Analyse politique sur différents pays

La Turquie en voie de supplanter l'Arabie saoudite

Telechargement 7 3

La famille Saoud dirige le monde musulman sunnite depuis des décennies, grâce à son argent et à son statut de gardien des lieux saints : La Mecque et Médine.

Le blocus du Qatar par l’Arabie saoudite et ses alliés, a donné l'opportunité à la Turquie de se rapprocher du Qatar. Maintenant le Qatar finance la Turquie et cette dernière protège militairement le premier. Le Qatar et l'Iran bien que sunnite et chiite, exploitent le même gisement de gaz naturel à leur frontière, de sorte qu'ils n'ont aucun intérêt à se considérer comme des ennemis, le gaz représentant des milliards de dollars et chacun en bénéficie. 

L’assassinat de Khashoggi a dévoilé de plein fouet, la course au leadership dans le monde musulman sunnite entre la Turquie et l'Arabie saoudite. Les médias occidentaux mentionnent très rarement cette course au leadership. Pourtant on sait que les deux camps soutiennent des factions opposées à l'intérieur de la guerre libyenne. 

Bien que la Turquie et l'Iran aient soutenu des camps opposés pendant la guerre syrienne, les deux pays ont commencé à se parler à travers les pourparlers d'Astana et ce en compagnie de la Russie.  La confrontation entre d'une part, le clan des États-Unis, Israël, Égypte, Arabie saoudite et Émirats arabes unis versus le clan, Russie, Iran, Irak, Syrie, Hezbollah, pourraient pousser la Turquie vers le 2e clan.

La répression à laquelle les Frères musulmans font face en Égypte et dans les autres états du Golfe, (la Turquie étant pro-Frères musulmans) et la reprise des sanctions contre l’Iran et ses alliés, pourraient aboutir à l’approche classique selon laquelle l’ennemi de mon ennemi est mon ami. Les Frères musulmans sont confrontés aux mêmes ennemis que l’Iran et ses alliés.

Turquie et Iran sont contre l’hégémonie occidentale au Moyen Orient, tout comme ils sont contre ceux qui l'appuient, à savoir Israël et l'Arabie. La Turquie et le Qatar soutiennent la Palestine contre Israël et l'Iran soutient le Hezbollah contre Israël. 

L’axe américano-israélo-saoudien ne peut rien contre l'axe Russie-Iran-Turquie-Syrie-Hezbollah-Irak, à moins de déclencher une guerre majeure et même là, lorsqu'on déclenche une guerre, il est difficile d'en prévenir l'issue. On a qu'à penser à la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah, dont le but d'Israël était l'anéantissement du Hezbollah, considéré comme l'allié le plus faible de l'Iran. Israël a échoué, même que le Hezbollah est aujourd'hui plus fort qu'auparavant. Le 2e volet a été la guerre syrienne, dont le but était l'anéantissement d'Assad. Le Lion, surnom du président syrien est sorti vainqueur de la guerre. Le troisième volet viserait l'Iran, mais l'Iran est armé jusqu'aux dents, raison pour laquelle Israël et les États-Unis ne l'ont pas attaqué militairement jusqu'à présent.  

L’axe américano-israélo-saoudien essaye de rentrer dans la gorge de la rue arabe, que c'est l'Iran l'ennemi numéro 1 et non Israël. Pourtant Israël tue les Palestiniens d'une manière plus poussée que du temps où les blancs d'Afrique du sud tuaient les Noirs pendant l'apartheid.

La Turquie ne fera pas de guerres par procuration contre l'Iran, comme l'a fait l'Arabie. Les guerres de Syrie et du Yémen par lesquelles l'Arabie visait l'Iran, ont apporté l'instabilité au Moyen-Orient et par le fait même un déclin économique. La Turquie et l'Iran respecteront le territoire de chacun, instaureront la stabilité par la paix et apporteront une ère économique florissante pour la région et tous et chacun en bénéficieront.

 

 

L'armée syrienne n'a pas l'autorisation d'attaquer Idlib

Hama 1

Armée syrienne identifiant les positions de Hayat Tahrir al Sham, dans le gouvernorat d'Idlib 

Damas n'a pas reçu l'autorisation de lancer son offensive contre Hay'at Tahrir Al-Sham (HTS) dans les gouvernorats d'Idlib et de Hama, malgré ses demandes répétées auprès de ses alliés russe et iranien.

Ces deux derniers en accord avec Damas, ont retransmis la demande syrienne à la Turquie, qui elle, a refusé de plein fouet. De sorte que la Russie, la Turquie et l'Iran, sont dans l'obligation de maintenir l'accord de Sotchi, pour quelques temps.

L'armée syrienne a cependant reçu l'assurance de la part de ses deux alliés, que cette fois-ci, est la dernière chance que la Turquie possède, pour obtenir un règlement pacifique à la situation intolérable dans le gouvernorat d'Idlib. Si la Turquie ne réussit pas, l'offensive syrienne sera autorisée.

Le gouvernement syrien pense que la Turquie tente de transformer HTS (ancien Al Qaïda) en "groupe modéré", afin qu'il participe au processus de paix.

Notons la montée en puissance de la Turquie, qui réussit quand même à s'imposer à la Russie et aux États-Unis.

Rencontre des présidents russe, turc et iranien

B69b7ce f72a1add0dc04f1f8fa421ad76c07f91 f72a1add0dc04f1f8fa421ad76c07f91 0

Le trio qui se retrouvait pour la première fois depuis la décision de Washington de se retirer de Syrie, a éprouvé des difficultés à surmonter leur divergence sur le contrôle de certaines régions, comme Idlib et Manbij.

Moscou, Téhéran et Damas font pression sur Ankara pour lancer une offensive sur le gouvernorat d’Idlib, où Hayat Tahrir Al-Sham, lié à Al-Qaida, domine 90 % du territoire.

Ankara, qui a positionné ses troupes près de la ville de Manbij, veut instaurer une zone tampon qu'elle contrôlerait dans le nord de la Syrie et y chasserait les forces kurdes près de ses frontières, alors que Moscou, tout comme Téhéran, souhaite que les forces syriennes garantissent la sécurité de cette zone.

Ankara ne semble pas vouloir lâcher le morceau. Probablement qu'elle accepterait de laisser Damas contrôler Idlib en échange de la zone tampon au sud de sa frontière. Ce que Damas, Moscou et Téhéran ne semble pas près d'accepter.

À Idlib, l'armée syrienne ne peut pas attaquer HTS sans le consentement d'Ankara. Pour ce qui est de Manbij, l'armée syrienne et la police militaire russe empêche l'armée turque et ses alliés d'avancer.

Washington ne semble pas avoir de plan concret pour le retrait de ses 2 000 soldats. Mais s'ils veulent partir honorablement, c'est le temps puisque l'EI perdra très bientôt son dernier fief à l'Est de l'Euphrate. Si Washington revient sur sa décision, elle devra faire face à des attaques sporadiques sur ses troupes.

Rouhani veut débarrasser Idlib des djihadistes

 

20180703 029 1 thumbnail 1

Le président iranien Rouhani déclare à ses homologues russe et turc qu'il est favorable au fait de débarrasser Idlib des forces djihadistes.

M. Rouhani a rencontré ce matin M.Erdogan, puis ce dernier et son homologue russe, M. Poutine.

Lors de la conférence de Sochi, les trois présidents devraient discuter de la situation dans le gouvernorat d'Idlib et des solutions possibles à la présence djihadiste dans ce pays.

La Turquie, principale rivale de l'Arabie saoudite

43004 103969601 erdogan mbs 1540331170994

La Turquie est devenue la principale rivale de l'Arabie saoudite, pour lui soutirer le titre de première puissance sunnite du monde musulman. En effet, les lignes de fractures géopolitiques entre ces deux poids lourds s'accentuent d'année en année. Les ambitions rivales des deux puissances sunnites alliées de Washington dessinent une nouvelle géopolitique régionale, qui semble favoriser la Turquie.

Cependant en Égypte jusqu'à maintenant, la Turquie est perdante. Puisque Riyad est le principal soutien de l’Égypte du maréchal Sissi, tandis qu’Ankara est très proche des Frères Musulmans de Mohammed Morsi. Ce dernier avait d'ailleurs gagné la seule élection véritablement démocratique d'Égypte. Morsi a été renversé par le coup d’état de l’armée égyptienne, soutenu par l'Arabie saoudite.

La Turquie est partisane d’un réchauffement des relations pacifiques avec son puissant voisin iranien, alors que l’Arabie de MBS fait la guerre par procuration à l'Iran des Ayatollahs. À ce sujet, l'avenir semble prometteur pour la Turquie.

Riyad perd le Qatar comme allié en décrétant avec six de ses alliés, un embargo contre ce pays. La Turquie appuie le Qatar et ce dernier prête main-forte à la Turquie en injectant plus de 20 milliards de dollars d’investissements dans l'économie turque attaquée par l'économie américaine. L’émir al-Thani met au service de la Turquie son influence politique et sa puissance médiatique avec la chaîne Al Jazeera. Le Pakistan soutenant aussi le Qatar, se rapproche de la Turquie. Gagnant : La Turquie !

Ankara, tout comme Doha, financent le Hamas palestinien et soutiennent la cause palestinienne au moment où le royaume wahhabite se rapproche spectaculairement d’Israël. Gagnant : La Turquie !

Ankara et Doha signent un accord militaire comprenant une gigantesque base militaire turque au Qatar. Les forces spéciales turques assurent la protection du palais de l’émir al-Thani. Le Pakistan s'implique militairement, pendant que les Américains conservent leur importante base militaire, mais jusqu'à quand?

En Syrie, les déboires de l’Arabie saoudite et la perte d’influence des États-Unis libèrent un espace pour la Turquie, dont le partenariat avec les États-Unis et l’Europe est en crise. Ankara se rapproche de Moscou et forme avec la Russie, l’Iran et le Qatar, une nouvelle alliance anti-occidentale. L’armée turque, deuxième armée de ­l’OTAN, se retrouve parfois en concurrence avec les autres membres de l’alliance. C’est le cas en Syrie.

À l’opposé, l’axe États-Unis-Israël-Arabie saoudite-Emirats arabes unis-Égypte se renforce.

La Turquie prend pied au Koweit, grâce à un accord militaire. En mer Rouge, elle installe ses positions, juste en face des côtes saoudiennes. Elle inaugure une base navale en Somalie et s’apprête à faire de même au Soudan, qui cède à la Turquie l’île de Suakinen en mer Rouge, pour y installer une base militaire. Or, cette île fait l’objet d’un litige territorial entre le Soudan et l’Égypte.

La Turquie offrant une certaine démocratie, propose la stabilité avec l'Iran, qui offre aussi une certaine démocratie. La Turquie se rapproche de la Russie, qui offre une certaine démocratie. Tandis que l'Arabie offre le moyen âge et la dictature, en prônant la guerre et l'écrasement de l'Iran.

Écrasement qui semble impossible à réaliser. À noter que les alliés occidentaux de Ryad offrent également une certaine démocratie, mais assurément ce n'est pas le cas de l'Arabie.

L'armée syrienne veut nettoyer la zone démilitarisée d'Idlib

Syrie guerre et paix 2 20190130 jpg

 

Syrie, Idlib 


L'Armée syrienne propose de lancer une opération militaire, pour nettoyer la zone démilitarisée de 20 km de profondeur qui s'étend du nord-est de Lattaquié à l'ouest d'Alep.

En raison du refus des djihadistes de quitter la zone tampon, l'armée syrienne veut nettoyer la zone elle-même et permettre ensuite au personnel militaire russe de se déployer dans la zone démilitarisée.

Bien que l'armée syrienne veuille débarrasser le gouvernorat d'Idlib en son entier de tous les groupes militants, elle serait disposée à négocier un règlement dans lequel elle lancerait tout simplement une opération visant à expulser tous les militants de la seule zone tampon.

À Sochi, les délégations russe et iranienne présenteront l'idée syrienne à leur partenaire turc.

Il semble que le seul autre scénario envisageable soit une opération militaire conjointe turco-russe-iranienne, dans laquelle ils nettoieraient eux même, la dite zone démilitarisée.

Ce dernier scénario serait probablement accepté par la Turquie, car il lui permettrait de participer activement à l'opération sans inclure l'armée syrienne.

Conflit Chine - Canada

 

Cb meng wanzhou huawei proces extradition demande usa canada chine 1

Mme Meng

Justin Trudeau congédie l'ambassadeur du Canada en Chine, John McCallum.

Ce dernier avait déclaré publiquement que Meng Wanzhou, directrice financière du la multinationale chinoise de télécommunication Huawei, première mondiale dans le domaine, dispose d'arguments juridiques solides pour éviter l'extradition vers les États-Unis.

Mme Meng avait été arrêtée à l'aéroport de Vancouver le 1er décembre dernier, en vertu d'un mandat d'arrestation américain. Les États-Unis l’accusent d'avoir contourné les sanctions commerciales imposées à l'Iran. Huawei utilise des composantes de fabrication américaine dans ses systèmes téléphoniques et Washington interdit à toute compagnie étrangère, qui utilise des composantes américaines dans ses produits, de les vendre à l’Iran. Ce que fait Huawei.

Son arrestation a provoqué une crise majeure entre le Canada et la Chine. À noter que Mme Meng est libérée sous caution, mais qu’elle ne doit pas quitter le Canada jusqu’à ce que la cours décide de son sort. Depuis, deux Canadiens ont été arrêtés en Chine. Un 3e condamné pour trafic de drogue, portait sa cause en appel et sa peine de 10 ans de prison a été commuée en peine de mort. Le Cirque du Soleil qui devait participer à l’émission de télévision chinoise la plus écoutée au monde, n’y participera finalement pas.

L'ambassadeur canadien avait affirmé publiquement, que Mme Meng pouvait se servir du fait que le président américain avait déclaré, que la détention de Mme Meng pouvait servir dans les négociations avec la Chine. Cette affirmation va à l’encontre du système judiciaire canadien, qui est totalement séparé du politique. L’ambassadeur avait également déclaré que : « Le Canada et la Chine sont deux pays qui n’imposent pas de blocus envers l’Iran. » Cela pouvait servir sa cause.

Trudeau a congédié son ambassadeur lorsque celui-ci a affirmé que l'abandon de la demande d'extradition de Mme Meng serait bien pour le Canada. Le chef de mission adjoint à l'ambassade du Canada à Pékin, Jim Nickel, le remplacera à titre de chargé d'affaires.

En vertu de la loi canadienne sur l'extradition, les États-Unis disposent de 60 jours, à compter de la date de l'arrestation de Mme Meng, pour déposer une demande d'extradition officielle. Les Américains ont donc jusqu'au 30 janvier.

Le ministère américain de la Justice affirme que l'affaire Meng, n'a pas été affectée par la paralysie partielle qui a touchée l'administration américaine.

Personnellement, je tiens à féliciter grandement l'ambassadeur canadien. C'est lui qui a raison.

Turquie et Russie négocient la suite du retrait américain

 

P190126 01

Entrée en force voici plus d'un an au nord de la Syrie, l'armée turque est présente à Afrin, Idlib, al-Bab et Jarablous, avec 80.000 hommes et des troupes supplétives rebelles, qui n'attendent qu'un signal pour prendre les provinces de Hassaké et Raqqa, sous prétexte de les libérer des YPG.

Erdogan en a discuté avec Poutine, tout en sachant que ses ambitions se heurtent aux Russes et Iraniens, qui eux, veulent le respect de la souveraineté et de l'intégrité syrienne.

« Nous nous attendons à ce que la promesse de créer une zone de sécurité pour protéger nos frontières des terroristes soit tenue dans quelques mois. Sinon, nous nous en chargerons nous-mêmes », a déclaré M. Erdogan à la télévision turque, au lendemain de son voyage à Moscou, où il a rencontré son homologue russe le président Poutine.

Les deux chefs d'état ont eu fort à faire pour transcender les difficultés apparues à Idlib où, malgré les engagements turcs, Hayat Tahrir al Sham, ex Al Nosra, contrôlent maintenant la totalité du gouvernorat.

D'ailleurs, l'aviation militaire russe a déjà commencé ses vols de reconnaissance au dessus d'Idlib. La Turquie veut peut-être échanger le gouvernorat d'Idlib contre Hassaké et Raqqa au détriment des Kurdes des YPG.

Option qui, dans un premier temps, pourrait obtenir l'aval aussi bien de Moscou que de Téhéran. Mais, n'oublions pas que les combattants kurdes ne sont pas encore balayés et que les troupes américaines ne se sont toujours pas retirées

La Turquie fait pression sur les États-Unis

1319971 440085488

Selon Arab News, des vidéos montrent l'armée turque déployant de fortes troupes près de sa ville frontière d'Akcakale. La Turquie pourrait donc ainsi lancer en Syrie, une nouvelle offensive contre les milices kurdes soutenues par les États-Unis. La ville syrienne visée serait Tal Abyad, ville à majorité arabe, située au nord de Raqqa et en ce moment sous contrôle kurde.

« Je ne m'attends pas à une opération militaire directe et imminente à Tal Abyad. Je pense que le récent renforcement militaire a l'intention de faire pression sur les États-Unis pour que la feuille de route commune sur Manbij, soit opérationnelle rapidement », déclare M. Oytun Orhan, expert syrien du groupe de réflexion ORSAM basé à Ankara. Il s'agit de retirer le YPG kurde de la ville de Manbij.

M. Orhan affirme que la Turquie, a déjà le soutien des tribus arabes qui se sont réfugiées en Turquie, en provenance de Tal Abyad. Ce qui obligerait les États-Unis à reconsidérer leur alliance avec les Kurdes.

La Turquie a réuni une cinquantaine de chefs tribaux sunnites dans la province de Sanliurfa, au sud-est de la Turquie, au nord de Tal Abyad. Leur position contre le pouvoir kurde est claire.

La Turquie maintient en même temps son alliance avec la Russie, pour lutter contre le soutien des États-Unis à la milice syrienne kurde du YPG, considérée comme une menace pour la sécurité nationale en Turquie, en raison de ses liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

M. Mete Sohtaoglu turc et autre analyste de la Syrie, s'attend à ce que l'opération de la Turquie à Tal Abyad commence en mars 2019. « L'opération devrait commencer à partir de la ville frontalière de Suruc, située au sud-est de la Turquie, avant d'inclure spécifiquement la zone située entre les cantons de Tal Abyad et de Kobani. L'objectif principal de la Turquie est d'éliminer toute présence des YPG à l'est de l'Euphrate ».

Toujours selon Sohtaoglu, la principale condition pour que les États-Unis retire leur soutien au YPG, serait un changement de politique de la part de la Turquie à propos de l'Iran.

Le porte-parole de la présidence turque M. Ibrahim Kalin a annoncé que la Turquie entamerait prochainement des entraînements et des patrouilles conjointement avec les États-Unis dans la ville syrienne de Manbij.

Par contre,le Département d'État américain n'a pas inscrit le YPG et son aile politique, le Parti de l'Union démocratique (PYD), sur sa liste des groupes terroristes pour l'année 2017, contrairement à ce qui était le cas auparavant.

Mais certains experts ne prévoient aucune diminution du soutien des États-Unis à leur partenaire kurde.

C'est une partie d'échec à trois. D'un côté, la Russie, l'Iran, la Syrie, le Hezbollah de l'autre la Turquie et en troisième lieu les États-Unis.

L'Union européenne, l'Arabie et le Qatar semblent maintenant sortis du jeux et sont maintenant spectateurs intéressés.

Les Américains arment les Kurdes à l'est de l'Euphrate

 

5ba4df18ab9ba

Selon "L'Épopée du 15 juillet" journal pro-turc, ces 30 derniers jours, les États-Unis ont fait parvenir aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS), formées en grande partie de Kurdes du YPG, près de 1 500 camions remplis d'armes.

Les camions traversent la frontière entre l’Irak et la Syrie et ces armes aident les FDS à combattre l'EI à l'est de l'Euphrate.

Des images filmées par l'Agence Anadolu, montrent que les camions transportent des véhicules blindés, des véhicules de transfert de personnel militaire, des armes légères et lourdes, des engins de chantier et des cabines de protection préfabriquées.

Environ le quart du matériel est utilisé par les Américains et les 3/4 par les FDS.

Les États-Unis comptent actuellement 15 bases militaires à l'est de l'Euphrate et trois nouvelles seraient en construction.

Idleb, Les forces en présence et ce qui s'en vient 

 

Images 3 4

Il y a 12 points d’observation de l'armée turque, qui ont été fortifiés dernièrement avec des murs de béton.

Face à la pression de l'armée syrienne, les rebelles se sont regroupés en 2 camps principaux, soit le Front de Libéralisation Nationale soutenu par la Turquie et le clan HTS.

Ce dernier considéré comme terroriste par l'ensemble de la communauté internationale, y compris les États-Unis, ses alliés, sans oublier la Turquie. Dernièrement, 6 sous-groupes de HTS auraient de nouveau porté allégeance à al Qaïda.

Alors que HTS est tenu à l’écart des pourparlers d’Astana, le Front de Libéralisation Nationale en est partie intégrante.

Le gouvernement Assad, appuyé par la Russie, l'Iran et le Hezbollah est en processus de récupération totale de son territoire. Dans son agenda, il est rendu à la récupération du gouvernorat d'idleb, en ce moment, sous forte influence turque.

La Turquie est en négociation avec la Russie afin de prévenir une crise humanitaire dans la région d'Idleb, dont elle souffrirait puisqu'elle accueille déjà 2 à 3 millions de réfugiés syriens sur son territoire et Il y a près de trois millions de civils dans le gouvernorat d'Idleb. Forcément, si la guerre s'y amène, la Turquie risque d'absorber encore des réfugiés.

La Turquie est dans l'incapacité de fermer l’espace aérien aux Russes et Syriens, donc elle tente de diminuer la présence des terroristes à Idleb.

L'armée syrienne procédera en deux étapes.

1ère étape, l'élimination des groupes terroristes, HTS et ses alliés. Ceux-ci contrôlent 60% du territoire. HTS pourrait inventer une attaque chimique pour faire en sorte que les États-Unis, la France et la Grande Bretagne bombarde le clan Assad. Mais quand le triumvirat bombarde, on l'a vu dans le passé, ça ne change pas le cours de la guerre et les États-Unis viennent de l'affirmer, ils bombarderaient des sites de fabrication d'armes chimiques.

La Russie pour montrer sa détermination, effectue son plus grand exercice militaire en méditerranée en ce moment. En même temps, l'arsenal américain est prêt pour lancer des tomahawks, s'il le faut.

2e étape, reprendre le 40% du territoire que contrôle le Front National, probablement sans trop faire couler de sang, puisque ce groupe remettrait ses armes lourdes à la Turquie dans un processus de réconciliation.

 

Deraa et l'offensive syrienne

Avant 

36430064 2076901839230323 2037750742575480832 n

Les groupes rebelles du Sud-Ouest entretenaient des liens étroits avec les États-Unis et avec la Jordanie où ont été militairement formés de nombreux rebelles. Un groupe en particulier était financé par l'Arabie saoudite.

Amman poursuit ses contacts avec Washington et Moscou pour trouver une solution politique. Elle refuse d'accueillir de nouveaux réfugiés. La Jordanie n'est pas contre une reprise de la région par le gouvernement syrien, ce qui apportera la stabilité et permettra la réouverture de la frontière. Ce qui est bon pour les économies jordanienne et syrienne. Comme le dit quelques fois le gouvernement jordanien, les Américains quitteront un jour la région, ce qui n'est pas le cas de la Syrie, sa voisine. La Jordanie est condamnée à s'entendre avec la Syrie, pour le bien de leurs économies respectives.

Avant l'offensive, le gouvernement américain affirmait qu'il ne resterait pas les bras croisés si Damas attaquait le Sud-Ouest, sans en préciser d'avantage sa pensée. Comme le fait souvent l'Occident.

Le 19 juin, l'armée syrienne lance son offensive tant attendue, dans le gouvernorat de Deraa. Tout d'abord, en répondant à certaines tentatives d'offensives rebelles, puis en accélérant le tempo progressivement, jusqu'à ce que l'aviation militaire russe bombarde. Quelques jours plus tard, Washington prévient les insurgés qu'ils ne pourront compter sur un appui militaire américain. Les Ricains ont certainement obtenu quelque chose en retour. Quoi ? Probablement que si l’Armée syrienne contrôle le Sud-Ouest, l'armée américaine conserve sa base militaire à Al-Tanf, au Sud-Ouest de l'Euphrate.

L'abandon américain est un feu vert à l'opération de l'armée syrienne dans le Sud-Ouest. Le choix des rebelles devient donc très limité. Ils ont le choix entre la négociation avec la Russie par l'intermédiaire de la Jordanie, ou la résistance, qui se terminera de toute façon par la négociation avec la Russie, par l'intermédiaire de la Jordanie, après des pertes militaires et civiles immenses.

Les rebelles ont refusé tout d'abord une proposition russe relayée par la Jordanie, les invitant à se rendre et à abandonner leurs armes lourdes. Mais, si les rebelles sont conscients que tôt ou tard ils devront céder, ils essayent d'améliorer les contreparties de tout accord. Leur marge de manœuvre est limitée, comme en témoigne leur recul rapide sur le terrain.

Après

36455649 2076888039231703 3417247762209570816 n 1

Rouge et brun : Armée syrienne

Vert : Rebelles, différentes factions de l'Armée Syrienne Libre qui n'a plus rien à voir avec l'Armée Syrienne Libre du début de la guerre

Gris : État islamique

Bleu : L'armée israélienne sur le Golan occuppé

Blanc  : Jordanie

Moqtada al Sadr, le nouvel homme fort d'Irak

5299705 7 b5be des partisans de moqtada al sadr lundi 14 mai 73bd739ea9c441df6af354043ffbd793

La constitution irakienne ayant été rédigée pour empêcher tout retour à la dictature, le système électoral est fait de façon à ce que les différentes factions politiques négocient des alliances, pour former un gouvernement.

Le 12 mai 2018, les Irakiens votaient pour la première fois depuis leur grande victoire militaire sur l'EI. Ces élections législatives ont été marquées par la montée des partis anti-système et par une forte abstention. Selon la Commission électorale, seulement 45% des inscrits ont voté, soit la plus faible participation depuis 2003. Auparavant, 60% des gens votaient. Il semble que l’Irak se trouve maintenant dans une situation de rupture entre ses politiciens et leurs électeurs, sauf dans la région du Kurdistan. 

L’absence de nouveaux visages a contribué à cette forte abstention. Moqtada al-Sadr qui présentait la liste "La marche pour les réformes", formée par son mouvement, en alliance avec la Société Civile et le Parti Communiste Irakien, avait demandé aux 33 élus de son parti, membres du parlement sortant, de ne pas se représenter pour faire place à de nouveaux venus. C’est l’une des raisons pour laquelle cette coalition chiite, à la surprise générale, est arrivée en tête du scrutin, aux dépens du premier ministre sortant, soutenu par les États-Unis. L’exemple d’Amar el Hakim, le dirigeant du parti "le Conseil Supérieur", est également éloquent. Il a quitté "le Conseil Supérieur" pour fonder le "Hakmat" qui a fait un bon score, à l’inverse de son parti d’origine qui n’a obtenu aucun siège.

Les partis présentant les mêmes politiciens au pouvoir depuis 15 ans, comme "le gouvernement du droit" de l’ancien premier ministre al-Maliki, qui a perdu les 2/3 de ses députés, ont connu de sérieux revers. 

D’autres éléments ont contribué également à cette abstention, comme l’existence de nombreux camps de réfugiés où il est difficile de voter, la multiplication des partis et des coalitions, le vote avec un système électronique pour la première fois et la désunion au sein des multiples coalitions. 

Aucune des trois forces arrivées en tête n'a gagné plus d'une cinquantaine de sièges sur 329. Les élections, ont abouti à l’assemblée la plus fragmentée depuis le premier scrutin multi-partis de 2005.

La lutte contre la corruption a certes été l'enjeu principal de l'élection. La liste de Moqtada al-Sadr, chiite pro-irakien, leader politique de 44 ans, issu d'une lignée de dignitaires religieux, a obtenu 54 sièges. Elle a devancé les deux autres grandes formations, qui elles, ont fait campagne sur leur victoire contre l’État islamique. Arrivée en deuxième avec 47 sièges, "l’Alliance de la conquête", supplétif de l'armée dans la victoire sur l'EI, est soutenue par l'Iran. Quant au premier ministre sortant, Haidar al-Abadi de la "Coalition de la victoire", il arrive troisième avec 42 sièges. Il bénéficie de l’appui des Américains.  

L'aide des États-Unis et de l’Iran a certes été cruciale pour vaincre l’État islamique. La victoire militaire sur l'EI, a été acquise avec la destruction partielle ou totale de nombreuses villes du pays, impliquant 2,5 millions de réfugiés se trouvant en Jordanie, en Iran et dans les pays occidentaux. Une partie des chrétiens et des Yézidis sont répartis dans 70 camps de réfugiés à l’intérieur de l’Irak. Donc, après la victoire sur l'EI, la reconstruction du pays devient l'enjeux principal pour la population. L’objectif de reconstruction ne peut être atteint que si un gouvernement est capable de lutter contre la corruption. Dans cette perspective de reconstruction, le gouvernement pense avoir besoin d’une aide internationale estimée à 100 milliards de dollars.

Bête noire des Américains et grand promoteur d’un nationalisme irakien et d’un chiisme arabe distancié de l’Iran, Moqtada al-Sadr a gagné son pari. L’alliance "La marche pour les réformes" est arrivée en tête des élections. La campagne contre la corruption, que ses partisans avaient mené, tous les vendredis depuis le mois de janvier sur la place Tahrir dans le centre de Bagdad, a porté bien au-delà des quartiers pauvres où son mouvement est historiquement implanté. En adoptant un nouveau discours inclusif pour toutes les composantes communautaires irakiennes, le mouvement a séduit. 

Prônant l’indépendance politique du pays, avec ses 54 députés sur 329, Sadr, Fils de l'ayatollah chiite irakien Mohammad Sadeq al-Sadr, exécuté sous Saddam Hussein, est l'un des hommes les plus influents d'Irak. Suite à sa victoire, il lance des tractations dans le but de former le nouveau gouvernement. Pendant ce temps, les États-Unis et l’Iran pèsent de tout leur poids pour tenter d’influencer le choix du prochain gouvernement. Les sunnites, dont les deux principales listes comptent 35 députés élus, et les Kurdes, avec une cinquantaine de sièges, sont courtisés par les principaux gagnants, car incontournables pour obtenir la majorité au parlement. En 2010, la coalition du laïc Iyad Allawi, honnie par Téhéran, arrivée en tête, avait été écartée par le jeu des alliances. C'est ce qui risque d'arriver à Sadr. Le premier ministre sortant Haider al-Abadi, avait été nommé par un accord tacite entre les deux puissances agissantes en Irak. Un premier ministre issu du camp sadriste n'a aucune chance d'avoir les deux appuis.

al-Sadr est à la tête d’un mouvement politique, apparu dès les premiers jours de l’occupation américaine en Irak. Ce dernier dispose de médias, dont l'hebdomadaire Al Hawza, qui avait été fermé par l'administration américaine de Paul Bremer, en 2003. 

Il disposait aussi d'une milice, soit "l'armée du Mahdi" dont l'effectif était composé d'à peu près 30 000 hommes. Cette milice fut accusée par l’armée américaine comme par de nombreux sunnites d'avoir constitué la plupart des escadrons de la mort, qui commirent des exactions contre les sunnites. À ce titre, Sadr est considéré par les États-Unis comme l’un de leurs principaux ennemis, au même titre que la guérilla sunnite, guérilla qui fit d'ailleurs beaucoup de morts chez les chiites. 

Le bastion de son mouvement est situé à "Sadr City", vaste faubourg chiite du Nord-est de Bagdad, qui porte son nom et qui durant la guerre d'Irak, résista à l'armée américaine. Il jouit aussi d’une forte popularité dans le Sud irakien, fortement chiite. Il tient un discours populiste, religieux et conservateur, qui profite du mécontentement de la population face à l’incapacité du gouvernement irakien et de l’occupant américain, à rétablir la sécurité et les services publics essentiels.  

Au début de 2007, plusieurs chefs du mouvement "Sadr" ont été tués par l'armée américaine, ainsi que des centaines de ses partisans. Plusieurs Américains auraient voulu tuer Sadr lui-même. Vue sa popularité, c'était impossible. Suite au refus du premier ministre de demander le retrait immédiat des forces américaines du pays, son parti s'est retiré de la coalition du premier ministre Al-Maliki. Plusieurs médias américains indiquèrent que Sadr avait fui en Iran. Cette affirmation sera démentie par ses proches, mais un porte-parole du gouvernement irakien évoque un bref séjour à Téhéran. 

L'armée du Mahdi est démantelée en 2008, mais une part importante de ses combattants incorpore la Brigade du jour promis, créée en novembre 2008 par Sadr, lui-même. Ce qui fait dire à plusieurs, que cette armée a tout simplement changer de nom.

2015 : Les sadristes réclament comme réformes, la lutte contre la corruption et l'amélioration des services publics. L’Irak, pays riche en pétrole, occupe le 10rang des pays les plus corrompus. Sur 800 milliards de dollars de revenus pétroliers depuis 15 ans, 312 milliards ont été détournés par les politiciens. 

2016 : Moqtada al-Sadr appelle ses partisans à cesser les violences contre les homosexuels. Ces déclarations sont saluées par Human Rights Watch qui avait dénoncé une campagne d'exécutions, de rapts et de viols menés par les milices chiites contre les LGBT.

2017 : Sadr visite l'Arabie saoudite sunnite et les Émirats Arabes Unis.

2018 : En prévision des élections législatives, le mouvement sadriste s'allie au Parti communiste irakien, pour barrer la route à Téhéran, qui ne supporte pas le rapprochement d’Al-Sadr avec l’Arabie Saoudite. « Notre décision sera irakienne et à l’intérieur de nos frontières », écrit Moqtada Sadr sur son compte Twitter, visant clairement les ingérences iraniennes. 

Téhéran dépêche donc à Bagdad, l’influent général Soleimani qui intervient régulièrement dans les affaires politiques et militaires irakiennes. Il s'oppose à toute alliance avec Moqtada Sadr. Il interdit également toute alliance avec le mouvement "Hakmat" du chiite Ammar al-Hakim (deux partis anti-système), également avec le vice-président sunnite Oussama al-Noujaïfi et le Parti démocratique du Kurdistan. À partir de là, il active ses relations, en vue de la formation d’un gouvernement de coalition. Il réunit les chefs, dont le premier ministre sortant Haidar al-Abadi (arrivé 3e), son prédécesseur Nouri al-Maliki (arrivé 5e), tous deux soutenus par les Américains. al-Maliki lorsqu'au pouvoir en 2014, s’était illustré par un degré de corruption inédit et par une défaillance totale face à l'irruption de l’EI. Ferait parti aussi de la coalition probable, Hadi al-Ameri (arrivé 2e). Il dirige "l’Alliance de la Conquête", pro-iranienne. Le général essaye d'y ajouter de petites formations chiites pour constituer un bloc parlementaire assez fort, afin d'obtenir le poste de premier ministre. Pour lui faire barrage, l’Iran peut compter, sur l’ex-Premier ministre Nouri al-Maliki qui a obtenu 26 sièges et sur les élus de la liste des pro-Hachd al-Chaabi, ces groupes paramilitaires financés par Téhéran qui ont aidé l’armée irakienne à chasser l’EI de tous les centres urbains. L'Iran a été très actif dans la lutte contre l'EI en Irak et en Syrie.

Si Moqtada Sadr donne du fil à retordre à l’Iran, il en donne tout autant aux Américains, qui se rappellent sa puissante “Armée du Mahdi”, qui a ensanglanté les rangs de leurs troupes dans la foulée de l’invasion de 2003, puis en avril 2004 à Bagdad et en août de la même année à Najaf. Washington envoie donc aussi son émissaire, l’envoyé spécial Brett McGurk, qui sillonne le pays à la rencontre des différentes forces politiques. 

Évoquant leurs présences, Moqtada Sadr dénonce leurs ingérences dans les affaires irakiennes. Le leader chiite n’entend pas pour autant occuper le poste de premier ministre. Il préfère être le faiseur de roi. Il soutiendra celui qui défend son programme. Les sunnites, dont les deux principales listes comptent 35 députés élus, et les Kurdes, avec une cinquantaine de sièges, sont courtisés car incontournables pour obtenir la majorité au Parlement.

Ce leader chiite, rendu célèbre par son combat contre les forces américaines en Irak, en plus de renouveler la classe politique et de faire de la lutte contre la corruption son objectif principal, Sadr s'édifie en tant que nationaliste arabe irakien. Il ne tolérera plus la présence d’un seul soldat ou conseiller militaire américain sur le sol irakien. La défense des démunis est un autre gage de son succès. Moqtada al Sadr représente la société défavorisée, livrée à elle-même. Une société qui vit dans un pays où l’écart entre les plus pauvres et les plus riches représente 343 ans de salaires ; où ces quatre dernières années, 68 000 civils ont été tués. Sadr tente de rallier chiites, sunnites, kurdes, yézidis… Il est le seul à rejeter l’intervention américaine et iranienne. Il incarne le nouveau nationalisme irakien, non pas fondé sur l’identité arabe comme avec Saddam Hussein, mais sur l’irakicité.

Le recul du confessionnalisme est un phénomène nouveau d’une grande importance, car il préservera l’Irak de l’influence étrangère. Cet élément sera inscrit dans la composition du nouveau gouvernement. Dès lors, des concessions vont devoir être faites afin d’intégrer de nouveaux visages. Moqtada al-Sadr n’est pas candidat et ne souhaite pas entrer dans le gouvernement. Il se contenterait de la reconduction de Haider al-Abadi comme premier ministre, mais demanderait en contrepartie le ministère de la Défense ou de l’Intérieur. Les différents partis politiques irakiens semblent ainsi affirmer leur volonté de former un gouvernement à l’abri des influences extérieures. Dans sa coalition gouvernementale, il exclue la présence des partis pro-iraniens tels que "l’Alliance de la conquête", ainsi que celle de Nouri al-Maliki, tous deux pro-iranien.

Moqtada al Sadr propose une coalition avec sa liste, celle de Haider al-Abadi de la "Coalition de la victoire", celle de Ammar al-Hakim de "Hakmat", celle d’une liste sunnite conduite par Ayad Alaoui, celle d'un chiite laïc et il y ajoute de petits partis kurdes. 

L’Irak a normalisé ses relations avec l’Arabie saoudite, même si celle-ci a perdu son influence auprès des Arabes sunnites suite à la malheureuse expérience de l'EI. Quant à l’Iran, ce dernier maintient une présence importante dans le pays avec la liste des Hachd al-Chaabi et celle de Nouri al-Maliki. Le pouvoir turc quant à lui, espérait voir la liste des Turcomanes obtenir de bons résultats, et a été déçu. Après ces élections, l’Irak pourrait entrer dans une phase plus calme afin de reconstruire le pays politiquement, économiquement et socialement. 

Moqtada Al Sadr, 44 ans, barbe fine et turban noir des descendants du Prophète, natif de Nadjaf, ville religieuse chiite du sud de Bagdad, émerge tout jeune sur la scène politique. Il profitait du vide laissé par la chute de Saddam Hussein en 2003, et de l’hostilité populaire face aux États-Unis. 

À Nadjaf et dans le quartier défavorisé de la capitale qui porte son nom, Sadr City, Moqtada Al Sadr peut compter sur une large base. Sa capacité de mobilisation politique a déjà été démontrée : aux législatives de 2005, lorsqu’il a remporté 32 des 275 sièges du Parlement, en 2016, lorsque des milliers de partisans ont répondu à ses appels pour manifester contre la corruption.

Auparavant, son influence s’était vérifiée avec la formation de sa puissante "Armée du Mahdi", à laquelle se sont brutalement confrontés les États-Unis. Moqtada Al Sadr dispose encore de milices lourdement armées et enracinées dans la société. 

Cependant, des restes de l'EI sont toujours présents à la frontière entre la Syrie et l’Irak et la fragmentation du paysage politique va compliquer les prises de décisions.

Bombardement russe au sud du gouvernorat d'Idlib

 

Syrie, gouvernorat d'Idlib, Tramla, Rembath :

Les forces aériennes russes ont intensifié leurs frappes aériennes hier soir, en lançant des frappes sur la ville de Tramla, dans le sud du gouvernorat d'Idlib et sur la ville de Rembah, lançant plusieurs frappes aériennes le long de la frontière provinciale du gouvernorat de Hama.

Pendant que l'Armée arabe syrienne bombardait lourdement les positions djihadistes autour de la colline Al-As.

L'armée syrienne préparerait une offensive dans la campagne nord de Hama.

Ekran alintisi 2

Le gouvernement syrien

Depositphotos 63344485 stock photo hand making the v signAvant l’intervention russe, le gouvernement syrien contrôlait seulement 17% de la Syrie. Avec l'appui de Moscou, M. Assad a récupéré 60% du territoire et 70% de la population. Les groupes rebelles quant à eux, ne foulent plus que 12% du sol, sur lequel vit 14% du peuple. 25% du terrain et 14% des gens sont sous le contrôle Kurde, soutenu par les Américains. Les Turcs détiennent 3% du territoire et de la population.

Les victoires du gouvernement syrien s'additionnent les unes après les autres. Les villes de Salma et Rabia dans la province de Lattaquié (nord du littoral syrien), la ville de Cheikh Miskine dans la province de Deraa (sud-est du pays), suivies de Homs, troisième ville du pays, s’ensuit l'Est d’Alep, deuxième ville, ainsi que les quartiers Est de Damas, première ville (Tichrine, Barzé et Qaboun). Les derniers dominos tombent : la Ghouta orientale, le Qalamoun, Yarkmouk... Bientôt les dernières poches islamistes résistantes des gouvernorats d'Hama, d'Alep et de Homs suivront aussi leur destin.

Le gouvernement syrien, soutenu par la Russie, l'Iran, le Hezbollah, les milices chiites d’Afghanistan et d’Irak, enchaîne les victoires, les unes après les autres. Le gouvernement syrien reconquiert son territoire, gain après gain et se renforce toujours de plus en plus. De nouveaux armements haut de gamme arrivent de Russie, car l'avenir de la reconquête s’annonce un peu plus difficile.

Deraa

Dans le Sud-Est du pays, région côtoyant la Jordanie et pas trop loin d'Israël, les forces d'Assad ont réussi à grignoter des parts de la province. Celle-ci demeure tout de même majoritairement sous le contrôle rebelle, notamment sous l'emprise de factions islamistes rattachées à l’Armée Syrienne Libre et au HTS (ex-Al-Qaida). L'EI y est aussi présent.

Cette région rebelle est sous la supervision du commandement unifié du Centre Militaire des Opérations (MOC) basé à Amman. Les États-Unis, l'Europe et certains pays du Golfe contrôlent les opérations rebelles depuis le territoire jordanien. C'est ce qui rend la reconquête un peu plus difficile. Mais vu que l'appui aérien américain y est absent et qu'il ne pourra pas s'y instaurer, le ciel de la région étant sous contrôle russe et syrien. Il me semble alors que la reconquête est faisable. 

Golan syrien

Sur la frontière d'Israël, qui tente par bombardements interposés, d'imposer sa loi. Tel-Aviv ne veut pas voir le Hezbollah et les forces iraniennes proches de sa frontière. Elle préfère les Islamistes qu'elle soigne dans ses hôpitaux et à qui elle donne un petit coup de main une fois de temps en temps.

L'Iran rencontre désormais une grande résistance de la part d'Israël par rapport à l’implantation de ses milices sur le sol syrien, notamment près du Golan. L’ombre d’une guerre israélo-iranienne plane sur le fond de l’air. Mais là encore, la reconquête est possible. L'aérien est toujours sous contrôle russe et syrien. 

Idleb et Afrin

Sans accord avec la Turquie, les forces syriennes ne pourront pas reprendre ces deux régions. L'armée turque soutient les groupes rebelles islamistes qui luttent contre "Hayat Tahrir al Sham" (al Qaïda). Une fois HTS éliminé, Damas pourra peut-être, penser à commencer à négocier avec Ankara et les groupes rebelles islamistes alliés de la Turquie.

Les Turcs remettront Idleb et Afrin à la Syrie, une fois que Damas contrôlera le territoire Nord-Est de la Syrie, le long de la frontière turque. Il ne faudra pas que les Kurdes y soient en région autonome. Il sera alors possible que la Turquie se montre coopérative. Cette dernière aura probablement le temps d'installer une population pro-Turque à Afrin, soit les Turkmens. Par contre on ne sait jamais, une rébellion en Turquie est toujours possible. Et si ça n'en devenait le cas, le cours de la guerre changerait.

À Idleb, l'aérien est sous contrôle russe mais les Turcs ont quand même leur mot à dire. À Afrin, l'aérien est sous contrôe turc mais c'est les Russes qui leur ont laissé et Moscou a les moyens de le reprendre, grâce aux missiles anti-aérien S-400, réputés comme les meilleurs au monde. Par contre, ils n'ont jamais été testés en temps de guerre. Il faut dire que l'on ne se bouscule pas au portillon, pour aller jouer le pigeon d'argile devant cet instrument de guerre.

Est de l'Euphrate

La région est majoritairement arabe mais contrôlée par les Kurdes soutenus par les Américains. L'aérien est sous contrôle américain. Ces derniers ne veulent pas rester, mais ne veulent pas non plus laisser le territoire, ni aux Turcs ni aux Syriens. Washington veut y remplacer son armée de terre par des armées de pays arabes ou d'autres, comme l'armée française par exemple, tout en y laissant opérer son aviation militaire.

Cependant, des rébellions arabes commencent lentement mais sûrement. Kurdes et Américains devront y faire face de plus en plus. Des milices privées russes ont essayé de reconquérir du terrain pour Damas, mais sans succès. L'armée syrienne a essayé également plus d’une fois, dont encore la semaine dernière, mais toujours sans succès. 

Al Tanf 

Importante Base militaire américaine, au sud du pays à la frontière irakienne, elle contrôle un territoire d'environ 50 km carré. Le ciel est contrôlé par l'aviation militaire américaine.

Les États-Unis y entraînent des milices syriennes qui doivent normalement se battre contre l'EI, qui est encore présent dans le désert à l'Est de l'Euphrate. Les Syriens eux, ont l'impression que ces miliciens se retrouvent au final en face d'eux, sur le front, en fait, tout leur porte à croire qu'ils se battent contre eux. Ce qui est fort plausible, quand on analyse l'historique et les intérêts américains dans l’pays. 

Ce territoire sera reconquis lorsque les Américains s'en iront. On sait qu’ils ne veulent pas rester trop longtemps, mais en même temps, ils ne savent pas trop comment se sortir de là, sans que leur orgueil de mâle en prenne un trop dure coup.

En conclusion, cette guerre sera gagnée par le clan le plus impliqué militairement et surtout par  celui qui contrôle le ciel. Car tous les pays impliqués se sont entendus sur une chose, personne ne fournit à ses alliés, l’arme qui descend les avions.

À noter que les armes ont le dessus sur l'argent. Dans une guerre, il arrive toujours un moment, un  point culminant, ou l'une des deux armées finit, de peine et de misère, à l'arrache-pied, après en avoir perdu le souffle, à bout de souffle, elle finit par avoir entièrement et totalement le dessus sur l'autre. À ce moment-là, l'autre s'effondre comme un château de cartes. Lors de la bataille d'Alep, ce point culminant a été atteint. L'armée syrienne, à bout de souffle, est sortie totalement et entièrement victorieuse. La débâcle chez l'ennemi continue et il déboule ! Déboule ! Ça ne s'arrêtera qu'à la fin.

Mais ce n'est pas facile pour autant et c'est douloureux, très douloureux !

Israël l'arroseur arrosé

 

Nuclear reactor in dimona israel

Photo : Le complexe nucléaire de Dimona (Israël) vu par un satellite américain. 

Source de la photo : (Negev Nuclear Research Center at Dimona, photographed by American reconnaissance satellite KH-4 CORONA, 1968-11-11. Uncropped version at GlobalSecurity.org.

Avec l'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord, Israël est l'un des quatre pays à disposer de l'arme nucléaire sans avoir signé le "Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires". En effet, le renseignement américain estime qu'Israël possède environ 80 bombes nucléaires et qu'il dispose d'une quantité suffisante de plutonium pour équiper 115 à 190 têtes nucléaires.

Le stock est supérieur à ce nombre d'après les estimations de "l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm".

Selon M. Mordechai Vanunu, un ancien technicien de la centrale nucléaire de Dimona, Israël disposerait de plus de 200 bombes atomiques. M. Vanunu s'est fait connaître du grand public en 1986 en révélant au journal anglais The Sunday Times, des détails sur le programme nucléaire militaire israélien dont notamment des photographies prises à l'intérieur de la centrale nucléaire de Dimona. Après son enlèvement par les services secrets israéliens à Rome, M. Vanunu a été jugé et condamné pour "trahison de secret d'État". Il a passé 18 ans en prison et après sa libération en 2004, Israël lui a interdit de prendre contact avec tout journaliste.

En 1958, la France aide secrètement Israël à la construction d'un réacteur nucléaire. Le complexe a été construit en secret et en dehors du régime d'inspection de "l'Agence internationale de l'énergie atomique". Israël fait alors passer le site nucléaire pour une usine textile.

En 1959, Richard Kerry, père de John Kerry, est secrétaire d'ambassade à Oslo. Il rapporte alors plusieurs conversations sur la vente d'eau lourde par la Norvège à Israël.

En 1961, le général de Gaulle décide de terminer la construction du réacteur de Dimona et de cesser toute aide française concernant l’usine de séparation du plutonium.

En 1963, le réacteur de Dimona est mis en service. Israël produit suffisamment de plutonium pour équiper l'armée israélienne d'une bombe atomique avant la guerre des Six Jours.

Israël reconnait l'existence du site mais refuse de communiquer son objectif militaire. Les informations sur ce site sont classées "secret défense". La position israélienne a toujours été de ne pas confirmer, ni d'infirmer sa possession de l'arme atomique.

Déchets nucléaires israéliens

1996, le président du Parti socialiste mauritanien, M. Ahmed Ould Daddah, affirme qu'Israël a convoyé pendant 10 années ses déchets nucléaires dans le cimetière nucléaire du Meriyé en Mauritanie.

Au début des années 2000, de nombreuses inquiétudes ont été exprimées concernant la vétusté de ce réacteur vieux de 40 ans. En 2004, par mesure de prévention, les autorités israéliennes ont fait distribuer des tablettes d'iode aux habitants des environs.

2000, depuis la mise en service du site de Dimona, des déchets radioactifs ont été enfouis à proximité de la centrale comme l'ont détecté les satellites espions américains Ikonos.

2003, la Syrie affirme qu'Israël creuse dans le mont Hermon à l’intérieur des territoires syriens occupés, des tunnels pour y stocker des déchets nucléaires.

2004, un officiel syrien aux Nations unies accuse Israël d’enfouir des déchets nucléaires sur le Plateau du Golan occupé.

2007, un rapport officiel palestinien accuse Israël d'enterrer en Cisjordanie des milliers de tonnes de déchets des villes et colonies israéliennes, dont des déchets nucléaires.

2009, le ministre syrien des affaires étrangères accuse Israël d’enfouir des déchets nucléaires sur le plateau du Golan occupé dans les tunnels creusés sur le mont Hermon.

2011, le vice-ministre de la santé palestinien affirme qu'Israël a empêché les délégués internationaux de "l'Organisation mondiale de la santé" de venir en Israël pour enquêter sur l'impact sanitaire des déchets nucléaires sur les territoires palestiniens.

Depuis 2011, le site est défendu par le système de défense aérienne mobile israélien "Dôme de fer".

L'État israélien refuse catégoriquement que ses installations nucléaires militaires soient contrôlées par "l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique", et l'AIEA a rejeté à plusieurs reprises la résolution de 18 pays appelant Israël à placer ses installations nucléaires sous sa supervision.

Israël disposerait de 80 à 400 ogives nucléaires capables d'être transportés par les missiles balistiques Jéricho, les sous-marins(avec missile de croisière) et les avions. Chaque année, Israël produirait entre 10 à 15 nouvelles bombes nucléaires. Depuis le début de son programme nucléaire, Israël aurait produit de 690 à 950 kilogrammes de plutonium. 

 

M. Pompeo, l'Iran et la Syrie

 

1117503 photo distribuee par le palais royal saoudien montrant le roi salmane et le secretaire d etat americ

Après avoir rencontré les ministres des Affaires étrangères de l'OTAN à Bruxelles, le secrétaire d'état américain M. Mike Pompeo, rencontre cette fin de semaine les dirigeants saoudien, israélien et jordanien pour les informer du projet du président Trump concernant l’accord limitant le programme nucléaire iranien et les informera probablement de facto sur la politique américaine envers la Syrie.

L'administration Trump appelle les pays du Golfe à fournir des fonds et des troupes pour stabiliser la Syrie à l'Est de l'Euphrate.

Hostile à l’accord sur le nucléaire iranien signé en juillet 2015, M. Trump doit annoncer ce 12 mai s’il déchire l'entente âprement négocié entre l’Iran et les grandes puissances (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) ou s'il y rajoute quelques clauses.

Pour sa part, l'Iran ne veut absolument pas altéré l'accord. Si les États-Unis y changent quoi que ce soit, Téhéran se lancera alors de nouveau dans la recherche nucléaire.

L'Arabie Saoudite quand à elle, développera sa propre bombe si l'Iran le fait, dixit le prince héritier.

M. Pompeo assure que le président n’a pas encore pris sa décision. Par contre, le secrétaire d'Etat américain militerait en faveur de nouvelles sanctions contre l'Iran. Chose certaine, il y aura des changements substantiels à l'entente.

L'accord de 2015 limitant le programme nucléaire iranien en échange d'un allègement des sanctions ne couvre pas son programme de missiles.

Le secrétaire d'État : « Les missiles iraniens prolongent la guerre et la souffrance au Moyen-Orient. Ils menacent notre sécurité et nos intérêts économiques et ils menacent particulièrement l'Arabie Saoudite et Israël ».

La Russie, la Chine, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la France, considèrent l'accord comme le meilleur moyen d'empêcher l'Iran de développer une bombe nucléaire.

Le président français M. Macron, a d'ailleurs réitéré sa demande à M. Trump, de ne pas abandonner l'accord bien qu'il ait reconnu plus tard, qu'il pensait que ce dernier se retirerait.

Img 20180429 wa0002 640x400 1

La guerre syrienne sur du charbon ardent

World war 3 president assad syria airstrikes damascus missiles donald trump donald trump latest uk russia us theresa m 946249

Après la Ghouta orientale, le Sud de Damas est maintenant presqu'entièrement libéré. Après chaque élimination d’une poche rebelle, l’armée syrienne se renforce. La police militaire russe prend la relève des soldats syriens et les dix mille militaires syriens qui encerclaient les zones rebelles autour de Damas, sont maintenant libres de se battre ailleurs. Une partie des rebelles qui n’ont pas voulu être évacués, rejoignent les forces gouvernementales. L'armée syrienne continue donc son travail de réduire les poches rebelles dans les régions de Homs, d'Hama et d'Alep. 

Ce qui pose problème à l’armée syrienne dans le Nord-Ouest, c’est l’approvisionnement et le soutien de la Turquie aux groupes islamistes rebelles. Dans le gouvernorat d'Idlib, "Hay’at Tahrir al-Sham" (HTS ou Al-Qaïda) est en guerre avec les autres groupes soutenus par la Turquie et ce pour le contrôle de la région. L'armée syrienne n'a donc pas intérêt à s'y pointer pour l'instant, à moins que les  poches pro-gouvernementales encerclées par HTS, soient attaquées. 

Ce qui pose problème à la Turquie dans le Nord de la Syrie, ce sont les Américains qui pour l'instant ne semblent pas pressés de laisser entrer l'armée turque à Mambij. Les Américains y ont amené quelque renfort et des conseillers militaires français viennent d'arriver. 

Dans le Nord-Ouest du pays, lorsque qu'il n'y aura plus de poches rebelles, à l'exception d'Idlib, l'armée syrienne se déplacera alors vers ses frontières-Sud, vers Deraa, le plateau du Golan syrien et la frontière jordanienne. Dans ces régions, le gouvernement contrôle déjà une bonne partie du territoire. Pour ce qui est des parties qu'il ne contrôle pas, l'État islamique y est en guerre avec les autres groupes islamistes. Les combats se poursuivent et les différents camps rebelles s’affaiblissent. 

Ce qui pose problème à l’armée syrienne dans le sud, c’est l’approvisionnement et le soutien d’Israël aux groupes terroristes. Si Israël intervient davantage, soit avec son aviation ou ses missiles, le combat pourrait dégénérer en guerre ouverte avec Israël et on peut facilement s'imaginer que l'Iran ne resterait pas les bras croisés. Il vient d'ailleurs d'informer Israël qu'il a les mains sur la gâchette et que ses missiles sont prêts à frapper toutes les bases aériennes israéliennes.

À l’Est, la ville de Raqqa, détruite, devient un casse-tête pour les Américains. La ville n’a pas d’eau, ni d'électricité. Ce sont les deux premiers services à rétablir, surtout pour redémarrer l'agriculture. L’administration locale n’a pas les moyens de reconstruire. Les États-Unis n’ont aucune envie de dépenser. Ils demandent même aux pays du Golfe de s'acquitter de la reconstruction et même de remplacer l'armée américaine sur les lieux. Les dits pays arabes ne semblent pas intéressés du tout. On note aussi que la population arabe qui revient habiter Raqqa est de plus en plus hostile aux États-Unis et aux Kurdes. Elle veut revenir sous le contrôle du gouvernement syrien, qui lui, a déjà commencé la reconstruction dans les régions qu'il contrôle. Une rébellion "anti-kurdo-américaine" vient d'ailleurs de commencer lentement. Il suffit d'un excès guerrier fait par la coalition américaine quelque part dans le pays et la réaction des Arabes syriens sera explosive. C'est le cas de le dire.  

Plus à l’Est, à la frontière syrienne irakienne, au nord de l’Euphrate, il y aurait de 3 000 à 5 000 combattants de l’EI, que les États-Unis n’attaquent plus. En fait, Washington a même empêché les troupes gouvernementales, qui contrôlent la zone sud de l’Euphrate, d’attaquer l’EI. Les commandants russes, iraniens, syriens et irakiens se sont donc réunis et ont tous décidé d'un commun accord, d'organiser des opérations communes contre l’EI. L'aviation irakienne vient donc de bombarder l'EI en territoire syrien et ce avec l'approbation de Damas. Les forces gouvernementales syriennes ont reconstruit un pont militaire, qui leur permettra de traverser l’Euphrate lors d’une opération future. Plusieurs bataillons, dont des troupes auxiliaires sous commandement iranien, sont prêts à attaquer. Les États-Unis les bombarderont-ils lorsqu’ils traverseront le fleuve ? Ou bien vont-ils s’en abstenir et laisser les troupes syriennes bénéficier du soutien aérien irakien ?

Pour ce qui est de l'Arabie saoudite, celle-ci finance entièrement "Jaysh al-Islam" (une religion obligatoire, la  religion sunnite). Partout où s'installe "Jaysh al-Islam", l'armée syrienne réussit toujours à le vaincre !

La Turquie veut éradiquer un Kurdistan indépendant ! Pour elle, les Kurdes sont des terroristes ! Elle le dit, elle l'affirme haut et fort ! Elle ne tolérera pas un Kurdistan indépendant à sa frontière, même pas une simple petite province kurde sans personnalité, ce serait beaucoup trop lui demander ! Soit que sa répression totalitaire réussisse ! Ce qui est possible, ou qu'à force de répression en répression et encore et toujours de répression en répression, bien justement, la pression saute et emporte le gouvernement. C'est possible, les Kurdes sont de 12 à  15 millions  dans le pays. Ils peuvent avoir du renfort des trois autres régions kurdes de la Syrie, de l'Irak et de l'Iran. Les opposants à Erdogan existent aussi chez les Turcs, beaucoup sont en prison ! Oui ! La soupape peut sauter à tout moment ! Mais peut-être pas !         

La Russie est l'équipe de tête, elle a un "Maurice Richard" à l'attaque ! Un "Vladislav Tretiak​" comme gardien de but ! Et un "Raymond Bourque" à la défense ! Moscou laisse Israël bombarder une fois de temps en temps en Syrie, en autant que les frappes israéliennes ne changent pas le cours de la guerre. Le Kremlin sait très bien à qui, il a affaire, à des psychopathes ! Israël est dirigé par des psychopathes ! Si vous interdisez totalement à Israël de bombarder la Syrie, vous pouvez être certain que Tel-Aviv bombarderait ou essayerait de bombarder une base militaire russe en Syrie. Ce sont des psychopathes ! La terre entière leur dit et redit que ce n'est pas correct ce que "la terre d'Israël" fait aux Palestiniens et le gouvernement israélien continue de faire ce qu'il fait de mieux, c'est-à-dire tuer des Palestiniens, sans aucun regret, sans aucun sentiment, en ne pensant qu'à soit et à la réalisation de la nation juive. Si ça ressemble pas à un psychopathe ça, je m'appelle pas Philippe Rousseau !

La Russie arbitre le conflit tout en étant un des plus grands joueurs, si non le plus grand. C'est sa remontée en politique internationale ! C'est l'arrivée d'un monde multi-polaire ! Après un monde uni-polaire dirigé par les Américains, qui étaient précédé d'un monde bi-polaire : États-Unis-URSS.  
 

 

Afrin, cauchemar pour Washington

1024px claimed and de facto territory of rojava 1

Afrin n'est pas devenu le « Vietnam de la Turquie », comme l'avait promis l'YPG. Des factions de l'ASL, dirigées par la Turquie, y compris des groupes djihadistes salafistes, sont maintenant occupées à piller la ville. Plus de 150 000 réfugiés ont été créés sur une population de 323 000. Afrin se transforme donc en cauchemar pour Washington.

L'intervention militaire turque à Afrin n'est qu'un prélude à une offensive plus large contre d'autres villes sous le contrôle des forces kurdes syriennes.

Aron Lund , un éminent expert du Moyen-Orient, observe que les combattants kurdes syriens n'ont pas reçu le soutien de la communauté internationale auquel ils s'attendaient. Jeté aux loups par la Russie, l'YPG n'a pu tenir longtemps. La Turquie possède la deuxième armée de l'OTAN. Ce n'est pas rien. C'est une puissance.

Des experts nous mettent en garde contre une crise imminente entre Ankara et Washington à propos de Manbij.

Quant à la menace d'Erdogan d'étendre l'intervention militaire dans d'autres régions contrôlées par les forces kurdes syriennes, pourquoi s'arrêterait-il, puisque personne n'a encore réagi? Les seules forces qui peuvent empêcher la Turquie de poursuivre les combattants kurdes dans d'autres parties de la Syrie sont les États-Unis et la Russie.

Probablement que la stratégie russe est d'affaiblir les Kurdes à un tel point qu'ils finiront par se rallier au gouvernement syrien et accepteront ainsi une autonomie au niveau des villes et non pas au niveau provincial. D'ailleurs, plusieurs experts estiment qu'un fédéralisme en Syrie voudrait dire une dislocation du pays.

Le président Poutine nous a habitué à une stratégie habile, inhabituel et novatrice. Une stratégie qui fonctionne et qui est basée sur la réalité.

Quand aux Américains, leur stratégie est basée sur une certaine fabulation et la phrase clé du président Trump est :      « America first. »

Syrie, 7 ans de guerre civile

Images 6

Sept ans de guerre jour pour jour, 7 millions d’expatriés, six millions de déplacés dans le pays, 465 000 morts, sans compter les blessés. Pas de trêve ou de cessez-le-feu en vue.

À ne voir dans le conflit syrien qu’une révolution du Printemps arabe réprimée par le régime sanguinaire de Bachar el-Assad, l’Occident s’est mis un doigt dans l’œil jusqu’au coude et est passé totalement à côté de la réalité du conflit.

La population sunnite, majoritaire dans le pays, a commencé la révolution, contestant la mainmise de la minorité alaouite. Les démocrates pro-occidentaux ont très vite été submergés et éliminés de cette révolution, malgré l’implication des Américains qui entrainaient et armaient ces derniers, sous le vocable de l’Armée Syrienne Libre. Ces pro-démocrates, qu’on appelait aussi les modérés, aussitôt sortis des camps d’entrainement, rejoignaient avec leurs armes, à la va comme je te pousse, les islamistes sunnites, eux-mêmes divisés en plusieurs factions. Les islamistes sunnites ont donc rapidement contrôlé les forces de la rébellion, financés entre autre par le Qatar, l’Arabie saoudite et aidés par la Turquie. Les Sunnites ont malheureusement été vite dominés par les islamistes.

Les minorités syriennes, soit les chrétiens, Druzes, Alaouites, Chiites et Kurdes, se sont mis à craindre et avec raison, la prise du pouvoir par ces islamistes sunnites, qui sont en quelque sorte des salafistes, qui veulent à tout prix, instaurer comme base de fonctionnement dans la société syrienne, rien de moins que la charia. Face à cette mouvance, une partie de la communauté sunnite a elle-même rejoint le gouvernement syrien. Les autres forment les 13 millions de déplacés à l’intérieur et hors du pays. Ces déplacés étant pour la majorité des Sunnites.

La guerre n’en finit plus. Les différentes communautés du pays, les puissances régionales et les grandes puissances attisent le feu, en y mettant de l’essence à grands coups de soufflet.

Les islamistes veulent instaurer la charia. Le gouvernement syrien n’en veut absolument pas. L’Arabie saoudite redoute la constitution d’un arc chiite continu, allant de l’Iran au Liban en passant par l’Irak et la Syrie. Israël n’accepte pas que des milices iraniennes et du Hezbollah campent en Syrie, à deux pas de sa frontière.

Les Kurdes veulent le fédéralisme. Les autres Syriens n’en veulent absolument pas, craignant que le pays n’y survive pas. Et c’est probablement vrai que le pays n’y survivrait pas. La Turquie ne veut pas d’un Kurdistan indépendant à sa frontière. Les Américains soutiennent les Kurdes, mais semblent glisser tranquillement du côté des Turcs. La Russie veut sortir les Américains du jeu et jusqu’à maintenant semble sur la voie d’y réussir. Car les Russes se servent des Turcs pour faire plier les Kurdes. Les Kurdes se voient ainsi obligés de rejoindre tranquillement les Russes et le gouvernement syrien, à cause du manque d’appui des Américains qui, eux, ont très clairement établi qu’ils n’appuient pas les Kurdes contre les Turcs. Ils ont déjà accepté la prémisse que les Kurdes doivent quitter Mambij au profit des Turcs, mais ils ne savent pas comment le faire.

Ce qui semble clair, c’est que ceux qui sont impliqués militairement sur le terrain ont le dessus sur ceux qui financent sans s’impliquer avec leur armée. L’Arabie saoudite, le Qatar et autres qui financent les rebelles islamistes, perdent continuellement du terrain. Ils le savent. Ils continuent uniquement pour détruire d’avantage le pays. Un jour ou l’autre, leurs poulains islamistes seront totalement éliminés et mis hors circuit.

Les Américains, impliqués militairement, s’appuient sur les Kurdes. Mais, ils ne sont maintenant qu’en position défensive. Ils ne peuvent plus gagner de terrain, sans faire face aux Russes. Et si on ajoute la fameuse politique de leur président : « America first ». On s’aperçoit qu’ils ne s’enliseront pas davantage dans cette guerre. S’ils voulaient s’y impliquer, ils financeraient le développement économique dans les régions que les Kurdes contrôlent. Ce qu’ils ne font pas.

Les Russes s’impliquent militairement et économiquement. Leur armée est en position offensive. Ils gagnent encore et toujours du terrain.

Damas s’implique aussi militairement et économiquement. Son armée gagne du terrain. Les régions qui vivent sous la protection de Damas s’améliorent tranquillement économiquement, ce qui n’est pas le cas dans les régions sous la domination des Kurdes ou des Américains et encore moins sous le joug des islamistes.

Les Turcs en ce moment sont en grande offensive militaire. Ils ont obtenu l’aval des Russes. Ils utilisent des milliers de soldats arabes djihadistes et turkmènes radicalisés de l’Armée Syrienne Libre comme la Brigade de Faylaq Al-Cham ou celle du Sultan Mourad. Erdoğan souhaite créer dans la zone d’Afrin une sorte d’armée permanente du nord qui pourrait pousser son occupation jusqu’à la ville de Manbij, voire au-delà.

Donc, ils commencent par prendre la région d’Afrin et encerclent la ville du même nom, mais Damas ne les appuient pas. Même que le gouvernement syrien leur demande de retourner chez eux. Les Kurdes à l’est de l’Euphrate sont venus augmenter la défense d’Afrin. Ce que n’appuient pas les Américains. Les Syriens les laissent passer sur leur territoire pour rejoindre Afrin et des milices pro-syriennes renforcent la défense d’Afrin.

L’armée turque avance aussi dans la région d’Idlib et d’Alep pour augmenter ses postes d’observation. Comprendre : qu’ils veulent faire cesser l’avancée de l’armée syrienne sur Hayat Tahrir al Sham et ses alliés, dans cette région. Ils leur ont demandés d’ailleurs d'arrêter à plusieurs reprises avant de s’avancer sur le territoire syrien.

Ce qui fait que l’armée syrienne a cessé son offensive dans la région d’Idlib et est allé plutôt défaire les islamistes de la Ghouta orientale dont plusieurs sont financés par l’Arabie saoudite. L’armée syrienne ne peut soutenir qu’une seule grande offensive à la fois.

Une fois la Ghouta reconquise, elle se dirigera ailleurs, probablement vers la campagne d’Hama où les islamistes viennent d’y faire une offensive en reprenant deux villes. Ce sera plus facile qu’à la Ghouta. Après, il y aura Deraa et le Golan. Je parierais pour Deraa avant le Golan syrien. Israël, c’est un peu comme un pyromane. Il se sent entouré d’ennemis et au lieu d’essayer de s’entendre avec eux, ils foncent dedans de la façon la plus violente possible.

Aucun respect pour les Palestiniens. Israël s’accapare massivement de leurs terres et les tuent un à un de façon tout à fait normal pour lui. Israël est dirigé par des êtres dangereux  qui n’écoutent même pas l’ensemble de la planète qui les critiquent. Par contre, la seule chose qu’ils comprennent est aussi la violence. Ils respectent les Russes parce que les Russes sont plus puissants qu’eux.

Mais, il faudra bien que l’élite de l’armée syrienne retourne à Idlib. C’est ce qui arrivera au moment opportun.   

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site