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25 décembre 1535, à Stadaconé, Jacques Cartier célèbre Noël

À la surprise générale le grand fleuve gèle, coinçant les trois navires dans une épaisse couche de glace. La neige atteint quatre pieds et plus. Le froid est là, dont les Bretons n’avaient aucune idée : "Depuis la mi-novembre jusqu’au 15e jour d’avril, nous avons été continuellement enfermés dans les glaces. En sorte que nos breuvages étaient tous gelés dans les futailles", affirme Cartier.

Une maladie inconnue (scorbut) apporte la désolation : « Au mois de décembre, nous fûmes avertis que la mortalité s’était mise au peuple de Stadaconé. Tellement que déjà en étaient morts plus de cinquante; au moyen de quoi, leur fîmes défense de venir à notre fort. Mais nonobstant les avoir chassés, commença la maladie entre nous; car les uns perdaient la soutenue et leurs jambes devenaient grosses et enflées et les nerfs tirés et noircis comme du charbon, avec ça et là des gouttes de sang comme taches de pourpre. Puis la maladie montait aux hanches, cuisses et épaules, aux bras et au cou. A tous venait la bouche si infecte et pourrie par les gencives, que toute la chair en tombait, jusqu’à la racine des dents, lesquelles tombaient presque toutes. Et la maladie se prit tellement en nos trois navires, qu’à la mi-février, de cent dix hommes que nous étions, il n’y en avait pas dix valides. 25 en moururent."

« Un jour notre capitaine, se promenant sur la glace, aperçut venir Domagaya, que le capitaine avait vu dix ou douze jours auparavant fort malade; il avait l’une des jambes par le genou aussi grosse qu’un enfant de deux ans, avec tous les nerfs tirés, les dents perdues et gâtées et les gencives pourries et infectes. Le capitaine, voyant ledit Domagaya sain, fut joyeux. Le capitaine lui demanda comment il s’était guéri de sa maladie. Domagaya répondit qu’il s’était guéri avec le jus des feuilles d’un arbre et le marc, et que c’était le seul remède pour cette maladie.

133066267 437093437672085 1330431119205087293 nAlors à la demande du capitaine, Domagaya envoya deux femmes, qui apportèrent huit ou dix rameaux. Elles nous montrèrent qu’il fallait piler l’écorce et les feuilles du dit bois et mettre le tout à bouillir dans l’eau. Puis boire de cette eau, de deux jours l’un. Et mettre le marc sur les jambes enflées et malades. Et que ledit arbre guérissait de toutes maladies. En leur langage, ils appellent cet arbre annedda".

Mon oncle, l'ethnobotaniste Jacques Rousseau rapporte en 1954, que l'annedda (arbre de vie) est en fait le cèdre blanc d'Amérique (Thuya occidentalis). Cette hypothèse se popularise et est aujourd'hui la plus généralement admise. Cet arbre est en effet riche en vitamine C, vitamine qui guérit du scorbut.

Jacques Cartier passe l'hiver à Stadacona et y fête Noël. Ce tableau montre que les Indiens enseignent aux explorateurs à faire une 'tisane d'anneda', pour combattre le scorbut.

Sources :

Voyages de découverte au Canada, entre les années 1534 et 1542 de Jacques Cartier. Une partie, probablement écrite par son navigateur.

Jacques Rousseau : L'Annedda et l'arbre de vie, revue d'histoire de l'Amérique française, 1954.

 

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