Analyse politique sur différents pays

Portrait de la situation en Syrie

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Rouge et rose : Gouvernement syrien. Jaune : Kurdes. Vert : Dans la région d'Idlib : al Qaïda, ailleurs mouvements proches d'al Qaïda.  Vert au Nord de la Syrie : Partie envahie par la Turquie. Gris : État islamique. 

La  Syrie et la Russie avertissent les Américains et leurs alliés qu'ils rétorqueraient si ces derniers attaquaient leurs troupes. Au Nord du pays, il semble que les Turcs soient en train de masser des troupes.

Les Unités de Mobilisation Populaire irakiennes de Téhéran (UMP), essentiellement composées du Harakat Hezbollah al-Nujaba, ont commencé à franchir la frontière et à prendre position dans le Sud-Est de la Syrie. Les UMP, bien que formellement intégrées à l’armée nationale irakienne, prennent leurs ordres directement du commandant suprême de l’Iran au Moyen-Orient, soit le très populaire général en chef des Brigades Al Quds, Qassem Soleimani. 

L’objectif stratégique central de Téhéran consiste à ouvrir un couloir terrestre à travers l’Irak et la Syrie vers la Méditerranée, ou si vous préférez vers le Hezbollah libanais. Les Américains essayent de les ralentir du mieux qu'ils peuvent, sans rentrer en conflit armé avec la Russie. Cette dernière aide l'armée syrienne et ses alliés sans vouloir rentrer en conflit armé avec les États-Unis, tout en les poussant tranquilement vers la sortie.  

Deir Ezzor

À l'Est de l'Euphrate, les Forces Démocratiques Syriennes (à majorité kurdes), appuyées par l'aviation américaine, ne se dirigeraient plus vers Deir Ezzor, où les troupes syriennes à l'Ouest de l'Euphrate ont franchi le fleuve à l'Est pour encercler l'Ei et ce avec l'aide de l'aviation russe. Les FDS se dirigeraient maintenant vers la frontière irakienne à l'Est de l'Euphrate, pour y affronter l'EI. 

Abu Kamal

Damas a diffusé une autre mise en garde aux États-Unis et aux forces kurdes, les intimant de ne pas continuer vers Abu Kamal, le bastion de Daesh dans le Sud-Est. Les troupes syriennes et le Hezbollah se mettent en marche vers la garnison d’Al-Tanf, pour par la suite reconquérir Abu Kamal, achevant ainsi la reconquête de la totalité du triangle Syrie-Irak-Jordanie-Euphrate. 

Al-Tanf

Les forces spéciales américaines seraient en train d'évacuer le poste d’Al-Tanf qu’elles détiennent dans le triangle frontalier Syrie-Irak-Jordanie-Euphrate et en remettraient le contrôle à l’armée syrienne. Quitter Al Tanf équivaut à un retrait américain du Sud-Est de la Syrie à l'Ouest de l'Euphrate. 

Deraa

Les unités rebelles syriennes soutenues par les États-Unis sont aussi sur le point de quitter leurs positions dans le Sud de la ville de Deraa, dans le Sud-Ouest de la Syrie.

Conclusion

Je dirais que les belligérants principaux s'entendent pour que le gouvernement syrien reprennent la totalité de son territoire, sauf celui des Kurdes pour le moment. En Irak, les Américains sont contre l'indépendance des Kurdes. On peut donc supposer qu'ils seraient également contre l'indépendance des Kurdes en Syrie. 

Probablement que les Kurdes se mettent en position de force en conquérant des territoires arabes. Ceci en prévision de négociations ultérieures avec le gouvernement syrien, dans le but d'obtenir le maximum de pouvoir du gouvernement central, qui lui, semble être contre toute forme de fédéralisme.  

Israël vient de bombarder un dépôt d'armes du Hezbolah près de l'aéroport de Damas, probablement des missiles tirés par leurs avions à partir du Liban. Le gouvernment syrien affirme avoir abattu deux de leurs missiles. Les bombardements israéliens sont sporadiques et n'ont aucune influence sur l'issue de la guerre. Les Russes le savent. Ces derniers veulent gagner la guerre et par la suite l'organisation de la paix en Syrie et non pas seulement une bataille, d'où leur patience face à Israël...

À suivre...

 

Le référendum kurde irakien

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Rouge        : Territoire officiel de la région du Kurdistan irakien

Rose foncé : Territoire conquis par le Kurdistan irakien pendant la seconde guerre civile irakienne

Rose pâle  : Autre territoire revendiqué par le Kurdistan irakien

Blanc        : L'Irak non kurde

Malgré l’opposition de lIrak, de l’Iran, de la Turquie et des États-Unis, un référendum sur l’indépendance se tiendra le 25 septembre dans la région autonome du Kurdistan irakien. Son issue ne fait aucun doute : les Kurdes voteront massivement « oui ». Cependant, ce « oui » ne sera pas effectif immédiatement. Il permettra tout d'abord au président kurde Barzani, de renforcer son autorité sur la province et de réclamer encore plus d'autonomie à Bagdad.

Les autorités kurdes irakiennes jouissent déjà depuis 1991 d’une large autonomie. Une victoire du «Oui» ne les engagera pas automatiquement vers un processus d’indépendance mais dans un premier temps, vers une position de force dans un dialogue sérieux avec Bagdad. La balle sera désormais dans le camp irakien, obligé de se rendre à la table de négociation en position de faiblesse.

Israël est le seul pays à se prononcer en faveur du référendum, dans le but de diminuer l’influence de l’Iran et de la Turquie dans la région. 

Le gouvernement irakien en profite et affirme qu'il ne permettra pas la création d’un « deuxième Israël » au nord de l’Irak. Sa cour suprême ordonne la suspension du référendum et par la même occasion, Bagdad se dit prêt à une intervention militaire en cas de menace de la part des combattants kurdes peshmergas. Cette position irakienne est soutenue par Ankara, Téhéran, Washington et Londres. Mais Bagdad a-t elle une armée assez puissante pour soutenir ses paroles ? 

L'Iran, quant à lui menace de fermer sa frontière avec le Kurdistan irakien. Il en a les moyens. La Turquie fermement opposée à la tenue du référendum, effectue un exercice militaire à la frontière du Kurdistan irakien. Son armée est puissante. Même les États-Unis ont déclaré qu'ils suspendraient leur aide militaire, si les Kurdes allaient au bout de leur initiative. La France tient à la dimension fédéraliste et à l’intégrité territoriale de l’Irak.

L’unité territoriale est une des conditions posées par la communauté internationale pour la reconstruction du pays. Washington et ses partenaires allemands, britanniques, français et italiens ne souhaitent pas soutenir une éventuelle demande d’indépendance. Fait intéressant, l'Assemblée générale des Nations-Unies arrive avec une solution alternative au président Barzani, lui proposant d'aboutir d'ici trois ans à un accord entre le Kurdistan irakien et le gouvernement fédéral irakien sur le statut de la région autonome.

Tout en reconnaissant aux peuples, y compris aux Kurdes, le droit d'avoir leur état, la Russie soutient l'idée de l'intégrité territoriale de l'Irak. La compagnie russe Rosneft investira dans les infrastructures gazières du Kurdistan irakien et permettra ainsi au Kurdistan irakien de devenir un important exportateur de gaz vers la Turquie et l'Europe.

Le Kurdistan irakien exporte déjà du pétrole depuis 2014 en toute indépendance vis-à-vis du gouvernement central irakien et Rosneft, compagnie contrôlée par l'état russe, apporte à cette région semi-autonome plusieurs centaines de millions de dollars de prêts garantis par de futures ventes de pétrole.

Rosneft élargit désormais ses investissements au secteur gazier, dans le cadre d'un accord portant sur le financement d'un gazoduc, ont annoncé la compagnie russe et le gouvernement régional du Kurdistan. Cet investissement dépassera le milliard de dollars.

Le Kurdistan irakien puise une partie de ses ressources financières dans des accords de préfinancement pour l'exploitation de ses réserves de pétrole mais il peine jusqu'à présent à développer ses importants gisements de gaz. L'implication de Rosneft, plus importante compagnie pétrolière mondiale cotée en bourse, devrait favoriser le développement de son secteur gazier. La capacité de ce gazoduc devrait permettre au Kurdistan d'exporter jusqu'à 30 milliards de mètres cubes par an. 

À suivre...

 

Assad est en train de gagner la guerre

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Washington se retrouve dans la position inconfortable du pays qui veut « balkaniser » la Syrie alors que l’axe Damas  - Bagdad - Téhéran - Moscou (et maintenant Ankara) souhaite une Syrie unie en un seul bloc. 
 

Astana

À Astana capitale du Kazakhstan, se tient le sixième round de discussion pour le règlement de la guerre syrienne. Actuellement, il existe quatre zones de désescalade en Syrie, dont trois fonctionnent normalement. Elles sont réparties comme suit : dans la province de Deraa (sud), dans la banlieue de Damas (Ghouta orientale) et au nord de la province de Homs. La Russie et la Turquie, pays garants qui représentent respectivement Damas et l'opposition, n'ont pas de différends au sujet de la zone de désescalade d'Idlib.

 

Idlib 

Entièrement sous la domination rebelle, cette zone est contrôlée de fait par l'ancien al Qaïda,  Hayat Tahrir al-Sham. À la frontière turque, l’organisation est aux commandes de Bab el-Hawa, le seul point de passage qui relie Idlib à la Turquie. Ils y ont laissé flotter le drapeau de la révolution syrienne et renoncer à le remplacer par celui d’Al-Qaida. Depuis déjà plusieurs semaines, HTS n’a plus d’adversaires militaires dans la province d’Idlib, la dernière province syrienne aux mains de la rébellion. Il y a un mois, ils mettaient au pas Ahrar el-Sham, jusqu’alors l’un des groupes les plus puissants de la rébellion armée. Depuis HTS semblent recruter, convainquant de gré ou de force des groupements plus petits à rejoindre leur bannière.​

 

État islamique

L'État islamique n'occupe plus que 35 000 km2 en Syrie. Ce qui représente 19% de la superficie du pays et seulement 6% de la population. Il est en constant déclin et disparaîtra incessamment de la carte. L'expérience nous dicte qu'il faudra s'attendre à quelques actes terroristes d'envergure venant de sa part. 

 

Israël

Depuis 2011, soit le début de la guerre en Syrie, Israël tout en tenant à ne pas être aspirée par la guerre, n'hésite pas pour autant à frapper sporadiquement des convois à destination du Hezbollah, ou des positions des forces régulières syriennes. Se sentant menacée par eux, Tel Avive veut limiter au maximum la présence iranienne et du Hezbollah libanais en Syrie, son voisin. À noter qu'elle ne bombarde pas les forces Al-Qods iraniennes. Sachant éperdument que les représailles iraniennes l'entraîneraient dans cette guerre qu'elle ne pourrait gagner. Les bombardements israéliens n'auront aucune influence sur l'issue de la guerre.

 

Turquie

Contre l'autonomie des Kurdes syriens, Ankara est intervenue militairement pour séparer en deux les zones que contrôlent les Kurdes à sa frontière. Elle ne peut néanmoins intervenir d'avantage sans déclencher une confrontation avec les États-Unis, qui eux, arment et soutiennent le Front Démocratique Syrien essentiellement formé de kurdes, afin qu’il lutte contre l'EI.

L’indispensable protection américaine ne revient pas à une garantie à vie pour le FDS. Les Kurdes savent qu’une fois qu'ils ne pourront plus faire de gains territoriaux, ils seront moins utiles aux États-Unis. Un lâchage de Washington les fragiliserait face à Ankara. La Turquie n’attend que cela pour couper en morceaux le territoire kurde. La Turquie soutient maintenant l'alliance russo-syrienne et une entente turco-iranienne est en train de se dessiner. 14 millions de Kurdes vivent en Turquie et 7 millions en Iran. Ces derniers ont  toujours entretenu des espérances d’autonomie. La Turquie, membre de l’OTAN, est en train d'acquérir des systèmes anti-aériens russes S-400. Ce qui met mal à l’aise Washington. 


 

Kurdes

Il y a douze bases US au Kurdistan syrien (dont deux pouvant accueillir de gros avions porteurs). Ces bases sont faites pour durer. Les Kurdes ont libéré tout leur territoire avec l'aide de l'aviation militaire américaine. Ils ont même progressé en territoire arabe avec la prise de Raqqa et l'envahissement progressif de l'Est de l'Euphrate. À Hassaké, ville peuplée pour moitié d’Arabes et pour moitié de Kurdes, une politique de “kurdification”est commencée. 

De l’autre côté de la frontière, en Irak, la lutte contre Daech a réveillé les aspirations kurdes. Mais alors que leur projet en Syrie n’est pas explicitement défini, il porte un nom côté irakien : Indépendance. Le président de la région kurde irakienne annonce la tenue d’un référendum d’indépendance, prévu le 25 septembre. Dans le scénario très probable d’un « oui » à l’indépendance, celle-ci ne serait pas immédiate. Les voisins turc, iranien et syrien craignent que le scrutin n’inspire les minorités kurdes de leur propre territoire. 

 

Gouvernement syrien

Le président Assad affirme que l'avenir stratégique est dorénavant à l'Est et qu'il n'y aurait pas de coopération avec les pays qu'il considère "liés" au terrorisme. C'est à dire les États-Unis et l'Europe. Bachar el-Assad se sent en position de force depuis que son armée a repris l’initiative après l’intervention russe, qui a débuté en septembre 2015. Il est persuadé qu’il est en mesure de reconquérir l’ensemble du pays et qu’il convient désormais de penser à l’après-guerre. 

Damas n’envisage pas l’émergence kurde comme une menace, au moins dans l’immédiat. Il y a une collaboration entre les Kurdes et le gouvernement syrien. Le PYD (parti politique kurde) a fait disparaître des groupes de mobilisation kurdes hostiles à Bachar Al Assad. Damas n’a pas besoin de reprendre dans l’immédiat les zones sous contrôle kurde. Ce qui lui permet de mettre ses forces ailleurs.

 

Russie

La Russie soutient le gouvernement syrien. Pour elle, on ne doit pas détruire la structure d'un état. C'est aux Syriens de décider qui doit gouverner le pays et non pas aux autres pays de la planète. Sa force militaire constitue l'atout majeur dans cette guerre. Elle a obtenu de meilleurs résultats à moindre coût que l'armée américaine. Sa force diplomatique toujours en contact avec les différents belligérants locaux, nationaux, régionaux et internationaux constituent également une fer de lance incomparable. La qualité et l'expérience de son ministre des affaires extérieures y est pour quelque chose. L’aviation militaire russe a desserré l’étau qui pesait sur l’armée syrienne. Elle a affaibli l’ensemble des groupes rebelles et accompagne les offensives de Damas par ses appuis aériens. La Russie dirige les négociations internationales sur le conflit.


 

États-Unis

Leurs protégés, les rebelles dits « modérés » voulaient établir une capitale provisoire à Alep et libérer le Sud depuis la Jordanie. Selon certaines estimations, l'administration d'Obama aurait dépensé près de 500 millions de dollars sur l'entraînement des rebelles et l'opération Timber Sycamore, qui s'est avéré être un échec total. Les rebelles rejoignaient en fait al Qaïda. Le soutien inconditionnel octroyé par les États-Unis aux Forces démocratiques syriennes constituées majoritairement de Kurdes du YPG, les  « cousins » syriens du PKK kurde de Turquie, pousse Ankara de plus en plus vers le clan russe.

Washington sait probablement depuis longtemps que l'issue de la guerre s'annonce en faveur de Damas. Mais à cause du pacte du Quincy, les États-Unis doivent faire un effort pour défendre le clan de l'Arabie. Sachant qu'ils ne gagneront pas cette guerre, les Américains font tout pour détruire le plus possible le pays et faire en sorte que la réunification totale soit impossible ou le plus difficile possible.  

 

Iran

L'Iran est un allié indéfectible du gouvernement syrien. L'axe Iran-Syrie-Hezbollah est incontournable et a toujours été une question de survie pour lui. L'Iran des ayatollah est devenu la puissance Chiite et ne veut plus que les Chiites arabes vivent sous l'influence de l'Arabie saoudite sunnite. Grâce à son armée conventionnelle et surtout grâce à la qualité et au nombre de ses missiles, Téhéran a su empêché toute intervention militaire américaine ou israélienne sur son territoire. C'est la raison pour laquelle Téhéran a pu s'entendre avec l'Occident sur l'abandon de sa recherche sur l'arme nucléaire. L'Iran possèdent des forces militaires en Syrie et aura de plus en plus d'inflence sur la Syrie.

 

Arabie saoudite

L'Arabie saoudite prône la religion musulmane sunnite. Elle est la première puissance musulmane sur la planète. Cela est dû essentiellement à son extrême richesse monétaire due aux hydrocarbures. Elle n'accepte pas la montée de l'Iran. Les États-Unis et l'Europe constitue ses principaux alliés à travers le monde. Le pacte du Quincy, peu connu, unit l'Arabie saoudite et les États-Unis depuis 1945. Il a été renouvelé en 2005 pour un autre 60 ans. Avec ce pacte, les Américains doivent défendre l'Arabie. En contrepartie, le Royaume garantit l’essentiel de l’approvisionnement énergétique américain. l'Arabie voulait le départ de Bachar et semble aujourd'hui devenir plus modérée à ce sujet. Elle travaille en ce moment à l'unification de l'opposition syrienne. 

 

Qatar

Le Qatar arme et finance al Qaïda en Syrie. C'est sous l'influence du Qatar que le mouvement terroriste a changé de nom pour essayer de devenir acceptable face à la communauté internationale. Ce qui n'a pas fonctionné. Le Qatar et l'Arabie saoudite sont maintenant en lutte politique.

 

Jordanie

Les Américains avaient ouvert un camp d'entraînement pour les rebelles syriens en Jordanie. Ce qui a alimenté la rébellion dans le sud de la Syrie. La Jordanie veut maintenant sécuriser sa frontière. Le 9 juillet dernier, Amman, Moscou et Washington ont conclu un accord de cessez-le-feu dans le sud-ouest de la Syrie, une région qui jouxte la Jordanie. Le royaume hachémite a désormais besoin du soutien russe pour stabiliser une autre partie de sa frontière avec la Syrie, plus à l’est, dans une région secouée ces derniers jours par des combats. La Jordanie et les États-Unis ont même demandé à deux groupes d'opposition syriens qui contrôlent des portions de territoire dans le sud de la Syrie, de cesser les combats contre les forces gouvernementales et de se replier sur le territoire jordanien. Amman joue donc maintenant la carte du pragmatisme pour défendre ses intérêts économiques avec Damas.

 

Liban

L'armée libanaise avec l'aide du Hezbollah et de l'armée syrienne a réussi à sécuriser sa frontière face à l'EI. L'État islamique est désormais complètement absent de la frontière syro-libanaise. 

 

Europe

L'Europe n'a presque pas d'influence sur le résultat de la guerre en Syrie. Elle a misé sur le retrait d'Assad sans se préoccuper de présenter une alternative valable. Elle a pris ses rêves pour la réalité. 

 

 

 

Les Kurdes face à l'armée syrienne

 

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En jaune, les Forces Démocratiques Syriennes à très grande majorité kurde. En rouge l'Armée Arabe Syrienne, soit l'armée gouvernemntale, en rouge foncé : Deir Ezzor. En brun, l'EI. En bleu, l'Euphrate et son lit.

Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) à majorité kurde, sont en train de percer l'État islamique et se dirigent vers Deir Ezzor, face à l'armée syrienne. L'Armée Arabe Syrienne du président Assad franchira-t-elle l'Euphrate pour minimiser au maximum les gains des FDS? Ces deux forces militaires ne se sont jamais affrontées sur le terrain jusqu'à maintenant. À l'occasion, elles ont même collaboré quelque peu. Les Kurdes, avec la prise de Raqa s'avancaient nettement en territoire arabe. Depuis hier, ils s'y enfoncent. 

Le but de leur offensive est d'enlever la rive Est de l'Euphrate à l'EI. Les FDS contrôlent d'ailleurs une colline à moins de 7 km de la rive Est de l'Euphrate, face à la ville de Deir Ezzor. Un de leurs chefs affirme qu'il n'y a aucune coordination entre ses troupes et les forces gouvernementales.

Les forces syriennes quand à elles, délogent l'EI, sur la rive Ouest de l'Euphrate. Elles ont brisé le siège imposé par Daech. Elles combattent maintenant les djihadistes au Sud-Ouest de Deir Ezzor. Les Russes continuent à bombarder l'EI. L'armée syrienne et ses alliés contrôlent maintenant toute l'autoroute entre Deir Ezzor et Damas. Celle-ci passe par les villes d'Al-Soukhna et Palmyre.

Il existe toutefois une entente secrète de "dé-confliction" entre les Syriens, les Russes d'un côté et les FDS et les Américains de l'autre. Le but est d'éviter tout incident entre les multiples acteurs engagés sur le terrain. On peut donc prévoir que les deux armées ne s'affronteront pas. Elles s'arrêteront chacune à l'endroit où l'autre se sera rendue. 

Est-ce que les gains des Kurdes en territoire arabe, leur serviront de monnaie d'échange dans le but d'obtenir plus d'autonomie du gouvernement central? Jusqu'à quand les Américains continueront-ils d'aider les Kurdes? Quant aux Russes et aux Iraniens, ils sont là pour rester, d'ailleurs au grand "dam" d'Israël. 

Des renforts militaires importants de l'armée syrienne sont arrivés à Deir Ezzor.

Hezbollah version 2017

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Selon Debkafile, site de renseignement militaire israélien, l'appui de l'aviation militaire russe n'explique pas à lui seul la victoire de l'armée syrienne. À vrai dire, la victoire de l'Armée d'Assad à Deir EzZor a été effectuée aussi avec l'aide du Hezbollah et les trois ont refoulé l'EI vers Abou Kamal, ville se trouvant à la frontière syro-irakienne.

Abou Kamal est cette localité où devaient être évacués les terroristes de Daech que le Hezbollah, avec l'aide de l'armée libanaise, a vaincu dans l'Est libanais et dans le Qalamoun en Syrie avec l'aide de l'armée syrienne. Ces deux combats ont eu lieu sur la frontière syro-libanaise. Cette évacuation a néanmoins été bloquée par les Américains qui ont frappé un premier convoi de terroristes la semaine dernière. 

Israël assiste présentement à l'émergence d'un nouveau Hezbollah, une armée née de combats menés jours et nuits aux côtés de l'armée syrienne. Cette nouvelle armée a pour nom "Hezbollah version 2017". C'est une force aguerrie de six ans de guerre et dont la montée est favorisée par la coopération russo-iranienne. Debkafile conseille vivement à l'armée israélienne de revoir ses exercices militaires qu'elle mène présentement au Nord d'Israël. 

L'aviation israélienne a mené une dizaine de raids aériens en Syrie sur des lieux de stockage d'armes et sur des convois d'armes qu'Israël pense destinées au Hezbollah.

Cette fois-ci, c'est un lieu de production d'armes qui a été visé, un centre qui développe « entre autres choses des missiles de précision », affirme l'ancien chef du renseignement militaire Amos Yadlin. Ce site serait semble-t-il, aux yeux des Israéliens, un centre de production d'armes chimiques. 

En frappant cette infrastructure, l'armée israélienne pense envoyer un message clair : un renforcement de l'armement du Hezbollah est pour elle une ligne rouge... Une ligne rouge qu'elle entendrait bien, contrairement aux Occidentaux, faire respecter. Sauf qu'Israël pousse ainsi de plus en plus la Russie vers le Hezbollah et son allié iranien.

Est-ce qu'on s'entend sur le fait qu'Israël n'est pas de taille face à la Russie, même par rapport au monde arabe. Géographiquement, Israël est toute petite par rapport à ses voisins musulmans. Voisins, avec lesquels elle s'évertue à être agressive. Elle n'a jamais compensé les Palestiniens pour la perte de leur terre, qu'elle s'est empressée de leur voler. Certes, elle a la bombe nucléaire mais elle ne pourra jamais sans servir. 

Le triangle alTanf, AbuKamal, arRusafah, nouvel enjeu de la guerre

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L'état-major de l'Armée Arabe Syrienne (Syrie) est à Bagdad (Irak) pour discuter de la suite de la guerre. Il semble que ce soit une offensive majeure des deux protagonistes sur Abu Kamal. 

En effet, le "Hezbollah" libanais et "l'armée syrienne" s'établissent sur le terrain pour empêcher les rebelles protégés par les États-Unis de progresser vers la province de Deir Ezzor, tout en se préparant à une offensive sur Abu-Kamal.

En même temps, un imposant renfort du "Harakat Al-Nujaba" (paramilitaire irakien) vient d'arriver à la frontière entre l'Irak et la Syrie justement près d'Abu-Kamal.

Donc l'armée syrienne, le Hezbollah libanais et le "Harakat Al-Nuja" irakien prépareraient une offensive majeure sur cette ville, au sud-est de la province de Deir Ezzor en Syrie, tout près de la frontière irakienne.

Après Alep, la reprise de Palmyre, la percée aux frontières jordanienne et irakienne, le triangle que composent les trois villes syriennes al-Tanf, Abu-Kamal et ar-Rusafah devient dorénavant l'enjeu principal de la guerre syrienne. La Syrie, le Hezbollah libanais et l'Iran mettent tout en leur pouvoir pour reconquérir ce triangle dans le but de rouvrir un couloir terrestre, Iran, Irak, Syrie, Liban et Méditerranée. 

Vainqueur de ce triangle et bénéficiant de cette voie de communication terrestre avec son fournisseur iranien, le clan Assad progressera alors beaucoup plus rapidement ailleurs au pays et le ravitaillement du Hezbollah libanais en sera énormément augmenté au grand dam d'Israël. Les États-Unis et leurs protégés en sont réduits à la ville d'al-Tanf, incapables d'en sortir. 

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D'ailleurs, avant hier, la présence de Qasem Soleimani (major général des Forces Al-Qods, groupe d'intervention extra-territoriale iranien), considéré comme grand stratège militaire même par les Occidentaux, sa présence à la frontière syro-irakienne, prend alors tout son sens et démontre l'importance qu'accorde l'Iran à cet épisode de la guerre. La présence constante de cet homme sur les lieux des combats représente assurément un atout à sa compétence. D'ailleurs, le fait qu'il aie été légèrement blessé lors de la reconquête d'Alep, prouve que sa présence près des combats n'est pas de la frime.

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Qasem Soleimani à la frontière syro-irakienne

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Soleimani, modeste héros, major général iranien, à la tête des Forces Al-Qods, (groupe d'intervention extra-territoriale iranien), élu homme de l'année par le site iranien d'informations Khabaronline.ir à la suite d'un sondage en 2015. Ce héros iranien vient tout juste de visiter la frontière Syrie-Irak. Reconnu comme un brillant tacticien y compris par les Occidentaux, il œuvre en faveur des Chiites au Moyen-Orient, notamment en ayant bâti la branche armée du Hezbollah libanais et celle du Hezbollah irakien. À partir de 2012, il engage les forces armées Al-Qods dans la guerre syrienne.

Depuis 2014, il est également engagé en Irak, y intervient régulièrement notamment lors du siège d'Amerli, les batailles d'Al-Anbar, de Baïji et de Tikrit.

Actif en Irak comme en Syrie, il est légèrement blessé le 22 novembre 2015 à al-Eiss, au sud-ouest d'Alep en Syrie, lors de féroces combats contre les alliés d'al Qaïda.

Il bénéficie d'une popularité importante en Iran, popularité qu'il encourage par l'envoi de photos prises sur les différents théâtres d'opération où il se trouve. L'image de Soleimani en Iran est celle d'un irréprochable héros de guerre. Vétéran décoré de la guerre Iran-Irak (1980-1988), il se décrit lui-même comme « le plus petit soldat »

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Le Pakistan, naissance d'une nouvelle super-puissance

 

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Les Pakistanais exigent le retrait d'Islamabad de la coalition de Riyad

Assistons-nous présentement à la naissance d'une nouvelle puissance mondiale qui défendra dorénavant les intérêts des Musulmans à travers le monde? Le Pakistan, avec le nombre de sa population, sa bombe nucléaire, son économie florissante et sa situation géographique, semble se glisser tranquillement dans un processus qui a le potentiel d'en faire le remplaçant de l'Arabie saoudite à ce sujet.  

En avril 2015 le Parlement pakistanais avait voté à l'unanimité sa non-participation militaire à la guerre saoudienne contre le Yémen. Depuis l'escalade des tensions entre l'Arabie saoudite et le Qatar, la classe politique, les analystes et les médias pakistanais exigent maintenant le retrait politique de leur pays de la coalition militaire saoudienne faisant la guerre aux Chiites du Yémen. Cela intervient après la décision du Pakistan de déployer 20.000 militaires au Qatar.

Depuis la visite de Donald Trump en Arabie saoudite, les tensions augmentent au sein du Conseil de coopération du golfe Persique (CCGP). L'Arabie saoudite accusant le Qatar d'aider les terroristes. Comprendre : le Qatar est trop ami avec l'Iran et les Frères musulmans.

Nous assistons en ce moment, aux premiers pas en politique internationale du Pakistan, autre qu'avec ses voisins immédiats. La nouvelle politique internationale pakistanaise s'appuie sur une économie nationale grandissante. En effet, les investisseurs mettent en avant le potentiel de croissance du pays, mais aussi la stabilité du gouvernement perçu comme pro-affaires et la bonne santé du secteur bancaire. La Bourse de Karachi a obtenu un gain de 30 % en un an. 

La nouvelle route de la soie et la collaboration du Pakistan avec la Chine favorise nettement l'économie pakistanaise. Ce pays est perçu comme une source potentielle de super-performance et de croissance. Le Pakistan n'est pas à la traîne, bien au contraire. 

Depuis tout récemment il a rejoint l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS), structure inter-étatique consacrée aux questions de sécurité et de lutte antiterroriste. Les autres pays membres en sont la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizistan et l’Ouzbékistan.

Le Pakistan, pays que tous les autres devront dorénavant considérer dans leur politique mondiale future.
 

L'affaire du Qatar

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L’affaire du Qatar

La guerre « Sunnites versus Chiites » vient de monter d’un autre cran. L'Arabie saoudite accuse le Qatar de financer les terroristes. Le Qatar subit donc un embargo de la part du clan de l'Arabie. Les Kataris se sont rués dans les magasins et ceux-ci sont dorénavant vides.

L'Arabie saoudite et ses alliés du golfe persique entraînent dans le clan sunnite, moyennant leurs moyens financiers, Israël, l'Union européenne et l’Amérique du Nord ; contre l’Iran, la Syrie, le Hezbollah et les Houthis du Yémen qui eux entraînent la Russie et dans une moindre mesure la Chine dans le clan chiite.

La Chine qui se tient en arrière-plan, prend clairement position en faveur de l’Iran et de la Russie, ses deux grands alliés politico-commerciaux. Son arrière-plan est aussi dû au fait que les États-Unis sont eux aussi un de ses partenaires commerciaux. Mais cette Chine est en devenir de remplacer les États-Unis en tant que première puissance mondiale, si ce n’est pas déjà fait.

La Russie et la Chine ont commencé une compétition face à la Banque mondiale gérée par Washington et « La nouvelle route de la soie » que construisent les Chinois, demeure un indice économique en faveur de Bejing.

On retrouve à l'intérieur de la lutte « Sunnites-Chiites » quelques pays assis entre deux chaises, dont la Turquie. Elle est membre de l’OTAN mais s’éloigne de plus en plus des Occidentaux pour rejoindre les Russes.

La tentative du coup d’état militaire de 2016 serait l’œuvre de Fethullah Gülen réfugié aux États-Unis. Ce coup a poussé tranquillement la Turquie vers le clan russe. Les accusations de l’Arabie indiquant clairement que le Qatar finance les Frères musulmans viennent de pousser davantage Ankara (dirigée par les Frères musulmans) vers Moscou. D’ailleurs Erdogan parle en ce moment à Poutine au sujet du Qatar.

L’Égypte pays laïc contrairement à l’Arabie, est, elle aussi assise entre deux chaises. Les militaires égyptiens ont réussi un coup d’état militaire contre les Frères musulmans qui avaient gagné les élections. Le Qatar finance les Frères musulmans. D’où l’alignement du Caire derrière l’Arabie. Cependant, l’année dernière l’Égypte a quand même effectué un exercice militaire naval avec la Russie.

Le Qatar est maintenant assis entre deux chaises lui aussi. Il soutient les Frères Musulmans et a financé l’EI au moins jusqu'en juin 2014, mais n’oublions pas que l'Arabie Saoudite a financé al-Nosra en coopération avec la Turquie et le Qatar. C’est le Qatar qui avait demandé à al Nosra de changer son nom pour que ce soit plus facile de le financer. Le Qatar finance également le Hamas dans la bande de Gaza. D’où Tel-Aviv présent dans le clan saoudien.

Le Qatar est le seul pays membre du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui maintient des relations diplomatiques avec Téhéran. La récente rencontre entre Trump et les Saoudiens avait pour objectif non seulement de vendre pour des milliards de dollars en armes à l'Arabie, mais aussi de créer une sorte d'Otan arabe dans le but de contrer l'Iran.

En fait, c'est surtout le rapprochement Qatar-Iran qui inquiète les Saoudiens. Le Qatar tire sa richesse d'un champ de gaz offshore qu'il partage avec l'Iran, il a donc intérêt à ménager Téhéran. Le ministre des affaires extérieures du Qatar est maintenant en communication avec Poutine.

En ce moment, la guerre entre Sunnites et Chiites est le principal conflit mondial. L’initiative guerrière est venue du clan sunnite. Le clan Chiite se défend. Mais il ne faudrait pas que le tout dégénère en guerre mondiale.

Le Qatar isolé

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L'Arabie saoudite, l'Égypte, les Émirats arabes unis et le Bahreïn rompent leurs relations avec le Qatar, accusé de soutenir le terrorisme comme Al-Qaïda, l'État islamique et les Frères musulmans.
Le Qatar a également été exclu de la coalition militaire arabe qui combat les Houthis pro-iraniens au Yémen. Ces 4 pays ferment leurs liens terrestre, aérien et maritime avec le Qatar.
Ce dernier soutiendrait également les chiites appuyés par l'Iran dans la province de Qatif au royaume saoudien, ainsi que la majorité chiite au Bahreïn.

Le Qatar quand à lui, se plaint d'être victime d'une campagne de salissage.

La certitude de la France face à l'Incertitude

Images 5 3Réflexion sur la certitude qu'ont les principaux médias français, sur la qualité de leur nouveau président fraîchement élu et ce presque sans députés, une dizaine tout au plus, venant de d'autres formations politiques. Connu depuis seulement trois ans à peine et issu du milieu financier, il sera le serviteur des grandes banques et des multinationales. Donc il ne luttera pas contre les abris fiscaux, qui détruisent encore plus qu'on ne le pense, le système économique dans lequel nous vivons. Cela n'énerve personne.

Le nouveau président est traité par les médias, comme étant une personnalité sérieuse, contrairement à sa rivale qui elle, à les écouter, est une extrémiste de droite qui fait peur aux gens, même si elle a obtenu à l'élection présidentielle, son meilleur score de tous les temps. Il était quand même préférable pour elle, de ne pas accéder à la présidence maintenant. Car elle n'aurait pas eu le nombre de députés nécessaires et ne l'aurait pas obtenu en juin prochain non plus, malgré qu'elle augmentera sûrement le nombre de ses députés. Sa présidence aurait été instable et elle aurait ainsi perdue toute crédibilité.

Donc, le fait que Macron a une très faible expérience en politique d'à peine deux ans, le fait que son parti «En Marche» soit un jeune bébé sans députés élus, le fait qu'au premier tour, la France était et demeure aussi divisée que les quatre points cardinaux, Macron 25 % des votes, Le Pen 23 %, Filion 19 et Melanchon 19, lui aussi. Le fait que ces quatre formations, plus les Socialistes, lutteront d'arrache pied aux prochaines législatives, afin d'obtenir le plus grand nombre de députés possibles. Ça n'énerve personne. 

Aux législatives de juin, il est certain que Macron n'obtiendra pas 65% des députés. Le Pen ira chercher quelques sièges chez Filion, Macron aussi. Mais Filion demeurera fort. Melanchon ira chercher quelques sièges chez les Socialistes, Macron aussi. Ce dernier risque énormément d'être minoritaire. Filion, Le Pen et Melanchon lui feront une lutte sans merci. Ça n'énerve personne.

Sa politique sera la continuation de la politique d'Hollande, que personne n'aimait. Pourtant, ça n'énerve personne. En prime, il ira chercher des idées et des politiciens autant de Droite que de Gauche. Ça n'énerve personne. C'est vrai que les deux grands partis se ressemblent de plus en plus. Bien ça y est, ils ne feront plus qu'un parti avec toutes les difficultés que cela entraîne pour les unir. Ce qui sera très déstabilisant. Ça n'énerve personne.

Cet homme pourrait être présenté comme un risque énorme que la France prend mais ce n'est pas le cas. Il est présenté comme sérieux. Décidément, la haute bourgeoisie a toujours un tour dans son sac, pour se retourner le plus vite possible et récupérer le vote des électeurs, qui semblent cependant vouloir lui échapper pour la première fois de l'histoire de la démocratie.

Ce qui est certain, les temps changent et la pensée du XXIe siècle s'incruste davantage tous les jours dans le paysage politique et ce à l'échelle planétaire. La défaite des deux grands partis Français en fait partie. Macron continuera de propager la pensée du XXe siècle. Ce qui le mènera directement à l'échec et l'instabilité. Il ne fera donc qu'un mandat. Par contre, la pensée du XXIe siècle continuera son évolution sans Macron, à moins d'un autre revirement. Ce qui est toujours possible venant de la part de la Haute Bourgeoisie qui, elle, est capable de tout, pour conserver le pouvoir et l'argent. 

Syrie, Assad reste ou pars

 

Basharal assad1ap 696x391Dans une guerre, lorsque les tensions montent, les belligérants en sueurs grimpent péniblement, jusqu'au sommet du pic final. Plus souvent qu'autrement un sommet en cache un autre et encore un autre, toujours plus haut. Il y en a trois ou quatre comme ça. Lorsque le sommet du pic final est atteint, un des deux clans s'écroule subitement, totalement et brutalement jusqu'au ras des pâquerettes et ne pourra jamais plus remonter la pente. Au sommet du pic final, il n'y a de place que pour le vainqueur. Le perdant s'efface avec le temps à tout jamais.

Dans cette guerre, après quelques sommets qui en cachaient quelques autres, il semble que ce soit le pic final que nous soyons en train d'atteindre. Dorénavant, un des deux clans fléchira avant de s'écrouler.

Premier sommet, le 5 juin 2013 : la reprise de Qousseir par l'Armée Arabe Syrienne et le Hezbollah. Avant l'armée perdait. Depuis, sans être un ras-de-marée, elle gagne.

Deuxième sommet, août 2013 : Massacre de la Ghouta : Le rapport d'enquête de l'ONU confirme l'utilisation d'armes chimiques, "roquettes surface-surface contenant du sarin, produit neurotoxique" mais n'avance aucune responsabilité d'une partie ou de l'autre. Cependant, les Américains condamnent ouvertement le gouvernement Assad et sont à quelques minutes de le bombarder, lorsqu'un accord sort subtilement de la manche des Russes. Les Syriens se débarrassent de leur stock d'arme chimique et les Américains ne bombarderont pas. Ici, le gouvernement a chancelé, titubé mais n'est pas tombé. Mais après, il perd, gagne et reperd.

Troisième sommet : Septembre 2015, l'arrivée de l'armée russe. Assad ne cesse de gagner du terrain. Il avance constamment lentement mais sûrement.

Quatrième sommet : La libération d'Alep, le Stalingrad syrien. Depuis les forces syriennes avancent de façon constante et définitive. Ça semble irréversible.  

Avant d'atteindre le dernier sommet, il y a eu quelques montées et descentes sur le terrain. Comme le bombardement par l'aviation israélienne. La Syrie rétorque avec ses S-200, conservant ses S-300 pour un conflit majeur. S'il y a reprise, la Syrie rétorquera avec des missiles Scuds sur Israël, et Tel-Aviv détruira le système de défense syrien. Donc la Syrie se servira de ses S-300. On sent qu'on se rapproche du pic final. 

Presque simultanément, l'armée turque est bloquée au nord du pays. Le dernier pic n'est pas loin.

Puis, al Qaïda en tête, l'Armée Syrienne Libre sous ses ordres avec quelques groupes salafistes attaquent Damas, Deraa et Hamah, échec total. Donc, ces groupes ne devraient plus être capable de remonter la pente. Ils sont bloqués et dans le gouvernorat d'Idlib l'armée syrienne les attaque en bombardant leurs dépôts d'armes avant l'assaut final. Ça sent le sommet. 

Les Turcs qui ne voulaient plus d'Assad sont maintenant capables de vivre avec. Le secrétaire d'état américain déclare : « le sort du président Assad, à long terme, sera décidé par le peuple syrien ». Même la France emploie un langage similaire. Le clan Assad semble vainqueur. Le pic final et la victoire ne sont pas loin, on semble les voir à travers une faible brume. Puis, le clan Assad s'étant endormi, coup de théâtre!

Pic final ou du moins on arrive dessus : Avril 2017, bombardement syrien d'un dépôt d'armes d'al Qaïda. Selon Washington, il y a eu utilisation du gaz sarin par le gouvernement Assad. Selon ce dernier c'est dans le dépôt bombardé qu'était cachée l'arme chimique. Les deux versions se valent. 86 morts, dont 27 enfants, et plus de 160 blessés. À noter que le président Assad est un analyste hors du commun sur le Moyen Orient. Autrement dit, ce n'est pas un deux de pic. Ce serait étonnant qu'en pleine victoire, il utilise le gaz sarin.

Les Américains bombardent la base militaire aérienne d'où est parti le bombardement. 59 missiles Tomahawks sont tirés. 23 atteignent la cible. La base est abîmée mais est de nouveau opérationnelle 24 heures plus tard. Il semble qu'il y aie une possibilité que les Russes aient peut-être utilisé leur système « Krasuha-5 » capable d’agir sur les GPS des missiles ennemis. 60% des Tomahawks sont tombés en Méditerranée. L'Amérique affirme avoir détruit 20% de la flotte aérienne syrienne.

La frégate russe « Admiral Grigorovich RFS-494 » (navire furtif) rejoint le USS Ross et le USS Porter, les deux navires américains qui ont tiré les Tomahawks. Le plus gros sous-marin du monde est envoyé par Moscou près de la Norvège et du Danemark dans ce que les Russes appellent la piscine de l'OTAN. Moscou abandonne la « Hot Line » avec Washington. 

De sorte que le pentagone diminue énormément le vol de ses avions au dessus de la Syrie de peur qu'ils se fassent descendre par les Russes. D'ailleurs un avion de reconnaissance américain a dû rebrousser chemin lorsqu'il a été mis en joue par l'armée syrienne. La Belgique abandonne ses vols en Syrie.

Les États-Unis affirment fermement qu'ils rebombarderont si l'arme chimique est de nouveau utilisée. Le président Poutine prévient que des agents à la solde de l'ennemi peuvent réutiliser l'arme chimique dans le seul et unique but de faire passer la chose sur le dos du gouvernement Assad, pour qu'il subisse d'autres bombardenements. La Russie, l'Iran et le Hezbollah s'unissent pour augmenter la défense de Damas. Même que la Russie et l'Iran répondront par la force pour défendre la Syrie. Les Russes augmentent le système « Krasuha-5 » dans le but d'augmenter le pourcentage de leur succès contre les missiles américains. Il n'est pas question pour eux de couler un navire américain. 

Les Russes et les Syriens continuent toujours de bombarder les dépôts d'armes d'al Qaïda dans la région d'Idlib. 

Le G7 (États-Unis, Allemagne, Japon, Royaume-Uni, Canada, France, Italie) n’est pas parvenu à une décision visant à renforcer les sanctions contre la Russie et la Syrie. Les ministres des Affaires étrangères du G7 ont discuté du dossier syrien avec ceux de la Turquie, des Émirats arabes unis, de l'Arabie saoudite, de la Jordanie et du Qatar. Ils sont tous d'accord sur leur vielle marotte « il faut qu'Assad s'en aille ». Ils ne voient aucune place dans le futur de la Syrie pour Assad. Ils ne se préoccupent pas du fait que la Syrie deviendrait alors totalement instable comme l'Irak et la Libye. Tout ce qui compte pour eux c'est qu'Assad s'en aille. Ils ne font pas la même guerre que leurs ennemis. Ils ne vivent pas dans la même dimension. 

Rex Tillerson, secrétaire d'état américain rencontrera M. Lavrov à Moscou. M. Poutine ayant refusé de le rencontrer. Rex Tillerson : "La Russie doit choisir entre deux options. Soit avoir de bonnes relations avec les États-Unis et ses alliés. Soit continuer à soutenir l'Iran, le Hezbollah et Bachar al-Assad. En même temps, le président Trump affirme qu'il n'envahira pas la Syrie. Donc la Russie choisira Bachar, l'Iran et le Hezbollah. Vous ne trouvez pas qu'on se rapproche de la finale. 

Pendant ce temps, l'armée arabe syrienne élargit sa tête de pont à Palmyre et repart vers le Sud-Ouest, l'objectif est de reprendre les monts Suwanet Al Amra avec les mines de phosphates, rappelons qu'il y a une pénurie d'engrais en Syrie en ce moment.

Le président Pouitne est structuré et au point de vue tactique et stratégique, est souvent un cran en avance sur les autres. Exemple : le règlement de la crise de la Ghouta. Il a des forces militaires sur le terrain, c'est ce qu'il lui donne l'avantage. Les forces américaines ne peuvent absolument pas attaquer l'armée russe et les pays occidentaux ne semblent pas intéressés à s'impliquer d'avantage militairement. Aux États-Unis, l'unanimité n'est pas là. Les Américains ont besoin d'une très bonne raison pour attaquer l'armée d'Assad, genre l'arme chimique ou une perte significative de leur armée causée par l'armée syrienne. Mais compter sur eux pour trouver une raison s'il le faut.

S'il faut croire le clan occidental, il suffit que le président russe dise, «Assad s'en va» et ils n'ont plus d'argument. Il ne le dira pas. Il dira c'est au peuple syrien à décider ou comme on lui connaît, il sortira un règlement surprise de sa manche. Trump aussi peut être surprenant, son bombardement l'était. Maintenant, on sait que l'élément surprise fait parti de la guerre.

Ne pas oublier que la Russie ne peut reculer. Car ce serait son déclin qui commencerait. Les Occidentaux considèrent qu'ils n'ont jamais perdu et ils n'aiment pas perdre la face. Eux aussi s'ils perdent, c'est le déclin du monde unipolaire qui commence. 

N'oublions surtout pas que ces deux pays possèdent la première armée et la deuxième armée au monde. C'est risqué. On leur fait confiance mais avons-nous raison de leur faire confiance ? C'est bizard, mais j'ai plus confiance aux Russes. Je les perçoie beaucoup plus terre à terre. 

Alors à propos d'Assad, pourquoi ce ne serait pas le peuple syrien qui déciderait ? 

 

 

Un porte-avions américain près de la Corée du Nord

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Un groupe aéronaval avec à sa tête le porte-avions américain USS Carl Vinson a quitté les eaux territoriales de Singapour pour rejoindre la région maritime entre les deux Corée, plutôt que de faire les visites portuaires prévues en Australie.  

L'armada comprend un groupe aérien, trois lanceurs de missiles guidés, soit deux destroyers contre-torpilleurs et un croiseur. Le déploiement du USS Vinson est une réponse aux exercices de lancements de missiles nord-coréens.

Il n’est toutefois pas rare que les porte-avions des États-Unis croisent dans ce secteur et le Vinson était d’ailleurs en Corée du Sud le mois dernier pour des exercices militaires. 

La Corée du Nord a réalisé cinq tests nucléaires, dont deux en 2016, et les images satellites décortiquées par les experts du "38 North" suggèrent que le régime de Pyongyang serait en train de préparer un sixième essai.

Selon les services de renseignement américains, la Corée du Nord pourrait être à même de disposer d'un missile à tête nucléaire capable de frapper le sol américain d'ici moins de deux ans.

Sources :

45e Nord : Le porte-avion américain nucléaire USS Vinson en route vers la péninsule coréenne, 08/04/17

Le Maine : Un porte-avions américain en route vers la péninsule coréenne, 09/04/17

 

Syrie : Les lignes rouges des Titans

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Une guerre de lignes rouges, de plus en plus de lignes rouges, la dernière en vue, celle tracée par la Russie.

En effet, en réponse à l'attaque contre une base aérienne syrienne, Moscou suspend le mémorandum russo-américain sur la prévention des incidents et la garantie de la sécurité des vols en cours d'opération en Syrie. Cette communication entre les armées russe et américaine permettaient d'éviter les erreurs tragiques.

Les missiles sol-air russes n'ont pas été utilisés contre les frappes américaines; parce que la Russie agissait dans le cadre de ce mémorandum. Elle devait respecter sa signature. La sortie du mémorandum lui permettra de réagir opportunément à d'éventuelles menaces américaines. 

Si le gaz sarin n'est pas réutilisé, il ne devrait pas y avoir d'autres opérations. La ligne rouge est maintenant tracée par Washington et on peut croire que les Américains respecteront leur parole. Cependant, nous ne sommes pas certains si le gaz sarin a été bombardé par les Syriens ou s'il était dans l'entrepôt d'armes d'al Quaïda. Les deux propositions se valent.

Une ligne rouge est également tracée aujourd'hui par Moscou. En quittant le mémorandum, les Russes envoient un message clair aux Américains, advenant une nouvelle opération du genre, il est possible que la Russie rétorque.  

C'est quand même la première et la deuxième armée du monde qui se dressent des lignes rouges à ne pas franchir.

De plus en plus de lignes rouges sont tracées. Les Syriens ont tracé une ligne rouge à Israël. La prochaine fois que Tel-Aviv envoie des chasseurs en Syrie, pour chaque chasseur Damas enverra un Scud sur Israël, sur une base militaire si Israël a tué des soldats, sur le port d'Haïfa, si les Israéliens ont tué des civiles syriens. Les missiles Arrow israéliens devrait intercepter la majorité des Scuds mais un ou deux qui passent, c'est suffisant comme effet dissuasif ou pour rentrer en guerre totale ou partielle. 

La Turquie s'est fait sortir de la guerre puisqu'il lui était impossible de progresser, faisant face aux armées syrienne, russe, kurde et américaine. C'était la deuxième armée de l'OTAN qui faisait face à la première et la deuxième armée du monde.

Il est possible qu'un jour, une armée franchisse la ligne rouge. Soit, ça s'arrête là, soit elle rentre en guerre partielle ou totale.

 

 

 

Avertissement américain

 

La frappe américaine ne change rien aux forces en présence impliquées sur le terrain. C'est une intervention qui a abîmé une vingtaine d'avions tout au plus. Les Américains avaient prévenu à l'avance les Russes. 4 morts du côté de l'armée syrienne. Cette frappe visait beaucoup plus à impressionner la galerie occidentale qu'à changer les forces en présence sur le terrain. C'est un avertissement point à la ligne. Les Russes répondent en bombardant Idlib et en convoquant le Conseil de sécurité de l'ONU. Il renforce la défense syrienne.

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Les États-Unis frappent

 

Ko62qdkw59 missiles Tomahawk (569.000$ l'unité) contre la base aérienne de Shayrat en réponse à une attaque chimique présumée que Donald Trump a qualifiée de honte pour l'humanité. La base aérienne de Shayrat serait directement liée aux événements horribles de mardi, selon les Américains. 

La Russie convoquera une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, selon un sénateur russe.

L'ancienne secrétaire d'État démocrate Hillary Clinton, qui avait milité pour une approche plus musclée de l'administration de Barack Obama contre le gouvernement de Damas, s'est dite favorable à des frappes pour détruire les bases aériennes syriennes.

Via la ligne de communication spéciale établie entre militaires américains et russes, les Américains ont informé la Russie avant la frappeIl y a eu plusieurs conversations aujourd'hui sur cette ligne spéciale.

Le 4 avril, un raid chimique imputé, selon l'Occident, à l'armée syrienne contre la localité de Khan Cheikhoun a fait au moins 86 morts, dont 27 enfants. Les États-Unis ont accusé le gouvernement syrien d'avoir utilisé le gaz sarin. La chancelière allemande Angela Merkel a, elle aussi, montré du doigt le gouvernement d'Assad.

À l'issue d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU qui débattait depuis deux jours d'une résolution de condamnation de l'attaque, l'ambassadeur russe avait mis en garde contre des «conséquences négatives» en cas d'intervention militaire américaine. 

En Turquie, où de nombreux blessés ont été évacués, les premières analyses effectuées à partir des éléments prélevés sur les patients laissent penser qu'ils ont été exposés à un agent chimique. Médecins Sans Frontières a évoqué l'utilisation du gaz sarin.

Mais le chef de la diplomatie syrienne a réaffirmé que l'armée de son pays n'a pas utilisé et n'utilisera jamais d'armes chimiques contre son peuple, pas même contre des terroristes. D'après lui, l'aviation a frappé un entrepôt de munitions appartenant à des djihadistes et contenant des substances chimiques. Une explication déjà avancée par l'armée russe mais jugée fantaisiste par les experts militaires américains.

Les États-Unis disposent dans la région des navires de la VIe flotte basée à Naples. Les destroyers USS Porter et USS Ross sont tous deux équipés de missiles Tomohawk. Le navire de transport amphibie USS Mesa Verde se trouve également en Méditerranée. Les navires de la Ve flotte sont basés à Bahreïn dans le Golfe. Le porte-avions George H. W. Bush se trouve actuellement dans le Golfe, en mission d'appui aux opérations contre l'EI.

Les États-Unis utilisent plusieurs bases aériennes au Moyen-Orient, dont la plus proche de la Syrie est celle d'Incirlik, dans le sud de la Turquie. Ils utilisent également une base en Jordanie, et disposent de bases aériennes importantes au Koweït, au Qatar et dans les Émirats arabes unis.

Les États-Unis ont déployé dans la région des avions de combat F-15, F-16, F-22, avions ravitailleurs KC-135, avions radars Awacs et bombardiers  B-52. L'avion furtif F-22 Raptor a connu son baptême du feu en Syrie en septembre 2014. Extrêmement difficile à détecter, cet avion au prix unitaire astronomique de 360 millions de dollars est capable de voler à une vitesse dépassant Mach 2 et de larguer ses bombes guidées par laser à 25 kilomètres de sa cible.

Les drones Reaper et Predator sillonnent le ciel d'Irak et de Syrie, surveillant la situation au sol, ou menant des attaques avec des missiles Hellfire. Sur le terrain en Syrie, les États-Unis ont déployé dans le nord-est du pays près de 900 hommes des forces spéciales. Des canons des Marines aident l'alliance arabo-kurde à mener l'offensive sur Raqqa, la capitale de l'EI en Syrie. Ils ont aménagé une piste d'atterrissage à Kobane, près de la frontière turque, pour pouvoir accueillir des avions-cargo militaires C-17, capables d'emmener sur place des véhicules blindés.

En Irak, les Américains ont déployé plus de 5.000 militaires. Des canons américains et des hélicoptères d'attaque Apache sont aussi employés pour soutenir les troupes irakiennes. En tout, Washington peut compter sur au moins 35.000 militaires dans la région.

La télévision syrienne qualifie l'attaque d'agression. Assad aurait affirmé que si les Américains font un autre bombardement qu'il viserait Israël avec des missiles Scud. La Bolivie demande la réunion du Conseil de Sécurité de l'ONU sur les frappes américaines en Syrie.

La Russie convoquera une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, selon un sénateur russe.

Sources :

La Presse : Les États-Unis frappent une base aérienne en Syrie, 07/04/17

TVA Nouvelles : Les militaires américains disposent de puissants moyens autour de la Syrie, 07/04/17

RT : Les Etats-Unis frappent une base aérienne en Syrie, 07/04/17

Attaque chimique ou accident chimique

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Le mainstream des médias occidentaux : « Attaque chimique de l'aviation militaire syrienne sur les rebelles du gouvernorat d'Idlib. » Résultat : 86 morts, 160 blessés.

Donald Trump la qualifie «d'affront contre l'humanité», estimant par ailleurs que son « attitude vis à vis de Bachar el-Assad avait changé ». L'ambassadeur des États-Unis déclare, « que si aucune mesure de rétorsion n'était prise contre la Syrie, suite à l'attaque chimique présumée du 4 avril, ils (les Américains) devraient agir par eux-mêmes. » Les États-Unis déclarent donc ne pas exclure une riposte militaire. 

Le président français dénonce un crime de guerre. Le ministre des Affaires étrangères français exclue un éventuel engagement dans ce conflit. 

À l'ONU, le vote d'une éventuelle résolution de condamnation, qui devait avoir lieu mercredi, a été reporté, le temps pour les Occidentaux de négocier avec la Russie qui réclame une enquête rapide et objective. 

Le porte-parole du ministère de la Défense russe déclare : « Selon des données objectives du contrôle russe de l'espace aérien, l'aviation syrienne a frappé un entrepôt terroriste contenant des substances toxiques, provoquant les émanations chimiques près de la ville de Khan Cheikhoun, dans la province d'Idlib. » 

Le secrétaire d'état américain et l'ambassadrice des États-Unis à l'ONU venaient de dire, il y a à peine quelques jours : « Le sort du président Assad, à long terme, sera décidé par le peuple syrien ». Exactement ce que les Russes et les Syriens veulent entendre et Assad leur répondrait par une attaque chimique. Ça ne correspond pas à sa personnalité. Il est plus intelligent que ça.

​Le président américain déclare : « quelque chose doit être fait. Ce que Bachar el Assad a fait est terrible. » Il a de son côté, estimé que Bachar el-Assad n'avait plus aucun rôle à jouer à l'avenir en Syrie. 

Le Pentagone et la Maison blanche analysent les différentes hypothèses militaires s'offrant à Washington pour une éventuelle intervention armée en Syrie. La Russie sous entend clairement en des termes à peine voilés que si elle est attaquée ou que si l'armée syrienne est attaquée, elle ne restera pas les bras croisés.

La tension a donc montée d'un cran. Washington doit trouver une réplique acceptable par les Russes et les Syriens. Ça ne peut être militaire donc peut-être une réplique économique ou politique. De toute façon, l'opinion publique occidentale n'a pas de mémoire. Le temps peut donc arranger les choses. 

La ville d'Halfaya, dernier bastion des terroristes dans le gouvernorat d'Hama pas trop loin du lieu de l'explosion chimique, a été libérée par l'armée syrienne une heure auparavant. Je suis plus porter à croire qu'un entrepôt d'arme d'al Qaïda a été bombardé et que dans cet entrepôt, il y avait des armes chimiques, qu'al Qaîda a d'ailleurs déjà employé dans le passé, ou alors qu'un accident est arrivé chez les djihadistes.

Mhardeh, dernier rempart de la résistance syrienne aux portes de Hama est harcelé de tirs de snipers, de roquettes, de mortiers et de missiles venant d'al Qaïda et ce depuis 2012. Ces dernières semaines ils ont subi un encerclement total. Pas un mot, pas une ligne sur le sort qu'endure la population de cette ville. 

Assad gagne la guerre depuis l'intervention militaire russe, et surtout depuis la libération d'Alep-Est. Il n'a pas besoin d'employer l'arme chimique. Les djihadistes ou ce que le mainstream des médias occidentaux appellent les rebelles, évacuent en ce moment 5 villes. Le gouvernement syrien a repris Alep-Est, Palmyre et la presque totalité du gouvernorat d'Hamah et ce dans les derniers mois.

Depuis la conquête d'Alep-Est par les autorités, Al Qaïda a attaqué les réserves d'eau de Damas. Ils ont effectué un quadruple attentat à Damas. Ils ont tenté une offensive sur Hamah, Damas et Derea. Le tout a échoué lamentablement et c'était prévisible. Israël a attaqué l'armée syrienne sous couvert qu'il attaquait un convoi d'armes sophistiquées du Hezbollah. C'est trop périlleux pour Tel-Aviv de continuer les attaques. Quoi qu'on sait jamais. La nouvelle stratégie des ennemis d'Assad est de faire passer un accident chimique pour une  attaque à l'arme chimique par l'armée syrienne.

Véhiculer une telle désinformation fonctionne pour conserver l'opinion publique occidentale en faveur des gouvernements occidentaux. Le citoyen occidental, tout comme tout citoyen du monde, déteste semblables attaques inhumaines contre les civiles et n'est pas trop au courant de l'évolution de la guerre syrienne. Le mainstream ne l'informe pas beaucoup sur ce sujet. Le citoyen occidental n'a pas beaucoup de mémoires non plus. Rappelons-nous Alep où le mainstrean répétait constamment  : « Les Russes bombardent les civils..., les Russes bombardent les civils...etc...» C'est efficace dans le sens que quelqu'un qui prend position ouvertement pour Assad ne peut plus s'exprimer à ce moment-là, la pression sociale devient trop forte. Mais, le tout revient à la normale peu après car le citoyen occidental n'a pas de mémoire...  

Le pire c'est que l'opposition pense encore pouvoir gagner la guerre sur le terrain. Mais c'est impossible, les Russes sont là. Mais ils pensent quand même qu'ils peuvent encore gagner. Espérons que personne n'ira jusqu'à assassiner Assad car ce sera un chaos pire que celui qu'a connu la Syrie. Et là, je crois que toute la planète s'apercevrait qu'en ce moment, Assad qui n'est pas parfait, n'est pas remplaçable. Il représente la stabilité face à al Qaïda et l'État islamique.

Il n'existe aujourd'hui que des vestiges de l'Armé Syrienne Libre, vestiges qui s'allient à al Qaïda. Faut le faire. Trump lui est impulsif. Il réagit avec une pulsion émotionnelle qui est probablement sincère et il n'a qu'une connaissance superficielle de la région. Il n'a pas une doctrine très développée du genre on ne détruit pas la structure d'un état ou on vit dans un monde multi-polaire. Poutine, lui a ce genre de doctrine. 

Je ne pense pas que ce supposé scandale aura une influence majeure sur le résultat de la guerre. Même si j'ai un immense respect pour les victimes. Les Russes étant impliqués directement dans le conflit, les Américains ne peuvent pas rentrer en guerre contre eux. Les Russes sont là légalement à la demande du gouvernement Assad. Les Américains sont là mais illégalement. 

La majorité des Occidentaux, étant mal informée sur la guerre syrienne ne perçoivent pas que le choix est entre Assad d'un côté et al Qaïda avec l'État islamique de l'autre. 

Sources : 

Le Figaro : Attaque chimique en Syrie : bras de fer entre Moscou et les Occidentaux à l'ONU, 06/04/17

Le Parisien :Syrie : «Trump n'a aucune raison de s'engager dans une nouvelle guerre», 06/04/17

RT : Syrie : Donald Trump estime que «quelque chose doit être fait» et étudierait les options militaires, 06/04/17

Syrie : Assad nettement gagnant

Carte de syrie

États-Unis

Le secrétaire d'état américain Rex Tillerson déclare : « le sort du président Assad, à long terme, sera décidé par le peuple syrien ». L'ambassadrice américaine à l'ONU le confirme. Bachar el-Assad a déjà fait savoir qu'il était prêt à coopérer avec Donald Trump. Le ministre français des Affaires étrangères a lui aussi affirmé que le départ d'Assad n'était plus une priorité. Ces déclarations font suite à celle de la Turquie, qui a cessé elle aussi de réclamer le départ d'Assad. Naturellement, tout cela a été accueilli comme une victoire dans les couloirs du pouvoir syrien. En effet, cela confirme ce que nous savions déjà, à savoir que Poutine est devenu le metteur en scène de la solution à la guerre syrienne. Washington affirme même envisager une coopération avec Moscou tout en affichant sa volonté de contenir Téhéran, alors que la Russie et l’Iran sont étroitement liés en Syrie.

À noter que les Occidentaux ont toujours veillé à ce que les armes fournies aux insurgés, ne leur confèrent pas d’avantage décisif. Ils ont notamment empêché la livraison de missiles sol-air susceptibles d’entraver les bombardements aériens de l'armée syrienne et de l’armée russe. C'était la ligne à ne pas franchir pour s'assurer la paix mondiale.

 

Pourpalers de paix à Genève

Le recentrage de la diplomatie américaine vient percuter de plein fouet les laborieux pourparlers de paix à Genève. Le fait que l’envoyé spécial américain soit arrivé une semaine après le début du cycle de négociations, témoigne de la désaffection croissante des États-Unis à l’égard de ce processus censé définir la paix de l’après-guerre syrienne. 

« L’opposition n’acceptera jamais que Bachar Al-Assad ait un rôle, à aucun moment (…). Notre position ne va pas changer », a réagi Monzer Makhous, l’un des porte-parole du Haut Comité des négociations qui rassemble plusieurs formations anti-Assad à Genève. La cinquième série de pourparlers sur la fin du conflit a pris fin vendredi à Genève, sans aucun progrès significatif. 

L'opposition syrienne accuse Bachar al Assad de refuser de débattre de la transition politique. Cette opposition ne veut plus d'Assad. D'ailleurs, probablement que ce dernier emporterait haut la main une élection entièrement démocratique puisqu'il est l'homme politique le plus connu en Syrie et qu'il est le seul à pouvoir apporter la stabilité dans le pays, ce que toute population cherche à obtenir.  

 

Hamah

Des groupes rebelles menés par Tahrir al-Cham alliance dominée par Fateh al-Cham, branche syrienne d’Al-Qaïda, avaient lancé une offensive surprise le 21 mars et avaient pris plusieurs villages tout en progressant vers la capitale provinciale Hama.

Le général iranien Qasem Soleimani et le général syrien Souheil Al-Hassan, plus connu sous le nom du « Tigre », planifient l'assaut final. Soleimani est un vétéran de la guerre Iran-Irak et un officier supérieur de l'Armée des Gardiens de la révolution islamique. C'est lui qui aurait orchestré avec le Tigre, la reprise d'Alep-Est.

Le gouvernement a donc dépêché d’importants renforts qui, jumelés à de multiples frappes aériennes russes, ont permis de renverser la situation. Après une semaine d’affrontements mortels, la ligne de défense des djihadistes s’est écroulée. L'armée syrienne a reconquis 75% du territoire et encercle présentement Maardes

La province de Hamah à majorité sunnite, est un fief rebelle stratégique depuis le début de l’insurrection syrienne en 2011. En 1982, le père de Bachar, Hafez Al-Assad y avait mâté une rébellion des Frères musulmans, 40.000 morts à l'époque. 

Contrôler la province de Hamah revêt une importance capitale pour le gouvernement car ça lui permet d’isoler la province voisine d’Idlib contrôlée par al Qaïda.

 

Homs

Le quartier Al Waer de Homs, connue comme l'épicentre du soulèvement en 2011, était sous un siège gouvernemental depuis 2013. C'est le dernier quartier rebelle de la ville. Des centaines de djihadistes et leurs familles l'évacuent et montent à bord d'autobus pour rejoindre Idlib. Il reste entre 10.000 et 15.000 personnes à évacuer. il faudra entre six à huit semaines pour terminer la besogne qui sera la plus grande évacuation de toute la guerre, soit environ 40.000 civils et plus de 2.500 combattants

Des milliers de personnes doivent être évacuées dans les prochains jours de quatre localités assiégées. Et ce, en vertu d’un accord entre gouvernement et rebelles. L’accord a été parrainé par l’Iran et le Qatar. Le Qatar, c'est lui qui finance Fateh al-Cham, branche syrienne d’Al-Qaïda. C'est lui qui exigea d'al Nosra un changement de nom, moyennant financement. 

 

Deir ez-Zor

L'aviation russe achemine constamment des tonnes d'aide alimentaire à l'armée syrienne qui attaque l'État islamique à al-Makaber banlieue sud-ouest de la ville. La situation y restera très difficile pour les troupes syriennes car selon le ministère russe de la Défense, au moins 800 djihadistes armés ont fui Mossoul, vers la frontière syrienne en direction de Deir ez-Zor. 

 

Takpa

Des combats acharnés font rage, d'un côté les Kurdes, appuyés par l'aviation américaine contre l'État islamique. Les Kurdes ont capturé l'aéroport mais sont incapables d'entrer dans la ville. 

La salle de contrôle du plus grand barrage de Syrie a été détruite par une frappe américaine. Les Kurdes sont arrivés tout près du barrage. Les Forces démocratiques syriennes (à majorité kurde), soutenues par l'armée américaine, ont suspendu pendant quatre heures leurs opérations contre le barrage pour permettre à des ingénieurs d'effectuer une mission d'inspection. Le barrage n'aurait subi aucun dégât structurel. Les FDS avanceront de manière à garantir la sécurité du barrage.

 

Rakka 

Les FDS, principalement composées de milices kurdes, continuent d'avancer vers Rakka. L'offensive finale pourrait être lancée à la mi-avril et devrait durer des mois. Les FDS, appuyées par l'aviation et les forces spéciales des États-Unis, progressent depuis novembre en provenance du nord, de l'est et de l'ouest sur la ville qu'elles ont graduellement isolée. 

 

Turquie

Depuis la tentative du coup d'état militaire de l'année dernière, Erdogan semble plus près de Moscou que de Washington. Ankara vient d'annoncer la fin de son opération militaire dans le nord de la Syrie (opération Bouclier de l'Euphrate), qui avait été lancée en août 2016. Dans le cadre de cette opération, plusieurs villes ont été prises, dont Jarablos, Al-Rai, Dabiq et Al-Bab. L'armée turque maintient pour l'instant ses acquis en Syrie mais elle ne peut continuer à avancer, même si elle est la 2e armée de l'OTAN, elle est bloquée par l'armée syrienne, une centaine de soldats russes des forces spéciales d'intervention, 500 soldats américains également des forces spéciales d'intervention, sans compter les Kurdes qui comme on le sait ne donnent pas leur place au combat. N'oublions pas non plus les aviations russe et américaine qui savent très bien être dissuasives.

 

Israël

Pour Israël la ligne rouge c’est la mise en place d’une présence iranienne permanente en Syrie, pour la Russie c’est l’élimination d’une présence iranienne permanente en Syrie. Quelqu’un devra donc faire des concessions. L'Iran serait en train de construire un port en Syrie et également des usines d'armement. De toute évidence, l'Iran ne se retirera pas.

Israël joue à la roulette russe en menaçant d'attaquer Bachar el-Assad. Il ne peut pas se permettre de faire enrager la Russie et de devenir son ennemi. C'est comme si Israël, la Syrie et la Russie se testaient, qui recule quand la pression se fait plus forte. La Russie n'a pas officiellement déclaré qu'elle soutiendrait Bachar el-Assad s'il commençait à faire feu sur des avions israéliens. 

Israël se réserve le droit de réagir au nom de la «défense» de sa souveraineté. Pour l'instant, Israël a reçu un avertissement clair de la part de la Russie et d'Assad au sujet des frappes aériennes. Tel-Aviv va sûrement en tenir compte.

 

Iran

La visite officielle de Rouhani en Russie a donné l’occasion aux deux chefs d’état de se présenter en alliés en signant plusieurs accords commerciaux. Le président russe et son homologue iranien ont affiché leur entente au sujet du règlement de la crise Syrienne. Cependant, les deux pays ont des divergences sur le rôle de la Turquie. Moscou considère que la victoire en Syrie passe par un compromis avec Ankara alors que Téhéran refuse cette approche.

Donc, Assad restera au pouvoir à moins d'un imprévu. Généralement, une guerre qui veut renverser un gouvernement ne doit pas durer trop longtemps pour réussir. Ce fut le cas en Irak et en Afghanistan par contre, les guerres du Vietnam et de Corée ont durées longtemps et les gouvernements sont restés en place, tout comme en Syrie.

 

Sources : 

45e Nord.ca : Le régime regagne du terrain dans le centre, 01/04/17

Euronews : L'armée syrienne aurait repris le contrôle à Hama, 01/04/17

AMN: Islamist rebels days from capitulation in Damascus amid new Syrian Army gains, 01/04/17

Le Figaro : Syrie : Washington et Paris n'exigent plus le départ de Bachar El-Assad, 01/04/17

Mamafrika.TV : Hama: l’effondrement des forces terroristes se poursuit dans la province, 01/04/17

Aljazeera :Evacuations from Homs' Al Waer district resume, 01/04/17

Sputnik : Syrie: les habitants d'Alep et de Deraa reçoivent 12 t d'aide humanitaire russe en 24h, 01/04/17

B92 : La bataille pour le cœur deS djihadistes peut être le début d'une nouvelle guerre, 01/04/17

Boursorama : Résumé de l'actualité, 01/04/17

DatViet : Deir Ezzor est étanche, la Russie réalimente l,'Armée Arabe Syrienne, 01/04/107

TRT : Armée turque: "L'opération Bouclier de l'Euphrate s'est achevée avec succès", 01/04/17

L'Économiste : Ankara met fin à l’opération «Bouclier de l’Euphrate», 01/04/17

l'Oriant le Jour : L’armée turque va maintenir sa présence militaire en Syrie, 01/04/17

Le Monde : pourquoi les Etats-Unis acceptent le maintien au pouvoir de Bachar Al-Assad, 31/03/17

RT : La ligne rouge de Poutine en Syrie n’est pas une invitation pour Israël à jouer à la roulette russe, 30/03/17

Athina : batailles féroces Kurdes - l'Etat islamique en Takmpa, 28/03/17

Boursorama : Le barrage de Takba en Syrie, enjeu stratégique et de propagande, 27/03/17

La Syrie dans le chaos

Carte de syrie

Les combats entre les forces gouvernementales et les insurgés font rage de plus bel. En réponse aux offensives simultanées d'al-Quaïda et ses alliés dont l'Armée Syrienne Libre, les tirs aériens Russes se concentrent sur les provinces d’Idlib, de Hama et la banlieue-Est de Damas.

Hama

Combats très intenses dans la province de Hama, où des insurgés dirigés par Al-Qaïda ont conquis temporairement quelques dizaines de villages. Un conglomérat constitué de djihadistes, d’islamistes et de ce qui reste de l’Armée Syrienne Libre ont lancé une offensive dans l’arrière-pays. Haya’t Tahrir al Sham (al Qaïda) détient un rôle actif dans cet assaut. Il a lancé plusieurs attentats-suicide en guise de bombardements au début de l'opération. Les forces aériennes russes et syriennes ont aussitôt rétorqué en les pilonnant, pendant que l’armée syrienne contre-attaquait en les repoussant. Les villes de Kawkab et de Qamhana près de Hama ont été libérées par le gouvernement. Une milice chiite irakienne s'est jointe aux forces syriennes pour y mener la bataille, le Harakat Hezbollah al NujabaLes Forces du Tigre de l'armée syrienne se déplacent aussi vers le Nord d’Hama. 

Homs

L'opération d'évacuation a repris ce lundi à Homs, plusieurs centaines de rebelles quittant leur dernier bastion, ont rapporté les médias officiels et l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Les violents combats de la fin de semaine dans la province de Hama ont retardé le départ des insurgés du quartier d'Al Waer. Les opérations d'évacuation ont débuté la semaine dernière, le régime syrien acheminant par autocars quelques dix mille à 15.000 rebelles et civils vers des zones de campagne de la région d'Idleb. 1.600 personnes quittent la ville ce lundi. Selon l'OSDH, 40.000 civils et plus de 2.500 rebelles se trouvaient dans le quartier d'Al Waer.

Idleb

Le grand mouvement de l’armée syrienne vers le gouvernorat d’Idleb pour le libérer des terroristes d'al Quaïda est toujours en préparation mais aucune date n’a été fixée jusqu'à ce jour, pour son lancement. 

Damas

Cela fait suite à une autre bataille distincte qui s’est déroulée à l’Est de Damas, dans les quartiers de Jobar et Abbasin où le Harakat Hezbollah al Nujaba s’est aussi déployéLe Harakat al Nujaba formé en 2013, opère en tant que « Corps des Gardiens de la Révolution Iranienne. » Au début du mois, cette milice aurait annoncé la formation de la « Brigade de Libération du Golan », d'où l'énervement d'Israël qui a tué par drone un de ses leaders locaux, un Druze syrien. Par la suite, un autre drone israélien a été abattu par l'armée syrienne en territoire syrien. 

Le Harakat Hezbollah al-Nujaba est une milice irakienne qui défend les lieux saints chiites de la Mosquée Sayyida Zaynab à Damas. Ces forces ont été cruciales pour empêcher la chute du régime syrien et elles ont contribué à des victoires significatives, telles que la libération d’Alep l’année dernière. Tout compte fait, l’attaque contre Damas est maintenant terminée et les djihadistes n’y ont rien conquis tandis que la contre-offensive syrienne est sans équivoque.

Deraa

Ces mêmes djihadistes ont attaqué simultanément la périphérie de la ville de Deraa, au Sud du pays. L'attaque n’a rien donné, ne réussissant pas à percer la défense syrienne.

Raqqa

Les Forces démocratiques syriennes à majorité kurdes progressent lentement mais sûrement vers Raqqa, capitale de l'État islamique en Syrie. Mine de rien, elles sont présentement à 45 km de leur but. En effet, elles sont arrivées à Tabqa, en compagnie de conseillers militaires américains. 

Tabqa

Des rumeurs, font le tour des réseaux sociaux syriens, faisant état d'un effondrement du barrage de l'Euphrate, suite à des bombardements des forces de la coalition US. Le barrage de Tabqa (ou de Thawra), le plus grand de Syrie, s'est en effet partiellement effondré dimanche en raison des combats opposant les terroristes de Daech aux Forces démocratiques syriennes près de Raqqa, a annoncé la chaîne de télévision libanaise Al-Mayadeen. 

Alep

L’armée syrienne assiège la ville de Deir Hafer, dernier fief de l'EI dans la province d’Alep. Elle y contrôle la route Deir Hafer-Raqqa ce qui consolide le blocus et coupe le ravitaillement de l'EI. Elle continue sa progression vers le Sud et reprend ainsi du terrain à l’État islamique. Elle compte continuer son avancée vers Raqqa et Deir Ezzor. Les Kurdes occupent la route près de Raqqa vers Alep, tandis que l'armée syrienne occupe la même route près d'Alep vers Raqqa. L'offensive kurde pourrait aussi potentiellement inciter les commandants de l'EI à se retirer du gouvernorat d'Alep pour renforcer la défense de Raqqa.

Palmyre et Deir EzZor

Après d'âpres combats entre l’armée syrienne et l'État islamique autour de Palmyre et de Deir Ezzor, s'en suit de légères avancées des forces gouvernementales. Par ailleurs, la Force aérienne syrienne effectue des frappes massives contre les positions des terroristes. 

Turquie

La Turquie est dans une pure impasse. Le rêve d’Erdogan d’avancer sur Raqqa, ou vers Deir Ezzor ou même sur la ville d’Alep est contrecarré par un accord russo-américain. Les forces turques sont coincées au Nord-Est de la ville d’Alep à al-Bab et n’ont aucun moyen d’avancer que ce soit vers le Sud, l’Est ou l’Ouest et ce malgré l'arrivée de renfort et quelques bombardements de son artillerie sur les Kurdes de Manbij, où 500 Américains des forces spéciales d'intervention sont arrivés. À l’Est de la ville d’Alep, l’armée syrienne bloque toute avancée des forces turques, même si la Turquie a diminué le débit du fleuve Euphrate en guise de représailles.

Une centaine de soldats russes, faisant partis de forces spéciales d'intervention ont pénétré dans l'enclave kurde d'Afrine pour y assurer la sécurité face à l'armée turque et aux Turkmènes. L'armée syrienne contrôle elle-même certains villages entre Kurdes et Turcs. Les chars d'assaut turcs comme on peut le constater sont en fait sur le cran d'arrêt.

Israël

Israël a fait quelques éclats en intervenant pour la 12e fois depuis le début de la guerre, il y a six ans. Elle affirme viser des convois d'armement sophistiqué destiné au Hezbollah libanais. Cette fois-ci, ses avions ont bombardé probablement l'armée syrienne près de Palmyre. Israël a été mis en garde par un lancement de missiles anti-aériens syriens S-200. La Russie a interpellé son ambassadeur. Par la suite, Moscou a bombardé l'État islamique dans la région de Palmyre et ce par des missiles lancés à partir de ses propres navires de guerre mouillant en mer noire, question de rappeler à Israël et aux Américains la puissance de feu qu'elle possède. Jusqu'ici, la Russie ne fait que des remontrances verbales à Israël.

On sent qu'Israël ne touchera pas à l'armée russe mais que cette dernière la laisse bombarder occasionnellement l'armée syrienne et le Hezbollah. Comme l'a si bien dit Assad : « Les interventions d'Israël en Syrie ne sont que cosmétiques. Elles n'influencent pas réellement le cours de la guerre. » Damas a quand même informé Tel-Aviv, prenant Moscou comme interlocuteur, qu'à l'avenir pour chaque raid israélien sur la Syrie, et pour chaque avion israélien frappant la Syrie, sera envoyé un missile scud sur des bases militaires israéliennes. Si Israël bombarde des civils en Syrie, la Syrie bombardera le port de Haïfa. Le président Assad affirme que la patience de la Syrie a maintenant atteint ses limites. 

États-Unis

La position de Trump sur la Syrie semble encore incertaine. Des rumeurs veulent que l'armée américaine bombarderait éventuellement l'armée syrienne. Pour ma part, ça me semble quelque peu incongru. Ce serait un très mauvais choix, puisque les Russes se sentiraient dans l'obligation d'intervenir, au début probablement verbalement puis pour une deuxième offense américaine, ils feraient sûrement une simple démonstration de force, puis si les Américains persistent, alors l'armée russe serait obligée de rétorquer physiquement. Il en va de soit. Les Russes ne peuvent reculer, si non c'est la fin de la montée de leur hégémonie. Alors que si les Américains n'attaquent pas l'armée syrienne, ce ne serait en aucun cas la fin de l'égémonie américaine.

Ce qui est certain, c'est que les Américains aident les Kurdes (FDS) à conquérir Raqqa des mains de l'EI.

Russie

Depuis le début de l'intervention russe en Syrie, soit septembre 2015, 27 militaires russes y ont perdu la vie. Le déploiement russe compte des avions de chasse, des bombardiers et des batteries antiaériennes ultra-sophistiquées (S-300 et S-400). La Russie a agrandit sa base navale militaire de Tartous. Elle a également construit une base aérienne à Hmeimim, au Sud-Est de Lattaquié. Au total, près de 5.000 Russes sont actuellement en Syrie. Leur mission : assurer la maintenance de l'artillerie et de l'aviation militaire russe. La présence russe en Syrie demeure un enjeu capital pour Moscou qui compte dorénavant peser sur la géopolitique internationale. 

Conclusion

L'ultime gagnant de cette guerre à outrance devrait donc être le gouvernement syrien, la Russie, l'Iran, sans oublier le Hezbollah libanais qui s'en sort avec une expertise de guerre hors du commun et un stockage d'armes sophistiquées qui lui seront très utiles pour commander le respect d'Israël face à lui.

 

Sources :

Le Grand Soir : Syrie – Le mouvement des États-Unis sur Tabqa pourrait compliquer la situation politique, 26/03/17

France Info : Syrie : la bataille de Raqqa se prépare, 26/03/17

Le Portail Juif Francophone : La milice irako-iranienne al-Nujaba à la rescousse d’Assad, 26/03/17

Mehr News Agency : Syrian army establishes control on Kawkab town in Hama, 26/03/17

AMN : Syrian Army joins race to Raqqa, three ISIS-held villages liberated in eastern Aleppo, 26/03/17

Métro : Violents combats en Syrie, 25/03/17

Sputnik : L'armée syrienne déloge les terroristes dans la province de Hama, 25/03/17

Le Point : Comment la Russie renforce sa mainmise sur la Syrie, 24/03/17

Métro :  L'armée syrienne assiège le dernier fief de Daech, 23/03/17

Accrochage militaire très sérieux entre Israël et la Syrie

 

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SA-5 S-200

L'accrochage militaire survenu entre Israël et la Syrie est le plus sérieux survenu depuis le début de la guerre syrienne. En effet, cinq avions israéliens ont bombardé près de Palmyre, selon Israël un convoi d'armes sophistiquées transitant par la Syrie et destinées au Hezbollah libanais, selon la Syrie une position militaire syrienne. Pour la première fois, la Syrie a rétorqué en lançant des missiles anti-aérien "SA-5 S-200" à la poursuite des attaquants.

https://youtu.be/IFpDMz7plTMhttps://youtu.be/IFpDMz7plTM 

Tel-Aviv a dû utiliser pour la première fois un missile Arrow 3 pour défendre sa flotte aérienne. Chaque missile Arrow 3 est estimé à une valeur de 2,2 millions $.

https://youtu.be/8UBYvc1KQfo     

L'alarme a alors retentit en Israël dans la vallée du Jourdain et on a entendu deux explosions jusqu'à Jérusalem. La Syrie a annoncé avoir abattu un avion et en avoir abîmer un autre. Israël affirme qu'aucun avion n'a été touché. Des débris de missiles sont retombés à Irbid, dans le nord de la Jordanie, a indiqué l'armée jordanienne.  Nous n'avons cependant  aucune image de l'affrontement ou des dommages causés par celui-ci, sauf cette photo qui a circulé sur les réseaux sociaux de Jordanie. Il s'agit d'un fragment important d'un SA-5.

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Arrow 3

M. Nétanyahou venait de rencontrer M. Poutine en Russie, il y a à peine quelques jours. On ne sait pas ce que se sont dit exactement ces deux messieurs en privé. Ce qu'on sait, c'est que M. Nétanyahou a indiqué à M. Poutine qu'il ne voyait pas d'un très bon oeil la présence du Hezbollah et des forces iraniennes en Syrie et qu'il ne voulait pas que des armes russes vendus à la Syrie se retrouvent dans les mains du Hezbollah. « Nous avons surtout discuté des questions relatives aux efforts menés par l'Iran pour s'établir militairement en Syrie, y compris en construisant un port iranien en Syrie. » a-t-il dit au président russe. « Nous avons aussi évoqué les efforts continus menés par l'Iran pour transférer du matériel de guerre, parmi lequel le plus sophistiqué, au Hezbollah via la Syrie».

Donc, suite à ce bombardement, l'ambassadeur d'Israël à Moscou a été convoqué par les autorités russes. Israël affirme qu'elle visait des armes destinées au Hezbollah libanais et qu'elle recommencera aussitôt qu'il le faudra. La Syrie a répondu quand de tel cas, elle réutiliserait encore une fois sa défense anti-aérienne. Israël de rétorquer qu'elle détruirait alors la défense anti-aérienne syrienne. Si Israël tient à reproduire ses raids aériens contre la Syrie, il n'est pas du tout impossible que la Russie entre directement en conflit avec le régime israélien rétorque à nouveau la Syrie.

La riposte de la DCA de l'armée syrienne aux frappes de vendredi d'Israël, a peut-être changé les règles du jeu. Notons que la Syrie ne semble pas avoir utilisé sa principale arme anti-aérienne. Il semble qu'elle disposerait de missiles anti-aériens S-300, beaucoup plus performant que le SA-5. La Syrie ne les utilisera qu'en cas de conflit majeur. Pour l'instant, elle se contente d'obliger Israël à tirer un missile Arrow 3 dont chacun vaut 2,2 millions $.  

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S 300

On pourrait conclure qu'Israël s'en ai pris à un convoi de l'armée syrienne puisque c'est la Syrie qui a rétorquée et non le Hezbollah. Israël avait déjà attaqué le Hezbollah en Syrie et celui-ci avait rétorqué quelques jours plus tard. 

Tel-Aviv ne veut pas être aspiré par la guerre syrienne mais y intervient à l'occasion. Elle ne veut pas non plus être aimantée vers une guerre contre le Hezbollah qui semble-t-il a déjà quelques 100.000 missiles en réserve. C’est pour retarder les nouvelles acquisitions de ce dernier que l’armée israélienne serait intervenue.

Lors de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, Israël a échoué totalement dans sa politique d'anéantissement du Hezbollah. Elle connaît maintenant la force de ce mouvement et veut seulement limiter son armement sachant qu'il est possible qu'un jour la guerre reprenne entre les deux. 

Il semblerait qu'il existe présentement des usines d'armement iranien en Syrie et que ces armes soient destinées au Hezbollah. Il semblerait également qu'Israël soit entrain de déménager ses usines d'armement du centre d'Israël vers le sud du pays pour mieux les protéger des missliles du Hezbollah.

 

Sources :

La Presse : Raids et tirs de missiles: la tension monte entre Israël et Syrie, 17/03/17

Le Monde : La Syrie tire des missiles en réponse à un raid aérien israélien sur son territoire, 17/03/17

Haaretz : Israel Air Force Receives First Arrow 3 Anti-missile Interceptors, 18/03/17
 

 

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