les États-Unis et la France, face aux troupes syriennes soutenues par la Russie, l'Iran, l'Irak et le Hezbollah. 

La négociation précédente, soit la 6e conférence d'Astana avait réalisé ce que l'ONU n'a pas pu faire, soit imposer la paix du point de vue technique et militaire. En effet, ces pourparlers ont mis en place quatre zones de désescalade. Ce qui n'est quand même pas si mal. D'ailleurs l'envoyé spécial de l'ONU, M. de Mistura a déclaré : "L'EI a été mis en déroute (...) Les accords de désescalade sont parfois sérieusement remis en question, mais ils ont donné des résultats. " En effet ces quatre zones ont entraîné une réduction significative des combats.

Le plan est de minimiser les combats entre les forces gouvernementales et les factions rebelles modérées tout en améliorant l'accès des civils à l'aide humanitaire. La dernière zone à s'établir était la plus risquée, soit celle de la province septentrionale d'Idlib, où non seulement l'Iran et la Turquie y ont des intérêts opposés, mais la présence d'al Qaïda à cet endroit n'y adoucit rien du tout.

À Astana, le négociateur du gouvernement syrien Bashar al-Jaafari a d'ailleurs dénoncé la présence turque dans cette province et a accusé formellement Ankara de coopérer avec al Qaïda. En plus : "Nous soulignons que nous considérons la présence des forces armées turques à Idlib comme un acte d'occupation", déclare-t-il. 

Mais les organisations humanitaires internationales ne parviennent pas toujours à freiner une récente augmentation de la violence, qui aggrave la situation humanitaire. Une crise de malnutrition sévit en ce moment à la Ghouta orientale près de Damas. Cette zone est tenue par les rebelles modérés et est couverte par le plan de désescalade. Les attaques aériennes, ainsi que l'impact des combats entre différents groupes opposés, ont rendu plus difficile l'accès à la nourriture et aux médicaments. Lundi, la Russie avait qualifié la situation dans la Ghouta orientale de satisfaisante en réponse aux critiques de l'opposition syrienne. "L'aide humanitaire est en mesure d'arriver", avaient déclaré Moscou.

La Russie, soutenue par la Turquie et l'Iran, s'est engagée lors de la 7e conférence, à réunir le gouvernement syrien et ses opposants. Alors 33 organisations syriennes sont invitées à un "Congrès du dialogue national syrien" dans la ville russe de Sotchi, le 18 novembre prochain. Selon les Russes, cette réunion touchera  à la réforme constitutionnelle. Mais les représentants de l'opposition syrienne à Astana ont émis des doutes. Il n'y a cependant pas eu d'entente à propos des détenus que chaque groupe détient, donc pas d'échange de prisonniers.

Les États-Unis vont-ils se retirer et laisser tomber les Kurdes ou maintenir une présence militaire? Les deux scénarios sont possibles. Mais les Kurdes étant maintenant complètement encerclés par l'armée syrienne, l'armée irakienne et l'armée turque, Washington serait obligé d'utiliser la voie aérienne pour les approvisionner.

S 400 1728x800 cPendant ce temps, les Turcs se sont munis de missiles antiaérien russes S-400 possiblement pour contrer cette hypothèse. N'oublions pas que les S-200 de l'armée syrienne terrorisent l'aviation militaire israélienne. Alors imaginons ce que les S-400 russes peuvent faire à l'armée américaine. D'ailleurs, le général de l’OTAN Peter Pavel vient de déclarer que la Turquie risquait d’être punie par l’alliance, pour ne pas acheter américain.

Les Turcs massent des troupes au sol contre les Kurdes syriens et plusieurs observateurs pensent que la confrontation militaire entre les deux camps est inévitable, tôt ou tard. D'ailleurs parfois il y a des escarmouches comme récemment à Afrin. Les Kurdes ne seront pas de taille contre une armée turque super équipée. Ce qui empêche les Turcs d'intervenir présentement est la présence militaire américaine chez les Kurdes. Mais ils pourraient toujours attaquer les Kurdes là où les Américains n'y sont pas. 

Ces même Kurdes syriens semblent maintenir certains liens privilégiés avec le gouvernement syrien. Ce qui explique que leurs deux armées ne se sont jamais confrontées jusqu'à maintenant. Les Kurdes pourraient trouver une forme d'autonomie à l'intérieur de l'état Syrien. En échange les Kurdes remettraient aux Syriens les parties arabes que leur armée a conquise à l'État islamique, y compris le plus grand champ pétrolier du pays et ils bénéficieraient ainsi de la protection syrienne, iranienne et russe face aux Turcs.

D'ailleurs, le premier ministre syrien se dit prêt à négocier l'autonomie des Kurdes à l'intérieur de la Syrie. Les Kurdes syriens ne lui ont pas répondu mais ils ne menacent pas de quitter la Syrie. Ils parlent plutôt de fédéralisme ce que rejetait la Syrie auparavant.

Mis devant les faits établis, les Américains seraient alors forcés de quitter les lieux. Surtout qu'ils ne sont pas en Syrie à la demande du gouvernement syrien comme le sont les Russes, les Iraniens et le Hezbollah libanais. Ces derniers sont en Syrie légalement. Ce qui n'est pas le cas de l'armée américaine.

Le président russe Vladimir Poutine se rendra mercredi à Téhéran pour des entretiens avec le président iranien Hassan Rouhani.

L'aide humanitaire en Syrie

 

2918169253 cropÀ la 7e conférence d'Astana, l'opposition syrienne affirme que lors de sa rencontre avec les autorités russes, mardi matin : « On a refusé l'aide humanitaire et on la retarde pour faire pression sur le peuple. »

La délégation russe pour sa part, affirme avoir demandé à l'ONU de faciliter l'entrée d'un deuxième convoi de secours dans les zones assiégées dans les prochains jours, soulignant que : « Nous faisons tous nos efforts pour accomplir ce que nous avons convenu, y compris l'aide humanitaire. Plusieurs convois transportent de l'aide dans la campagne de Homs, Douma et le sud de Damas. »

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